Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 heures
Les chroniqueurs du Cercle débattent autour d'un film sortant en salles ou en diffusion sur CANAL+
https://www.canalplus.com/cinema/
Facebook : https://www.facebook.com/canalpluscinema/
Twitter : https://twitter.com/Canalplus
Instagram : https://www.instagram.com/canalplus/

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Dans Alter Ego de Nicolas Charlet et Bruno Lavenne, Alex Floutard vit une vie confortable dans son pavillon
00:07jusqu'à l'arrivée d'Axel Chambon. Son nouveau voisin et collègue Axel et son sosie met en mieux
00:14et surtout comme toi Frédéric avec une chevelure de feu.
00:18Oui mais en beaucoup moins drôle, moi je suis beaucoup moins drôle.
00:20Je crois que tu parlais de lui. J'ai eu très peur, on a tous eu très peur.
00:24Et là je trouvais ça super.
00:25On a deux doses de Laurent Laffitte. Quand on est amoureux de Laurent Laffitte comme moi,
00:30je suis complètement dingue de cet acteur, c'est un bonheur.
00:33Le principe du film est extrêmement ingénieux, ça part d'un pitch très simple
00:36qu'un jour un homme rencontre un homme qui est effectivement la meilleure version de lui-même.
00:41Il n'y a que lui qui le voit.
00:42Comme on dit les réalisateurs, ils avaient pensé à un homme chauve qui rencontre un type, son double, avec un
00:47brushing.
00:49Et évidemment il est le seul à le voir, personne ne le remarque.
00:52Et donc le film, commençant sur une petite comédie incongrue,
00:57va de plus en plus basculer dans quelque chose d'un peu paranoïaque, inquiétant,
01:01mais sans jamais oublier d'être drôle.
01:03C'est même, je dirais, ce qu'il y a de plus étonnant dans le film.
01:05C'est-à-dire que plus ce personnage s'étonne d'avoir la meilleure version de lui-même,
01:09plus il le jalouse, plus il le voit comme un rival,
01:12plus il devient paranoïaque, plus il devient mesquin et plus le film nous fait rire.
01:17C'est un film qui va crescendo dans l'humour et le comique.
01:20Alors Laurent Laffitte est incroyable, j'ai choisi de vous montrer un extrait.
01:23Vous allez voir où en fait le personnage principal d'Alex veut fuir une rencontre avec son double le soir
01:31à un dîner
01:32et il va prendre un complice.
01:33Alors ce complice, c'est Monsieur Fraise.
01:35Et évidemment, comme disent les réalisateurs, c'est le pire complice du monde dans le mensonge.
01:40Et je vous laisse regarder simplement ce champ contre champ, ce jeu des acteurs.
01:44C'est un tourbillon.
01:47Ça va les gars ?
01:49C'est sympa ce petit coin là.
01:52Je me disais que ce serait pas mal qu'on boive un verre un soir dans la semaine, les deux
01:55équipes,
01:56histoire de faire un petit peu connaissance.
01:58Ah ouais, non, mais je crois pas que ce soit vraiment dans l'ADN de la Cogip de mélanger alcool
02:02et travail.
02:04Ah ok, d'accord.
02:06Bon, bah de toute façon on se voit ce soir à la maison.
02:09Comment ça ?
02:09Bah oui, tu sais, notre pot d'arrivée, avec tes voisins.
02:13Ah ouais, mais non, ça tombe mal parce que le lundi soir, c'est pile le soir où je dînais
02:16avec Denis.
02:19Et oui.
02:20Depuis dix ans, tous les lundis, Denis vient de dîner à la maison, ça c'est incontournable, c'est un
02:25rituel sacré,
02:26c'est impossible à annuler, je suis désolé.
02:27Tous les dix ans.
02:29Depuis dix ans.
02:31Tous les lundis.
02:32Mince, d'accord, je croyais que vous étiez libre avec Nathalie.
02:35Bah ouais, non, c'est con.
02:36Ah.
02:38Ou je sais pas, après ?
02:39Ouais, alors non, c'est une très mauvaise idée parce que vu l'état dans lequel on est quand on
02:42termine,
02:43généralement, c'est...
02:44Oh là là.
02:45Ouais, ouais, ouais.
02:51En tout cas, la porte est grande ouverte.
02:53Voilà.
02:54Ouais, non, mais laisse tomber.
02:56Monsieur Frès, je pourrais le mettre dans tous les films français.
02:59Tu sais, faire un petit passage, un caméo.
03:01Les cinéastes expliquent qu'ils ont pris pour ce film les gens qui les faisaient les plus rire actuellement,
03:07c'est-à-dire, évidemment, Lafitte, Blanche Gardin, Monsieur Fraise, il y a également Zabou Bretman.
03:13Moustachu.
03:13Qui est moustachu dans le film.
03:15De toute façon, il y a tout un truc sur le poil dans le film qui est savoureux.
03:19Tu peux nous en parler du poil, Ava ?
03:21Je trouve que toutes les scènes sont réussies.
03:23Parle en poil, parle en poil, je sens que vous êtes inspirée.
03:26Non, mais on parlait de Fraise, et c'est vrai que moi, je le trouve excellemment drôle,
03:31mais il joue un peu toujours le même rôle, c'est un petit peu ma réserve, mon problème.
03:35Tu ne peux pas dire ça.
03:36C'est comme un ingrédient magique qu'on met sur une comédie et hop, t'es la meilleure.
03:40C'est la cerise sur le gâteau, si tu veux le voir comme ça, il n'y a pas de
03:42souci.
03:42Non, mais moi, j'aime bien ce film, je le trouve plus retort qu'il n'y paraît.
03:46Mais drôle, tu l'as dit, assez inventif, alors que je craignais la redite,
03:50parce que Nicolas et Bruno, ils ont déjà évidemment exploité le thème du double et le cinéma.
03:54Oui, c'était la personne, aux deux personnes, il y a 18 ans.
03:58Là, c'était le contraire, c'était deux dans un même corps.
04:00Et puis, je vous rejoins sur l'étonnement et l'absurde qui grignotent petit à petit ce film,
04:07parce que c'est un peu comme si le cinéma de Dupieux avait fait un enfant avec la moustache,
04:12parce que, comme vous le disiez, l'entourage est totalement aveugle à ce qui est en train de se passer.
04:15Mais la moustache, on y pense énormément, parce que le film de Carrère, c'est ça,
04:19et son livre avant, c'est que le héros est seul et il croit que les autres lui font presque
04:23une chose.
04:23Ça l'isole dans sa névrose.
04:25Oui, c'est ça, le twist qui rend encore plus le pitch-loupon.
04:28Alors, ce qui est fou, c'est que quand moi j'ai vu le film, je me suis dit,
04:32bon, alors c'est vraiment bien, mais là, on en a pour 20 minutes.
04:35J'ai un souci sur la durée du film.
04:37Et le film est très, très, très, très, très bien écrit.
04:41C'est-à-dire que dès l'instant où on commence à se dire, ah, ça va peut-être s
04:45'arrêter là, tac !
04:46Il y a un rebond qui n'est pas simplement...
04:49Mais quoi, un rebond scénaristique ?
04:51Oui, un rebond scénaristique qui relance carrément la problématique.
04:56C'est-à-dire que cette idée de basculer de la comédie dans le fantastique et tout ça,
05:00avec un échange des rôles.
05:03C'est vrai que pendant toute une partie du film, on voit le type qui est mal dans sa peau.
05:08Et on arrive à les différencier, c'est-à-dire à se dire que ces deux personnages...
05:12Justement, la mise en scène joue hyper bien là-dessus.
05:14Il y a une scène qui est vraiment délicieuse vers la fin du film
05:16où Lafitte se bat avec son double.
05:19Et en fait, elle est filmée depuis un coin de mur et on ne voit évidemment qu'un à la
05:22fois.
05:22Et il fait semblant d'être l'un puis l'autre.
05:24Et franchement, c'est un régal de comédie.
05:26Moi, ça ne m'étonne pas qu'il ait eu un César.
05:28Et je pense qu'il est encore parti pour étendre...
05:30Il avait eu une prise d'interprétation à l'alcoolieuse.
05:32C'est quand même la mise en abîme du film.
05:35En fait, il change.
05:36Il enlève la postiche, il la remet, etc.
05:38Il s'échange de place.
05:39Et donc, les personnages se mettent à faire ce que fait l'acteur sur le plateau, en quelque sorte.
05:43T'as raison de parler de mise en scène et pas que de scénario, évidemment,
05:46même s'il est tout à fait construit et que l'absurde repose aussi sur ça.
05:50Parce que je trouve que dans la mise en scène,
05:52la mise en scène alimente vachement le malaise et le trouble qu'on peut avoir.
05:56Ils font durer les plans un peu trop longtemps.
05:57Voilà, il y a une question de rapport à la durée.
05:59Il y a aussi l'éclairage.
06:01Et puis, il y a ces bords de cadre.
06:03Il y a une sorte de fou, oui.
06:04Et qui donne une couleur irréelle au réel, en fait.
06:06Et ça, je trouve ça assez intéressant.
06:07La plupart des comédies, généralement,
06:09à partir du moment où elles auraient commencé à changer un tout petit peu de registre,
06:11effectivement, le film va vers le fantastique, vers ce dont vous parlez.
06:15Le film aurait épousé ce registre-là.
06:18Ce qui m'a beaucoup étonné,
06:19c'est que le film n'oublie jamais d'être comique.
06:22Jamais.
06:22Ça veut dire qu'à mesure que ce personnage devient paranoïaque,
06:25à mesure qu'il devient de plus en plus mesquin,
06:27petit, vraiment.
06:28Enfin, c'est un mec jaloux.
06:30Il est détestable.
06:31À qui il renvoyait sans cesse la médiocrité de son existence.
06:32Sa propre médiocrité, oui.
06:34Sa propre médiocrité.
06:35Et c'est quoi ?
06:35Eux en tirent toujours, à ce moment-là, des situations comiques
06:38qui sont sans cesse plus ingénieuses.
06:40Et comme disait Philippe, en fait, ça se renouvelle sans cesse.
06:43Moi, c'est ça qui m'a beaucoup étonné.
06:44Et en un mot de fin, c'est quoi ?
06:45C'est un film sur la crise de la cinquantaine ?
06:47Oui, sur le culte de la pérennité masculine.
06:49Oui, c'est ça.
06:49Vous avez une blague préférée ?
06:50Le complexe aussi.
06:53Et il a quand même des excuses.
06:55Parce que, je veux dire, sa femme, sous prétexte d'être gentille,
06:59elle est quand même...
07:00Elle est un peu attirée par le voisin.
07:02Non, mais moi, ça serait un peu mon bémol, quand même,
07:04au regard de ce film.
07:05C'est que je trouve que les deux personnages féminins,
07:07en l'occurrence Blanche Gardin et Olga Kourilenko,
07:09sont vraiment malservis.
07:10Mais c'est un terrain de jeu pour Laurent Laffitte.
07:12C'est le Laffitte show alter ego de Nicolas et Bruno.
07:15La fascination du double est un sujet
07:17qui préoccupe beaucoup les hommes.
07:20Leur calvitie.
Commentaires

Recommandations