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  • il y a 9 heures
Charlotte Chaleil a 24 ans lorsqu'elle prend de la cocaïne pour la première fois. Alors étudiante en cinquième année de médecine, elle sombre rapidement dans l'addiction. Sobre depuis le 1er décembre 2025, elle raconte son sevrage sur les réseaux sociaux. 

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Transcription
00:00Après dix ans de dépression, je me suis dit que je ne veux qu'une chose, c'est d'être
00:03heureuse.
00:03J'ai essayé la cocaïne et c'était un coup de foudre toxique, mais on a accroché instantanément.
00:11Salut, moi c'est Charlotte, j'ai 25 ans, j'étais étudiante en cinquième année de médecine à Paris
00:16et j'ai traversé une addiction à la cocaïne.
00:18Elle a commencé en janvier 2025.
00:21J'étais beaucoup hospitalisée pour dépressions et troubles du comportement alimentaire
00:24et au cours d'une hospitalisation, je me suis liée d'amitié avec une fille.
00:28Ensuite, en sortie de clinique, je suis allée chez elle et chez elle, j'ai vu trois gars
00:34complètement affalés, drogués, mais qui avaient l'air tellement heureux.
00:37Et puis j'ai acheté 10 grammes à 6h du matin le lendemain et j'ai commencé à consommer
00:42dans une frénésie directement et je consommais vraiment tous les jours.
00:46Ce n'était pas une fois le week-end, toute la nuit, c'était tous les jours.
00:51Je me médicamentais avec la cocaïne.
00:53Je n'arrivais pas à m'arrêter, c'est-à-dire que quand je commençais à consommer,
00:56j'étais obligée de consommer toutes les 20 minutes.
00:58En mai, j'avais déjà la cause au nasal perforé parce que je consommais énormément.
01:02J'ai eu une cure de cinq semaines en juin, donc j'ai arrêté cinq semaines.
01:06Et ensuite, j'ai recommencé et j'ai arrêté le 1er décembre.
01:09Je me suis regardée dans la glace le 1er décembre à 5h du matin,
01:13après trois jours de consommation intensive, et je me suis dit
01:15« Je préfère mourir du sevrage, avoir mal de manque, souffrir,
01:21plutôt que d'être la personne que je suis en train de deviner. »
01:23Honnêtement, la cocaïne, elle m'a tout pris dans la vie.
01:25Elle m'a détruit mes études, mon travail, mes relations, mes finances, mon estime de moi.
01:31Je n'ai aucun souvenir positif lié à la consommation de cocaïne, j'en ai toujours souffert.
01:35Et elle me donnait quelque chose que je n'avais jamais ressenti de ma vie.
01:38Elle me donnait de la confiance, de l'énergie, de l'estime de moi.
01:41J'ai eu une belle vie, et pourtant, je suis atteinte de la maladie, la dépression et la toxicomanie.
01:47Ce n'est pas un choix, parce que ma vie, c'est de la merde.
01:50C'est quelque chose dont je souffre, dont je suis atteinte.
01:53On dit « Je suis addicte », mais je souffre d'addiction.
01:56Je ne suis pas addicte.
01:58Ma mère, c'est mon aidante.
01:59Elle m'aide pour tout, parce que même si je suis sobre,
02:02comme j'ai expliqué, ce n'est pas une renaissance, c'est hyper difficile pour moi.
02:06Le matin, si ma mère ne me sortait pas mes habits, je resterais en pyjama.
02:09Le soir, si elle ne me sort pas mon pyjama, je resterais en habit, je dormirais en habit.
02:14Les soirs, entre 18h et 21h, c'est compliqué pour moi,
02:16parce que je commence à avoir des cravings, des envies fortes de consommer.
02:19Donc, j'ai de la chance, je peux en parler librement à ma mère, sans jugement.
02:22Ma place, elle est en tant que patiente expert.
02:26Moi, les personnes qui m'ont aidée, pas dans ma sobriété,
02:29mais à avoir le déclic, c'est des patients experts qui m'ont parlé.
02:31Parce que l'addictologue, c'est trop bien.
02:34Mais tu n'as pas envie d'entendre la même chose de la bouche d'un addictologue
02:38que de la bouche de quelqu'un qui l'a vécu.
02:40Je reçois, je ne sais pas, 100, 200, 300 messages par jour d'addicts
02:44qui me disent « Ah, mais moi aussi, je fais ça, je me sens moins seule. »
02:49Certes, j'ai de la haine, mais franchement, pour toutes les personnes,
02:52et je m'affiche, je mets les pires moments de moi.
02:54Mais parce que les gens, ils n'ont pas envie de voir une sobriété,
02:56clean girl, matcha, ils ont envie de voir une sobriété vraie, difficile.
03:01Et ok, la sobriété, ce n'est pas facile, ce n'est pas beau, ce n'est pas spectaculaire,
03:06mais il y a de l'espoir.
03:08Parce que moi, j'estime que j'ai réussi ma vie
03:10parce que je suis contente de la personne que je suis.
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