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  • il y a 7 heures
Les chroniqueurs du Cercle débattent autour d'un film sortant en salles ou en diffusion sur CANAL+
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Transcription
00:00Changement d'ambiance, je vous emmène à la campagne avec un club de bikers gays.
00:05Colline, un grand timide, vit avec sa mère malade à la campagne.
00:08Il rencontre un Apollon tout de cuir vêtu, Alexander Skarsgård,
00:13qui l'intègre à son club de bikers sadomaso et fait de lui son pillion sans soumis.
00:18Une comédie romantique feel good, ah va !
00:21Je dirais plutôt d'où sa mère, si je suis tout à fait honnête ou raccord avec moi-même,
00:26et qui s'inscrit, on va dire, à contre-courant des représentations queer habituelles.
00:32Alors tu en parlais, mais moi je vous propose qu'avant d'aller plus loin,
00:34on fasse un petit point de lexique BDSM.
00:36Faisons, faisons, on aime toujours faire des petits points lexiques BDSM.
00:39On va faire des points d'étape, vas-y.
00:42Est-ce que pillion, en anglais, ça désigne le siège arrière d'une moto
00:46et dans le milieu BDSM, c'est la place qu'on accorde aux soumis
00:49et c'est précisément la place que Ray, le biker, dominateur ultra sexy
00:55joué par Alexander Skarsgård, offre à Colleen,
00:58qui est un jeune garçon plus introverti, plus inexpérimenté,
01:02joué par Harry Mailing, qui va consentir à se laisser mener par le bout du nez,
01:07consentir jusqu'à un certain point.
01:09Et c'est là que le film est intéressant, c'est qu'il, je trouve,
01:11observe de façon assez fine et perspicace
01:14les zones grises du désir
01:17et les dynamiques soumission-domination au sein d'un couple
01:21sans tomber dans la caricature
01:24ou sans tomber dans le voyeurisme ou le sensationnel.
01:27Et donc je vous ai ramené un extrait,
01:29c'est le premier contact entre Ray et Colleen
01:31et donc on part au pub.
01:35Alors le champ est resserré sur Colleen
01:38qui s'apprête à passer commande,
01:39sauf que voilà, il se fait griller,
01:41doubler la priorité par Ray.
01:44Et en fait, vous allez voir,
01:45il est tenu hors champ pour le moment, notre dominateur,
01:47mais il va progressivement s'imposer dans le plan.
01:51Et par la mise en scène,
01:52on comprend tout de suite quelle place
01:54va leur être attribuée à chaque personnage,
01:57le dominant, le dominé,
01:58et ce jeu de rôle est un jeu de rôle très codifié.
02:01Et puis on va également voir à travers la mise en scène toujours
02:04et ce jeu de regard de champ contre champ,
02:08comment Ray en fait va façonner le désir de l'autre.
02:31Voilà, là il a passé le test d'une certaine façon,
02:33mais il a aussi une récompense.
02:35Suite à ce test, un numéro de téléphone.
02:39Il y a un côté dans ce film,
02:41c'est comme s'il délirait un peu son sujet,
02:43il y a quelque chose de très prenant,
02:44comme cette arrivée de personnages,
02:46c'est comme une sorte de fantasme absolu.
02:47Ce qui est beau dans la fiction,
02:50c'est qu'on va prendre parfois des pitchs
02:52qui sont un peu maximalistes,
02:53d'une certaine façon,
02:54pour éclairer des choses qui vont tous nous regarder.
02:56Et en prenant ce couple de comédies,
02:59c'est un couple totalement antagoniste,
03:00on l'a vu physiquement,
03:01dans leurs rapports les uns avec les autres,
03:04dans la manière dont ils vont agencer leur union,
03:07par cette division des tâches,
03:08accepter l'un et l'autre,
03:10le film va, je trouve,
03:11interroger très fortement le spectateur
03:13sur sa place à lui, dans son propre couple.
03:15Et j'ai trouvé que le film,
03:17par la comédie,
03:18par une comédie qui est osée,
03:21crue, mais jamais graveleuse,
03:22c'est toute la difficulté et qui réussit,
03:25le film reflète,
03:26fait réfléchir le spectateur véritablement
03:28sur la manière dont on considère le bonheur.
03:31C'est quoi le bonheur pour chacun ?
03:33Dans une société où on a des injonctions...
03:35Est-ce que tu es malheureux ?
03:36Il dit non, je voudrais juste être plus heureux.
03:37Comment on fait, à un moment donné,
03:39pour choisir sa place et son bonheur
03:40dans une société où on est tous soumis
03:42à des injonctions normatives ?
03:43Et j'ai trouvé que le film était
03:46par le biais de la comédie
03:47et de ce maximalisme qui est étonnant,
03:52extrêmement profond, en fait.
03:53Ce qui est intéressant, c'est l'imagerie,
03:54parce qu'on va assez loin
03:55dans l'imagerie du BDSM.
03:57Et des bikers, oui.
03:58Des bikers et tout ça.
03:59Et on ne s'y attend pas forcément,
04:01notamment après cette séquence,
04:02qui est une séquence qui pourrait être
04:04dans toutes les comédies américaines,
04:08mainstream.
04:08mainstream.
04:09Juste après, il y en a une dans la rue
04:12qui va donner le ton.
04:15Et là, on se dit qu'on a été au max.
04:17Et il y a un pique-nique.
04:18Et après, il y aura un pique-nique.
04:20Le tour liable.
04:21Il y a une scène, on va dire.
04:22Et dans pique-nique, il y a deux mots
04:25qui sont bien dans...
04:25Enfin, des syllabes qui sont bien dans pique-nique.
04:28Voilà, on va le dire...
04:29Oui, c'est ça.
04:31Et pour autant, ce n'est pas vulgaire.
04:32Non, c'est ça.
04:33Et ça, c'est intéressant.
04:34Après, moi, je suis moins client
04:36de tout le dernier tiers du film
04:38où il s'agit quand même de démêler...
04:40Une fois que tout est posé,
04:41qu'est-ce qu'on en fait ?
04:42C'est-à-dire que...
04:43Mais si, il y a quelque chose
04:43qui est très beau à la fin.
04:44Là, je ne trouve pas
04:44que ça va complètement au bout.
04:46Ce qui est beau, justement,
04:47je trouve, c'est que jusqu'au bout,
04:48le personnage de Ray,
04:49il reste une figure absolue d'opacité.
04:51On ne sait jamais ce qu'il pense.
04:52On ne comprend jamais
04:53quelles sont ses intentions
04:54et quelles sont vraiment
04:54ses motivations pour faire de Colline
04:57son soumis.
04:57Et ça nous pousse, en fait,
04:58dans une position très agréable
05:00où on bute contre lui
05:01et en même temps,
05:01on a envie de comprendre.
05:03Et on sort même du film
05:04en se posant des questions.
05:06Et il y a un duo de personnages
05:08qui est génial dans le film
05:09qui sont les parents de Colline
05:10qui font le relais spectatorial
05:11parce qu'eux, en fait,
05:12ils sont dans cette posture
05:13de ne pas comprendre l'union
05:14et ils veulent...
05:15Alors qu'ils font pour l'homosexualité
05:17de leur fils.
05:17Ils sont très favorables.
05:18La mère présente même
05:19des hommes à son fils.
05:21Elle espère que ça marche.
05:22À un moment, il lui dit
05:23« Ce n'est pas fait pour vous plaire ».
05:24Et ça, c'est une phrase
05:25qui interroge vachement
05:26parce qu'en fait,
05:27on projette beaucoup sur lui
05:28et ça nous oblige à regarder
05:29en dedans de nous
05:30plutôt que d'aller vers eux, en fait.
05:31C'est tout à fait juste.
05:33Je suis d'accord avec ça.
05:33C'est-à-dire que c'est un film
05:34qui nous interroge beaucoup.
05:35Personnage de Ray, effectivement,
05:36qui est un personnage assez opaque.
05:37Personnage sur lequel
05:38on projette énormément de choses.
05:40Et la façon dont il va essayer
05:41de résoudre le problème
05:42à la fin...
05:43Et c'est indémêlable.
05:45Non, mais je veux dire,
05:45c'est extrêmement ouvert.
05:46C'est un film très bien écrit.
05:48« Pilion »,
05:49un premier film cru,
05:50cuir et queer.
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