Skip to playerSkip to main content
  • 4 hours ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00L'édition spéciale se poursuit avec nos invités en plateau.
00:04On continue à parler de ce qui se passe en Iran et dans la région.
00:08Adèle Bakawan est avec nous.
00:09Vous êtes directeur de l'Institut européen d'études du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.
00:16À vos côtés, Tamar Sebog, journaliste correspondante du quotidien israélien Yedjok Arotot.
00:23J'espère que je l'ai bien prononcé.
00:24Yedjok Aronot.
00:25Merci de me reprendre.
00:26De l'autre côté de la table, bonjour Emmanuel Galiché.
00:29Vous êtes enseignante chercheuse en physique nucléaire au CNAM.
00:33Et puis notre chroniqueur international, Karim Ayahoui.
00:36Merci d'être avec nous, Karim.
00:39Je vais revenir sur les derniers éléments que nous avons en notre possession.
00:43Des centaines d'avions israéliens bombardent actuellement, simultanément, le Liban et l'Iran, selon l'armée israélienne.
00:51Et de l'autre côté, l'armée iranienne, elle, affirme avoir visé la base aérienne américaine d'Ali Al-Salem
01:00au Koweït.
01:02La première question, elle sera pour vous, Adèle Bakawan.
01:05Comment vous analysez ce qui se passe actuellement ?
01:08Est-ce qu'on est face à une poudrière ?
01:09Écoutez, déjà, je qualifie ces attaques des passes d'Alan contre les pays du Golfe comme une erreur stratégique et
01:20stratégiquement très coûteuse pour la République islamique d'Iran.
01:24Pourquoi ? Parce que ces pays du Golfe, pendant un mois, un mois et demi, ont mobilisé tous les moyens,
01:31tous leurs lobbies à Washington pour empêcher cette guerre.
01:35Pour protéger le régime, le régime de la République islamique d'Iran, à la fois des lobbies, des mécanismes, des
01:42moyens, des stratégies, beaucoup, beaucoup d'argent.
01:45L'Iran était très, enfin, la République islamique d'Iran était très, très satisfaite des comportements des pays du Golfe.
01:50Alors, donc, déjà, le fait attaquer, un mois plus tard, la totalité des pays du Golfe, c'est une erreur
01:58stratégique.
01:58Pourquoi ? Parce que la République a perdu l'amitié et le soutien de, au moins, la neutralité de ces
02:04pays du Golfe qui sont très, très puissants.
02:06Il ne faut pas les voir comme des pays vulnérables ou fragiles.
02:10Non, ce sont des pays très puissants, à la fois à l'échelle militaire, parce qu'ils sont très, très
02:15armés, à l'échelle sécuritaire et à l'échelle économique.
02:18Et on sait très bien, ces trois échelles, ces trois dimensions, comment elles peuvent jouer un rôle fondamental dans la
02:23détermination des orientations stratégiques.
02:26Un. Deux. Le pari de la République islamique d'Iran sur le soulèvement populaire au sein de ces pays arabes
02:32contre les régimes, c'est un pari perdu.
02:34Pourquoi ? Parce qu'il y a un pacte, il y a un contrat social dans ces pays du Golfe.
02:39Pas pendant le printemps arabe, aucun pays du Golfe, à part Bahreïn, juste rapidement, une ou deux semaines, n'est
02:46entré dans le printemps arabe.
02:47Et donc, la population ne va pas se soulever contre les régimes.
02:52Et troisièmement, ces pays arabes du Golfe ont des partenariats avec la France, avec l'Allemagne, avec le Royaume-Uni.
03:00Ces pays européens qui ont refusé et voire condamné cette agression ou cette guerre-là, désormais, leurs partenaires les plus
03:07proches ont touché.
03:08Et donc, il est fort probable que les pays européens qui ont gardé de la distance avec cette guerre, à
03:14un moment donné, prennent une autre décision, d'une autre, entrer dans cette guerre.
03:20Et ça, ce sera fatal pour la République islamique d'Iran.
03:23Autrement dit, par ces comportements, et je m'arrête là, les passes d'Alan après Ali Khamenei,
03:29je dis bien les passes d'Alan après Ali Khamenei, ont parfaitement réussi à fédérer l'ensemble des antagonistes contre
03:37eux.
03:38Tabar Sebok, je vous ai vu acquiescer un peu au propos d'Abdel Bakawan,
03:43sur le fait que, effectivement, le régime iranien est peut-être un peu perdu des alliés dans la région.
03:48Donc, quel est votre regard là-dessus ?
03:50En fait, la guerre à Gaza a fait éclater les accords d'Abraham.
03:55Et là, tout d'un coup, c'est comme si l'Iran a réconstitué, sur le plan de la défense,
04:02ses fronts.
04:04Donc, ils ont tout à perdre.
04:06Après, il y a eu des théories comme quoi l'Iran a attaqué ces pays parce qu'ils ont un
04:12lévier sur les États-Unis.
04:13Ils se sont trompés, visiblement.
04:17Et avoir tous les pays autour de vous qui laissent les Américains passer,
04:24et probablement aussi les Israéliens dans leur espace aérien, c'est une grave erreur.
04:30Et puis, ça ne va pas revenir en arrière si vite que ça, une fois la guerre terminée.
04:36Parce que du moment où ils sentent qu'il y a une menace, parce qu'ils étaient tranquilles de ce
04:41côté-là,
04:42ils ne vont plus faire confiance ou dire que c'est à nous de nous défendre.
04:48Karim, vous suivez pour France 24, pour nous, ce conflit de près.
04:53On a évoqué la perte potentielle d'alliés pour le régime iranien.
04:59En revanche, on peut parler aussi des proxys.
05:01On a le Hezbollah, notamment, qui a visé Israël la nuit dernière.
05:07Est-ce que, finalement, on a encore des soutiens du régime iranien ?
05:12Alors, le Hezbollah, évidemment, est extrêmement affaibli depuis la guerre qu'Israël a menée sur le territoire libanais.
05:19On se souvient de la mort de Hassan Nasrallah, qui avait été un moment majeur.
05:24On se souvient aussi des opérations extrêmement réussies de l'armée israélienne.
05:28On se souvient de cette affaire des beepers et des talky-walkies qui avaient montré à quel point le Hezbollah
05:35était, finalement, noyauté de l'intérieur
05:38et à quel point le rassainement israélien savait exactement où se trouvaient les différents leaders du Hezbollah.
05:45Mais, évidemment, le Hezbollah ne pouvait pas rester sans réagir,
05:49puisqu'il est, en quelque sorte, l'émanation du régime iranien sur le territoire libanais.
05:55Ils ont tiré vers Israël avec ce qu'il leur reste de capacité.
05:59Le problème, c'est que ça vient, évidemment, troubler la situation à l'intérieur du pays,
06:07puisque ces derniers mois, l'armée libanaise avait été mise à contribution pour, finalement, désarmer ce qu'il restait du
06:15Hezbollah.
06:15Et tout ça vient fragiliser un peu plus un espace libanais en grande difficulté,
06:22et d'autant plus que les Israéliens étaient restés présents, notamment sur différents points du sud du pays.
06:28Et ça relance par ricochet la guerre au Liban, ce dont les Libanais n'avaient pas du tout besoin.
06:36Et pour rebondir sur ce que disait Adel Bakawan tout à l'heure,
06:39les Iraniens ont sans doute été un peu présomptueux,
06:42en pensant qu'en allant frapper un certain nombre de monarchies du Golfe,
06:47ils allaient influencer la décision de Donald Trump,
06:52comme si ces frappes allaient pousser ces monarchies à aller voir Donald Trump
06:56pour lui expliquer que c'était trop intolérable, ces frappes sur leur territoire.
07:00C'est un calcul un peu désespéré,
07:03qui va sans doute aller vers le résultat inverse,
07:06et braquer ces monarchies qui ont le sentiment qu'elles ont tout donné
07:11pour aboutir à une solution diplomatique.
07:14Mais en même temps, ça doit aussi pousser ces monarchies du Golfe
07:18à s'interroger sur leur capacité à influer sur Donald Trump,
07:23parce que malgré tous leurs efforts,
07:26tous les moyens qu'elles ont mis sur la table
07:28pour tenter d'empêcher que ce conflit éclate,
07:31elles n'y sont malheureusement pas parvenues.
07:33Et au moment où on se parle, on a pu voir,
07:35lorsque vous preniez la parole, Karim,
07:36des images en direct qui nous parviennent du Liban.
07:39Le Liban, à nouveau frappé par des frappes israéliennes.
07:45Israël qui a indiqué frapper durement actuellement le Liban,
07:50mais également l'Iran.
07:52Je reviens vers vous, Abdel Bakawan.
07:55Adel.
07:55Adel Bakawan, pardon.
07:57On vient de voir effectivement ces images,
07:59c'est le Liban qui est pilonné par l'armée israélienne.
08:04Le Hezbollah, aujourd'hui, il a les capacités de nuire aux autorités israéliennes et aux pays
08:13ou finalement c'était un baroud d'honneur,
08:16comme disait notre invité Michel Duclos précédemment ?
08:18Le Hezbollah, après le 7 octobre, n'est absolument pas le Hezbollah avant le 7 octobre.
08:26Avant le 7 octobre, le Hezbollah disposait tous les moyens,
08:30des missiles balistiques intelligents, des drones,
08:33des infrastructures militaires très très puissantes,
08:36un service de renseignement, un service de sécurité.
08:38Souvent on dit le service de sécurité de Hassan Nasrullah,
08:41le guide de Hezbollah, le chef de Hezbollah,
08:44était aussi puissant que le service de sécurité de Donald Trump.
08:49Mais après le 7 octobre, c'est la mise en mètre de l'axe de la résistance,
08:54le Hezbollah en premier.
08:5680% des cadres dirigeants du Hezbollah décapités,
09:00on parle d'à peu près 95% des infrastructures militaires du Hezbollah décapités.
09:07Aujourd'hui, le Hezbollah n'a jamais été aussi fragile et fragilisé.
09:11Et ces attaques-là contre Israël, regardez les effets.
09:14Les effets n'ont rien à voir avec 2006.
09:172006, c'était un autre registre.
09:19Personnellement, je pense que cette intervention est plutôt de l'ordre symbolique,
09:24de l'ordre idéologique que des dégâts militaires énormes.
09:28Et ensuite, ça met en grande difficulté l'État libanais.
09:32Cet État libanais qui a déployé beaucoup, beaucoup de moyens
09:35pour convaincre le Hezbollah en disant que votre arme,
09:38quel était l'objectif de votre arme ?
09:40C'était protéger votre communauté chiite.
09:43Aujourd'hui, votre arme, non seulement ne protège pas votre communauté chiite,
09:48mais en plus, elle détruit votre communauté chiite.
09:51Les villages, les villes, les hôpitaux, les écoles,
09:55toutes les infrastructures, toutes les infrastructures, toutes les détruites.
09:57Donc, raisonnablement, logiquement,
10:00si vous avez la raison d'État,
10:02il faut absolument maintenant vous déposer votre arme
10:05et vous vous intégrer comme l'ensemble des partis politiques libanais
10:09au sein du champ politique,
10:10sachant que vous disposez à peu près 12 ou 13 députés,
10:14vous avez des ministres,
10:15vous avez des représentants au sein de l'État irakien.
10:18Malheureusement, parce que la décision n'appartient pas au Hezbollah,
10:22à la direction de Hezbollah,
10:23parce que la décision appartient au pass d'Alan,
10:26ils ne peuvent pas faire autrement.
10:28Et Karim, après ces nouvelles frappes sur le Liban,
10:31on assiste à un déplacement massif de populations ?
10:34Oui, parce que, évidemment, ces frappes sont massives,
10:37elles touchent un très grand nombre de localités,
10:40une cinquantaine de localités.
10:42Israël, comme c'est souvent le cas,
10:44a invité ces populations à quitter la zone
10:47et l'objectif, c'est clairement de détruire
10:51ce qu'il reste de capacité de frappe du Hezbollah,
10:55même si elles sont considérablement détruites.
10:58On sait qu'il y avait énormément de rampes de lancement
11:02et de roquettes encore cachées.
11:04Israël en a détruit une grande partie,
11:06mais apparemment, il reste encore quelques capacités
11:10d'escarmouche et de tir.
11:13Finalement, pour Israël, c'est aussi l'impression
11:15qu'ils ont l'occasion de terminer ce qu'ils avaient commencé déjà
11:20et que cette guerre déclenchée avec l'Iran,
11:23c'est l'occasion de définitivement réduire à néant
11:26toute capacité émanant du Liban de la part du Hezbollah.
11:30Emmanuel Galichy, une question pour vous.
11:32Vous êtes enseignante, chercheuse, je le rappelle,
11:33en physique nucléaire au CNAM.
11:36À l'origine, on revient au tout départ,
11:38on est au troisième jour de ce conflit.
11:40Il a été motivé par le nucléaire,
11:44le programme nucléaire iranien.
11:45Est-ce que l'Iran était en capacité
11:47de nuire à son voisin israélien ?
11:50Avant la guerre des 12 jours,
11:53il semble que oui, dans le sens où
11:55les rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique
11:59étaient assez clairs sur le niveau d'enrichissement
12:02de la matière en Iran, de la matière nucléaire.
12:05Et donc, on était à 60 %,
12:07ce qui veut dire qu'on était vraiment assez proche
12:10de le fameux taux d'enrichissement
12:13pour une bombe atomique est 90 %.
12:15Même à 60 %, il y a des possibilités
12:18d'aller faire quand même des bombes.
12:20Donc, oui, avant les frappes du mois de juin 2025,
12:27après les frappes, un certain nombre d'installations
12:29ont été vraiment très, très endommagées.
12:32Et donc, depuis, on a vu qu'ils étaient en train
12:35de reconstruire.
12:36Donc, on voyait bien quand même,
12:37sur les images satellites,
12:38tout le mois de septembre, octobre, novembre jusqu'à décembre,
12:41on voyait bien qu'ils étaient en train
12:43de reconstruire leurs capacités.
12:45Et donc, les pourparlers ont débuté,
12:48mais les Occidentaux ont bien vu
12:51que les Iraniens essayaient de prendre du temps, etc.
12:56Et le mot important, je pense, c'est confiance.
13:00La confiance a toujours été complètement rompue,
13:04évidemment, depuis un certain nombre d'années
13:06avec cette république islamique.
13:08Et donc, à un moment donné, vous voyez bien,
13:11vous ne pouvez pas continuer à essayer de faire des pourparlers.
13:15Surtout que, je finirai là-dessus,
13:17l'Iran a signé le traité de non-prolifération.
13:21Dans ce cadre, ils n'ont pas à aller au-dessus de,
13:25on va dire, 20% d'enrichissement pour des usages civils.
13:28Donc, dans ce cas-là, il y a un traité qui est bafoué.
13:31Donc, vous avez, un, la diplomatie, deux, les sanctions économiques.
13:36C'est ce qui a été fait.
13:37Et quand vous voyez que depuis 25 ans, 30 ans, ça ne fonctionne pas,
13:41le dernier étage, c'est une action armée.
13:44Je rebondis sur ce que vous dites,
13:46parce que si on se remémore, c'était la semaine dernière,
13:48il n'y a pas si longtemps que ça,
13:50il y a eu des pourparlers à Genève.
13:52Des pourparlers lors desquelles, d'après les sources iraniennes,
13:56les choses s'étaient bien passées.
13:58Et pourtant, patatras, on en est là aujourd'hui.
14:00Oui, parce qu'en fait, chacun est venu avec ses exigences,
14:03du côté américain, du côté iranien.
14:06Et ils ont vu, malgré un certain nombre de voix
14:10qui disent que ça allait bien,
14:12ils ont bien vu qu'il n'y avait pas de possibilité d'accord
14:17sur l'ensemble du programme nucléaire.
14:20Les Américains voulaient un moins de 5%.
14:23Les Israéliens, les Iraniens, pardon, ne voulaient aller plus haut.
14:28Et puis surtout, ils voulaient aussi continuer à construire
14:31un certain nombre de réacteurs,
14:32en particulier un réacteur à hauts lourdes
14:34qui, on le sait, est une manière de produire du plutonium.
14:39Donc vous voyez qu'il y avait derrière...
14:41La confiance était rompue, on n'y arrivait plus.
14:44Tamar Sebok, cette peur de la menace nucléaire iranienne,
14:48est-ce qu'elle était, est-ce qu'elle est vraiment présente
14:51au sein de la société israélienne ?
14:53Oui, absolument.
14:54Alors, comme il y avait cette opération, cette guerre en juin,
14:59évidemment, le président Trump a dit qu'il n'y a plus de menaces,
15:04mais les Israéliens savaient très bien que ce n'était pas fini,
15:08parce qu'ils ont des renseignements,
15:10et puis politiquement, il faut le dire,
15:13ils ont d'autres intérêts que les États-Unis.
15:15Donc, cette peur, il existe toujours.
15:18Chez les Israéliens, il y a une autre peur,
15:20c'est les missiles balistiques,
15:23que les Américains semblent vouloir mettre un peu de côté,
15:28ou en tout cas avant, dans les négociations,
15:31tandis que pour Israël, ça, c'est un réel problème,
15:34qui peuvent être nucléaires,
15:36mais même s'ils ne sont pas,
15:38on voit très bien le dégât
15:40quand les Israéliens n'arrivent pas à intercepter.
15:43Donc, il y a le deux.
15:44Il y a la peur du montée nucléaire à nouveau,
15:48et il y a le missile.
15:50Emmanuel Galichy, je vous ai entendu réagir sur les missiles balistiques.
15:55Quelle portée ? Quelle capacité de nuisance ?
15:58C'est sûr qu'aujourd'hui,
16:00la plus grande capacité de nuisance de ces missiles,
16:02c'est dans un environnement assez proche, entre guillemets, de l'Iran.
16:07Donc, vous avez tout à fait raison de vous dire que pour les Américains,
16:11aujourd'hui, l'Iran n'est pas en possession de missiles
16:14qui pourraient aller toucher le territoire américain.
16:16Même si Trump a expliqué que c'était en cours.
16:19C'était en cours, peut-être.
16:20Je ne suis pas assez experte pour savoir à quel niveau ils en étaient.
16:24Mais en tout cas, aujourd'hui,
16:26on voit bien que les missiles,
16:27ils attaquent vraiment le voisinage de l'Iran,
16:30et donc Israël, évidemment.
16:32Donc, pour Israël, il y a l'arme atomique,
16:36qui est absolument une arme à balayer totalement pour eux,
16:43mais il y a effectivement aussi les missiles.
16:45Karim, cette justification nucléaire faite par Benjamin Netanyahou,
16:50comment elle est perçue, et dans le pays, et puis à l'international ?
16:53Donc, le pays, c'est-à-dire lequel ?
16:55En Israël et à l'international.
16:58Clairement, côté israélien, c'est la plus légitime des choses
17:01que d'empêcher l'Iran d'obtenir cette arme nucléaire.
17:06Pour Benjamin Netanyahou, c'est une obsession depuis des années.
17:09On se souvient de lui à la tribune de l'ONU,
17:13avec son dessin et le niveau auquel étaient arrivés les Iraniens.
17:19Clairement, pour lui, détruire toute capacité nucléaire iranienne,
17:24c'est un objectif qui l'habite depuis des années.
17:27Ils considèrent que l'Iran, c'est la principale menace existentielle
17:32pour l'État hébreu.
17:34Alors, quant à la capacité réelle des Iraniens
17:37de véritablement fabriquer une bombe atomique,
17:41les spécialistes et les chercheurs ont toujours été un petit peu d'avis divergents.
17:47Certains considéraient que les Iraniens étaient à deux doigts d'y parvenir,
17:51d'autres que c'était en réalité plus complexe, avec un taux d'enrichissement de 60%.
17:58On peut tout de même, comme vous le soulignez tout à l'heure,
18:01fabriquer un certain nombre de bombes.
18:03Mais en tout cas, pour Israël, plus que de faire face à une menace qui existe déjà,
18:09c'est d'empêcher qu'elle se concrétise à tout prix.
18:12Et en cela, l'implication d'Israël aux côtés des États-Unis
18:17est d'une logique implacable pour Benyamin Netanyahou,
18:21mais pour l'ensemble de l'opinion israélienne.
18:25Et lorsqu'on entend un certain nombre de voix s'exprimer côté israélien,
18:29eh bien, ils sont prêts à payer le coût,
18:31même s'il doit y avoir des victimes côté israélien,
18:34eh bien, il faut payer ce coût pour totalement neutraliser toute menace iranienne.
18:39Oui, je voulais juste compléter dans le sens où, en Iran,
18:42il y a deux choses bien différentes.
18:44Il y a un programme nucléaire qui pourrait être porté par une démocratie
18:48et dans ce cas-là, il est totalement légitime.
18:50Et il y a le programme nucléaire actuel qui est porté par la République islamique d'Iran
18:56et qui est absolument illégitime.
18:58Donc, en fait, pour aussi bien l'Israël que d'ailleurs l'Occident,
19:06si la République islamique n'est plus,
19:08eh bien, il n'y a aucun intérêt à aller détruire des installations industrielles.
19:14Et pourtant, là, ce qui s'est passé, c'est qu'on a eu plusieurs installations,
19:18a priori en tout cas, qui ont été prises pour cible.
19:20On pense notamment à différents sites.
19:23Il y a le port de Becher, je vais mal le dire, Becher, c'est ça,
19:27qui a été pris pour cible où se situe une centrale...
19:29Boucher, pardon.
19:30Boucher, pardon.
19:30Boucher, pardon.
19:31Où se situe une centrale nucléaire iranienne.
19:33Donc, ça veut dire que ce qu'on essayait de faire, a priori,
19:36mais je parle sous votre contrôle, l'armée israélienne,
19:39c'est de nuire à ses capacités au niveau de l'Occident.
19:41Alors, j'ai l'impression que Boucher n'est pas une cible pour Israël.
19:45Après, je ne suis pas, encore une fois, dans la stratégie israélienne.
19:50Boucher, c'est une centrale nucléaire qui est...
19:53Civile.
19:53Civile et qui est, en plus, opérationnalisée par la Russie.
19:58Donc, je pense que ça va être une enclave.
20:02Si tout l'Iran doit être bombardé, je pense que Boucher ne le sera pas.
20:07Par contre, effectivement, cette fois-ci, ces derniers jours,
20:11il y a peu de sites nucléaires qui ont été touchés.
20:14Il y en a peut-être un à Karaj, mais qui avait déjà été touché au mois de juin.
20:18Je pense que ce n'est pas la priorité première dans ce conflit aujourd'hui,
20:23de ce week-end.
20:25Il sera peut-être temps, dans quelques jours, quelques semaines,
20:28de remettre une couche de bombardement sur certaines cibles nucléaires
20:32si, effectivement, le régime dictatorial n'est pas tombé.
20:39Adèle, donc, Bakawan, d'après votre lecture,
20:42si, effectivement, le nucléaire, ce n'est pas la première cible,
20:46quels sont les premiers buts de guerre de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou ?
20:50Pour Israël, il y avait trois monaces.
20:52Il fallait commencer par la menace à court terme,
20:57la menace à moyen terme et la menace sur le long terme.
21:01À court terme, ici et maintenant, là, tout de suite,
21:04c'était le programme milicien de la République islamique d'Iran.
21:08C'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire le Hezbollah,
21:10les milices en Syrie avant la chute de Bachar el-Assad,
21:14y compris Bachar lui-même,
21:15les milices au Yaman, les Houssines notamment,
21:18et les milices irakiennes.
21:20Pourquoi ? Parce qu'en fait, ils partagent des frontières,
21:23pour certains, avec Israël.
21:25Et donc, ils étaient là, ils pouvaient à tout moment
21:27atteindre le territoire israélien.
21:29Et bien évidemment, avant tout, le Hamas et le djihad islamique.
21:32Il ne faut jamais, jamais oublier le 7 octobre.
21:35Tout ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient,
21:37ce sont les conséquences du 7 octobre.
21:40Autrement dit, le moment de la République islamique d'Iran,
21:43là, cette guerre, n'est pas le moment de la rupture.
21:46La rupture commence avec le 7 octobre.
21:49On n'a que trois moments historiques au Moyen-Orient.
21:51Le 11 septembre, le printemps arabe, le 7 octobre.
21:55Alors donc, après le 7 octobre,
21:56il fallait d'abord commencer par les milices.
21:58Ils ont détruit les Israéliens, le Hamas et le djihad.
22:02Et ensuite, le Hezbollah.
22:03Le régime de Bachar el-Assad est tombé.
22:05Et ensuite, les Russies, structurellement fragilisées.
22:11Les milices irakiennes, certes intactes,
22:14mais totalement contrôlées et ségées par les États-Unis d'Amérique.
22:19Ça, c'est la première menace.
22:21Éradiquée.
22:22La douzième menace, ce n'est pas la bombe atomique.
22:25La douzième menace, à moyen terme,
22:27ce sont les missiles balistiques intelligents.
22:30Pourquoi ?
22:31Parce que ce n'est pas avec la bombe atomique
22:33que la République islamique d'Iran a attaqué Israël.
22:36C'est avec ces infrastructures,
22:39ces missiles qui ont attaqué.
22:40Et il y a plusieurs catégories.
22:42Il fallait absolument intégrer ces infrastructures
22:45à la fois dans le but de la guerre,
22:49mais aussi dans le but de la négociation.
22:51Seulement, Donald Trump,
22:52lorsqu'il était à Mascat, la capitale de Oman,
22:55ou lorsqu'il était à Genève,
22:57il n'était pas encore tout à fait prêt
22:59pour intégrer les missiles dans la négociation.
23:02Il était focalisé sur le programme atomique.
23:05Or, pour les Israéliens,
23:06c'était la priorité de toutes les priorités.
23:09Et ensuite, là, aujourd'hui,
23:11c'est pourquoi on attaque partout,
23:12partout en Iran,
23:14les installations de lancements
23:16de missiles balistiques intelligents.
23:18Et la troisième menace,
23:20c'est la bombe atomique.
23:21La bombe atomique, bien évidemment,
23:22dans son intégralité.
23:24Le problème, c'est quoi ?
23:25C'est que les dirigeants de la République islamique d'Iran
23:28sont fracturés, divisés.
23:30Il y a deux tendances.
23:31La première tendance, c'est les passes d'Aran.
23:33Les passes d'Aran ne veulent absolument pas écouter,
23:37entendre, comprendre que le monde,
23:39d'après le poste 7 octobre,
23:42n'est absolument pas avant le monde.
23:44Autrement dit,
23:45l'Iran n'est pas autorisé d'avoir le programme atomique.
23:49Le seul modèle qu'on propose aux Iraniens,
23:52aux passes d'Aran,
23:53c'est le modèle libyen.
23:54C'est-à-dire comme Kazafi, en 2004,
23:57a livré la totalité de son programme
24:00des armes de destruction massive aux Américains,
24:03les Américains,
24:03ils les ont intégrées dans le système international.
24:07Aujourd'hui, c'est exactement ce qu'on propose.
24:09Autrement dit,
24:10ce n'est pas la négociation,
24:13c'est la capitulation.
24:14On demande à la République islamique d'Iran,
24:16aux passes d'Aran,
24:17de capituler en rondant la totalité du programme.
24:21Par contre, face aux passes d'Aran,
24:23vous avez une douzième tendance
24:25qu'on appelle les modérés,
24:27avec qui je discute régulièrement.
24:29Là, ils veulent absolument,
24:31non seulement livrer le programme atomique,
24:34mais aussi le programme balistique
24:36et surtout le programme militaire.
24:38Ils nous disent clairement
24:39que nous n'avons rien à faire à Gaza.
24:42Nous n'avons rien à faire au Liban,
24:44au Syrie, au Yémen, au Irak.
24:46Nous, on a une nation qui s'appelle
24:48la nation iranienne.
24:49On a un peuple qui s'appelle
24:51le peuple iranien.
24:52On a une économie à terre.
24:54L'iranité doit être notre priorité.
24:57Et ça, c'est la ligne de fracture
24:58au sein du régime.
25:00Et c'est pourquoi Donald Trump,
25:01hier, il nous a dit clairement
25:03qu'il y a certains éléments du régime
25:05qui souhaitent parler avec nous.
25:06Et ces éléments...
25:08On va s'intéresser à ces éléments.
25:09Ces éléments se trouvent dans cette tendance-là,
25:12dans la deuxième tendance.
25:13Tamara Sebok,
25:14vous vouliez réagir aux propos de...
25:16Oui, alors...
25:17Je crois qu'il y a...
25:19Pour nous, à l'Occident,
25:21il y a aussi une petite confusion
25:23par rapport à ce que c'est les modérés.
25:25C'est-à-dire que si le régime
25:28ne s'effondre pas,
25:30effectivement, c'est les modérés
25:31avec lesquels
25:33l'Occident pourrait conclure des accords.
25:36Mais on ne peut pas dire
25:37que les modérés sont...
25:39Pour la démocratie en Iran,
25:41ce n'est pas ce que demande le peuple
25:43ou le...
25:44En tout cas, les gens qui manifestent.
25:47Donc, on se trouve devant
25:50une dilemme
25:52parce que nous, on confond tout
25:53d'une certaine façon.
25:55Est-ce qu'il faut vraiment
25:58faire tomber
25:59tous les régimes iraniens
26:00pour passer à une démocratie ?
26:02Et là, on nous dit
26:03que c'est un petit peu difficile.
26:05Ce ne sont pas les bombardements
26:06de l'extérieur qui vont le faire.
26:09ou est-ce qu'on lâche
26:12quelque part
26:12les gens qui sont dans les rues
26:14pour avoir des accords
26:16qui sont plus probables
26:18avec les modérés ?
26:19Karim, vous souhaitez rebondir
26:20et puis après,
26:21on va s'intéresser
26:21aux gardiens de la révolution.
26:22Je ne sais pas si vous allez
26:23rebondir là-dessus.
26:24Alors, justement,
26:25sur la question des modérés,
26:26on présente par exemple
26:27le président iranien
26:28Massoud Pézeskian
26:29comme un modéré.
26:30Et en fait, aujourd'hui,
26:31c'est lui qui prend la suite
26:32de Khamenei
26:34dans un système A3
26:35où il y a aussi
26:36Ali Larijani.
26:37Donc, modération,
26:39il faut utiliser le terme
26:41avec modération justement
26:42parce que c'est vrai
26:43que modérer
26:44ne veut pas dire grand-chose
26:45en réalité.
26:47Et pour rebondir
26:48sur ce qui a été dit
26:49tout à l'heure
26:50sur les capacités
26:52des gardiens de la révolution,
26:54eh bien,
26:54ils sont toujours à l'œuvre
26:55aujourd'hui
26:56et on n'a pas vu encore
26:57de fractures
26:58au sein de l'appareil sécuritaire
27:00à l'intérieur du pays
27:01parce que si on entend
27:02Donald Trump
27:03appeler de ses voeux
27:04le fait que la population iranienne
27:06se soulève
27:07une fois que cette campagne
27:09de bombardement
27:10sera terminée,
27:11se soulevée,
27:12mais si elle a face à elle
27:13des hommes armés
27:14omniprésents
27:15encore à l'intérieur du pays
27:16parce que les bombardements,
27:18s'ils sont en capacité
27:19de détruire
27:20des missiles balistiques
27:21et des lanceurs,
27:22ils ne vont pas éliminer
27:23du jour au lendemain
27:24tous les hommes armés
27:26qui sont encore
27:26à l'intérieur du pays,
27:27c'est-à-dire les Pazdara,
27:28mais aussi les Basijs
27:30qui sont ces volontaires
27:32et qui sont le bras armé
27:33en quelque sorte du régime.
27:34Et puis il ne faut pas
27:35sous-estimer non plus
27:36à l'intérieur du pays
27:37ceux qui sont encore
27:38des sympathisants
27:39de la théocratie
27:40parce qu'on a vu aussi
27:42beaucoup ces hommes
27:45pleurer la mort
27:46du guide suprême.
27:47Il ne faut pas croire
27:48que c'est seulement
27:49des images
27:49à destination
27:51de l'Occident,
27:52des images de propagande.
27:53Il y a une partie
27:54de la population iranienne
27:55qui soutient encore
27:57le régime
27:57et c'est ça qui rend
27:58la situation extrêmement complexe
28:00et c'est ça qui rend
28:01difficile d'imaginer
28:02à quoi pourraient ressembler
28:04le demain.
28:05L'après.
28:05Et on va s'intéresser,
28:06on va faire un focus
28:07sur l'un des derniers
28:08maillons de ce régime
28:09créé au lendemain
28:10de la révolution islamique
28:12en 1979.
28:13Les gardiens de la révolution
28:15sont aujourd'hui
28:16l'organisation
28:16la plus puissante
28:18du pays.
28:19Forces militaires parallèles,
28:20bras armés du régime,
28:21acteurs économiques majeurs.
28:23Qui sont-ils exactement ?
28:24Le point avec Noémie Roche.
28:27On les appelle
28:29Pazdharan.
28:30Fondé en 1979
28:32par l'ayatollah Roménie,
28:34quelques mois
28:35après la révolution islamique,
28:37les gardiens de la révolution
28:38constituent
28:39une organisation
28:40militaire d'élite.
28:42Nés de la méfiance
28:43du nouveau régime
28:44d'alors
28:44envers une armée régulière
28:45jugée trop liée
28:46à l'ancien pouvoir
28:48du Shah,
28:49les Pazdharan
28:50sont chargés
28:50du maintien de l'ordre.
28:52Leur mission,
28:53protéger le régime islamique
28:55et prévenir
28:56tout coup d'Etat,
28:57les gardiens
28:58de la révolution
28:59comptent environ
28:59150 000 membres.
29:02Ils disposent
29:03de leurs propres
29:03forces terrestres,
29:04navales,
29:05aérospatiales
29:06et spatiales,
29:07une véritable armée
29:08parallèle.
29:10Les gardiens
29:11de la révolution
29:11contrôlent aussi
29:12des secteurs clés
29:13de l'économie iranienne.
29:14Pétrole,
29:15construction,
29:16télécommunications,
29:18agroalimentaires,
29:19ils détiendraient
29:20jusqu'à 50%
29:21des richesses
29:22pétrolières du pays.
29:24Malgré sa puissance,
29:25l'institution a subi
29:27des pertes
29:27de figures
29:28majeures
29:28ces dernières années,
29:30comme le général
29:31Hassel Soleimani,
29:33chef des opérations
29:33extérieures,
29:35tué par une frappe
29:36américaine en 2020,
29:37ou Ossène Salami,
29:39éliminé par Israël
29:41en juin dernier.
29:43Et cette dernière information
29:45qui nous parvient
29:46que je vous livre,
29:48à l'instant,
29:48selon l'Iran,
29:50le site nucléaire
29:51de Natanz
29:52a été visé
29:54par des frappes
29:55israéliennes.
29:56Je reviens vers vous,
29:57Emmanuel Galiché,
29:57puisqu'on évoquait
29:58les sites nucléaires
30:00qui étaient potentiellement
30:01frappés par l'armée
30:03israélienne.
30:04Tout à l'heure,
30:04on parlait
30:04d'un site nucléaire
30:06civil.
30:07Là,
30:07on est sur quel type
30:08de structure ?
30:09Pour les Iraniens,
30:11ils disent aussi
30:12que c'est un site civil,
30:13Natanz.
30:13Tous leurs sites
30:14sont civils
30:14pour les Iraniens.
30:16c'est nous,
30:17les Occidentaux,
30:18et l'Agence internationale
30:20de l'énergie atomique
30:21qui dit que,
30:21effectivement,
30:22Natanz est un site
30:23d'enrichissement
30:24où il y avait,
30:25avant le mois de juin,
30:27un certain nombre
30:27de centrifugeuses
30:29en souterrain,
30:30mais pas sous une montagne.
30:32C'est le site
30:32qui était dans la plaine
30:34où il y avait
30:35un certain nombre
30:36aussi de laboratoires,
30:37de recherche
30:38et développement
30:39sur l'enrichissement.
30:40On a vu,
30:41effectivement,
30:42que depuis
30:43le mois de juin,
30:44ils étaient en train
30:45de reconstruire.
30:46On l'a vu vraiment
30:46entre décembre et janvier,
30:48un certain nombre
30:49de toits
30:49qui ont été remis
30:50sur,
30:51en particulier,
30:51le site pilote
30:52d'enrichissement.
30:53Et donc,
30:54il est probable
30:54qu'ils étaient en train
30:56de reconstruire
30:57ce site d'enrichissement
30:58qui est celui
30:59le plus important
31:00puisque,
31:02s'ils veulent continuer
31:03à aller plus loin,
31:04eh bien,
31:05ils ont besoin
31:05d'un site d'enrichissement.
31:06En tant qu'experte
31:08sur le nucléaire,
31:09cela veut dire
31:09que l'idée derrière,
31:11c'était d'être
31:11en capacité
31:12d'avoir une arme nucléaire
31:15qui fonctionne ?
31:16Alors,
31:17dans le plan iranien,
31:21normalement,
31:21ce que moi,
31:22j'en sais,
31:22c'est que Nathan,
31:23c'était quand même
31:23sur du bas enrichissement
31:25et que c'était Fort Do
31:26qui, lui,
31:27avait les centrifugeuses
31:28les plus puissantes
31:30et les plus modernes
31:31qui continuaient
31:32à faire l'enrichissement
31:32bien au-delà.
31:34Mais de toute façon,
31:34c'est une continuité.
31:37Une centrifugeuse
31:37est une centrifugeuse.
31:39Si vous voulez aller
31:39à 90,
31:40même si elle n'est pas
31:40moderne et puissante,
31:42vous continuez à tourner
31:42jusqu'à ce que vous augmentiez
31:45le pourcentage.
31:45C'est de la physique simple.
31:47Je veux dire,
31:48on tourne jusqu'à ce qu'on arrive
31:49à ce fameux 90 %.
31:51Donc,
31:52Nathan,
31:52Fort Do
31:52ou un autre,
31:53puisqu'il y en avait
31:54un troisième aussi
31:54qui avait été découvert
31:56il y a très peu de temps,
31:57la montagne de la Pioche,
31:58sont des sites
32:01absolument vitaux
32:01si vous voulez aller
32:02vers une arme.
32:03D'accord.
32:04Merci beaucoup,
32:05Emmanuel Galichie.
32:06Je me retourne vers vous,
32:08Adèle Bakawan,
32:09puisqu'on évoquait
32:10les possibilités
32:11l'après-régime.
32:13Le mot de modéré
32:15avait été prononcé
32:16par Tamar Sebok
32:17et vous vouliez
32:18rebondir là-dessus.
32:19Oui.
32:19Si on ne contextualise pas
32:23le mot modéré,
32:24dans le contexte iranien,
32:26on ne comprend rien.
32:26Quand on dit
32:27des modérés,
32:28il ne faut absolument pas
32:29dire les démocrates.
32:30Au sein du régime,
32:31il n'y a pas
32:32des démocrates.
32:33Mais cela dépend
32:34de ce que les Américains
32:36et les Israéliens
32:37souhaitent.
32:38Tout simplement
32:38la communauté internationale.
32:39Est-ce qu'on veut
32:40la démocratie pour l'Iran ?
32:41Est-ce que le mouvement
32:42de contestation
32:43en Iran
32:44dit quelque chose
32:46à nous,
32:46en Occident ?
32:48Moi, personnellement,
32:49je pense que
32:49Donald Trump
32:50est la dernière personne
32:52qui s'intéresse
32:52à la question
32:53de la démocratie.
32:54La démocratie
32:55ne fait pas partie
32:56de son référentiel.
32:58Si vous voulez
32:59faire shooter
32:59le régime,
33:00il n'y a pas
33:00de 250 000 chômeurs.
33:02Dans le contexte iranien,
33:03il n'y a que 4 options.
33:04Vous n'avez pas
33:05de 200 options.
33:06La première option,
33:07c'est les troupes
33:07américaines,
33:08israéliens ou seules.
33:09Or,
33:10ni les Israéliens
33:11ni les Américains
33:11n'envoient pas
33:13un seul soldat
33:14au sol.
33:14On sait très bien
33:15que de 1990
33:16à 2003,
33:18on frappait
33:18le régime
33:19de Saddam Hussein.
33:20J'étais en Irak,
33:22je sais très bien
33:23de quoi je parle,
33:24mais le régime
33:24de Saddam Hussein
33:25n'est jamais tombé.
33:26Il est tombé
33:27lorsqu'on a envoyé
33:28150 000 GIs
33:30à Bagdad,
33:31n'est-ce pas ?
33:32Donc,
33:32ça,
33:32c'est la première option
33:33exclue.
33:34La deuxième option,
33:35il faut avoir
33:35une opposition centrale,
33:38centralisée,
33:39unie,
33:39unifiée
33:40et armée
33:40aux frontières.
33:41Au moment
33:42où le régime
33:43ultra-fragilisé,
33:45cette opposition armée
33:46prend le relais.
33:48Aujourd'hui,
33:49on sait très bien
33:49que l'opposition iranienne
33:51est structurellement,
33:53profondément,
33:53fracturée
33:54en termes ethniques,
33:56confessionnels,
33:56linguistiques,
33:57régionales,
33:58etc.
33:58Il ne se parle absolument
33:59pas,
34:00les groupes d'opposition.
34:02deuxième option,
34:03non.
34:03Troisième option,
34:04il faut une défection.
34:05Une défection au sein du régime,
34:07c'est-à-dire quoi ?
34:08C'est-à-dire depuis 1979
34:10jusqu'à aujourd'hui,
34:11on sait très bien
34:12que le torchon brûle
34:14entre les passes d'Alan
34:15et l'armée régulière.
34:17L'armée régulière
34:18qui est totalement exclue,
34:20marginalisée,
34:20qui ne dispose pas
34:21beaucoup de moyens,
34:23etc.,
34:23qui n'est pas très crédible
34:24pour l'ancien guide
34:26ni pour les passes d'Alan.
34:27Alors aujourd'hui,
34:28est-ce que cette armée-là
34:29pense qu'il a un rendez-vous
34:30avec l'histoire ?
34:31Il va faire de la défection
34:32et donc là,
34:34elle deviendra un partenaire
34:35de la communauté internationale.
34:37Ça, c'est,
34:37je ne sais pas,
34:38pour le moment,
34:39nous n'avons aucun signe.
34:41Et la troisième option,
34:43c'est avoir,
34:44maintenant,
34:45là,
34:45tout de suite,
34:45pendant le bombardement,
34:46et nous pas après,
34:48et nous pas avant,
34:505, 6, 7, 8, 9,
34:5210 millions d'Iraniens
34:53sur 90 millions de personnes
34:55dans la rue.
34:56Pourquoi maintenant ?
34:57Pourquoi pas avant ou après ?
34:58Parce qu'une fois
34:59la guerre est terminée,
35:01le régime,
35:02même fragilisé,
35:03même ultra-fragilisé,
35:05aura toujours
35:06tous les moyens
35:06pour réprimer
35:07la manifestation.
35:08C'est maintenant
35:09que le peuple iranien
35:11doit descendre dans la rue.
35:12Or, aujourd'hui,
35:13on sait très bien...
35:13C'est parce que l'on voit.
35:14Voilà,
35:14c'est exactement
35:15ce qu'on ne voit pas.
35:16On ne voit pas.
35:16Donc,
35:17c'est la question
35:17de la démocratie,
35:18des modérés,
35:19etc.
35:20Tout ça,
35:20c'est à contextualiser.
35:22Karim,
35:22sur les transitions possibles,
35:25on évoque beaucoup
35:26Reza Palavi
35:27comme possible figure
35:29qui pourrait amener
35:30l'alternance.
35:31Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
35:32Alors,
35:32c'est vrai qu'on a vu
35:33son nom scandé
35:34à maintes reprises
35:35pendant les manifestations
35:37qui ont secoué le pays
35:39il y a quelques semaines.
35:40On a vu aussi
35:40son nom scandé
35:41dans des manifestations
35:43en Europe
35:44ou aux Etats-Unis,
35:45notamment.
35:46on a vu Donald Trump
35:47dans un premier temps
35:49expliquer que ce n'était
35:49pas forcément à lui
35:50qu'il pensait en priorité.
35:53En réalité,
35:53c'est assez difficile
35:54de juger
35:55de la véritable popularité
35:57de cet homme
35:58à l'intérieur du pays
35:59parce que
36:00ce n'est pas suffisamment
36:01forcément représentatif
36:02des chants,
36:03des drapeaux.
36:04Il y a une partie
36:05de la population iranienne
36:06qui ne le connaît pas,
36:07les plus jeunes notamment.
36:09Parce qu'il a quitté le pays,
36:10il a plus de 40 ans.
36:11Il a quitté le pays
36:11il y a plus de 40 ans
36:12en 1979.
36:13Il y a ceux
36:14qui se font une image
36:15peut-être idéalisée
36:16parce qu'il faut rappeler
36:17que le régime
36:18Palavi n'était pas
36:19le régime le plus démocratique
36:21au monde.
36:21Il y avait une police
36:23politique
36:24qui s'appelait
36:24la SAVAC
36:25qui a tué
36:27et qui a arrêté
36:28un certain nombre
36:29d'opposants politiques.
36:30C'était aussi une époque
36:31où il y avait
36:32beaucoup d'inégalités
36:33à l'intérieur du pays.
36:34Donc il faut faire
36:35peut-être attention
36:37à ce qui est
36:39la construction médiatique
36:40notamment relayée
36:41par les médias
36:42et la popularité
36:43réelle de cet homme
36:45pour rebondir
36:46sur ce que disait
36:47Adèle Bakhawen
36:48tout à l'heure
36:48sur le retournement
36:50de l'armée.
36:51C'est une option,
36:52c'est une possibilité
36:53mais en même temps
36:54c'est aussi quelque chose
36:54qui peut faire
36:55extrêmement peur
36:56parce qu'on rentrerait
36:57dans une logique
36:57d'affrontement
36:58entre les passes d'Aran
37:00et l'armée régulière.
37:02Des passes d'Aran
37:03qui sont extrêmement
37:04bien armées
37:04qui ont des capacités
37:05militaires
37:06qui sont parfois
37:07présentées comme supérieures
37:08à celles de l'armée
37:09donc on rentrerait
37:10dans une logique
37:11d'affrontement
37:11qui pourrait mener
37:12à une guerre civile
37:13à l'intérieur du pays
37:14donc ça
37:14c'est une inquiétude majeure
37:16comme le disait
37:18Adèle tout à l'heure
37:19Donald Trump
37:19sa priorité
37:20ce n'est pas la mise
37:21en place d'une démocratie
37:22on l'a vu notamment
37:24du côté du Venezuela
37:25on ne peut pas superposer
37:26les deux situations
37:27elles n'ont strictement
37:28rien à voir
37:28mais on a vu
37:29que Donald Trump
37:30s'accommodait très bien
37:32de la mise en place
37:33d'un pouvoir
37:34avec Delcy Rodriguez
37:36qui a pris la place
37:37de Nicolas Maduro
37:39et Delcy Rodriguez
37:40n'est que l'émanation
37:41du chavisme
37:42en réalité
37:43donc Donald Trump
37:44la question de la démocratie
37:46n'est pas forcément
37:47sa priorité
37:48et une partie des Iraniens
37:50en ont fait la mère expérience
37:51parce que
37:51lorsqu'ils ont manifesté
37:53et qu'ils sont morts
37:55dans les rues
37:56de Téhéran
37:57et d'autres villes
37:57ils avaient espéré
37:59à ce moment-là
37:59que Donald Trump
38:00allait intervenir
38:01il ne l'a pas fait
38:02et ça a été réprimé
38:03dans le sang
38:04ça a été réprimé
38:04dans le sang
38:05et c'est peut-être ça
38:06qui explique
38:06qu'une partie de la population
38:07n'a pas encore gagné
38:09les rues
38:09pour manifester
38:10Samar Sebok
38:11une question pour vous
38:12là on vient d'évoquer
38:13une possible démocratie
38:15on a évoqué aussi
38:16un possible
38:17un hypothétique
38:18retour du fils
38:19du chat d'Iran
38:20pour l'après
38:22si tant est qu'il y a
38:23un après régime
38:24quelle est la vision
38:26de Benyamin Netanyahou
38:27sur la politique
38:27en Iran
38:29je crois qu'il faut voir ça
38:31dans le contexte
38:32de toute la région
38:33ça veut dire
38:34du moment où
38:34il n'y a pas de menace
38:35et que c'est sûr
38:36qu'il n'y a pas de menace
38:37la stratégie
38:39sera à nouveau
38:40la stratégie
38:41des accords d'Abraham
38:42ça veut dire
38:43une intégration financière
38:45parce que c'est important
38:46et des sécurités
38:49maintenant
38:49Benyamin Netanyahou
38:51a aussi ses intérêts
38:53internes
38:54parce que
38:55on dit beaucoup
38:56que son intérêt
38:56c'est de continuer
38:57à faire la guerre
38:58pour éviter
38:58finalement
38:59d'être ramené
39:01vers ses affaires judiciaires
39:02on en est toujours là
39:03oui on en est toujours là
39:04et aussi sa coalition
39:05parce qu'il y aura
39:06des élections
39:07normalement bientôt
39:08tant qu'il est chef
39:09des guerres
39:10il est toujours
39:10beaucoup plus populaire
39:12et puis
39:13il n'a pas
39:14de coalition
39:15sans l'extrême droite
39:16en Israël
39:17donc
39:18s'il gagne
39:19il peut faire
39:19cette coalition
39:21s'il y a des élections
39:22et qu'il n'est pas populaire
39:23c'est l'opposition
39:24qui pour le moment
39:25a la majorité
39:26donc
39:28son intérêt
39:31est de continuer
39:32la guerre
39:32mais
39:33c'est Trump
39:35qui décide
39:35à la fin
39:36ça veut dire
39:36on est arrivé
39:37à une telle dépendance
39:38de Netanyahou
39:39aux Etats-Unis
39:40qu'à la fin
39:41c'est Trump
39:42qui décide
39:42et effectivement
39:43ses intérêts
39:44sont très différents
39:45ils sont économiques
39:47ils sont de sécurité
39:48ils sont
39:49des guerres rapides
39:51donc tout dépend
39:52de ses douos
39:53et surtout
39:54de Trump
39:55Adèle Bakawan
39:56quand
39:57donc
39:58Tara Sebok
39:59dit qu'à la fin
39:59c'est Trump
40:00qui décide
40:01Donald Trump
40:02lui a priori
40:03ce n'est pas son intérêt
40:04la guerre dure
40:05par rapport
40:06notamment
40:07à son électorat maga
40:08et puis au mid-terme
40:09qui arrive
40:09il a dit clairement
40:10il y a
40:11il y a deux jours
40:12j'étais en plateau
40:12ici à 23h17
40:14sur France 24
40:15on a reçu un message
40:17à une interview
40:18de Donald Trump
40:19avec le site Axios
40:20il a dit
40:21je pourrais
40:22arrêter cette guerre
40:24au bout d'où
40:24trois jours
40:26pourquoi ?
40:26parce que lui
40:27il est très très pressé
40:27et c'est vrai
40:28Donald Trump
40:29et Benjamin Netanyahou
40:30ils ne sont pas souvent d'accord
40:31il y a un préjugé
40:33il y a une prononction
40:34comme quoi
40:36lorsque Israël parle
40:37c'est les Etats-Unis
40:38d'Amérique
40:38qui parlent
40:39non c'est pas vrai
40:40ils ne sont pas d'accord
40:41sur le dossier syrien
40:42ils ne sont pas d'accord
40:43sur le dossier libanais
40:44ils ne sont pas d'accord
40:46surtout sur le dossier turc
40:47iranien etc
40:48il y a des désaccords
40:50par exemple là
40:50Benjamin Netanyahou
40:51son projet
40:52rapidement
40:53son projet
40:53c'est finir avec le régime
40:55ici et maintenant
40:56là tout de suite
40:57Benjamin Netanyahou
40:58Donald Trump
40:59a une autre perspective
41:01merci à vous
41:02merci à vous quatre
41:03tout de suite
41:03c'est
41:03merci à vous
Comments

Recommended