00:00Thierry Comprendon, avec votre invité ici matin, une date redoutée par les familles les plus précaires.
00:05Ce soir à minuit, c'est la fin de la trêve hivernale.
00:09Dès demain, les expulsions locatives pour défaut de paiement de loyer vont donc pouvoir reprendre.
00:14Une période redoutée donc par les familles, les associations, mais aussi les syndicats.
00:18Bonjour Mme Limeyer.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes secrétaire générale adjointe de l'Union régionale de la CFDT.
00:24Vous êtes également aide-soignante à l'hôpital de l'Enfranchonté.
00:27Et un chiffre, l'an dernier, le nombre d'expulsions locatives en France a atteint 30 500.
00:33C'est deux fois plus qu'en 2016.
00:34Signe que la précarité gagne de plus en plus de terrain.
00:37Est-ce que c'est le cas chez nous également dans l'Enfranchonté ?
00:39Alors dans l'Enfranchonté, c'est difficile d'avoir des chiffres.
00:42Je pense que vous avez tenté d'en chercher aussi.
00:44Moi ce que j'ai trouvé, c'est que dans le territoire de Belfort, il y avait eu 300 décisions
00:48de justice.
00:49Donc ordonnant des expulsions en 2019, donc avant la crise.
00:52Et depuis rien.
00:53Ce qu'on peut se dire, c'est qu'en général, le Nord-Franchonté ne fait pas exception au niveau
00:57national.
00:58Et que la précarité est grandissante chez nous aussi.
01:01Donc les procédures, à mon avis, sont aussi en augmentation.
01:04Que ce soit dans vos fonctions syndicales ou professionnelles à l'hôpital de Trévenant,
01:08vous la ressentez cette précarité chez les gens que vous rencontrez ?
01:11Oui, tant chez les usagers.
01:13Effectivement, on a des sollicitations pour des demandes d'accès à un travailleur social,
01:17donc une assistante sociale.
01:18Et puis chez nos collègues aussi, puisque derrière des expulsions, ce n'est pas forcément des gens qui ne travaillent
01:23pas.
01:23C'est aussi des salariés et des agents qui sont en difficulté pour faire face aux dépenses contraintes du quotidien.
01:28Alors très concrètement, comment vous, à la CFDT, vous aidez ces personnes qui sont en difficulté ?
01:33Alors notre première fonction, c'est l'écoute déjà.
01:35C'est très difficile de demander de l'aide quand on en a besoin.
01:37Il y a aussi ce sentiment de honte, cette fierté qu'il faut mettre dans sa poche pour oser dire
01:41qu'on est en difficulté.
01:42Donc on est là pour dire que nous sommes un interlocuteur et qu'on ne juge pas.
01:46Et puis on peut aussi orienter vers les différentes solutions.
01:49Donc les points d'accueil solidarité, des points de résidence des agents ou des patients.
01:54Et puis aussi certaines aides qui sont disponibles dans les entreprises.
01:57Je pense à l'avance de caution pour l'accès à un logement social.
02:00Et puis des aides qui sont remboursables ou non, en cas de coup dur de la vie, notamment à l
02:04'hôpital.
02:05Ça veut dire qu'il faut agir avant de se retrouver au pied du mur pour les personnes en difficulté
02:09?
02:09Bien sûr, c'est là la solution en fait, c'est d'agir en amont.
02:12C'est comment on garantit un niveau de vie suffisant pour qu'on puisse continuer à payer son loyer
02:16et pas d'en arriver à une situation, je dirais, punitive.
02:20Puisqu'en fait, la loi Casbaru-Enberger qui a été mise en œuvre,
02:23en fait, elle punit un problème social.
02:25Donc pour nous, c'est complètement inacceptable.
02:27À la CFDT, comme d'autres syndicats, vous siégez dans différents organismes, notamment à Action Logement.
02:31Vous pensez qu'on ne construit plus assez de logements aujourd'hui dans l'Enfranche-Comté ?
02:36Oui, on ne construit plus assez de logements sociaux.
02:38Certaines communes préfèrent payer les amendes plutôt que de construire des logements sociaux
02:42qui n'ont pas forcément très bonne presse auprès des petits villages
02:45où pourtant ça pourrait être une solution, notamment pour faire venir de la population,
02:50des enfants, éviter des fermetures de classes.
02:52Il y a aussi beaucoup d'avantages à avoir des logements sociaux dans une commune.
02:55Mais malheureusement, non, il n'y en a pas assez.
02:57Mélanie Maillère, on parle souvent des gens qui vont se retrouver expulsés,
03:01mais on ne parle pas forcément toujours des propriétaires de logements
03:05qui parfois, c'est une source de revenus pour eux, pour rembourser des crédits.
03:11Il faut penser également à eux parce que ce n'est pas forcément facile d'être propriétaire et de louer
03:15un logement.
03:16Bien sûr qu'il faut penser à eux.
03:17Le droit à la propriété, c'est quelque chose qu'on défend.
03:20Et en fait, les propriétaires doivent être sécurisés
03:23et les locataires doivent être protégés.
03:25Donc, ce n'est pas l'un contre l'autre,
03:27mais en fait, il faut agir en amont pour que finalement,
03:29tout le monde y trouve son compte
03:30et que tout le monde puisse avoir accès au logement.
03:32Très concrètement, une personne qui nous écoute,
03:35qui voudrait vous joindre,
03:37comment ça se passe s'il faut qu'ils viennent dans vos locaux ?
03:39Comment vous pouvez les attirer vers vous ?
03:41Bien sûr, dans les entreprises et administrations
03:43et également dans les points d'accueil,
03:45notamment sur le territoire de Belfort, à la Maison du Peuple.
03:48Merci beaucoup, Mélanie Maillère.
03:50Je rappelle que vous êtes secrétaire générale adjointe
03:52de l'Union régionale de la CEDT.
03:54Vous êtes également aide-soignante à l'hôpital Laufranche-Comté.
03:56D'ailleurs, je crois que vous allez partir travailler
03:58dans les minutes qui viennent.
03:59Merci beaucoup, bonne journée à vous.
04:01Merci.
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