- il y a 10 heures
Jordan Bardella, président du Rassemblement national et député européen, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce lundi 9 mars.
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00:03Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella.
00:08Bonjour Madame.
00:08Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement National, vous êtes député européen, deuxième
00:13semaine de guerre,
00:14dernière semaine avant le premier tour des municipales, dimanche prochain.
00:18Hausse historique des prix du pétrole, fermeture du détroit d'Ormouz, impact sur les prix de l'énergie, peut-être
00:24même sur la croissance et sur l'inflation, on va y revenir.
00:27D'abord, c'est pris à la pompe avec cette demande hier du Premier ministre de mettre en place des
00:34contrôles exceptionnels.
00:35Un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, voilà ce qu'il promet, dans toutes les stations-service.
00:41Il parle de pratiques abusives et il veut lutter contre. Est-ce que vous dites que c'est une bonne
00:46mesure ?
00:47Il n'y a pas besoin de contrôle pour se rendre compte que nos compatriotes voient déjà à la pompe
00:52une augmentation significative des prix des carburants.
00:55Le samplon 95 avait pris 10 centimes à date de vendredi. Le gasoil frôle les 2 euros.
01:01Il y a beaucoup de nos compatriotes qui sont évidemment extrêmement inquiets, beaucoup de gens qui ont besoin de leur
01:04voiture,
01:04soit pour se déplacer dans les territoires ruraux notamment, ou évidemment pour travailler, je pense à nos chefs d'entreprise
01:10ou à nos artisans.
01:12Donc il faut évidemment que cette guerre qui revêt des enjeux multidimensionnels et des conséquences importantes pour les intérêts français,
01:21et d'abord pour l'énergie et pour évidemment la facture de carburant de nos compatriotes,
01:26qu'on puisse protéger au maximum les Français, le pouvoir d'achat des Français.
01:30Donc les contrôles, c'est quand même une bonne façon aussi de...
01:34D'abord, c'est la bureaucratie dans toute sa splendeur.
01:36Il n'y a pas besoin de contrôle pour se rendre compte que les prix ont déjà flambé.
01:39Il faut des mesures. 60% des prix des carburants sont des taxes.
01:42Et moi je demande au gouvernement de ne pas s'enrichir sur le dos d'une crise, sur le dos
01:47de nos compatriotes,
01:48parce qu'évidemment que l'effet de base que vous allez taxer est beaucoup plus grand.
01:52Le prix du pétrole augmente. Il a encore augmenté de manière significative.
01:55Cette nuit.
01:55Ce matin, il y a très certainement une augmentation des prix du gaz à prévoir dans les prochains jours.
02:00Donc à partir du moment où une grande partie de ce qui est vendu à la pompe relève de la
02:05fiscalité d'État,
02:06il faut évidemment que nous baissions les taxes sur le carburant pour que l'État ne s'enrichisse pas durant
02:12la crise
02:13et redonne ces gains qui sont des gains anormaux liés à un contexte de crise directement à nos compatriotes.
02:19Nous avons formulé cette demande en début de semaine et nous avons été les premiers à le faire.
02:22Vous êtes prêt à mettre 17 milliards sur la table ? Il va falloir les trouver quelque part.
02:25Qu'est-ce qui coûte 17 milliards ?
02:26C'est Bercy qui dit que si on baisse ces deux taxes que vous demandez, c'est-à-dire la
02:30TICPE et la TVA, c'est 17 milliards d'euros que ça coûtera.
02:33Mais c'est faux. C'est faux.
02:35Donc le ministre de l'économie ment.
02:37Oui, il ment.
02:38Il dit que c'est une mesure qui coûte 17 milliards d'euros. Il qualifie votre proposition de politicien.
02:44Oui, mais quelle mesure ? À partir du moment où le prix du pétrole augmente, l'assiette taxable, c'est
02:51-à-dire la base que vous allez taxer à 60%,
02:54puisque 60% de ce qui est vendu à la pompe sont des taxes.
02:56Tout à fait.
02:56Mécaniquement, les recettes de l'État vont augmenter.
02:58Donc moi, ce que je demande, c'est de neutraliser la hausse et de faire en sorte que ce qui
03:02va être capté en plus dans les caisses de l'État
03:06soit rendu à nos compatriotes.
03:08Ce qui coûte 17 milliards, d'abord, ce n'est pas 17 milliards, c'est 12, mais enfin, ils sont
03:11fâchés avec les chiffres sur un certain nombre de dossiers budgétaires.
03:15C'est 12 milliards, la baisse de la TVA de 20% à 5,5%.
03:18Ça, c'est un sujet dont on peut débattre dans le cadre d'un budget d'État et que nous
03:22avons réitéré au Parlement ces dernières semaines,
03:24que nous avions largement compensé et nous étions les seuls à avoir présenté un contre-budget qui, non seulement, baissait
03:29la mauvaise dépense publique,
03:30mais qui rendait aussi du pouvoir d'achat à nos compatriotes.
03:33Là, ce que je demande ce matin et ce que j'ai demandé en début de semaine,
03:36avec Marine Le Pen, c'est qu'on neutralise la hausse et que l'État ne s'enrichisse pas sur
03:41le dos de l'augmentation des prix du pétrole.
03:43Concrètement, ça veut dire quoi ? TVA, TICPE, les deux ?
03:45Oui, il faut baisser l'assise. L'assise, c'est l'ancienne, c'est ce qu'on appelait la TICPE
03:51pendant longtemps,
03:51qui maintenant s'appelle les assises sur le carburant.
03:54À partir du moment où sur un litre qui est vendu de gasoil à 2 euros, vous avez quasiment 1
04:02,20 euros de taxes,
04:03il faut évidemment rendre ce pouvoir d'achat.
04:04Donc ça, c'est sur le volume et la TVA, c'est sur le prix ?
04:07Donc c'est surtout la TVA, en réalité, qui pourrait permettre à l'État d'engranger pas mal d'argent
04:11?
04:11Absolument. Et on l'a vu par le passé, à partir du moment où, évidemment, que le pétrole augmente,
04:16où le gaz augmente, vous avez toujours une partie modulable dans ce qui est vendu à la pompe,
04:21qui doit être rendue à nos compatriotes.
04:22Les contrôles, il n'y a pas besoin de contrôles.
04:24Je veux bien que ce soit pas 17, mais 12 milliards, mais 12 milliards dans le contexte actuel.
04:28Non, madame, ce qui coûte 12 milliards, c'est de baisser la TVA de 20% à 5,5%.
04:32Ça, c'est une mesure qu'on a défendue pendant les élections législatives,
04:34parce que je considère que se chauffer et se déplacer est aujourd'hui en train de devenir un produit de
04:40luxe
04:40dans un pays où vous avez des millions de Français qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler.
04:43Et mettez-vous à la place des gens qui sont extrêmement inquiets de la dégradation de la situation au Moyen
04:48-Orient,
04:48et qui savent très bien que c'est eux qui vont payer.
04:50Et donc, moi, je demande qu'on protège le pouvoir d'achat des familles françaises
04:53et qu'on protège notamment la compétitivité de nos entreprises.
04:56C'est la première mesure que j'ai demandé.
04:58La deuxième mesure que nous demandons, c'est de sortir tout de suite des règles européennes
05:01de tarification des prix de l'électricité.
05:02Vous savez qu'il y a un différentiel de quasi 5 entre la production énergétique française
05:07et le coût de vente qui est vendu à nos compatriotes
05:13par un renchérissement artificiel et injustifiable des prix de l'électricité
05:19à cause des règles européennes qui fait que la France est empêchée
05:22de profiter des gains de sa filière nucléaire qui devrait nous assurer
05:26l'une des énergies non seulement les plus décarbonées, mais les moins chères d'Europe.
05:28Et ça, c'est très important pour nos boulangers qui ont vu leurs factures
05:32multipliées par 3, 4 ou 5 ces derniers mois, pour nos artisans, pour nos commerçants,
05:36pour nos industriels et évidemment pour les familles françaises.
05:39Avec cette mesure, madame, en quelques mois, on fait baisser de 20 à 30%
05:43les factures d'électricité en France.
05:44Alors, vous savez que sur les factures d'électricité, il y a un mécanisme désormais de bouclier
05:48qui fait que l'impact ne sera pas immédiat.
05:50Vous avez parfaitement raison sur la question du mécanisme de fixation des prix.
05:54Ça, c'est tout à fait juste.
05:55Et d'ailleurs, c'est quand même frappant de se dire qu'il y a, au moment de la guerre
05:59en Ukraine,
06:00les ministres, à l'époque c'était Bruno Le Maire, je me souviens très bien,
06:02avaient dit plusieurs fois à ce micro qu'on allait sortir de ce mécanisme
06:06comme l'ont fait l'Espagne ou le Portugal.
06:08A ce jour, on ne l'a pas fait.
06:09En revanche, on a diversifié également quand même nos prises,
06:15ce qui fait qu'on est moins impacté.
06:16L'impact est moins immédiat.
06:17Et par ailleurs, la facture elle-même des Français,
06:20vous ne pouvez pas dire que la facture des Français et des entreprises va augmenter de 30%.
06:24C'est faux.
06:24En tout cas, à court terme, c'est faux.
06:26Mais parce qu'elle a déjà augmenté.
06:27Non mais à court terme, c'est faux.
06:28Madame, moi j'ai vu.
06:29Mais d'abord, on n'en sait rien.
06:30Elle a augmenté et elle a rebaissé.
06:31Madame, on n'en sait rien.
06:32Et le véritable problème pour nos entreprises...
06:34On sait en tout cas que les mécanismes ne sont plus les mêmes aujourd'hui.
06:37Non, madame, le problème...
06:38L'impact ne sera pas immédiat.
06:39Non mais je veux dire, il ne faut pas non plus angoisser outre mesure.
06:41La situation est déjà suffisamment difficile pour ne pas qu'on en rajoute.
06:42Non, non, non, mais d'abord, je n'angoisse rien du tout.
06:44Ce qui est angoissant, c'est la situation au Moyen-Orient.
06:46Donc moi, j'essaie d'apporter des réponses.
06:48Et j'essaie d'agir en regardant le passé.
06:51Et je regarde que lors du déclenchement et l'agression de l'Ukraine par la Russie
06:55le 24 février 2022,
06:57dans les quelques mois qui ont suivi ces tensions en porte de l'Europe,
07:04pourquoi ? À cause de ce mécanisme européen.
07:06Aujourd'hui, évidemment, si vous me posez la question,
07:08l'électricité doit être autour, ça bouge toutes les heures,
07:10mais on doit être globalement autour de ces fameux 50 euros le mégawatt-heure
07:13qui est le coût de production historique du nucléaire.
07:16Mais le sujet, si vous voulez, c'est la stabilité à terme.
07:18Et l'idée, c'est de protéger la France de turbulences mondiales.
07:21Nous allons vivre dans un monde de plus en plus incertain
07:24où les tensions économiques et géopolitiques seront de plus en plus nombreuses.
07:27Et moi, je propose que la France retrouve cet agenda de puissance
07:31qui est basé aussi sur un prix de l'électricité français.
07:34pour se protéger des incertitudes et pour se protéger d'une instabilité
07:38qu'on ne sait pas dire pour l'instant dans les prochains mois.
07:40À moyen terme, parce que la TVA, comme la question de la mécanisme du prix,
07:45ça peut prendre un peu de temps.
07:46À moyen terme, vous êtes d'accord que là, les prix augmentent à la pompe,
07:51mais ça n'est pas encore une conséquence immédiate.
07:53Donc quand ils disent qu'il faut quand même vérifier
07:55qu'il n'y a pas des gens qui se servent au passage,
07:57ce contrôle, il n'est pas inutile.
07:59Mais le contrôle, madame, moi je veux bien qu'on fasse des contrôles.
08:01Mais dans une économie de marché, la fixation du prix, elle est libre.
08:06Donc la conséquence qu'on pourrait éventuellement discuter le matin,
08:09c'est quel serait l'effet du contrôle si toutefois,
08:12par la répression des fraudes, il devait être négatif ou décrit comme abusif.
08:15Ce que je note, et encore une fois, je ne veux pas paraître alarmiste...
08:18Le contrôle du gouvernement a d'ailleurs dit que l'option de sanctions était sur la table.
08:22Oui, il y a trois mois de réserve.
08:23Dans une démocratie française, on fait trois mois de, comme la nôtre,
08:26on fait trois mois de réserve, trois mois de stock,
08:28en cas de crise énergétique, notamment sur les carburants.
08:31Le carburant que nous stockons depuis trois mois,
08:34il a été acheté à un prix beaucoup plus faible
08:37que le prix qu'on retrouve aujourd'hui à la pompe.
08:41On a pris quasiment 30% par rapport au mois dernier.
08:44Donc si, évidemment, la hausse devait se prolonger,
08:47et quand on regarde l'actualité géopolitique et les frappes récentes ce week-end,
08:52on se dit qu'il va potentiellement y avoir de nouvelles hausses sur le carburant.
08:55Moi, je demande encore une fois qu'on protège le pouvoir d'achat de nos compatriotes,
08:59qu'on protège la compétitivité de nos entreprises,
09:01à la fois par le levier fiscal, l'État, c'est 60% de taxe sur le carburant,
09:05et éventuellement, en utilisant les réserves,
09:08ce qui va nous permettre non seulement de rassurer les marchés
09:11et de limiter la hausse des coûts,
09:12mais de faire bénéficier à nos compatriotes d'un prix...
09:15Vous demandez à ce qu'on utilise les réserves,
09:17si on utilise ces trois mois de stock.
09:18Ça doit faire partie des hypothèses qui sont sur la table.
09:21Je veux dire, la crise, encore une fois, elle va peut-être durer,
09:24nous n'en savons rien.
09:25Quel est l'avantage ?
09:26C'est de pouvoir utiliser un pétrole que l'on a acheté,
09:29enfin une essence, un carburant qu'on a acheté avant qu'il n'augmente ?
09:32Absolument, à un prix beaucoup plus faible.
09:34Le gel des prix, c'est ce que demande LFI,
09:36ça, c'est pas une option qui vous intéresse ?
09:37Mais je ne suis pas pour le gel des prix,
09:39on est dans une économie ouverte,
09:41on est dans une économie de marché.
09:43Et la dernière fois qu'on a mis en œuvre,
09:45et les économies qui mettent en œuvre les mesures communistes
09:48ou les mesures de la France insoumise,
09:50c'est le Venezuela ou c'est Cuba,
09:52et ça se traduit par des inflations qui sont absolument délirantes,
09:55et ce sont toujours les classes populaires et les classes moyennes
09:56qui finissent par trinquer.
09:58Donc, dans une économie de marché,
10:00on agit sur notamment la fiscalité,
10:03et potentiellement, je l'ai dit,
10:04sur les réserves qui ont été achetées à des prix beaucoup plus faibles.
10:07Ça, c'est les mesures que je mets sur la table,
10:08et nous aurons l'occasion d'en discuter avec le Premier ministre
10:11qui reçoit les chefs des formations politiques mercredi.
10:14Nous avions aussi formulé cette demande pour vérifier la situation.
10:17Justement, Jordan Bardella,
10:19vous, Président,
10:21Israël et les États-Unis attaquent l'Iran,
10:23vous faites quoi ?
10:23Vous dites quoi ?
10:24Vous condamnez ?
10:25Vous soutenez ?
10:26Vous envoyez le Charles de Gaulle ?
10:27Vous utilisez les rafales ?
10:29Qu'est-ce que vous faites ?
10:29Qu'est-ce que vous dites ?
10:30D'abord, le régime iranien est un régime abominable
10:33qui use de la terreur à l'intérieur contre son peuple
10:36et qui est un sponsor du terrorisme international.
10:39On a beaucoup parlé du rôle de l'Iran
10:41dans les attaques terroristes qui ont été commises
10:44contre Israël en octobre 2023,
10:47même si, là encore, on est aux confins
10:48de mouvements chiites et de mouvements sunnites
10:51avec le Hamas.
10:52Mais je n'oublie pas non plus l'attentat du Drakkar,
10:55qui, dans les années 80,
10:57sous la responsabilité directe du Hezbollah,
11:00de ce qui était le Hezbollah à l'époque,
11:01et de l'Iran, près de 58 soldats français
11:04ont trouvé la mort à Beyrouth,
11:06dans un attentat qui a été l'un des plus meurtriers
11:08depuis la Seconde Guerre mondiale.
11:10Donc, un, vous condamnez le régime d'Emola.
11:11Deux ?
11:11Le régime, je n'ai aucune sympathie
11:13pour le régime d'Emola,
11:15et personne, peut-être à part M. Mélenchon,
11:17n'y rappelerait sur la mort du guide suprême.
11:20Même si, on voit bien que la situation
11:21est beaucoup plus complexe que cela sur place,
11:23et que son remplaçant, son successeur,
11:26qui est son fils, est non seulement plus jeune,
11:27mais très certainement encore plus radical
11:29que les gars, déjà son père.
11:30D'abord, un, madame, il faut préserver les intérêts français.
11:33On a 400 000 ressortissants français
11:35qui sont dans la région.
11:36Nous devons, non seulement, leur prêter assistance et sécurité,
11:39nous devons également assurer la défense
11:41de nos bases aériennes.
11:43Moi, j'ai eu l'occasion d'être reçu sur la base
11:45d'Abu Dhabi au mois de juin dernier.
11:46Il y a 900 militaires français qui sont sur cette base d'Abu Dhabi,
11:49et qui assurent notamment, et qui honorent
11:51des partenariats de sécurité avec les pays du Golfe.
11:53Donc, nous devons, dans un premier temps,
11:55préserver la sécurité de nos ressortissants,
11:57et, évidemment, assurer la sécurité
12:00de nos partenaires et de nos alliés.
12:02La France contribue, au moment où je vous parle,
12:05à des opérations de défense,
12:07notamment à l'interception de missiles
12:09qui visent des pays alliés comme les Émirats.
12:12Et ça, ce sont évidemment des mesures nécessaires
12:14que nous devons soutenir.
12:14Donc, au fond, vous faites exactement ce que fait Emmanuel Macron.
12:17Vous dites les mêmes mots, c'est-à-dire vous,
12:18Emmanuel Macron, lors de son allocution
12:21à 20h la semaine dernière,
12:22a commencé par dire que l'Iran était responsable
12:25en n'ayant pas respecté, notamment, les négociations.
12:29Deux, il a tout de même dit que l'intervention était illégale.
12:32Vous le diriez aussi ?
12:33Oui, enfin, je pense que pour l'instant,
12:34la réaction de la France est plutôt la bonne.
12:37Et que la réaction de la France va dans le bon sens.
12:40Ce n'est pas parce que c'est Emmanuel Macron qui le dit
12:41que j'ai nécessairement m'inscrit en faux et de dire le contraire.
12:45Vous considérez que la position de la France, aujourd'hui,
12:47elle est la bonne, elle est celle, en tout cas, que vous auriez.
12:49Oui, deuxièmement, on protège la libre circulation du commerce.
12:52Parce que, comme on le rappelle,
12:54et c'est un peu l'objet de la discussion que nous avons depuis un quart d'heure,
12:57le détroit d'Ormousse, c'est 20% du passage du pétrole,
12:5920% du gaz.
13:00Et je rappelle aussi qu'un tiers des matériaux chimiques
13:06qui sont utilisés, vous savez, pour produire l'urée,
13:08c'est-à-dire les engrais qui sont indispensables
13:09à la production alimentaire,
13:11transitent par le détroit d'Ormousse.
13:12Donc, on a des missions, aujourd'hui, dans la région,
13:15notamment des coopérations européennes
13:17avec la mission Aspides en mer rouge
13:19et des missions dans le détroit d'Ormousse
13:21avec un certain nombre de partenaires européens.
13:23Il faut évidemment honorer ces partenariats
13:25pour sécuriser, au plus vite et au plus tôt,
13:27l'intégralité des navires qui traversent ce détroit
13:30et qui sont évidemment stratégiques pour la région.
13:32C'est ce qui est fait.
13:33Le déploiement du Charles de Gaulle
13:35est évidemment une bonne mesure
13:37parce qu'à partir du moment où un allié comme Chypre est attaqué,
13:41c'est un état de l'Union européenne,
13:42la France doit évidemment une assistance,
13:44en tout cas une bulle de protection autour de Chypre.
13:46Et je pense que le déploiement du Charles de Gaulle
13:49en Méditerranée orientale
13:50est évidemment une mesure qui était nécessaire.
13:53Et enfin, il faut évidemment protéger
13:54le pouvoir d'achat des familles françaises.
13:56Le nucléaire avancé,
13:58c'est-à-dire la déclaration aussi d'Emmanuel Macron,
14:01le fait que nous protégions,
14:02en réalité c'était déjà dans les plans du général de Gaulle,
14:05on garde le bouton nucléaire,
14:07mais on partage la protection ?
14:09Mais ça c'est de la communication, madame.
14:11Parce qu'en réalité,
14:12dans l'annonce qui a été faite par le président de la République,
14:14il n'y a pas de changement fondamental de la doctrine française.
14:16C'est pour ça que je vous dis que c'était déjà ce que disait Charles de Gaulle.
14:18Donc sur le fond, là encore, vous êtes plutôt d'accord.
14:20L'instruction qui avait été donnée par le général de Gaulle
14:22au début des années 60,
14:23qui indiquait que la défense des intérêts vitaux
14:25de la nation française ne s'arrêtait pas
14:27aux seules frontières de l'Hexagone naturellement.
14:29En revanche, ce qui m'apparaît critiquable
14:30dans le discours du président de la République,
14:32c'est qu'en évoquant des sujets de dissuasion nucléaire
14:35ou à minima de dissuasion conventionnelle
14:37auprès de nos partenaires européens,
14:39il n'évoque à aucun moment
14:41le choix fait par nos partenaires européens
14:44d'acheter du matériel américain.
14:46Parce qu'à partir du moment où les Etats-Unis d'Amérique
14:48accordent par exemple à l'Allemagne
14:50ou à un certain nombre de pays d'Europe de l'Est
14:52le bénéfice du parapluie nucléaire,
14:54la contrepartie c'est que ces Etats
14:56s'engagent à acheter du matériel américain.
14:58Donc moi je souhaite qu'on puisse développer
15:00la préférence européenne
15:01pour faire en sorte que nos partenaires européens
15:03si demain ils souhaitent bénéficier
15:04d'une dissuasion, je ne dis pas nucléaire
15:06mais à minima conventionnelle de la France
15:08comme c'est le cadre aujourd'hui
15:09des traités de l'OTAN
15:10et de la clause d'assistance mutuelle
15:12de l'Union Européenne
15:13puissent acheter du matériel français.
15:14Enfin moi je dis à mes partenaires européens
15:16acheter des Rafales
15:18et arrêter d'acheter des F-35
15:19si vous souhaitez que la France puisse
15:21demain assumer un leadership
15:23sur la scène européenne.
15:25Jordan Bardella, dimanche,
15:27premier tour des élections municipales
15:29dans ce contexte
15:30avec notamment une question
15:31qui est la question des alliances.
15:32Le PS qui a annoncé
15:34ne plus vouloir d'alliance avec LFI.
15:37Du côté des LR et du RN,
15:40est-ce que cette union des droites
15:41dont certains parlent autour de vous,
15:42est-ce qu'elle existe dans les faits ?
15:43Est-ce que vous vous parlez
15:44avec des élus de LR par exemple ?
15:47Est-ce que vous commencez à parler
15:48de ce qui va se passer
15:50dimanche à partir de 20h01 ou 20h02 ?
15:52On ne parle pas spécifiquement
15:53de ce qui va se passer dimanche soir
15:54parce que chaque candidat,
15:57chaque mouvement politique
15:57est engagé avec sa liste,
15:59ses candidats.
15:59Nous avons nous plus de 650 candidats
16:01partout en France
16:02qui défendent des listes de rassemblement
16:04sur lesquelles il y a évidemment
16:05des gens du Rassemblement National
16:07mais sur lesquels nous avons souhaité
16:08tendre la main aussi
16:09des divers droits,
16:10des gens qui viennent d'autres formations politiques.
16:12Je vous rappelle que l'alliance
16:13que nous avons constituée
16:14avec Marine Le Pen et Éric Ciotti
16:15lors des dernières élections législatives
16:17elle demeure et qu'il y a
16:18beaucoup d'orphelins aujourd'hui
16:19à droite et aux Républicains
16:20qui ne se reconnaissent plus
16:21dans la façon dont M. Rotaillot
16:22et l'ensemble du parti
16:23ont été dilués dans le macronisme
16:25et donc moi je les appelle
16:26à travailler à mes côtés.
16:27Est-ce que certains LR
16:28viennent sur des listes RN
16:29ou est-ce que certains RN
16:30aillent sur des listes LR ?
16:32D'abord les listes sont déposées
16:35mais je veux dire au second tour,
16:36d'abord je ne peux pas
16:37évidemment m'exprimer
16:38sur le second tour
16:39avant que les Français aient voté.
16:40Mais encore une fois,
16:41s'il y a possibilité,
16:42d'abord je n'exclus rien,
16:43et s'il y a possibilité
16:44évidemment de l'emporter
16:46ou éventuellement de faire barrage
16:47à des candidats incendiaires
16:50de la France Insoumise,
16:51eh bien moi je dis
16:51travaillons ensemble
16:52sur un projet d'intérêt commun.
16:53Vous avez un barrage
16:53anti-héritier quoi.
16:54Mais je l'ai dit,
16:55il faut que la classe politique
16:56prenne ses responsabilités
16:58et arrête d'ouvrir ses bancs
17:01notamment à l'Assemblée Nationale
17:02puisque je vous rappelle
17:03que dans plusieurs circonscriptions
17:05aux dernières élections législatives,
17:06Emmanuel Macron et Gabriel Attal
17:07ont retiré leurs candidats
17:09pour faire élire des députés
17:10de la France Insoumise
17:11qui ont fait rentrer
17:11la brutalisation et la violence
17:13à l'Assemblée Nationale,
17:14il faut arrêter tout cela.
17:15Donc les Français doivent voter
17:16parce que l'alternance
17:17elle n'attend pas 2027
17:18et le changement
17:18il commence dans les communes
17:20et partout où nous aurons des maires
17:22nous renforcerons de manière significative
17:24les effectifs des polices municipales.
17:25Nous agirons contre l'insécurité
17:27et les incivilités
17:27et il n'y aura pas,
17:28je le dis et j'en fais la promesse ce matin,
17:30pas un centime d'augmentation
17:31de la fiscalité
17:32dans les villes
17:32qui seront dirigées par le RN.
17:34Pas un centime d'augmentation.
17:35Une question aussi
17:36sur ce qu'on appelle
17:36les brebis galeuses,
17:37c'est le titre du journal Libération.
17:40Mes confrères qui disent
17:41plus de 10% des listes
17:42investies par le RN
17:43aux élections municipales
17:45accueillent des personnes
17:46ayant diffusé des propos
17:47antisémites, racistes,
17:48complotistes, violents.
17:49Alors j'ai regardé,
17:50il s'agit souvent...
17:50Je crois que Libération
17:51ne prend plus beaucoup de journaux.
17:53Je ne sais pas si vous avez vu
17:53que M. Kretinsky
17:54est obligé de mettre une rallonge
17:55parce que les gens
17:57n'achètent plus Libération.
17:57Mais la question n'est pas de savoir
17:58qu'il achète de voir.
17:59Je le dis quand même,
18:00il faut savoir qui parle, c'est bien.
18:01Leur enquête est-elle vraie ou fausse ?
18:02Et la question d'ailleurs,
18:03c'est, le plus souvent,
18:05ils sont dans des positions
18:06inéligibles,
18:07j'ai vérifié,
18:08mais reste une question.
18:09Pourquoi vous attirez ces gens-là ?
18:10Non, madame, pardon.
18:11Pourquoi vous attirez ces gens-là ?
18:12Non, non, non, madame, pardon.
18:14Le Rassemblement National,
18:15dans ses élections municipales,
18:17a plus de 25 000 candidats
18:19sur toute la France.
18:21Donc, qu'on aille chercher
18:23les tweets
18:24de la grand-mère,
18:25de la boulangère,
18:25d'un candidat,
18:26il y a 15 ans,
18:27pour les exhumer
18:28sur la place publique,
18:29quand on le fait,
18:30il faut le faire
18:30pour toutes les formations politiques.
18:32C'est tout à fait juste.
18:32Moi, j'ai une position
18:33et un principe,
18:34et je vous demande, madame...
18:35Mais s'ils l'ont fait pour vous,
18:36qu'est-ce que vous répondez à ça ?
18:37Pourquoi vous les attirez ?
18:38Madame, je vous demande
18:39de croire en ma bonne foi.
18:40À partir du moment où,
18:42au Rassemblement National,
18:43et ça a toujours été la position
18:44de Marine Le Pen
18:46comme présidente du parti
18:46et désormais,
18:47de moi-même,
18:48depuis que je suis président en 2022,
18:49qu'il y a des gens
18:50qui veulent venir se greffer
18:51à notre mouvement politique,
18:53qui ont des propos
18:53qui ne correspondent
18:54ni à nos valeurs,
18:55ni à notre éthique,
18:56ni à notre ligne politique,
18:57nous les mettons à la porte.
18:58La différence,
18:58c'est que nous,
18:59on fait ce boulot
18:59dans les autres formations politiques.
19:01Non seulement,
19:01cette politique
19:02de laseriser,
19:04je dirais,
19:05les différents candidats,
19:06de les mettre à nu
19:06sur 10 ou 15 ans,
19:07n'est faite que
19:08pour le Rassemblement National.
19:10Je veux dire,
19:10on ne voit pas des articles
19:11qui sont faits
19:12sur les autres formations politiques.
19:13Je peux vous assurer
19:14que si vous faites le boulot
19:14à la France Insoumise,
19:16à LR ou à Renaissance,
19:17vous allez aussi en trouver.
19:18Vous voyez,
19:19en allant chercher
19:19les gens qui sont sur les listes
19:21et qui ne sont pas
19:21en position à l'Égypte.
19:22Donc, moi,
19:22je défends mes candidats.
19:24Nous avons des candidats de talent,
19:25des candidats convaincus
19:26qui représentent la société civile,
19:29des étudiants,
19:30des salariés,
19:30des fonctionnaires de police,
19:31des médecins,
19:32des chefs d'entreprise.
19:33On a tout ce que la France
19:35compte de force vive
19:36et je suis très fier
19:37de mes candidats
19:38et j'appelle les Français
19:39à ne pas céder
19:40à ces intimidations
19:40qu'on voit à chaque fois
19:42ressortir 5 jours
19:42avant les élections.
19:44La différence,
19:44c'est que nous,
19:45quand on a quelqu'un
19:45qui ne correspond pas
19:46à nos valeurs,
19:46on le met à la porte.
19:47À la France Insoumise,
19:48il est fait député,
19:49porte-parole
19:49et il est fait Dieu
19:50par M. Mélenchon.
19:51Jordan Bardet,
19:52la présidente du Rassemblement National.
19:53Merci d'avoir répondu
19:54à mes questions.
19:54Merci à vous.
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