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Emmanuel Grégoire, député PS et candidat à la mairie de Paris sorti en tête du premier tour des élections municipales, réaffirme qu'il ne s'alliera pas avec la liste insoumise de Sophia Chikirou pour le second tour.

Retrouvez "L'invité de 7h50" de Benjamin Duhamel sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-17-mars-2026-3262692

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Transcription
00:008h49 et face à vous, Benjamin Duhamel, le candidat socialiste à la mairie de Paris.
00:05Bonjour Emmanuel Grégoire.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors qu'on saura ce soir à 18h
00:09combien de candidats seront sur la ligne de départ dans ce second tour des municipales à Paris.
00:14Je rappelle que vous êtes arrivé nettement en tête du premier tour avec 38% des voix.
00:1813 points devant Rachida Dati, la candidate à l'air qui, on l'a appris hier soir,
00:22a fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel qui lui a fait le choix de se retirer.
00:26Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour vous Emmanuel Grégoire ?
00:29La droite se rassemble alors que la gauche est divisée ?
00:32Non, ce n'est pas une mauvaise nouvelle d'abord parce que c'était une nouvelle qui est malheureusement attendue.
00:36Et on voit tout le paradoxe de l'annonce.
00:39C'est-à-dire qu'il fusionne, mais enfin il se retire d'ores et déjà.
00:43Peut-être les deux candidats les plus connus de la liste de Pierre-Yves Bournazel,
00:46c'est-à-dire Pierre-Yves Bournazel et Clément Beaune, ont annoncé leur retrait.
00:50Cette fusion ressemble à une opération casse-coup de la droite.
00:55Ils ont subi des injonctions, on le comprend ainsi.
00:58Mais enfin, ils refusent de s'y prêter.
01:01Et donc c'est pour Rachida Dati, je crois, l'ultime des aveux.
01:04L'addition des deux scores ne permettait pas de rejoindre celui de l'Union de la Gauche et des écologistes
01:09déjà.
01:10Et je pense que c'est une immense trahison pour tous les électeurs qui se sont reconnus dans la candidature
01:15de Pierre-Yves Bournazel
01:16et qui ont voté pour lui précisément pour ne pas avoir voté pour Rachida Dati.
01:20Vous interprétez le retrait de Pierre-Yves Bournazel comme un malaise par rapport à une fusion qui lui a été
01:23imposée ?
01:24Je pense qu'il l'a dit comme ça et que Clément Beaune l'a expliqué aussi.
01:27Tout à fait pour Pierre-Yves Bournazel.
01:28Oui, quand on se retire en disant mon chemin s'arrête ici.
01:31Et j'ai en mémoire les mots extrêmement durs qui se sont adressés tous les deux.
01:36Je trouve d'ailleurs que c'est une décision digne de Pierre-Yves Bournazel.
01:40Il aurait pu aller jusqu'à la logique ultime, c'est-à-dire de ne pas fusionner.
01:45Mais d'une certaine manière, on comprend qu'il y a des intérêts d'appareil qui dépassent l'intérêt des
01:48Parisiens.
01:50Emmanuel Grégoire, la candidate insoumise, Sofia Chiquirou, qui disait donc attendre votre appel en vue d'un éventuel accord.
01:55Elle n'a jamais reçu cet appel.
01:57Elle a déposé sa liste hier soir en préfecture.
01:59Elle va donc se maintenir au second tour.
02:01Vous n'aviez plus de réseau ? Vous n'aviez plus de forfait, Emmanuel Grégoire ?
02:05Sofia Chiquirou a fait tout pour empêcher les quelques discussions qui soient.
02:10Elle a passé son temps à nous cogner dessus, à dire que le bilan de la majorité sortante...
02:13C'est une compagnie électorale, Emmanuel Grégoire ?
02:15Non, c'est un peu de vérité.
02:17On dit deux choses pas très sympathiques avant le premier tour et ensuite...
02:20Non, la cohérence, c'est de dire ce qu'on fait et de faire ce qu'on dit.
02:25De le dire avant et de le dire après.
02:27Et de ne pas faire comme Mme Dati, des virements sur l'aile comme ça, en permanence.
02:32Des virages sur l'aile, ça doit être un lapsus que m'évoque Mme Dati.
02:36Et donc, je veux dire, il faut être cohérent.
02:39Et moi, je vais vous dire, je n'ignore pas que beaucoup des électeurs de gauche sont un peu perdus
02:44aujourd'hui.
02:45Entre ceux qui demandent absolument de fusionner pour protéger Paris de la droite.
02:48Entre ceux qui me demandent de surtout pas fusionner au nom des valeurs et des principes.
02:52Et on vit sur ces injonctions.
02:53Et la cohérence...
02:54Est-ce qu'on peut prendre le risque de perdre Emmanuel Grégoire pour ne pas s'allier avec Sofia Chiquirou
02:58?
02:59Non, parce qu'en politique, ce sont les dynamiques, la crédibilité et la cohérence qui, je crois, sont récompensées.
03:06Et donc, en la matière, désormais, l'équation, c'est de savoir si est-ce que ce sera Emmanuel Grégoire
03:10et mes soutiens qui sera maire
03:12ou est-ce que ce sera Rachida Dati.
03:13Et donc, dimanche, j'appelle tout simplement à faire le choix pour ceux qui ne veulent pas que Rachida Dati
03:19soit le maire,
03:19qu'ils aient voté pour Sofia Chiquirou au premier tour ou qu'ils aient voté pour Pierre-Yves Bonazel,
03:23de se retrouver derrière notre collectif, une union de la gauche et des écologistes.
03:27On a fait l'accord au premier tour.
03:29C'est le plus haut score historique de la gauche à Paris.
03:32C'est bien pour lui donner de la force à cette union et à nous mener la victoire.
03:35C'est intéressant que vous me citiez cet accord, effectivement inédit, que vous aviez conclu au premier tour.
03:39Est-ce que vous vous souvenez qui a écrit dans cet accord, ouvrez les guillemets,
03:42mais les partenaires s'engagent à tout faire pour qu'il n'y ait qu'une seule liste de gauche
03:45au second tour ?
03:46Oui, c'est nous.
03:47Ah oui ? Bon, bah grande réussite, hein.
03:50J'allais vous dire, c'est mon seul regret du dimanche soir.
03:52C'est qu'on a fait un très très bon score, mais on n'est pas la seule liste de
03:55gauche au deuxième tour.
03:57Mais enfin, ça, pardonnez-moi de rappeler que c'est parce que les électeurs l'ont ainsi choisi et il
04:00faut le respecter.
04:01Et moi, je respecte les électeurs de Sofia Chiquirou.
04:04Et ce que je veux leur dire, c'est que notre projet de transformation écologique et sociale, c'est un
04:09projet de gauche.
04:10C'est celui qui permettra de protéger Paris.
04:11C'est celui qui permettra de battre Rachida Dati.
04:14On est obligé, Emmanuel Grégoire, de faire un détour par d'autres villes de France.
04:17Il y aura des alliances entre la France Insoumise et le Parti Socialiste, entre autres, Limoges, Toulouse, Brest, Nantes, Avignon.
04:23Patrick Cohen vient d'en parler.
04:24Pourquoi dans ces villes, ce serait possible et pas à Paris ?
04:28D'abord, parce que c'est très peu de villes.
04:30Ce sont des cas particuliers parmi 36 000 communes.
04:32C'est le même élément de langage que Olivier Faure.
04:35Quand on additionne le nombre d'habitants de toutes ces villes, ça fait quand même beaucoup.
04:39Oui, ça fait beaucoup, mais enfin, c'est infiniment moins.
04:41C'est vraiment, ce sont des cas particuliers.
04:44Deuxièmement, pour Toulouse, Limoges, ce sont des villes de conquête.
04:49Et enfin, moi, je suis concentré sur la campagne.
04:52Ce sont des villes de conquête dans lesquelles l'idée de faire rebasculer la ville à gauche.
04:56Est-ce qu'il y a à Limoges et à Toulouse ?
04:58Vous me l'autoriserez.
04:59C'est quand même une tradition ancienne et qu'on peut espérer revoir.
05:02Donc, Emmanuel Grégoire, vous comprenez, comme le dit Olivier Faure, ces alliants entre la France Insoumise et le Parti Socialiste.
05:07Je ne juge pas, je ne juge pas.
05:08J'ai fait le choix à Paris de ne pas le faire.
05:10Parce qu'il faut aussi rappeler qu'il y a des contextes de personnalités de tête de liste.
05:15Sophia Chikirou, vous connaissez évidemment son rôle dans la France Insoumise.
05:19Et ce qui la caractérise, personnellement, c'est un sujet.
05:23Elle a beaucoup tendu les discussions.
05:25Et donc, je ne sais pas, moi, quelles sont les situations.
05:28Mais ce ne sont pas les mêmes personnalités qui sont dans le leadership.
05:31Il y a des insoumis fréquentables et des insoumis infréquentables.
05:33Mais bien sûr que c'est le cas dans l'électorat insoumis.
05:36Ce n'est pas le mal et le bien.
05:38Enfin, qu'est-ce que c'est que cette caricature ?
05:39Il y a des gens qui sont dans une demande de radicalité à gauche
05:43et qui ne sont pas complaisants vis-à-vis de ce que moi, je reproche aux dirigeants de la France
05:47Insoumise.
05:48Quand on fait de la politique, il y a des positions de principe.
05:49On a entendu pendant toute la campagne de premier tour des socialistes
05:53qui avaient des propos extrêmement durs sur ce qu'avait pu dire Jean-Luc Mélenchon.
05:55On a vu le Parti Socialiste qui prend une décision en bureau national consistant à dire
05:58qu'il n'y a pas d'alliance nationale entre le PS et les filles.
06:01Et à partir du premier tour, on voit tout un tas d'alliances locales qui se multiplient.
06:04Vous ne pouvez pas m'en faire le reproche.
06:06Les électeurs et les sympathisants se demandent si on les prend pas un peu pour des vidéos.
06:10Un, vous ne pouvez pas m'en faire le reproche à moi.
06:13Et deuxièmement, laisser les Nantais, les Toulousains, les Brestois en décider.
06:17Il y a des situations locales que je ne connais pas.
06:19Peut-être avez-vous la chance de les connaître bien mieux que moi.
06:22À Toulouse, vous ne connaissez pas la situation.
06:23Je ne connais pas les personnes individuellement.
06:26Je ne les connais pas.
06:27Et je le redis, ce sont quelques cas particuliers
06:33qui recréent de la polémique.
06:34Mais parce que c'est habituel autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon.
06:38Elles ne viennent pas troubler une forme de clarté qui est d'ailleurs la vôtre
06:41et celle notamment de Benoît Payan à Marseille.
06:42Eh bien, retenez ça.
06:43Moi, je suis clair parce que c'est ce que j'ai dit
06:45de façon extrêmement transparente au premier tour.
06:50Et je crois beaucoup à cela, moi.
06:51Je crois beaucoup à cela, à la cohérence.
06:53Deux questions pour terminer.
06:54Si on revient à Paris, est-ce que dans cet entre-deux-tours,
06:56vous accepterez les débats ?
06:58Je le dis, je les ai toujours acceptés.
07:01Toujours acceptés.
07:01Sauf que quand Rachida Dati n'est pas venue, vous n'y êtes pas allée non plus.
07:03Non mais attendez, ce n'est pas elle qui fixe les conditions du débat.
07:08Ce qui était en question, c'était qu'elle se fasse remplacer.
07:10C'était deuxièmement qu'elle ait des formats à part pour elle.
07:13La démocratie, c'est les mêmes règles pour tout le monde.
07:15J'ai compris que c'était un concept un peu gazeux pour Madame Dati.
07:18Mais la réalité, c'est qu'un débat ne pourrait pas être organisé
07:21sans qu'il y ait tous les candidats qui soient présents.
07:24Je regrette d'ailleurs que ce n'ait pas eu lieu au premier tour.
07:27Et évidemment, j'espère que ça aura lieu dans cette semaine.
07:29Donc vous l'appelez à participer à des débats.
07:31Et si par exemple France Inter souhaite organiser un débat d'entre deux tours...
07:34Je suis sûr qu'elle en sera ravie, oui.
07:36Et vous y participeriez.
07:38Un tout dernier mot, Emmanuel Grégoire.
07:39Est-ce que vous avez reçu les félicitations d'Anne Hidalgo pour votre score au premier tour ?
07:43Oui, j'ai reçu un SMS de Anne qui m'a fait très plaisir, je le dis.
07:46Qu'est-ce que vous disiez ?
07:47C'est une conversation privée.
07:49Ce que je veux dire, c'est que...
07:51Elle a le zèle des nouveaux convertis au grégoirisme à Paris.
07:53Non, pas du tout.
07:54Anne Hidalgo, elle a l'exigence de sa famille politique.
07:57Et le jour où j'ai gagné la primaire, elle m'a soutenu.
08:01Et c'est très bien ainsi.
08:02Et je sais que je peux compter sur elle.
08:03Donc elle n'est pas rancunière ?
08:04Parce que quand vous dites qu'il y aura une rupture de méthode...
08:06Elle n'est pas rancunière et je ne suis pas rancunier.
08:09Parce que l'important là-dedans, c'est que Paris reste à gauche.
08:11Et vous voyez comme quoi, on peut considérer qu'il y a quelque chose qui nous dépasse,
08:15qui dépasse nos intérêts particuliers.
08:17Et en l'occurrence, que Paris reste à gauche, c'est je crois essentiel pour le pays.
08:20Et pour Paris.
08:21Merci Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à Paris.
08:23Et merci Benjamin Duhamel à tous.
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