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Gabriel Attal, Secrétaire général de Renaissance, président du groupe EPR à l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Europe 1, c'est Gabriel Attal.
00:04Bonjour à vous, ancien Premier ministre.
00:06Les frappes se poursuivent au quatrième jour de l'opération américano-israélienne Epic Fury.
00:11Israël est sous le feu des missiles iraniens.
00:13Il répose aussi au nord contre le Hezbollah du Liban.
00:15Nos bases françaises, Gabriel Attal, sont aussi attaquées.
00:18La base navale d'Abou Dhabi a été visée par un drone kamikaze iranien.
00:21Ça a provoqué un changement de stratégie de la part de la France,
00:24qui dans un premier temps, par la voix d'Emmanuel Macron, s'était dit ni prévenu ni impliqué dans ces
00:29frappes.
00:30Et désormais, la France se dit prête à défendre nos intérêts de façon active.
00:34Vous acceptez et vous dites que c'est une bonne chose que la France entre dans ce conflit ?
00:38Je ne crois pas qu'on peut dire que la France entre activement dans ce conflit.
00:41En tout cas, le fait que le président de la République et le gouvernement indiquent
00:45qu'évidemment, la France défendra ses intérêts dans la région, ses ressortissants, ses armées et ses bases,
00:52me semble évidemment une...
00:53Mais vous avez compris cette espèce de tergiversation ?
00:56Au début, on n'était ni impliqué ni prévenu.
00:59Et puis, là, oui, évidemment, il faut y aller.
01:00Je crois qu'il y a dans un certain nombre de réactions de différents pays européens,
01:06et je ne parle pas ici simplement de la France,
01:08on voit une forme de volonté de se laisser un espace.
01:13On voit bien que dans un certain nombre de réactions,
01:15certains se disent, si l'opération qui a été lancée par le président Trump est un échec,
01:20on pourra dire qu'on était contre l'opération,
01:23et si elle est un succès, on pourra dire qu'on n'était pas contre.
01:27La réalité, c'est qu'il y a un risque que cette opération ne fonctionne pas.
01:31On a des exemples dans le passé d'interventions extérieures dans le but de renverser un régime
01:35qui se sont traduites par des échecs, par beaucoup de morts.
01:39Et donc, l'enjeu maintenant, pour moi, c'est que cette opération,
01:42elle soit utile, utile à qui ?
01:44Utile aux Iraniennes et aux Iraniens,
01:46et utile à la région et à la sécurité du monde.
01:48Parce que personne ne peut pleurer la chute,
01:51si elle intervenait, du régime des Mollahs,
01:53la mise hors d'état de nuire de l'ayatollah Khamenei.
01:56Je rappelle que le régime des Mollahs...
01:58Vous êtes félicité de cette mort ?
01:59Le régime des Mollahs, c'est 46 ans de chape de plomb sur tout un pays.
02:03C'est des étudiants qui sont abattus à bout portant dans la rue,
02:05c'est des femmes qui sont brisées par l'islamisme,
02:07c'est des maires à qui on demande de l'argent
02:09pour leur rendre la dépouille de leur fils
02:10qui a été tué par les milices.
02:13Tout ça, c'est une réalité.
02:14Et donc, oui, je pense qu'on peut se réjouir
02:17du fait que l'ayatollah Khamenei a été mis hors d'état de nuire.
02:19Est-ce que ça veut dire que le régime est renversé ?
02:22La réponse est non.
02:23Le régime tient encore.
02:24Maintenant, l'important, évidemment,
02:26c'est que les Iraniens, les Iraniens
02:27puissent prendre leur destin en main.
02:29Mais le but, c'est quoi ?
02:30C'est d'instaurer la démocratie ?
02:31Ce n'est pas exactement et précisément le but
02:33des frappes américaines telles qu'elles ont été présentées
02:35par Donald Trump.
02:36Ce qui est certain, et vous avez raison de le dire,
02:38c'est qu'il y a d'abord une ligne parfois erratique
02:41du président Trump.
02:42Je rappelle que le GCPOA,
02:43qui était l'accord sur le nucléaire iranien
02:45qui avait été signé en 2015 par les États-Unis
02:47et un certain nombre de pays dont la France,
02:49c'est Donald Trump qui, en 2018,
02:51a fait le choix d'en sortir,
02:52ce qui a rehaussé le niveau d'enrichissement
02:54du nucléaire en Iran.
02:56Et ensuite, vous avez raison de dire
02:58qu'on a vu dans certaines opérations précédentes,
03:00je pense notamment à ce qui a été fait au Venezuela,
03:02que l'enlèvement du président Maduro
03:04n'a pas signifié le retour à ce stade
03:06de la démocratie au Venezuela.
03:09Je pense que c'est important pour nous,
03:10Européens, et pour nous, la France,
03:11de réaffirmer que l'objectif, l'horizon,
03:14ça doit être la libération du peuple iranien
03:17et la démocratie en Iran.
03:18Pour autant, vous n'êtes pas très nombreux
03:19dans votre camp à soutenir
03:21cette opération américano-israélienne.
03:23On voit beaucoup de tergiversations, là encore.
03:26Marine Tondelier, qui estime que l'ayatollah
03:27aurait dû être jugée par qui, par quoi, mystère.
03:30Olivier Faure, qui dit que l'Europe et la France
03:32ne peuvent s'aligner sur le duo Trump-Netanyahou.
03:34Là, il n'y avait pas matière à tergiverser ?
03:37Moi, j'ai toujours dit qu'il fallait
03:38que la France prenne l'initiative
03:41d'une coalition d'État
03:42dans le but d'affaiblir le régime des Mollahs
03:44pour que les Iraniens puissent le renverser
03:46et puissent prendre leur destin en main.
03:48J'avais proposé un certain nombre de voies pour cela.
03:51Évidemment, le renforcement
03:52et l'effectivité des sanctions.
03:53Maintenant, les gardiens de la Révolution
03:54sont classés sur la liste des organisations terroristes.
03:57assurés qu'aucun d'entre eux ne puisse mettre le pied
03:59sans être arrêtés sur le sol français ou européen.
04:01L'établissement de liste
04:03pour retourner les exécutants du régime
04:04contre ces leaders.
04:06Et, et c'est le point le plus important,
04:07Laurence Ferrari...
04:08Rien n'a fonctionné.
04:09Cette coalition n'a pas été mise en place.
04:10Non, dans les sanctions, pour l'instant,
04:12rien n'a fonctionné.
04:12Je fais part des propositions que j'ai formulées.
04:14Et enfin, la préparation du jour d'après.
04:16Parce qu'à la fin,
04:17le régime est déstabilisé par les frappes américaines,
04:20mais son renversement ne pourra venir
04:22que des Iraniennes et des Iraniens.
04:24Et ce qu'il faut,
04:24c'est les aider à préparer le jour d'après,
04:26la transition.
04:27Et je pense que la France,
04:28elle a un rôle en la matière.
04:29Ensuite, sur les réactions politiques,
04:31pas de grande surprise,
04:32très sincèrement pour moi,
04:34vu les noms que vous avez donnés ici.
04:35Marine Pondelier, olé plus fort.
04:36Moi, je dirais simplement
04:37qu'on voit bien aujourd'hui
04:39qu'il y a une forme de tension
04:40dans le débat public
04:41autour de cette question du droit international.
04:44Certains s'érigent contre des interventions
04:46en expliquant qu'elles bafouent
04:47le droit international.
04:48Mais ils oublient souvent de dire
04:50que ceux contre qui se dirigent
04:52les interventions
04:53bafouaient le droit international
04:54matin, midi et soir
04:56depuis parfois des années
04:57ou des décennies.
04:58Et on n'a pas entendu beaucoup
04:59ces mêmes responsables politiques
05:01le dénoncer alors.
05:01Donc il est mort,
05:02le droit international,
05:03Gabriel Hattel ?
05:03Il ne peut pas être un totem d'immunité
05:06pour ceux qui le bafouent
05:07matin, midi et soir.
05:08Ceux qui ne respectent pas
05:09le droit international
05:10ne peuvent pas s'en prévaloir
05:12pour être protégés
05:13de toute intervention,
05:15de toute sanction.
05:16C'est ce que je dis.
05:16Ensuite, on voit
05:17qu'on est dans un monde aujourd'hui
05:18qui est très largement régi
05:21par les rapports de force,
05:22par la brutalité.
05:24Je pense qu'il ne faut pas
05:25s'en réjouir.
05:26Il faut assumer ce rapport de force.
05:27Mais je pense qu'il faut
05:28juste être pragmatique.
05:29La réalité, c'est qu'on ne peut pas
05:30être les derniers
05:31à respecter des règles
05:32que plus personne ne respecte.
05:33Sinon, on va se faire écraser
05:34et on sera affaibli.
05:36Et donc, il faut être pragmatique.
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