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00:00Impact de cette guerre également en Europe. Caroline De Camaret, chef du service Europe, nous a rejoint.
00:05Bonjour Caroline.
00:07Sur ces drones, Shahed, qui ont visé une base britannique à Chypre.
00:12Quelles sont les implications de ce ciblage pour la sécurité du continent européen ?
00:15On a l'impression qu'ils se réveillent seulement maintenant, les Européens.
00:18Oui, ils se réveillent d'ailleurs seulement maintenant, parce que le week-end a été très long, sans réponse très
00:24claire des Européens.
00:25Mais c'est vrai que Chypre est en train de devenir la porte d'entrée, finalement, de cette guerre avec
00:32l'Iran en Europe.
00:33Avec cette île de Méditerranée, vous savez, qui se retrouve la cible de frappe iranienne en raison de la présence
00:41de la base militaire d'Akrotiri sur son territoire.
00:45Au moment où le Royaume-Uni veut ouvrir ses infrastructures militaires aux Américains.
00:51Où les Américains, et Donald Trump en particulier, ont dit que Kerstmer ne donnait pas suffisamment de gages, ne donnait
01:00pas suffisamment d'accès aux bases militaires.
01:02Donc, en fait, cette île de Chypre, elle dépend beaucoup de la relation qui est en train d'avoir transatlantique,
01:07le Premier ministre britannique et le président américain.
01:11Et puis, plus important, les Européens, aujourd'hui, ils se réunissent. Il y a un Conseil de défense au niveau
01:16de la Commission.
01:17Il y aura certainement aussi au niveau des ministres et des chefs d'État pour se demander si la clause
01:22de défense mutuelle qui existe dans les traités de l'Union européenne,
01:26c'est l'article 42.7. Cette clause de défense mutuelle est activable dans un cas, par exemple, d'un
01:33drone qui arrive sur Chypre.
01:35Si, donc, les autres États membres sont censés défendre ce territoire qui est membre des 27 de l'Union européenne,
01:42donc.
01:42Et puis, si cette clause, elle est aussi forte que l'article 5, par exemple, du traité de l'OTAN.
01:48Est-ce que ça implique aussi les Américains, puisque Chypre aussi participe à cette défense de l'OTAN, qui est
01:55un membre de l'OTAN ?
01:57Et donc, en effet, toutes ces questions se posent sur non seulement la stabilité de la région du Moyen-Orient,
02:05mais surtout sur les impacts aussi en Europe de ce conflit auquel on n'a pas été finalement amené à
02:13participer parce que pas prévenu.
02:15Et ça, les Européens ont beaucoup insisté là-dessus par les Américains,
02:18qui n'ont pas jugé bon de prévenir ni d'impliquer les Européens et qui sont obligés de reprendre un
02:25petit peu le train en route
02:27et qui sont obligés aussi de se dire qu'ils veulent bien peut-être avoir des actions défensives nécessaires et
02:33proportionnées dans la région
02:35pour défendre leurs résidents, pour défendre les pays alliés, etc.
02:39Mais donc, je le dis en prenant un peu le train en marche en cette fin de week-end.
02:44Le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui est en train de s'exprimer, vous le voyez sur ces images en
02:51direct,
02:52je précise d'ailleurs que l'installation britannique qui a été visée à Chypre a été ciblée par les drones
02:56quelques heures
02:57après l'annonce de Keir Starmer d'autoriser les Etats-Unis à utiliser les bases britanniques contre l'Iran.
03:04Vous l'évoquiez à l'instant, Caroline de Camaret, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se disent désormais
03:09prêts, je cite,
03:09à des actions défensives pour détruire les capacités militaires de l'Iran.
03:14La question, c'est de savoir si les Européens seront prêts à une défense armée pour défendre leurs intérêts.
03:20Alors, la présidente de la Commission européenne, elle a fini par donner quelques pistes de réflexion des Européens en ce
03:27moment.
03:27Elle a tweeté, elle a donné une conférence de presse.
03:30On ne savait pas trop, Ursula von der Leyen, elle est parfois le chef de la diplomatie,
03:34enfin en tout cas, et donc elle brille plus que sa haute diplomate, sa haute représentante Kayakalas.
03:40Et là, elle a parlé d'une situation volatile, de donner un espoir renouvelé aux gens en Iran.
03:47Et ça, elle a constaté, et les Européens constatent, et c'est pour ça qu'ils sont très gênés aux
03:51entournures,
03:51qu'il y a quand même une rue iranienne qui, elle, est très contente d'une possible chute de ce
03:57régime des Mollah,
03:58qui n'est pas encore actée, et qui n'est pas toujours, qui est promise par Donald Trump,
04:02mais qui n'est pas toujours, on l'a vu dans le cas de Maduro, mise en œuvre par les
04:07États-Unis.
04:07Donc il y a beaucoup d'interrogations, là encore, sur la suite, pour les Européens.
04:11Et puis nous devons travailler à apaiser le conflit, empêcher l'extension du conflit aux autres, finalement, pays,
04:19aux pays de la région.
04:20Et c'est là qu'intervient cette idée, finalement, de défense, d'une défense européenne de ces pays alliés
04:28pour empêcher que ce conflit déstabilise davantage la région,
04:34avec une transition crédible, demande l'Union européenne, pour l'Iran,
04:39parce que pour l'instant, elle n'est pas sur la table.
04:41En tout cas, les Européens n'ont pas été mis dans la boucle, là encore.
04:44Et puis, voilà, je le disais, il y a d'autres enjeux pour les Européens aussi.
04:49Ils savent que c'est le continent qui, de toute façon, dans cette guerre,
04:53de cette guerre, va retirer le plus de pénalités.
04:56C'est-à-dire, il va y avoir un gros problème énergétique qui est en train de se profiler déjà.
05:01Ils sont en train de payer plus cher leur énergie, les Européens.
05:03Il y a évidemment le danger nucléaire qui est bien réel et qui est plus proche que pour les Américains.
05:08Et puis, la question migratoire qui, finalement, retombe toujours sur le continent européen
05:12quand il y a un conflit dans cette région.
05:13Donc, l'Union Européenne doit se préparer à annoncer Ursula von der Leyen,
05:19en effet, pour quelque chose dont elle n'était pas au courant,
05:22à laquelle elle n'était, comme d'habitude, pas prête.
05:24Et elle, en effet, en train de se dire qu'il ne peut plus être question d'être dans une
05:30position attentiste,
05:31plutôt qu'atlantiste, attentiste,
05:34sur un siège à regarder ce qui se passe sur un strapontin.
05:39Par ailleurs, avec le blocage de facto du détroit d'Ormou,
05:43ce passage éminemment stratégique annoncé par les gardiens de la Révolution
05:48dès les premières heures de la guerre,
05:51tout le monde a en tête la possibilité d'un choc pétrolier.
05:54C'est le risque du moins qui se profile.
05:56Mais les conséquences du conflit, Caroline, touchent déjà l'Europe et son économie.
06:00Voilà, c'est ça, le prix du gaz européen s'est envolé de 50% lundi matin,
06:06alors que la compagnie énergétique publique du Qatar, Qatar Énergie,
06:11a annoncé l'arrêt de sa production de GNL à la suite d'une attaque de drones iraniens.
06:16Il faut comprendre que c'est très stratégique pour l'Europe.
06:18L'Europe est en train d'essayer de se dépatouiller,
06:20depuis quatre ans maintenant,
06:22de se débarrasser de sa dépendance au gaz russe par tous les moyens.
06:25Elle était en train de, justement, essayer d'avoir des accords dans toute cette région-là
06:30pour avoir une certaine indépendance, autonomie énergétique.
06:34Là, ça contrarie évidemment ses plans sans qu'elle en ait d'autres immédiatement en vue.
06:40Donc il y a une inquiétude, mais pas d'approvisionnement,
06:46de rupture d'approvisionnement, dit l'Union européenne, dans l'immédiat,
06:50pour finir l'hiver avec un niveau adéquat de remplissage des stocks européens.
06:55Parce que c'est très important, ça.
06:57Effectivement, c'est important pour les stocks ukrainiens,
06:59puis c'est important pour les stocks européens.
07:02Par rapport à nos peuples européens,
07:04on a garanti qu'on passerait l'hiver avec des stocks remplis.
07:08Donc ça, c'est un enjeu très important, effectivement,
07:12pour la bonne santé aussi démocratique de l'Union européenne.
07:16Et on voit que le choc pétrolier-gazier, il se profile quand même bonhomme à l'an.
07:23On ne voit pas très bien comment l'arrêter à ce stade.
07:26Donc il faut en tenir compte.
07:28Et il va falloir prendre des mesures aussi en matière énergétique.
07:32Il y aura certainement des sommets supplémentaires aussi pour les ministres de l'Énergie.
07:36Caroline de Camaray, une dernière question.
07:38Vous avez suivi le discours d'Emmanuel Macron avec l'annonce de cette nouvelle ère de la doctrine du nucléaire
07:43française.
07:44Est-ce qu'on assiste à une européanisation du parapluie nucléaire ?
07:48Alors, il faut dire qu'Emmanuel Macron voudrait que ce parapluie nucléaire puisse servir dans un cadre plus européen.
07:54Il faut regarder les modalités.
07:55Il faut évidemment qu'il y ait participation de nos camarades européens.
08:01Et qu'on considère que, finalement, cette doctrine nucléaire française,
08:06qui était un parapluie essentiellement français,
08:09en l'absence du Royaume-Uni, il y a eu Brexit.
08:13qui ne fait plus partie, en effet, des 27.
08:16On était 28 et 27 aujourd'hui.
08:18Il n'y a plus que la France qui dispose de l'arme nucléaire,
08:22qui dit qu'elle est prête à la mettre à disposition,
08:24mais que ce ne soit que le président français qui ne puisse jamais appuyer sur le bouton.
08:29Donc, tout ça est évidemment à discuter.
08:32C'est aussi une construction de l'Europe de la défense.
08:35C'est un des piliers de l'Europe de la défense qu'il faudra développer.
08:39Qui contribue ?
08:41Qui peut être décisionnaire ?
08:44Et est-ce qu'on le fait rentrer ou non dans le cadre de l'OTAN ?
08:48Ou est-ce que c'est quelque chose de séparé ?
08:50Tout ça, effectivement, Emmanuel Macron avait ébauché cela.
08:54Il commence à y avoir des pays intéressés par cela.
08:57En effet, la Pologne, certains ont commencé à répondre présent.
09:00C'est évidemment quelque chose d'important vis-à-vis de la Russie,
09:04qui lui aussi est un pays nucléaire et qui brandit régulièrement la menace nucléaire.
09:08Mais en tout cas, c'est aussi une volonté de dire que nous sommes alliés,
09:15nous avons des clauses de défense mutuelle,
09:17et que peut-être il faut aller au-delà et commencer à avoir une stratégie d'autonomie bien réelle
09:22sur tous les plans, y compris le plan nucléaire.
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