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  • il y a 6 heures
Les chroniqueurs du Cercle débattent autour d'un film sortant en salles ou en diffusion sur CANAL+
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Transcription
00:00Et que Toledano et Olivier Nakache replongent dans leurs souvenirs d'enfance, les années 80, la banlieue parisienne,
00:05Vincent, un adolescent qui commence à comprendre que les adultes ne disent pas toujours la vérité,
00:10un instantané doux à mer des années 80 et le film le plus intime de Nakache et Toledano, Lucie là.
00:16Oui, ils reviennent à une matière qui était leur matière première en fait, Nakache et Toledano,
00:20qui est en effet le film familial après être un peu, à mon avis, égaré dans une forme plus satirique
00:24où ils parlaient vraiment de la France, la France d'aujourd'hui.
00:27Donc là, on est dans les années 80, c'est vraiment complètement autour de ce petit cocon familial,
00:32l'histoire d'un petit garçon qui a quelques jours de sa bar mitzvah.
00:35Il y a presque un genre du film de bar mitzvah, ça en est un d'une certaine manière.
00:39Et donc, il vit avec son grand frère qui vend des cassettes audio trafiquées,
00:42on espère qu'il vend que ça, a priori oui, avec sa maman qui est Camille Cotin,
00:47qui elle est en train de se reconvertir, qui acquiert un super ordinateur qu'elle ne sait pas trop utiliser
00:52et puis en fait, elle progresse vachement vite.
00:54Et puis, avec le père qui est joué par Louis Garel, et c'est lui qu'on va voir dans
00:57l'extrait que je vous ai rapporté.
00:59Moi, j'aime beaucoup Louis Garel dans ce film.
01:01Je trouve que c'est comme d'habitude, Louis Garel, il est toujours un peu Louis Garel et son personnage.
01:05Là, c'est encore le cas et il apporte vraiment un truc de décalage dans l'économie très mainstream
01:10du cinéma de Nakache et Toledano, donc on le regarde.
01:19Ah non, ah non, ah non, ah non, pas du tout là.
01:22C'est de rien, je ne peux pas vous guérez là.
01:24C'est si, en fait, ils ont changé les marquages au sol.
01:26Donc, votre place, c'est la 38.
01:29Oui, oui, je sais bien, monsieur Berger, mais ça fait 10 ans que je me gare à la 26.
01:33La 38, elle est sous les arbres, je ne peux vraiment pas nu être à cause des oiseaux.
01:36Ah mais je ne sais pas les oiseaux, mais ça ne vous autorise pas.
01:38Non mais c'est hyper abrasif, ça me bouffe la peinture, je dépense des fortunes en lavage.
01:43Oui, j'ai compris, oui.
01:45Mais votre place, c'est la 38.
01:47Écoutez, monsieur Berger, je sors d'une journée de travail vraiment très compliquée,
01:49j'ai le petit qui est fatigué qui sort du judo.
01:51La place, elle est libre, là, donc...
01:53Oui, je comprends, mais votre place, c'est la 38.
01:57Oui, j'aime beaucoup la qualité formidable de votre écoute,
01:59parce qu'on n'a pas du tout progressé dans la conversation, là, si ?
02:02Oui, je sais bien.
02:06Si tout, on se garde où il veut.
02:08Je veux vite où vous...
02:09Ça chie, oui.
02:12Alors, monsieur Laillaud, en fait, j'ai entendu la fin.
02:14Oui, je sais pas de chier, mais c'est aussi parce qu'il y a le petit mur à côté
02:17de la 38,
02:17et j'ai peur de rayer la voiture, c'est pour ça.
02:20C'est du génie, ce petit passage.
02:22C'est vrai que depuis l'innocent, on a l'impression de découvrir
02:24qu'en fait, la comédie est un peu décalée comme ça,
02:27c'est son vrai registre, je trouve.
02:28Ah ben, c'est pas son vrai registre,
02:29mais en tout cas, c'est un registre sur lequel il faut compter,
02:32et où il excelle, il excelle, et ça fait plaisir.
02:34Et bon, Camille Cotin est extraordinaire.
02:36Tout le casting est très beau.
02:38L'alchimie marche bien, je trouve, entre les deux.
02:39Mais oui, et ils savent reconstituer cette époque.
02:43C'est-à-dire que le film fonctionne vraiment comme une madeleine.
02:46C'est-à-dire qu'ils ont connu ça.
02:48Il y a un ultra-fétichisme.
02:49Et donc, il y a un fétichisme des objets,
02:52mais en même temps, il y a quand même une certaine distance.
02:54C'est-à-dire que c'est pas simplement, on n'est pas chez l'antiquaire.
02:58Ce qui est très beau, c'est qu'on s'amuse, on a vu la séquence, là.
03:01Et puis, plus ça va, plus, en fait, on est ému.
03:03– Et ça, c'est pas…
03:05– Est-ce que c'est pas leur alchimie,
03:07enfin, leur savoir-faire un peu, Frédéric ?
03:09Ce mélange comme ça ?
03:11– Alors, bien sûr, il y a ce mélange.
03:12Et il se réclame, d'ailleurs,
03:13il se réclame dans une séquence qui est au Vidéoclub,
03:15de la comédie à l'italienne.
03:17Il l'avait d'ailleurs racontée au Cercle,
03:18quand ils avaient été invités,
03:20de Claude Lelouch pour le côté sentimental.
03:22– Il y a une scène, on revoit un homme et une femme.
03:25– Oui, et on peut dire que tout est vu
03:27par le prisme du sentiment dans le film.
03:28C'est un film qui est très sentimental, très nostalgique.
03:31Mais de la comédie à l'italienne,
03:33effectivement, il y a le côté rire et larmes.
03:35C'est remarquablement écrit.
03:36Et ce que je trouve très fort,
03:38c'est qu'on pourrait dire,
03:39bon, c'est une grosse madeleine,
03:40c'est un gros film nostalgique,
03:41mais ils savent aussi avoir du recul là-dessus
03:44et en produire de très bonnes scènes.
03:46Et moi, je pense par exemple à une scène
03:47qui, à mon avis, pourrait devenir un peu culte,
03:49qui est la scène de Mitterrand et de Cole,
03:52où on ne dit pas quelle est la chute,
03:55où on montre à un enfant, à son avis,
03:57qu'est-ce que ça raconte,
03:58la main entre Mitterrand et Cole.
04:00Et à ce moment-là,
04:01le frère va lui raconter une autre histoire.
04:03Et c'est cette façon,
04:04tous les nanos,
04:04de nous prendre un peu par surprise,
04:06de nous emmener dans une autre direction
04:08et de nous montrer aussi que,
04:09bah oui, on parle de nostalgie,
04:11on est dans la réconciliation,
04:12mais on peut aussi s'en amuser,
04:13prendre du recul et avoir de la distance.
04:15Parce que c'est ça,
04:16c'est les illusions dans la famille sur les parents,
04:18mais c'est aussi les illusions politiques
04:20des années 80.
04:22Oui, mais ça passe beaucoup par des petites trouvailles
04:23et c'est très intéressant,
04:24la scène dont tu veux en parler,
04:25parce que je pense que c'est en effet
04:27ce qui est le plus réussi,
04:27mais ça reste un peu à l'échelle de la scène
04:30et globalement,
04:31moi je trouve qu'il y a quand même
04:32un peu d'artificialité qui résiste
04:34et je ne me suis pas demandé
04:35si ce n'était pas lié au projet même du film
04:37qui est quand même assez étrange,
04:38qui est autobiographique,
04:39mais à deux.
04:40Et bon, Olivier Nacache et...
04:40Oui, ça j'aimerais bien vous en parler
04:42parce que c'est une hybridation un peu marrante.
04:44Ils n'ont pas eu exactement la même vie,
04:46et mis les mêmes parents.
04:47Mais c'est ça qui a des raisons,
04:47ils ont mélangé leurs parents.
04:49Le père, c'est une fusion de leur père au pluriel,
04:52la mère de leur mère au pluriel.
04:54Moi, ce qui m'emporte avec le film,
04:55j'ai l'impression qu'il revient
04:56à une veine très particulière
04:57qui était celle de leur troisième long-métrage,
04:59qui n'est pas leur plus connu,
05:00qui s'intitulait tellement proche
05:01qui, moi, m'avait roulé dessus.
05:04Et ce qui m'intéresse dans le film,
05:06c'est que je ne partage
05:06ni leur nostalgie pour les années 80.
05:08Ce n'est pas une période
05:09que je fantasme ou que je rêve.
05:11La vision qu'ils en ont,
05:12en tout cas, est très éloignée
05:13de celle qui est la mienne,
05:14à raison ou pas.
05:15Mais parce qu'ils assument
05:16de faire une collection de cartes postales,
05:18parce qu'ils sont très sincères
05:19dans leur démarche,
05:20ils me donnent accès à leur nostalgie.
05:21C'est-à-dire que,
05:22quand bien même je ne la partage pas,
05:23je peux en naître un peu
05:24le temps de ce film.
05:25Et ça, moi, c'est un truc
05:26de réconciliation
05:27que je trouve quand même très fort
05:28parce que ce n'est pas un sujet
05:29qui m'intéresse,
05:30ce n'est pas une vie que j'ai connue
05:31et le regard qui est porté sur...
05:33Et sur l'écriture,
05:34c'est quand même très habile,
05:35c'est ce que tu disais
05:35parce que ça mêle à la fois
05:37les parents,
05:38la vie des parents
05:38et parce que souvent,
05:40quand on parle comme ça
05:41d'adolescents,
05:43les parents sont très schématiques.
05:45Là, on s'intéresse vraiment
05:46à ce que vivent les parents.
05:47L'histoire de Camille Cotin,
05:48de Louis Garel,
05:50ça compte.
05:50Et en même temps,
05:51il y a le côté...
05:52Ça met un peu de temps
05:53à s'installer.
05:54Il faut voir quand même
05:55comme ils savent aussi
05:56cultiver les choses
05:57sur la longueur.
05:59Ce que je veux dire,
05:59c'est qu'ils plantent quelque chose
06:01et ça va avoir
06:01des répercussions plus tardives.
06:03Je pense par exemple
06:04à une scène
06:04qui pourrait être encore
06:05où on montre
06:05qu'ils ont de la distance
06:07par rapport à la nostalgie.
06:08C'est cette fameuse scène
06:09où Camille Cotin
06:09est en train de raconter
06:10la façon dont elle est arrivée
06:11d'Algérie
06:12et elle raconte une histoire
06:14lénifiante,
06:14un petit peu solennelle.
06:16Carte postale.
06:16Carte postale.
06:17Et ensuite,
06:18on va réentendre
06:19ce qui s'est réellement passé
06:21au détour
06:22d'une scène de drague
06:23entre deux adolescents
06:24et on se rend compte
06:25que les choses
06:25ne sont pas si simples.
06:27Et je pense qu'il y a
06:28quand même une subtilité
06:29chez eux,
06:30c'est-à-dire qu'ils savent écrire,
06:32ils savent faire de la...
06:32Moi, quand je pense
06:33à la comédie à l'italien,
06:34je pense un peu à Scola
06:34en fait dans le film.
06:36C'est une référence.
06:37C'est une référence pour eux,
06:38je pense.
06:38L'humour et le sentiment.
06:40Avec le côté...
06:41C'est pour ça que
06:42quand je disais
06:42la dernière demi-heure
06:46c'est qu'en fait,
06:46tout ce qui a été semé
06:47va être récolté...
06:49Ça, c'est le signe
06:49d'un film réussi.
06:51Absolument, absolument.
06:52C'est un film maîtrisé.
06:53Moi, justement,
06:53j'aime plutôt bien la fin.
06:54Je regrette quand même
06:55qu'ils aient pas poussé
06:56le truc du bar mitzvah movie.
06:59Parce que...
07:00Et ça, ça m'intéresse.
07:00Le personnage du rabat
07:01est quand même très là.
07:02Et les questions existentielles,
07:04vous ne pouvez pas penser...
07:05Il y a un côté Sérieuse Man,
07:05quand même.
07:06Oui, Sérieuse Man,
07:07des frères Moën,
07:07le côté de toutes ces questions...
07:09Justement, ils ont eu plus
07:09que je suis le messie.
07:16de moments.
07:16Quelque chose d'un peu
07:17déstructuré.
07:18Et on l'a déjà dit
07:18ici plusieurs fois.
07:19Et dans ces dernières 20 minutes,
07:20tout ça s'assemble.
07:21C'est quand même un art
07:22de l'écriture, du montage,
07:23enfin vraiment,
07:24de l'architecture de cinéma
07:25qui n'est pas si fréquent.
07:26Avec des idées de cinéma régulièrement.
07:29Qu'est-ce qui t'a plu ?
07:29Et je peux vous dire
07:30que dans la salle de cinéma hier,
07:31ça applaudissait à tout rompre.
07:33Et moi, je peux vous dire
07:34que ça applaudit
07:35dans la séance de presse.
07:36Non, mais alors,
07:37ce qui est rarissime...
07:39Juste une illusion,
07:40une déclaration d'amour
07:41à la famille
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