00:008h49 et face à vous, Benjamin Duhamel, le candidat socialiste à la mairie de Paris.
00:05Bonjour Emmanuel Grégoire.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors qu'on saura ce soir à 18h
00:09combien de candidats seront sur la ligne de départ dans ce second tour des municipales à Paris.
00:14Je rappelle que vous êtes arrivé nettement en tête du premier tour avec 38% des voix.
00:1813 points devant Rachida Dati, la candidate à l'air qui, on l'a appris hier soir,
00:22a fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel qui lui a fait le choix de se retirer.
00:26Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour vous Emmanuel Grégoire ?
00:29La droite se rassemble alors que la gauche est divisée ?
00:32Non, ce n'est pas une mauvaise nouvelle d'abord parce que c'était une nouvelle qui est malheureusement attendue.
00:36Et on voit tout le paradoxe de l'annonce.
00:39C'est-à-dire qu'il fusionne, mais enfin il se retire d'ores et déjà.
00:43Peut-être les deux candidats les plus connus de la liste de Pierre-Yves Bournazel,
00:46c'est-à-dire Pierre-Yves Bournazel et Clément Beaune, ont annoncé leur retrait.
00:50Cette fusion ressemble à une opération casse-coup de la droite.
00:55Ils ont subi des injonctions, on le comprend ainsi.
00:58Mais enfin, ils refusent de s'y prêter.
01:01Et donc c'est pour Rachida Dati, je crois, l'ultime des aveux.
01:04L'addition des deux scores ne permettait pas de rejoindre celui de l'Union de la Gauche et des écologistes
01:09déjà.
01:10Et je pense que c'est une immense trahison pour tous les électeurs qui se sont reconnus dans la candidature
01:15de Pierre-Yves Bournazel
01:16et qui ont voté pour lui précisément pour ne pas avoir voté pour Rachida Dati.
01:20Vous interprétez le retrait de Pierre-Yves Bournazel comme un malaise par rapport à une fusion qui lui a été
01:23imposée ?
01:24Je pense qu'il l'a dit comme ça et que Clément Beaune l'a expliqué aussi.
01:27Tout à fait pour Pierre-Yves Bournazel.
01:28Oui, quand on se retire en disant mon chemin s'arrête ici.
01:31Et j'ai en mémoire les mots extrêmement durs qui se sont adressés tous les deux.
01:36Je trouve d'ailleurs que c'est une décision digne de Pierre-Yves Bournazel.
01:40Il aurait pu aller jusqu'à la logique ultime, c'est-à-dire de ne pas fusionner.
01:45Mais d'une certaine manière, on comprend qu'il y a des intérêts d'appareil qui dépassent l'intérêt des
01:48Parisiens.
01:50Emmanuel Grégoire, la candidate insoumise, Sofia Chiquirou, qui disait donc attendre votre appel en vue d'un éventuel accord.
01:55Elle n'a jamais reçu cet appel.
01:57Elle a déposé sa liste hier soir en préfecture.
01:59Elle va donc se maintenir au second tour.
02:01Vous n'aviez plus de réseau ? Vous n'aviez plus de forfait, Emmanuel Grégoire ?
02:05Sofia Chiquirou a fait tout pour empêcher les quelques discussions qui soient.
02:10Elle a passé son temps à nous cogner dessus, à dire que le bilan de la majorité sortante...
02:13C'est une compagnie électorale, Emmanuel Grégoire ?
02:15Non, c'est un peu de vérité.
02:17On dit deux choses pas très sympathiques avant le premier tour et ensuite...
02:20Non, la cohérence, c'est de dire ce qu'on fait et de faire ce qu'on dit.
02:25De le dire avant et de le dire après.
02:27Et de ne pas faire comme Mme Dati, des virements sur l'aile comme ça, en permanence.
02:32Des virages sur l'aile, ça doit être un lapsus que m'évoque Mme Dati.
02:36Et donc, je veux dire, il faut être cohérent.
02:39Et moi, je vais vous dire, je n'ignore pas que beaucoup des électeurs de gauche sont un peu perdus
02:44aujourd'hui.
02:45Entre ceux qui demandent absolument de fusionner pour protéger Paris de la droite.
02:48Entre ceux qui me demandent de surtout pas fusionner au nom des valeurs et des principes.
02:52Et on vit sur ces injonctions.
02:53Et la cohérence...
02:54Est-ce qu'on peut prendre le risque de perdre Emmanuel Grégoire pour ne pas s'allier avec Sofia Chiquirou
02:58?
02:59Non, parce qu'en politique, ce sont les dynamiques, la crédibilité et la cohérence qui, je crois, sont récompensées.
03:06Et donc, en la matière, désormais, l'équation, c'est de savoir si est-ce que ce sera Emmanuel Grégoire
03:10et mes soutiens qui sera maire
03:12ou est-ce que ce sera Rachida Dati.
03:13Et donc, dimanche, j'appelle tout simplement à faire le choix pour ceux qui ne veulent pas que Rachida Dati
03:19soit le maire,
03:19qu'ils aient voté pour Sofia Chiquirou au premier tour ou qu'ils aient voté pour Pierre-Yves Bonazel,
03:23de se retrouver derrière notre collectif, une union de la gauche et des écologistes.
03:27On a fait l'accord au premier tour.
03:29C'est le plus haut score historique de la gauche à Paris.
03:32C'est bien pour lui donner de la force à cette union et à nous mener la victoire.
03:35C'est intéressant que vous me citiez cet accord, effectivement inédit, que vous aviez conclu au premier tour.
03:39Est-ce que vous vous souvenez qui a écrit dans cet accord, ouvrez les guillemets,
03:42mais les partenaires s'engagent à tout faire pour qu'il n'y ait qu'une seule liste de gauche
03:45au second tour ?
03:46Oui, c'est nous.
03:47Ah oui ? Bon, bah grande réussite, hein.
03:50J'allais vous dire, c'est mon seul regret du dimanche soir.
03:52C'est qu'on a fait un très très bon score, mais on n'est pas la seule liste de
03:55gauche au deuxième tour.
03:57Mais enfin, ça, pardonnez-moi de rappeler que c'est parce que les électeurs l'ont ainsi choisi et il
04:00faut le respecter.
04:01Et moi, je respecte les électeurs de Sofia Chiquirou.
04:04Et ce que je veux leur dire, c'est que notre projet de transformation écologique et sociale, c'est un
04:09projet de gauche.
04:10C'est celui qui permettra de protéger Paris.
04:11C'est celui qui permettra de battre Rachida Dati.
04:14On est obligé, Emmanuel Grégoire, de faire un détour par d'autres villes de France.
04:17Il y aura des alliances entre la France Insoumise et le Parti Socialiste, entre autres, Limoges, Toulouse, Brest, Nantes, Avignon.
04:23Patrick Cohen vient d'en parler.
04:24Pourquoi dans ces villes, ce serait possible et pas à Paris ?
04:28D'abord, parce que c'est très peu de villes.
04:30Ce sont des cas particuliers parmi 36 000 communes.
04:32C'est le même élément de langage que Olivier Faure.
04:35Quand on additionne le nombre d'habitants de toutes ces villes, ça fait quand même beaucoup.
04:39Oui, ça fait beaucoup, mais enfin, c'est infiniment moins.
04:41C'est vraiment, ce sont des cas particuliers.
04:44Deuxièmement, pour Toulouse, Limoges, ce sont des villes de conquête.
04:49Et enfin, moi, je suis concentré sur la campagne.
04:52Ce sont des villes de conquête dans lesquelles l'idée de faire rebasculer la ville à gauche.
04:56Est-ce qu'il y a à Limoges et à Toulouse ?
04:58Vous me l'autoriserez.
04:59C'est quand même une tradition ancienne et qu'on peut espérer revoir.
05:02Donc, Emmanuel Grégoire, vous comprenez, comme le dit Olivier Faure, ces alliants entre la France Insoumise et le Parti Socialiste.
05:07Je ne juge pas, je ne juge pas.
05:08J'ai fait le choix à Paris de ne pas le faire.
05:10Parce qu'il faut aussi rappeler qu'il y a des contextes de personnalités de tête de liste.
05:15Sophia Chikirou, vous connaissez évidemment son rôle dans la France Insoumise.
05:19Et ce qui la caractérise, personnellement, c'est un sujet.
05:23Elle a beaucoup tendu les discussions.
05:25Et donc, je ne sais pas, moi, quelles sont les situations.
05:28Mais ce ne sont pas les mêmes personnalités qui sont dans le leadership.
05:31Il y a des insoumis fréquentables et des insoumis infréquentables.
05:33Mais bien sûr que c'est le cas dans l'électorat insoumis.
05:36Ce n'est pas le mal et le bien.
05:38Enfin, qu'est-ce que c'est que cette caricature ?
05:39Il y a des gens qui sont dans une demande de radicalité à gauche
05:43et qui ne sont pas complaisants vis-à-vis de ce que moi, je reproche aux dirigeants de la France
05:47Insoumise.
05:48Quand on fait de la politique, il y a des positions de principe.
05:49On a entendu pendant toute la campagne de premier tour des socialistes
05:53qui avaient des propos extrêmement durs sur ce qu'avait pu dire Jean-Luc Mélenchon.
05:55On a vu le Parti Socialiste qui prend une décision en bureau national consistant à dire
05:58qu'il n'y a pas d'alliance nationale entre le PS et les filles.
06:01Et à partir du premier tour, on voit tout un tas d'alliances locales qui se multiplient.
06:04Vous ne pouvez pas m'en faire le reproche.
06:06Les électeurs et les sympathisants se demandent si on les prend pas un peu pour des vidéos.
06:10Un, vous ne pouvez pas m'en faire le reproche à moi.
06:13Et deuxièmement, laisser les Nantais, les Toulousains, les Brestois en décider.
06:17Il y a des situations locales que je ne connais pas.
06:19Peut-être avez-vous la chance de les connaître bien mieux que moi.
06:22À Toulouse, vous ne connaissez pas la situation.
06:23Je ne connais pas les personnes individuellement.
06:26Je ne les connais pas.
06:27Et je le redis, ce sont quelques cas particuliers
06:33qui recréent de la polémique.
06:34Mais parce que c'est habituel autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon.
06:38Elles ne viennent pas troubler une forme de clarté qui est d'ailleurs la vôtre
06:41et celle notamment de Benoît Payan à Marseille.
06:42Eh bien, retenez ça.
06:43Moi, je suis clair parce que c'est ce que j'ai dit
06:45de façon extrêmement transparente au premier tour.
06:50Et je crois beaucoup à cela, moi.
06:51Je crois beaucoup à cela, à la cohérence.
06:53Deux questions pour terminer.
06:54Si on revient à Paris, est-ce que dans cet entre-deux-tours,
06:56vous accepterez les débats ?
06:58Je le dis, je les ai toujours acceptés.
07:01Toujours acceptés.
07:01Sauf que quand Rachida Dati n'est pas venue, vous n'y êtes pas allée non plus.
07:03Non mais attendez, ce n'est pas elle qui fixe les conditions du débat.
07:08Ce qui était en question, c'était qu'elle se fasse remplacer.
07:10C'était deuxièmement qu'elle ait des formats à part pour elle.
07:13La démocratie, c'est les mêmes règles pour tout le monde.
07:15J'ai compris que c'était un concept un peu gazeux pour Madame Dati.
07:18Mais la réalité, c'est qu'un débat ne pourrait pas être organisé
07:21sans qu'il y ait tous les candidats qui soient présents.
07:24Je regrette d'ailleurs que ce n'ait pas eu lieu au premier tour.
07:27Et évidemment, j'espère que ça aura lieu dans cette semaine.
07:29Donc vous l'appelez à participer à des débats.
07:31Et si par exemple France Inter souhaite organiser un débat d'entre deux tours...
07:34Je suis sûr qu'elle en sera ravie, oui.
07:36Et vous y participeriez.
07:38Un tout dernier mot, Emmanuel Grégoire.
07:39Est-ce que vous avez reçu les félicitations d'Anne Hidalgo pour votre score au premier tour ?
07:43Oui, j'ai reçu un SMS de Anne qui m'a fait très plaisir, je le dis.
07:46Qu'est-ce que vous disiez ?
07:47C'est une conversation privée.
07:49Ce que je veux dire, c'est que...
07:51Elle a le zèle des nouveaux convertis au grégoirisme à Paris.
07:53Non, pas du tout.
07:54Anne Hidalgo, elle a l'exigence de sa famille politique.
07:57Et le jour où j'ai gagné la primaire, elle m'a soutenu.
08:01Et c'est très bien ainsi.
08:02Et je sais que je peux compter sur elle.
08:03Donc elle n'est pas rancunière ?
08:04Parce que quand vous dites qu'il y aura une rupture de méthode...
08:06Elle n'est pas rancunière et je ne suis pas rancunier.
08:09Parce que l'important là-dedans, c'est que Paris reste à gauche.
08:11Et vous voyez comme quoi, on peut considérer qu'il y a quelque chose qui nous dépasse,
08:15qui dépasse nos intérêts particuliers.
08:17Et en l'occurrence, que Paris reste à gauche, c'est je crois essentiel pour le pays.
08:20Et pour Paris.
08:21Merci Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à Paris.
08:23Et merci Benjamin Duhamel à tous.
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