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  • il y a 10 heures
Charline Hurel, Journaliste TF1/LCI spécialiste défense
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##A_LA_UNE_WK-2026-03-07##

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Transcription
00:00Un témoignage exclusif de la seule journaliste française qui a aidé à bord du Charles de Gaulle
00:05qui se dirige donc vers la Méditerranée, qui arrivera normalement dans quelques heures
00:08et qui était donc à bord au moment où le Président de la République nous a annoncé
00:11à nous Français que le Charles de Gaulle allait prendre la route direction la Méditerranée
00:15pour se positionner au niveau du conflit au Moyen-Orient, c'est-à-dire se positionner proche de l'Iran.
00:20Bonjour Charly Nurel.
00:20Bonjour.
00:21Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:22Vous êtes journaliste pour TF1 à LCI, spécialiste des questions de défense.
00:26Vous êtes sorti du Charles de Gaulle il y a quelques heures à peine.
00:28La première question qu'on a envie de vous poser c'est à quoi ça ressemble cette vie sur ce
00:33bâtiment en mer
00:34qui est absolument monstrueux ?
00:36C'est quoi quand on est journaliste sur place pendant trois jours, quatre nuits, enfin pendant trois nuits, quatre jours
00:40?
00:41Comment ça se passe ?
00:41Il faut bien s'imaginer que le porte-avions c'est comme une ville flottante,
00:45c'est-à-dire que c'est l'équivalent de 2000 marins avec une vie à bord, une vie qui
00:49est complètement autonome.
00:50C'est-à-dire que vous avez une boulangerie, vous avez de quoi se restaurer
00:53et puis surtout tout cela pour continuer pour les marins à faire leur travail.
00:57Donc c'est immense, le Charles de Gaulle quand vous ne le connaissez pas,
01:01c'est-à-dire quand vous ne vivez pas dessus, vous vous perdez dans le Charles de Gaulle,
01:04vous ne savez pas où vous êtes tant il est grand.
01:06Donc ça c'est pour le Charles de Gaulle.
01:08Et peut-être une précision tout de suite pour les auditeurs que lorsque je parle du porte-avions,
01:12il faut bien s'imaginer que le porte-avions n'est jamais seul en mer,
01:15il a toujours son groupe aéronaval autour.
01:16L'équipement de frégates tout autour notamment.
01:18Exactement, des frégates et des sous-marins.
01:20Et ça c'est très important parce que le porte-avions ne se déplace jamais seul.
01:22Et ce porte-avions c'est donc un outil militaire mais aussi un outil diplomatique.
01:26Nous en France, quand on a été devant notre télévision mardi soir
01:29que le président de la République Emmanuel Macron l'a annoncé,
01:32ça a été vécu comme un véritable retentissement.
01:34Mais à bord, comment ça se passe ?
01:36Ce moment où le président dit vous changez de cap, direction la Méditerranée.
01:39Les marins sont devant cette allocution et nous nous sommes assez surpris
01:45parce qu'il n'y a pas vraiment de réaction à ce moment-là.
01:49Et puis les heures passent ensuite et les marins continuent leur travail.
01:53C'est-à-dire que lorsque nous avons embarqué en Suède pour une opération en mer du Nord,
01:57d'ailleurs pendant 24 heures il y a eu une opération en mer du Nord,
02:01le comportement lorsqu'il y a eu l'annonce du changement de mission
02:04n'a pas changé au niveau des marins.
02:06Et ça, ça s'explique tout simplement parce que ce sont des marins
02:09qui sont habitués à s'entraîner en permanence.
02:12C'est la répétition du même exercice chaque jour, chaque heure,
02:15pour que le jour où ça arrive, ce soit juste un fait de plus,
02:19que rien ne soit changé. C'est une mécanique.
02:21Exactement. Et ça, c'est véritablement ce qu'applique l'armée française.
02:25Le porte-avions, lorsqu'il est en mer, il y a toujours des avions,
02:28on ne va pas dire qu'ils décollent parce qu'ils sont catapultés, c'est le terme,
02:32mais il y a toujours des avions qui sont catapultés.
02:34C'est-à-dire que l'entraînement est en permanence.
02:37Donc là, finalement, les marins se retrouvent dans une situation qu'ils maîtrisent.
02:41Et c'est aussi pour cela qu'il y a ces entraînements aussi fréquents.
02:43Donc, pas de réaction apparente à bord.
02:45En revanche, il y a une intensification des entraînements
02:48qui sont davantage tournés, ciblés, adaptés aux missions qu'ils vont rencontrer dans la région.
02:53Et la mission, on va en parler dans une poignée de secondes.
02:55Simplement, quand l'annonce est faite, quand tout d'un coup, il y a un changement de cap à l
02:58'intérieur,
02:58comment ça se passe ? Si plus personne ne parle, il y a une coupure des communications,
03:02c'est quelle est l'atmosphère à bord ?
03:03Alors, c'était ce qu'on a relevé et ce qui nous a surpris.
03:07Nous, civils, on va dire lambda, les marins sont habitués.
03:10C'est-à-dire que lorsqu'il y a un changement de mission comme celui-ci,
03:15le porte-avions se coupe des communications, se coupe de l'extérieur.
03:20Tout simplement pour garantir le secret opérationnel.
03:24Donc, les marins n'ont même plus contact avec leur famille.
03:26C'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas joindre leur famille, leurs proches, en leur disant
03:30« Nous changeons de mission, nous allons plus... »
03:32Tout va bien, il n'y a rien de grave, ça n'existe pas.
03:34Ça n'existe pas et c'est compréhensible parce qu'à ce moment-là, le Charles de Gaulle doit rentrer
03:40en discrétion.
03:41C'est ce que nous explique le commandant.
03:42Pour manœuvrer, évidemment, on rentre dans une mission qui est purement militaire,
03:46avec une guerre en face, quand bien même le Charles de Gaulle n'est pas intégré dans cette guerre.
03:51Donc, coupure des communications et il y a une procédure à côté,
03:55parce qu'on parlait des familles qui ne sont pas au courant.
03:58Le Charles de Gaulle, l'équipage, l'état-major, lui, se charge de prévenir, évidemment, les familles à côté.
04:03Charline Nurel, en rappelant que vous êtes journaliste TF1-LCI,
04:06spécialiste des questions militaires et des questions de défense,
04:08vous rentrez, il y a quelques heures à peine, de ce fameux porte-avions Charles de Gaulle.
04:12Précisément, que vient faire un tel porte-avions dans un conflit comme celui qui se déroule actuellement en Iran ?
04:17Quelle est la volonté de la France, donc du Président de la République,
04:20quand il prend, quand la France prend une telle décision ?
04:22C'est un symbole, déjà, qu'on envoie, et c'est peut-être aussi l'explication
04:26de pourquoi le porte-avions n'a pas été immédiatement envoyé.
04:30Parce que lorsque vous envoyez un porte-avions avec son groupe aéronaval,
04:34il y a quand même un sous-marin qui est intégré,
04:37vous envoyez un certain message, message de dissuasion,
04:40et puis surtout, c'est le seul porte-avions à propulsion nucléaire qui existe en Europe.
04:45Donc, lorsque vous l'envoyez, vous envoyez ce message
04:49que la France va participer à la défense de ses alliés.
04:53Et là, c'est important, parce qu'il y a une différence dans les termes militaires
04:57entre l'offensif et le défensif.
04:59C'est-à-dire que le porte-avions n'est pas envoyé pour aller bombarder, cibler.
05:03Demain, les rafales ne seront pas en train de bombarder l'Iran ou le Liban ?
05:06Absolument pas.
05:06Absolument pas.
05:07En revanche, il est là pour être dans la région.
05:09Nous avons des ressortissants français qui sont dans la région.
05:12C'est un nombre assez...
05:14Et des contrats qui nous lient avec beaucoup de pays.
05:15Mais vous avez utilisé un mot important,
05:16que ce sont les missions défensives pour beaucoup de Français,
05:19pour tous ceux qui nous écoutent.
05:20L'idée, tout d'un coup, en tout cas, de la peur de la guerre,
05:23ça veut dire quoi quand on entend beaucoup de spécialistes,
05:24d'anciens ministres, notamment de la défense,
05:27ou de ces questions-là, nous dire
05:28non, non, nous ne sommes pas en guerre.
05:29En tout cas, si nous le sommes, ce sont sur des questions défensives.
05:31Quelle est la guerre entre l'être de manière totale
05:33et l'être, là, simplement de manière défensive ?
05:36L'être de manière totale ou participer de manière offensive,
05:40ça veut dire être acteur d'une guerre.
05:42Ce qu'il se passe, d'ailleurs, je suis prudente sur les termes
05:45de « on précipite la France dans une guerre ».
05:47La France reste, en réalité, à côté de cette guerre.
05:50Ce qui se passe, c'est qu'elle est positionnée
05:51dans une région qui est stratégique.
05:53Et quand on parle de défense, c'est-à-dire qu'on va envoyer,
05:56par exemple, des avions pour aller intercepter
05:58s'il y avait des drones qui arrivaient à se rapprocher
06:02des bases militaires de nos alliés,
06:04des bases militaires françaises, parce qu'il y en a dans la région,
06:07ou alors s'il y avait nos ressortissants qui étaient en danger.
06:10Nous avons des évacuations de ressortissants.
06:12Ça aussi, c'est important.
06:13Que va faire le Charles de Gaulle ?
06:15Ce n'est pas simplement qu'abattre des drones
06:17qui se rapprocheraient trop des bases militaires.
06:19Au niveau des ressortissants,
06:21le Charles de Gaulle voit tout ce qui se passe autour de lui,
06:23dans les airs et sur les mers.
06:25Ça veut dire qu'il va aussi pouvoir sécuriser
06:27ces évacuations de ressortissants.
06:28Et quand on vous entend, on comprend la complexité
06:31de toutes ces missions, mais aussi l'ampleur
06:32de ce que représente la France à l'international,
06:34malgré tout un discours qu'on entend beaucoup.
06:36C'est là aussi qu'il faut intégrer la dimension économique.
06:38Et ce sera ma dernière question.
06:40Quand on parle de la loi de programmation militaire,
06:42ça peut paraître du jargon, ça peut paraître quelque chose
06:43d'excessivement technocratique.
06:45Mais derrière, c'est la souveraineté, c'est la défense,
06:47c'est la puissance de la France.
06:49On l'a vu encore en début de semaine,
06:50quand le président de la République a annoncé son discours,
06:52a annoncé faire son grand discours sur la dissuasion.
06:55Tout ça, ça a un coût.
06:56Et c'est ce qu'on va viser avec cette fameuse loi de programmation militaire
06:58dans les prochaines années.
06:59Exactement, et ce budget qui a eu beaucoup de difficultés à passer
07:04parce qu'il y a un nouveau porte-avions aussi
07:07qui va être en construction pour remplacer le Charles de Gaulle,
07:10qui sera beaucoup plus puissant.
07:12Et donc cela, évidemment, ce sont les intérêts de la France,
07:15mais c'est aussi ce qui montre sa puissance militaire.
07:19Un petit mot, Maxime, parce que moi, j'ai été alertée
07:21en revenant du Charles de Gaulle,
07:22en parlant avec des chauffeurs de taxi
07:25qui me racontaient qu'eux, dans leur quotidien,
07:27ils avaient du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois.
07:30Comment pouvez-vous expliquer ces questions de budget
07:32sur la position géopolitique de la France
07:35à des personnes qui ne parviennent pas
07:36à joindre les deux bouts dans leur quotidien ?
07:39Finalement, c'est aussi un jeu d'équilibrisse
07:41de la part du gouvernement
07:42de pouvoir expliquer qu'il y a ces quotidiens,
07:45mais surtout que c'est important d'avoir cette puissance militaire.
07:47Les différents enjeux, les différentes échelles.
07:49Merci beaucoup, Charly Nurel, d'avoir été avec nous.
07:51Pour tous ceux qui veulent vous suivre,
07:52il y a évidemment vos réseaux sociaux,
07:53mais c'est très régulièrement sur la chaîne de TF1,
07:55LCI, spécialiste des questions de défense.
07:57Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin
07:58pour nous raconter les coulisses d'une ville flottante
08:00qui s'appelle le Charles de Gaulle
08:01et qui, pour rappel, dans l'actualité internationale,
08:04devrait débarquer en Méditerranée d'ici quelques heures.
08:06Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur Sud Radio.
08:08Il est 8h26.
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