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Gabriel Attal, Secrétaire général de Renaissance, président du groupe EPR à l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:02Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Europe 1, c'est Gabriel Attal.
00:06Bonjour à vous, ancien Premier ministre.
00:08Les frappes se poursuivent au quatrième jour de l'opération américano-israélienne Epic Fury.
00:13Israël est sous le feu des missiles iraniens.
00:15Il répose aussi au nord contre le Hezbollah du Liban.
00:18Nos bases françaises, Gabriel Attal, sont aussi attaquées.
00:20La base navale d'Abou Dhabi a été visée par un drone kamikaze iranien.
00:24Ça a provoqué un changement de stratégie de la part de la France,
00:26qui dans un premier temps, par la voix d'Emmanuel Macron, s'était dit ni prévenu ni impliqué dans ces
00:32frappes.
00:32Et désormais, la France se dit prête à défendre nos intérêts de façon active.
00:36Vous acceptez et vous dites que c'est une bonne chose que la France entre dans ce conflit ?
00:41Je ne crois pas qu'on peut dire que la France entre activement dans ce conflit.
00:44En tout cas, le fait que le président de la République et le gouvernement indiquent
00:47qu'évidemment, la France défendra ses intérêts dans la région, ses ressortissants, ses armées et ses bases,
00:54me semble évidemment une...
00:56Mais vous avez compris cette espèce de tergiversation ?
00:59Au début, on n'était ni impliqué ni prévenu.
01:01Et puis, là, oui, évidemment, il faut y aller.
01:03Je crois qu'il y a dans un certain nombre de réactions de différents pays européens,
01:08et je ne parle pas ici simplement de la France,
01:10on voit une forme de volonté de se laisser un espace.
01:15On voit bien que dans un certain nombre de réactions,
01:18certains se disent, si l'opération qui a été lancée par le président Trump est un échec,
01:23on pourra dire qu'on était contre l'opération,
01:26et si elle est un succès, on pourra dire qu'on n'était pas contre.
01:29La réalité, c'est qu'il y a un risque que cette opération ne fonctionne pas.
01:33On a des exemples dans le passé d'interventions extérieures
01:36dans le but de renverser un régime,
01:38qui se sont traduites par des échecs, par beaucoup de morts.
01:42Et donc, l'enjeu maintenant, pour moi,
01:43c'est que cette opération, elle soit utile, utile à qui ?
01:46Utile aux Iraniennes et aux Iraniens,
01:48et utile à la région et à la sécurité du monde.
01:50Parce que personne ne peut pleurer la chute,
01:53si elle intervenait, du régime des Mollah,
01:55la mise hors d'état de nuire de l'ayatollah Khamenei.
01:59Je rappelle que le régime des Mollah...
02:00Vous êtes félicité de cette mort ?
02:01Le régime des Mollah, c'est 46 ans de chape de plomb sur tout un pays.
02:05C'est des étudiants qui sont abattus à bout portant dans la rue,
02:08c'est des femmes qui sont brisées de l'islamisme,
02:09c'est des mères à qui on demande de l'argent
02:11pour leur rendre la dépouille de leur fils qui a été tué par les milices.
02:15Tout ça, c'est une réalité.
02:16Et donc, oui, je pense qu'on peut se réjouir
02:19du fait que l'ayatollah Khamenei a été mis hors d'état de nuire.
02:21Est-ce que ça veut dire que le régime est renversé ?
02:24La réponse est non.
02:25Le régime tient encore.
02:27Maintenant, l'important, évidemment,
02:28c'est que les Iraniens, les Iraniens puissent prendre leur destin en main.
02:31Mais le but, c'est quoi ?
02:32C'est d'instaurer la démocratie ?
02:33Ce n'est pas exactement et précisément le but des frappes américaines
02:36telles qu'elles ont été présentées par Donald Trump.
02:38Ce qui est certain, et vous avez raison de le dire,
02:40c'est qu'il y a d'abord une ligne parfois erratique du président Trump.
02:44Je rappelle que le GCPOA,
02:45qui était l'accord sur le nucléaire iranien
02:47qui avait été signé en 2015 par les États-Unis
02:50et un certain nombre de pays dont la France,
02:51c'est Donald Trump qui, en 2018, a fait le choix d'en sortir,
02:54ce qui a rehaussé le niveau d'enrichissement du nucléaire en Iran.
02:58Et ensuite, vous avez raison de dire
03:00qu'on a vu dans certaines opérations précédentes,
03:02je pense notamment à ce qui a été fait au Venezuela,
03:04que l'enlèvement du président Maduro
03:06n'a pas signifié le retour à ce stade de la démocratie
03:09au Venezuela.
03:11Je pense que c'est important pour nous,
03:12Européens, et pour nous, la France,
03:14de réaffirmer que l'objectif, l'horizon,
03:16ça doit être la libération du peuple iranien
03:19et la démocratie en Iran.
03:20Pour autant, vous n'êtes pas très nombreux dans votre camp
03:22à soutenir cette opération américano-israélienne.
03:26On voit beaucoup de tergiversations, là encore.
03:28Marine Tondelier, qui estime que l'ayatollah
03:30aurait dû être jugée par qui, par quoi, mystère.
03:32Olivier Faure, qui dit
03:33l'Europe et la France ne peuvent s'aligner sur le duo
03:35Trump-Netanyou.
03:36Là, il n'y avait pas matière à tergiverser ?
03:39Moi, j'ai toujours dit qu'il fallait
03:41que la France prenne l'initiative
03:43d'une coalition d'État
03:44dans le but d'affaiblir le régime des Mollahs
03:46pour que les Iraniens puissent le renverser
03:48et puissent prendre leur destin en main.
03:50J'avais proposé un certain nombre
03:52de voies pour cela.
03:53Évidemment, le renforcement
03:54et l'effectivité des sanctions.
03:55Maintenant, les gardiens de la Révolution
03:57sont classés sur la liste
03:58des organisations terroristes,
03:59assurés qu'aucun d'entre eux
04:00ne puisse mettre le pied
04:01sans être arrêté sur le sol français
04:03ou européen.
04:04L'établissement de liste
04:05pour retourner les exécutants du régime
04:06contre ces leaders.
04:08Et c'est le point le plus important,
04:10Laurence Ferrari...
04:10Rien n'a fonctionné.
04:11Cette coalition n'a pas été mise en place.
04:13Dans les sanctions, pour l'instant,
04:14rien n'a fonctionné.
04:15Je prépare des propositions
04:15que j'ai formulées.
04:16Et enfin, la préparation du jour d'après.
04:18Parce qu'à la fin,
04:19le régime est déstabilisé
04:21par les frappes américaines,
04:22mais son renversement ne pourra venir
04:24que des Iraniennes et des Iraniens.
04:26Et ce qu'il faut,
04:26c'est les aider à préparer
04:27le jour d'après, la transition.
04:29Je pense que la France,
04:30elle a un rôle en la matière.
04:31Ensuite, sur les réactions politiques,
04:33pas de grande surprise,
04:34très sincèrement pour moi,
04:36vu les noms que vous avez donnés ici.
04:37Marine-Pond de Léo, il est plus fort.
04:39Moi, je dirais simplement
04:39qu'on voit bien aujourd'hui
04:41qu'il y a une forme de tension
04:42dans le débat public
04:44autour de cette question
04:44du droit international.
04:46Certains s'érigent
04:47contre des interventions
04:48en expliquant qu'elles bafouent
04:49le droit international.
04:50Mais ils oublient souvent de dire
04:52que ceux contre qui
04:54se dirigent les interventions
04:55bafouaient le droit international
04:56matin, midi et soir
04:58depuis parfois des années
04:59ou des décennies.
05:00Et on n'a pas entendu beaucoup
05:01ces mêmes responsables politiques
05:03le dénoncer alors.
05:04Donc, il est mort,
05:04le droit international, Gabriel ?
05:05En tout cas, il ne peut pas être
05:07un totem d'immunité
05:08pour ceux qui le bafouent
05:09matin, midi et soir.
05:10Ceux qui ne respectent pas
05:11le droit international
05:12ne peuvent pas s'en prévaloir
05:14pour être protégés
05:15de toute intervention,
05:17de toute sanction.
05:18C'est ce que je dis.
05:18Ensuite, on voit
05:20qu'on est dans un monde
05:20aujourd'hui qui est
05:21très largement régi
05:23par les rapports de force,
05:24par la brutalité.
05:26Je pense qu'il ne faut pas
05:27s'en réjouir.
05:28Il faut assumer ce rapport de force.
05:29Mais je pense qu'il faut
05:30juste être pragmatique.
05:31La réalité, c'est qu'on ne peut
05:32pas être les derniers
05:33à respecter des règles
05:34que plus personne ne respecte.
05:35Sinon, on va se faire écraser
05:37et on sera affaibli.
05:38Et donc, il faut être pragmatique.
05:40Et il faut assumer
05:41de parler aussi
05:41le langage de la force
05:42et d'incarner aussi une force.
05:44Ça veut dire
05:44une force économique
05:45en France, en Europe,
05:46une force militaire.
05:48D'où l'importance
05:48du renforcement
05:49du budget de nos armées
05:51qui a été encore rappelé hier.
05:53Et donc, c'est très important,
05:54oui, qu'on assume
05:56cet ordre mondial
05:57qui n'est plus celui
05:58que des générations
05:59précédentes ont connu.
06:00Moi, ma génération,
06:01elle n'a pas connu
06:02la mondialisation heureuse.
06:03Elle n'a pas connu
06:04l'âge d'or du droit international.
06:05Elle n'a pas connu
06:06la chute du mur
06:06comme la promesse
06:08de la fin de l'histoire.
06:09Ma génération,
06:10elle s'est éveillée
06:11à l'actualité
06:11avec le 11 septembre 2001,
06:14la crise financière en 2008
06:15et l'annexion de la Crimée
06:16en 2014.
06:17Elle n'a connu
06:17que la brutalité
06:19et le rapport de force.
06:19C'est peut-être pour ça
06:20que je suis plus pragmatique
06:22que certains.
06:22Gabriel Attal,
06:23on est sur CNews
06:24et sur Europe 1.
06:24Ça veut dire
06:25qu'il faut refonder
06:26toutes ces règles
06:27internationales.
06:28Oui, je crois
06:29que la responsabilité
06:30de ma génération,
06:31ce sera quelque part
06:33d'inventer,
06:34et c'est le travail
06:35d'une génération,
06:35une nouvelle gouvernance
06:36internationale.
06:37On voit que
06:39les organisations internationales
06:40telles qu'elles fonctionnent
06:41aujourd'hui
06:42n'ont pas permis
06:43de prévenir
06:44ou de réguler
06:45ou d'empêcher
06:46un certain nombre de conflits.
06:47C'est devenu,
06:47vous le dites,
06:47un guichet humanitaire,
06:49une ONG climatique.
06:50Il faut le refonder complètement ?
06:51En tout cas,
06:52sur la dimension humanitaire
06:53et climatique,
06:53il faut le garder,
06:54évidemment,
06:55mais force est de constater
06:56que quand vous regardez
06:57la multiplication des conflits
06:58ces dernières années,
06:59l'ONU n'a pas été en mesure
07:01de les empêcher
07:02parce que certains,
07:03d'abord,
07:03ne respectent plus
07:04les règles de l'ONU,
07:06du droit international,
07:07et ensuite parce que
07:08le fonctionnement
07:09ne correspond plus
07:09à la réalité du monde.
07:10Le Conseil de sécurité
07:10est complètement bloqué
07:11et verrouillé ?
07:12Bien sûr,
07:12à la réalité du monde aujourd'hui.
07:14Donc moi,
07:14ce que je crois,
07:14c'est qu'on doit être
07:15à l'initiative
07:16d'une forme
07:18nouvelle coalition d'États
07:19qui acceptent
07:20de respecter
07:20les mêmes règles
07:21et qui respectent
07:22les mêmes valeurs.
07:23Et il faut que ça coûte
07:24à ceux qui ne les respectent pas
07:25et que ça rapporte
07:26à ceux qui les respectent.
07:27Et ensuite,
07:28qu'on puisse étendre
07:28cette sphère d'influence.
07:29C'est comme ça
07:29qu'on arrivera
07:30à apaiser le monde,
07:31ce qui doit être pour moi
07:32notre objectif.
07:33Et quand on parle
07:34des règles internationales,
07:35Laurence Ferrari,
07:36il n'y a pas que ces questions
07:37géopolitiques,
07:38il y a aussi
07:38les questions commerciales.
07:40L'OMC ?
07:41Bien sûr,
07:41l'Europe,
07:41la France,
07:43risque de devenir
07:43les derniers
07:44à respecter
07:45les règles
07:45de l'Organisation
07:46mondiale du commerce.
07:47La Chine ne les respecte pas.
07:48Les États-Unis,
07:49on le voit
07:50avec les décisions
07:50du président Trump,
07:52non plus.
07:52Donc,
07:53respecter les règles
07:53de l'OMC
07:54avec des pays
07:55qui ne les respectent pas,
07:56c'est accepter
07:57notre affaiblissement.
07:58Donc,
07:58moi,
07:58je suis pour
07:59respecter les règles
07:59avec ceux qui les respectent
08:01et assumer
08:01de ne plus les respecter
08:02avec ceux qui ne les respectent pas.
08:04parce que là,
08:04vous proposez
08:05un nouveau multilatéralisme.
08:07Avec quel pays
08:07nous pourrions nouer
08:08ces alliances concrètes ?
08:09On voit qu'il y a des pays,
08:10qui ont envie
08:13de respecter
08:13les mêmes règles.
08:14Il y a évidemment
08:15les pays du cœur de l'Europe.
08:16On peut ajouter le Canada,
08:17on peut ajouter le Royaume-Uni,
08:19on peut ajouter la Norvège,
08:20on peut peut-être ajouter
08:21l'Australie,
08:22le Japon,
08:22bref.
08:23Vous savez,
08:24il y a plus
08:25de petits poissons
08:26que de gros poissons
08:27dans le monde.
08:27Et donc,
08:28ils ont plus intérêt
08:29à s'allier
08:30et à avancer ensemble
08:31face à des grandes puissances
08:32qui réaffirment
08:33des volontés impérialistes
08:34et qui acceptent
08:35de ne plus respecter
08:36aucune règle.
08:37Vous parlez de Donald Trump
08:38en disant
08:38que c'est un pragmatique.
08:41ce pragmatisme,
08:41à ce côté transactionnel
08:43et adopter le même langage
08:45pour se faire respecter
08:46des États-Unis.
08:46Il faut assumer,
08:47c'est vrai avec le président Trump,
08:49c'est vrai avec la Chine
08:50de Xi Jinping,
08:51c'est vrai avec la Russie
08:52de Vladimir Poutine,
08:53il faut assumer
08:54le rapport de force.
08:55Si on veut peser,
08:56si on veut défendre
08:57nos intérêts,
08:57moi la seule chose
08:58qui m'importe,
08:59c'est de défendre
09:00les intérêts des Français.
09:01Si on veut défendre
09:02nos intérêts,
09:03il faut qu'on soit
09:03suffisamment fort pour cela.
09:05Ça veut dire
09:05être une force économique,
09:06une puissance économique,
09:08ça veut dire
09:08être une force militaire,
09:10d'où l'importance
09:11de poursuivre
09:11le réarmement
09:12et ça veut dire
09:13assumer de parler
09:13un langage
09:14qui est aujourd'hui
09:15le langage communément
09:16parlé sur la sphère internationale.
09:18On va évoquer dans un instant
09:19ce qu'a dit le président Macron
09:20à propos de la dissuasion nucléaire.
09:21Encore un mot
09:22de ce qui se passe en Iran.
09:23Donald Trump,
09:24il n'a pas exclu
09:25une intervention terrestre
09:26s'il le fallait
09:27parce que si les Iraniens
09:29n'arrivent pas par eux-mêmes
09:29à se libérer
09:30de ce régime islamique,
09:32est-ce qu'il faudra
09:32aller plus loin ?
09:33Est-ce que vous êtes favorable
09:34à une opération terrestre ?
09:35Deux choses.
09:36D'abord,
09:37j'ai été Premier ministre,
09:38j'ai été responsable
09:38de la Défense nationale
09:39et je sais que ce sont
09:41des sujets
09:41sur lesquels
09:42vous prenez position
09:43après avoir pris connaissance
09:45d'informations
09:45souvent classifiées
09:47qui viennent de nos services
09:47de renseignement
09:48et qui vous disent
09:49si tel scénario
09:50a une probabilité importante
09:52de se réaliser ou pas.
09:54Donc moi,
09:54je suis prudent
09:55sur ces questions-là.
09:56La deuxième chose,
09:57et je vous le disais tout à l'heure,
09:58on a un certain nombre
09:59d'exemples
10:00d'opérations extérieures
10:01en vue de renverser un régime
10:02qui n'ont pas fonctionné
10:04ou en tout cas
10:04n'ont pas fonctionné
10:05pendant un certain nombre de temps
10:06avec beaucoup de dégâts
10:07entre-temps.
10:08Donc à la fin,
10:09je crois que le renversement
10:11du régime,
10:11s'il a lieu,
10:12viendra des Iraniennes
10:13et des Iraniens.
10:14Mais ce qui veut dire,
10:15on doit tout faire
10:16pour déstabiliser le régime,
10:18pour déstabiliser le régime,
10:19pour qu'ils puissent
10:20prendre leur destin en main
10:21et devenir libres.
10:22Je crois que les opérations
10:23y participent.
10:24Je pense qu'un certain nombre
10:25de mesures
10:26qui peuvent être prises,
10:27un certain nombre d'initiatives
10:28peuvent y participer davantage
10:30pour les aider.
10:30C'est-à-dire ?
10:31En matière de coopération,
10:32en termes de renseignement,
10:33en matière d'assistance technologique
10:35pour pouvoir communiquer,
10:37je pense qu'il y a des choses
10:37qui peuvent être mises en place.
10:38La France doit aller plus loin
10:39dans sa coopération.
10:41Sera-t-elle d'ailleurs
10:42ne serait-ce qu'acceptée
10:43par la coalition américano-israélienne ?
10:44Non, mais en tout cas,
10:45vous savez,
10:46participer à une opération
10:47à laquelle vous n'êtes pas associé,
10:48je ne suis pas sûr
10:48que ce soit un bon scénario
10:50pour la France.
10:51Voilà, maintenant,
10:52ce qu'il faut,
10:53dès lors que cette opération est là,
10:54on peut dire qu'elle était
10:55bienvenue ou pas,
10:56qu'elle était légitime ou pas,
10:57dès lors qu'elle est là,
10:59il faut qu'elle soit utile
11:00aux iraniennes et aux iraniens.
11:01Cette crise militaire
11:02pourrait se doubler
11:03d'une crise économique
11:04puisque le détroit d'Hormuz
11:05est en partie bloqué
11:07et transite 20% du pétrole mondial
11:10et beaucoup de gaz liquéfié.
11:12Est-ce qu'il faut se préparer
11:14à un choc économique
11:14dans nos démocraties ?
11:16Vous savez,
11:16je suis aussi très prudent
11:17sur ces questions-là.
11:18Je sais trop bien
11:19que quand vous avez
11:20des déclarations
11:22très fortes sur le sujet,
11:24ça peut être autoréalisateur.
11:26Je pense que...
11:28Le prix du baril,
11:28ce n'est pas autoréalisateur.
11:29Il y a des mesures qui ont été...
11:30Oui, mais si vous commencez
11:31à inquiéter tout le monde,
11:32à expliquer qu'il va y avoir
11:33des pénuries
11:34ou qu'il va y avoir
11:34une explosion des prix,
11:35vous savez très bien
11:36ce qui se produit ensuite.
11:37C'est déjà le cas.
11:38Les gens font déjà
11:38la queue à la pompe.
11:40Je crois que vous avez
11:40un certain nombre
11:41de transporteurs,
11:42d'acteurs du fret
11:43qui ont pris des mesures
11:44pour contourner la zone
11:46et pour permettre
11:47un approvisionnement.
11:48Je pense par ailleurs
11:48que l'objectif,
11:49ça reste que la désescalade
11:50puisse intervenir
11:51assez rapidement,
11:52que les Iraniens arrêtent
11:53de bombarder
11:54tout ce qui se trouve
11:55autour d'eux
11:55et que dans ces conditions-là,
11:57le trafic pourra reprendre.
11:59Il y a aussi
11:59un risque terroriste
12:00qui est présent.
12:02On sait qu'Israël
12:03se bat sur deux fronts,
12:03à la France,
12:04le front iranien
12:04et le front du Hezbollah.
12:06Et il y a des menaces
12:08concernant la France aussi.
12:09Laurent Nunez a rehaussé
12:11le niveau de sécurité
12:11et de surveillance
12:12autour des lieux
12:13de culte juifs
12:13en ces fêtes religieuses
12:14contre aussi,
12:15il veut protéger
12:16les opposants au régime iranien.
12:18Ce n'est pas exclure
12:19que la réponse de l'Iran
12:20puisse se faire aussi
12:20par le terrorisme.
12:21On y a été malheureusement
12:22confronté en France
12:23dans les années 80-90.
12:25La France a payé le prix,
12:26vous l'avez dit,
12:27du terrorisme.
12:28Et on sait que dans des moments
12:28de déstabilisation internationale
12:30comme ceux-là,
12:31évidemment qu'il y a un risque
12:33pour nous.
12:33Et je salue
12:34la réactivité
12:35du ministre de l'Intérieur,
12:36Laurent Nunez,
12:37qui a tout de suite
12:37pris un certain nombre
12:38de mesures,
12:39appelé à la vigilance
12:40l'ensemble des préfets
12:41et des services de police
12:43en France.
12:44Évidemment,
12:44il y a une vigilance absolue
12:46à avoir.
12:46Vous savez,
12:47on a des services
12:48de renseignement intérieur
12:50qui sont d'une extraordinaire qualité
12:52et d'un très grand professionnalisme.
12:53Ce qui est assez frustrant
12:54quand vous êtes
12:54un responsable politique
12:55ou dans l'exécutif,
12:56ça a été mon cas,
12:57notamment en tant que Premier ministre,
12:59c'est que vous avez connaissance
13:00d'énormément d'actions violentes
13:03qui sont empêchées
13:03grâce à nos services.
13:04Souvent,
13:04vous ne pouvez pas communiquer
13:06dessus parce que,
13:07évidemment,
13:07pour des questions
13:09de confidentialité
13:10et de sécurité nationale,
13:11vous ne pouvez pas le faire.
13:11Mais je le dis ici
13:12aux Français qui nous regardent
13:13et qui nous écoutent,
13:14on a la chance en France
13:15d'avoir des services
13:17d'un extraordinaire professionnalisme
13:19pour les protéger.
13:19Gabriel Attalon,
13:20on est sur CNews et Européen.
13:21Hier,
13:21le chef de l'État
13:22a prononcé un grand discours
13:24sur la dissuasion nucléaire.
13:25Il a annoncé une augmentation
13:26du nombre d'ogives nucléaires
13:27et présenté une nouvelle doctrine
13:29de dissuasion avancée,
13:31ça veut dire en association
13:32des partenaires européens
13:34pour cette dissuasion nucléaire,
13:36mais tout en excluant
13:37tout partage
13:37de la décision ultime.
13:38Est-ce que c'est compréhensible
13:40pour vous ?
13:41Est-ce que ce n'est pas
13:41du en même temps ?
13:42Non, d'abord,
13:43ça ne me semble pas être
13:44un changement de doctrine absolue.
13:47Le partage de la dissuasion nucléaire ?
13:48Le fait de dire
13:49que les intérêts européens,
13:51en tout cas des pays européens,
13:53font partie des intérêts vitaux
13:54de la France,
13:55ce n'est pas le président Macron
13:57qui l'a dit en premier.
13:58Ça a été dit
13:58par beaucoup de ses prédécesseurs,
13:59notamment par Jacques Chirac,
14:01dans le discours
14:01qu'il avait prononcé
14:02sur la dissuasion nucléaire.
14:04Vous savez que
14:04chaque président de la République,
14:06c'est le cas pour tous
14:07les prédécesseurs
14:07d'Emmanuel Macron,
14:08ce sera le cas pour tous
14:09ses successeurs,
14:11font un discours,
14:12s'expriment
14:12sur leur vision
14:13de la dissuasion nucléaire.
14:14Et cette question
14:15des intérêts européens
14:17au sein des intérêts vitaux français
14:18avait déjà été affirmée,
14:19notamment par Jacques Chirac,
14:21et on pourrait même remonter
14:22encore plus loin
14:23sur un certain nombre
14:23de déclarations.
14:24Ce qu'a dit, je crois,
14:25le président de la République,
14:27c'est qu'il fallait maintenant
14:28donner du corps,
14:29de la chair
14:30à cette doctrine,
14:31en permettant d'associer
14:32un certain nombre
14:33de pays alliés
14:34à des exercices,
14:35et peut-être
14:36en positionnant
14:38des éléments
14:39de la dissuasion nucléaire
14:41dans d'autres pays européens.
14:42Mais ce qu'il a dit,
14:43et pour moi,
14:44c'était le plus important,
14:45c'est que la décision ultime
14:47d'avoir recours
14:48à notre arme nucléaire
14:49restera évidemment
14:50entre les mains
14:51du chef de l'État,
14:52chef des armées
14:53qui est le président de la République.
14:53Donc il n'y a pas de partage
14:54de la dissuasion nucléaire
14:55au sens propre du terme ?
14:57Non, et heureusement...
14:57C'est la France
14:58et son président
14:59ou sa présidente
14:59qui garderont
15:00ce bouton.
15:01Et en France,
15:02une seule personne,
15:02le chef de l'État,
15:03chef des armées,
15:04qui garderont
15:05cette responsabilité.
15:05Ça nous permettrait
15:06de renforcer notre position
15:07au sein de l'Union européenne,
15:08alors que la voie de la France
15:09pèse beaucoup moins
15:10face à ses partenaires
15:11comme l'Allemagne.
15:11Vous savez que vous avez
15:12beaucoup de pays européens
15:13qui se sont construits
15:14dans l'idée
15:15qu'ils resteraient
15:16éternellement protégés
15:17par le parapluie américain.
15:18C'est vrai pour la majorité
15:19d'ailleurs des pays
15:20de l'Union européenne.
15:21On voit,
15:22pas seulement depuis Trump,
15:23mais on l'a vu
15:23avec déjà plusieurs présidents
15:25précédents,
15:25que les intérêts
15:26des États-Unis
15:27vis-à-vis de l'Europe
15:28ont changé.
15:29Et c'est assez éclatant
15:30avec Donald Trump.
15:31Et donc ces pays
15:32sont en train de se rendre compte
15:33qu'ils ne pourront
15:33probablement plus compter
15:34sur le parapluie américain.
15:36Est-ce qu'on peut remplacer
15:37le parapluie américain
15:38par un parapluie français
15:40pour un certain nombre d'États
15:41dans des conditions
15:42très encadrées ?
15:42Je le crois.
15:43Et pour répondre à votre question,
15:44oui, je crois qu'en termes
15:45d'influence de la France
15:47en Europe,
15:48évidemment que ça aura
15:50un poids et un rôle.
15:51Maintenant,
15:52l'influence de la France
15:53en Europe,
15:53elle passe aussi
15:54par sa force économique,
15:56par sa capacité
15:57à réduire son déficit
15:58et sa dette
15:59et par un certain nombre
16:00de réformes
16:01qui sont importantes.
16:02Tout ça va ensemble.
16:02Gabriel Attal,
16:03je voudrais vous interpeller
16:04sur les propos
16:04de Jean-Luc Mélenchon
16:05et Rima Hassan
16:06après les frappes
16:07américano-israéennes
16:08sur l'Iran.
16:09Rima Hassan a déclaré
16:10que l'Iran a le droit
16:11de se défendre
16:11et Israël a le droit
16:12de la fermer.
16:13Tandis que Jean-Luc Mélenchon
16:14estime que la mort
16:15de Khamenei,
16:16bourreau du peuple,
16:16ne justifie pas
16:17les moyens
16:18qu'ils l'ont provoqué.
16:19Comment réagissez-vous ?
16:21Vous savez,
16:22je n'ai pas de grande surprise
16:24quand je vois
16:24les déclarations
16:25ou les réactions
16:27des insoumis
16:27de Jean-Luc Mélenchon,
16:28de Rima Hassan
16:29et d'autres.
16:31D'ailleurs,
16:31on ne les a quasiment
16:32jamais entendus
16:33défendre le peuple iranien.
16:35Quand il y a eu
16:35les manifestations,
16:36il y a quelques mois
16:37qui ont été réprimées
16:38dans le sang
16:39avec une violence insoutenable.
16:40On parle quand même
16:41de 40 000 personnes
16:42selon les estimations.
16:43Beaucoup de jeunes étudiants
16:45qui ont été tués
16:46à bout portant dans la rue.
16:47Je n'ai pas vu
16:48de réaction,
16:49d'indignation massive
16:50venant de la France insoumise,
16:52de son leader
16:52ou de ses députés.
16:53Voilà.
16:54Et donc,
16:54on voit qu'il y a toujours
16:55des doubles standards
16:56chez eux.
16:57Il semble dire
16:57qu'il y a des morts
16:58qui comptent plus que les autres,
17:00qu'il y a des situations
17:00de détresse
17:01qui comptent plus que les autres.
17:02Moi, je les dénonce toutes
17:03et je crois que c'est important
17:04qu'on partage tous ça.
17:05Jean-Luc Mélenchon
17:06s'est livré
17:07à des jeux de mots douteux
17:09pour le dire comme cela
17:10sur les noms
17:11de personnalités juives,
17:13Epstein, Glucksmann.
17:14Vous condamnez
17:15à ces dérapages ?
17:15Bien sûr,
17:16c'est plus que douteux,
17:18c'est abject.
17:20Ça m'a rappelé
17:20des discours,
17:22des déclarations
17:22qu'on a pu connaître
17:23de Jean-Marie Le Pen
17:24ou d'Alain Soral.
17:25Mélenchon, c'est Le Pen ?
17:26En tout cas,
17:27quand j'ai entendu
17:28ces déclarations-là,
17:29ça m'a rappelé
17:30ce qu'on avait pu entendre
17:31dans la bouche
17:32des pires antisémites
17:33d'extrême droite.
17:34Donc évidemment,
17:35c'est à condamner,
17:35c'est à vomir.
17:37J'espère que
17:38les autres parties
17:39de la gauche couperont
17:41définitivement et nettement
17:42avec la France insoumise.
17:43J'entends des déclarations
17:44qui sont faites.
17:44Vous avez encore,
17:45je crois,
17:46une centaine de listes
17:47aux municipales
17:47qui sont communes
17:48aux différents partis
17:49de gauche,
17:49y compris avec les socialistes,
17:51parfois avec des membres
17:52du parti de Raphaël Glucksmann,
17:54avec la France insoumise.
17:56Je pense que c'est important
17:56qu'il y ait une clarification
17:57de ce point de vue-là.
17:58Ça veut dire clairement
17:58que vous n'appellerez pas
17:59comme en 2024
18:00à mettre un bulletin
18:01et les filles en l'urne
18:02de Gabriel Attal
18:03pour faire barrage
18:03au Rassemblement national ?
18:05D'abord, en 2024,
18:05je le redis ici,
18:06je me suis battu
18:07contre la France insoumise
18:08et le Rassemblement national.
18:10Au premier tour,
18:11si la France insoumise
18:12n'était plus en situation
18:13de gouverner le pays,
18:14c'est parce que
18:15je me suis mobilisé
18:16pendant un mois
18:17pour aller combattre
18:18ces candidats sur le terrain.
18:19La France insoumise
18:20ou le Rassemblement national ?
18:21Je vais y venir,
18:21la France insoumise.
18:22On a beaucoup parlé
18:22de Raphaël Arnaud
18:23ces derniers jours
18:25et ces dernières semaines.
18:26Je suis le seul
18:27responsable politique national
18:28à m'être rendu
18:29pendant la campagne
18:29sur sa circonscription
18:30pour aller me battre
18:32contre lui,
18:33évidemment, démocratiquement,
18:34dans le débat politique.
18:35On met un bulletin
18:36et l'esprit dans l'urne
18:37pour faire barrage au RN.
18:38Nous n'avons pas
18:39d'existé de candidats
18:40face à Raphaël Arnaud
18:41et nous n'avons pas appelé
18:42à voter pour lui
18:42au deuxième tour
18:43quand bien même
18:43il était face
18:44au Rassemblement national.
18:45Donc, s'il y a aujourd'hui
18:46moins de députés LFI
18:47à l'Assemblée nationale
18:48qu'avant la dissolution,
18:49c'est parce que
18:49je me suis mobilisé
18:50et j'étais assez seul
18:50dans mon camp.
18:51Est-ce que vous dites
18:51aujourd'hui,
18:52plus jamais LFI ?
18:53J'y viens.
18:54Ensuite, au deuxième tour,
18:54il s'agissait d'empêcher
18:55que le RN puisse,
18:57l'extrême droite,
18:58et on voit avec tout
18:58ce qui se passe
18:59à l'international
18:59qu'on est content
19:00qu'il ne gouverne pas la France,
19:01puisse accéder aux responsabilités.
19:03Maintenant, pour vous répondre,
19:04on voit bien,
19:05et encore les dernières déclarations
19:06que vous avez évoquées,
19:07que personne ne peut appeler
19:08à voter pour la France insoumise
19:09aujourd'hui.
19:11Il y a des caps
19:11qui ont été franchis
19:12et ce n'est plus seulement des caps,
19:14c'est tous les niveaux
19:16de l'insupportable
19:17et de l'inadmissible
19:18qui ont été franchis
19:18par Jean-Luc Mélenchon.
19:19Donc, plus jamais LFI,
19:20Gabriel Attal.
19:21J'avais même déjà eu l'occasion
19:22d'y répondre.
19:23Vous avez du mal à le dire.
19:24Oui, vous nous aviez déjà dit.
19:25Je crois qu'il faut le répéter.
19:26Personne ne peut appeler
19:26à voter pour LFI
19:27après tout ce qu'on voit aujourd'hui.
19:29Je ne peux pas vous le dire autrement.
19:30Je ne peux pas vous le dire
19:31plus clairement
19:31que ce que je vous dis.
19:32Donc, au second tour des municipales,
19:33il n'y aura pas de désistement
19:34de vos candidats
19:36face à une union de la gauche éventuelle.
19:38Ça n'était même pas
19:39une question en cours
19:39puisque vous savez ou pas,
19:41d'ailleurs,
19:41que pour tous les candidats
19:42que nous soutenons aux municipales,
19:44on leur a fait signer
19:44un engagement écrit
19:47affirmant qu'ils ne feront
19:48aucune alliance,
19:48aucun désistement
19:49ni pour la France insoumise
19:50ni pour le Rassemblement national.
19:53On est très clair
19:53de ce point de vue-là.
19:54J'attends la même clarté
19:55des partis de gauche
19:56vis-à-vis de LFI
19:57et la même clarté
19:58des partis de droite
19:59vis-à-vis du Rassemblement national.
20:01Nous, on est très clair.
20:02Il pourrait y avoir
20:02une union de ces partis
20:04du centre,
20:05centre droit, centre gauche,
20:06pour lutter contre
20:07à la fois LFI
20:08et le Rassemblement national ?
20:09D'abord, il y a des rassemblements
20:10qui sont naturels
20:10dans un certain nombre de villes
20:12et on les mène aujourd'hui.
20:13Ensuite, vous savez,
20:14moi, évidemment,
20:15je me mobilise contre les extrêmes
20:16mais je considère
20:17que se battre contre les extrêmes,
20:18ça ne fait pas un projet politique.
20:20C'est essentiel
20:21mais il faut convaincre les Français
20:22de venir voter
20:23pour un projet qu'on défend.
20:24Moi, c'est ce sur quoi je travaille.
20:26Je travaille avec mon parti Renaissance.
20:27On a présenté
20:28un certain nombre
20:28de premières propositions
20:29sur la sécurité,
20:31sur l'autorité,
20:31sur la justice,
20:32sur l'immigration
20:33pour mettre fin
20:34en même temps
20:35en matière d'autorité
20:36et de sécurité
20:36qui ne fonctionne pas,
20:38qui est un échec.
20:39On a présenté des mesures
20:40sur les retraites
20:40pour changer notre système
20:41de retraite,
20:42avoir de la capitalisation,
20:43avoir un système libre
20:45universel.
20:46Moi, je pense que c'est de là
20:47que pourra venir
20:48un chemin d'espoir
20:49pour les Français.
20:49Et donc,
20:502027,
20:51vous y pensez le matin
20:52en bourrasant ?
20:53Moi, je suis chef
20:53d'un parti politique.
20:54Ma responsabilité,
20:55c'est de préparer
20:55cette échéance nationale
20:57et c'est ce que je fais
20:58aujourd'hui
20:58à la tête de Renaissance.
20:59Merci beaucoup,
20:59Gabriel Attal,
21:00d'être revenu ce matin
21:01dans la grande interview
21:01au CNews d'Europe.
21:02Bonne journée.
21:02Bonne journée.
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