00:00Après dix ans de dépression, je me suis dit que je ne veux qu'une chose, c'est d'être
00:03heureuse.
00:03J'ai essayé la cocaïne et c'était un coup de foudre toxique, mais on a accroché instantanément.
00:11Salut, moi c'est Charlotte, j'ai 25 ans, j'étais étudiante en cinquième année de médecine à Paris
00:16et j'ai traversé une addiction à la cocaïne.
00:18Elle a commencé en janvier 2025.
00:21J'étais beaucoup hospitalisée pour dépressions et troubles du comportement alimentaire
00:24et au cours d'une hospitalisation, je me suis liée d'amitié avec une fille.
00:28Ensuite, en sortie de clinique, je suis allée chez elle et chez elle, j'ai vu trois gars
00:34complètement affalés, drogués, mais qui avaient l'air tellement heureux.
00:37Et puis j'ai acheté 10 grammes à 6h du matin le lendemain et j'ai commencé à consommer
00:42dans une frénésie directement et je consommais vraiment tous les jours.
00:46Ce n'était pas une fois le week-end, toute la nuit, c'était tous les jours.
00:51Je me médicamentais avec la cocaïne.
00:53Je n'arrivais pas à m'arrêter, c'est-à-dire que quand je commençais à consommer,
00:56j'étais obligée de consommer toutes les 20 minutes.
00:58En mai, j'avais déjà la cause au nasal perforé parce que je consommais énormément.
01:02J'ai eu une cure de cinq semaines en juin, donc j'ai arrêté cinq semaines.
01:06Et ensuite, j'ai recommencé et j'ai arrêté le 1er décembre.
01:09Je me suis regardée dans la glace le 1er décembre à 5h du matin,
01:13après trois jours de consommation intensive, et je me suis dit
01:15« Je préfère mourir du sevrage, avoir mal de manque, souffrir,
01:21plutôt que d'être la personne que je suis en train de deviner. »
01:23Honnêtement, la cocaïne, elle m'a tout pris dans la vie.
01:25Elle m'a détruit mes études, mon travail, mes relations, mes finances, mon estime de moi.
01:31Je n'ai aucun souvenir positif lié à la consommation de cocaïne, j'en ai toujours souffert.
01:35Et elle me donnait quelque chose que je n'avais jamais ressenti de ma vie.
01:38Elle me donnait de la confiance, de l'énergie, de l'estime de moi.
01:41J'ai eu une belle vie, et pourtant, je suis atteinte de la maladie, la dépression et la toxicomanie.
01:47Ce n'est pas un choix, parce que ma vie, c'est de la merde.
01:50C'est quelque chose dont je souffre, dont je suis atteinte.
01:53On dit « Je suis addicte », mais je souffre d'addiction.
01:56Je ne suis pas addicte.
01:58Ma mère, c'est mon aidante.
01:59Elle m'aide pour tout, parce que même si je suis sobre,
02:02comme j'ai expliqué, ce n'est pas une renaissance, c'est hyper difficile pour moi.
02:06Le matin, si ma mère ne me sortait pas mes habits, je resterais en pyjama.
02:09Le soir, si elle ne me sort pas mon pyjama, je resterais en habit, je dormirais en habit.
02:14Les soirs, entre 18h et 21h, c'est compliqué pour moi,
02:16parce que je commence à avoir des cravings, des envies fortes de consommer.
02:19Donc, j'ai de la chance, je peux en parler librement à ma mère, sans jugement.
02:22Ma place, elle est en tant que patiente expert.
02:26Moi, les personnes qui m'ont aidée, pas dans ma sobriété,
02:29mais à avoir le déclic, c'est des patients experts qui m'ont parlé.
02:31Parce que l'addictologue, c'est trop bien.
02:34Mais tu n'as pas envie d'entendre la même chose de la bouche d'un addictologue
02:38que de la bouche de quelqu'un qui l'a vécu.
02:40Je reçois, je ne sais pas, 100, 200, 300 messages par jour d'addicts
02:44qui me disent « Ah, mais moi aussi, je fais ça, je me sens moins seule. »
02:49Certes, j'ai de la haine, mais franchement, pour toutes les personnes,
02:52et je m'affiche, je mets les pires moments de moi.
02:54Mais parce que les gens, ils n'ont pas envie de voir une sobriété,
02:56clean girl, matcha, ils ont envie de voir une sobriété vraie, difficile.
03:01Et ok, la sobriété, ce n'est pas facile, ce n'est pas beau, ce n'est pas spectaculaire,
03:06mais il y a de l'espoir.
03:08Parce que moi, j'estime que j'ai réussi ma vie
03:10parce que je suis contente de la personne que je suis.
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