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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 01/03/2026

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00:16Ladies and gentlemen, good evening, thank you for informing on Median TV.
00:19Here are the main titles of your Soire Info.
00:23La Finlande appuie l'autonomie sous souveraineté marocaine comme solution des plus réalisables.
00:29L'affirmation est de la ministre finlandaise des Affaires étrangères Elina Waltonen qui est en visite officielle au Maroc.
00:38Le président américain Donald Trump menace de lancer des frappes sans précédent en cas de représailles iranien.
00:44Des frappes qui devraient durer aussi longtemps que nécessaire selon le chef de la Maison-Blanche.
00:51Et enfin, trois soldats américains ont été tués et cinq autres grièvement blessés dans les opérations militaires menées contre l
00:58'Iran.
00:59Aucun détail sur la localisation ou l'identité des soldats n'a encore été réveillé.
01:07À la ligne de l'actualité, ce dimanche, la Finlande a affirmé aujourd'hui qu'une autonomie véritable sous souveraineté
01:12marocaine
01:13pourrait constituer une solution des plus réalisables pour le règlement de la question du Sahara marocain.
01:18Cette position a été exprimée dans un communiqué conjoint adopté à Rabat à l'issue de la rencontre entre le
01:24ministre des Affaires étrangères,
01:26de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger Nasser Boreta
01:30et la ministre finlandaise des Affaires étrangères Elina Waltonen qui effectue une visite officielle au Maroc.
01:40Une cellule de crise a été mise en place par le ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et
01:46des Marocains
01:46résidant à l'étranger pour répondre aux préoccupations des Marocains résidant dans la région du Moyen-Orient.
01:52Dans ce cadre, les ressortissants marocains sont appelés à faire preuve de la plus grande prudence et vigilance
01:58et à se conformer aux instructions émises par les autorités compétentes des pays d'accueil.
02:02Afin de répondre aux préoccupations de la communauté marocaine, le ministère des Affaires étrangères,
02:07de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger a mis en place des numéros de téléphone
02:12au profit des citoyens marocains se trouvant dans les pays concernés pour leur permettre de communiquer et de s'informer.
02:19Les numéros s'affichent d'ailleurs en ce moment même sur votre écran.
02:25Dans l'actualité internationale, le guide suprême Ali Khaminei est mort ainsi que d'autres hauts responsables du régime iranien.
02:32Une période de transition sera assurée par trois hauts responsables, dont le président Masoud Pézeshkian.
02:39Sur place, la guerre se poursuit tandis qu'Israël annonce notamment cibler les stocks de missiles de l'Iran.
02:44Les détails avec Nasser Delounayn.
02:49Annoncé par Israël et les Etats-Unis, puis confirmé par l'Iran.
02:52Le guide suprême Ali Khaminei est mort samedi lors des frappes israélo-américaines.
02:57C'est avec une profonde tristesse et un immense chagrin que je vous informe qu'à la suite de l
03:04'attaque barbare menée par les Etats-Unis et Israël,
03:07le guide suprême de la révolution iranienne, Ali Khaminei, est mort en martyr.
03:15De nombreux autres responsables iraniens ont également été tués.
03:19Parmi eux, le chef d'état-major de l'armée, Abdurrahim Moussaoui, et Ali Khaminei, conseiller du guide suprême.
03:25Tous ont été ciblés par des frappes directes.
03:27Le président du parlement iranien parle du franchissement d'une ligne rouge par Israël et les Etats-Unis.
03:35Nous nous étions préparés à de tels moments.
03:37Nous avons des plans pour la suite.
03:39Notre guide suprême est mort en martyr, mais vous verrez que notre force sera incroyable.
03:45Aux Etats-Unis, le président Donald Trump, réuni avec son état-major, multiplie les appels téléphoniques.
03:51Washington et Tel Aviv préparent la suite.
03:53Le gouvernement israélien justifie l'opération militaire.
03:56L'état d'Israël n'a pas attendu que la menace se concrétise.
04:02Nous avons agi pour empêcher un régime extrémiste et meurtrier d'acquérir des capacités
04:06qui pourraient mettre en danger Israël et le monde entier.
04:09Il faut aussi préciser que ce n'est pas une guerre contre le peuple iranien.
04:13Notre lutte vise le régime des Ayatollahs, un régime qui prône le terrorisme,
04:18déstabilise la région et opprime ses citoyens.
04:23Après la mort du guide iranien Ali Khaminaï dans l'attaque israélo-américaine,
04:28l'Iran a entamé dimanche une période de deuil de 40 jours.
04:32Au même moment, l'armée israélienne affirme avoir détruit environ la moitié des stocks de missiles de l'Iran
04:37depuis le début des frappes contre Téhéran.
04:41Selon le ministre israélien de la Défense, l'élimination du guide suprême iranien Ali Khaminaï
04:46marque un tournant décisif dans la guerre lancée la veille par les Etats-Unis et Israël
04:50contre la République islamique d'Iran.
04:52Ali Khaminaï a mené la campagne de destruction contre l'État d'Israël.
04:56Il a construit tout l'axe du mal qui nous entoure.
04:59Son élimination marque un tournant décisif et nous espérons tous que cela conduira
05:03également au résultat que nous recherchons,
05:06que le peuple iranien puisse renverser ce régime, a déclaré Israël Katz dans un communiqué.
05:14Le processus de transition en Iran après la mort du guide suprême Ali Khaminaï a démarré ce dimanche.
05:20Le dignitaire religieux, membre de l'Assemblée des experts et du Conseil des gardiens de la révolution,
05:25Ali Reza Arafi, a été nommé au sein du trio dirigeant chargé d'assurer la transition
05:31après le décès du guide suprême iranien.
05:32Cet organe qui comprend également le président Massoud Pézechkian
05:36et le chef du pouvoir judiciaire Rolam Hossein Mohseni Egeï
05:40dirigera le pays jusqu'à ce que l'Assemblée des experts élise un dirigeant permanent dans les meilleurs délais.
05:50Trois personnes ont été tuées et 58 autres blessés aux Émirats arabes unis
05:55dans les frappes iraniennes menées en riposte à l'attaque israélo-américaine.
05:58Trois ressortissants pakistanais, népalais et bangladais ont été tués.
06:03C'est ce qu'a précisé le ministère de la Défense indiquant que depuis le début des attaques iraniennes,
06:08les Émirats arabes unis avaient détecté 165 missiles balistiques dont 152 ont été détruits
06:13ainsi que deux missiles de croisière.
06:15Selon les autorités du pays, 541 drones iraniens ont été détectés dont 506 interceptés et détruits.
06:25Je vous le disais en titre, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient,
06:30trois soldats américains ont été tués, cinq autres grièvement blessés dans les opérations militaires menées contre l'Iran.
06:36Aucun détail sur la localisation ou l'identité des soldats n'a encore été révélée,
06:40mais plusieurs autres soldats ont subi des blessures mineures en raison d'éclats d'obus et de commotions cérébrales,
06:46mais sont en train d'être réaffectés à leurs fonctions.
06:49Le président américain Donald Trump a averti samedi que des morts étaient à attendre au sein des forces armées américaines.
06:59Les tensions entre Washington et Tehran ont donc franchi un nouveau seuil,
07:03frappe croisée, perte humaine et extension des hostilités à plusieurs pays du Golfe.
07:08Le face-à-face entre l'Iran et les États-Unis prend désormais une dimension régionale
07:12avec des répercussions sécuritaires et économiques majeures.
07:15On voit tout cela en détail avec Rajit Farhan.
07:17L'escalade s'est accélérée ces dernières heures.
07:21Le président américain Donald Trump a affirmé que l'offensive menée contre l'Iran avançait rapidement.
07:27Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite.
07:3148 dirigeants ont été éliminés d'un coup.
07:36Mais le bilan humain ne se limite pas au camp iranien.
07:40Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le CITCOM, a annoncé la mort de trois soldats américains
07:46et cinq blessés graves.
07:48Les premières pertes reconnues par Washington dans cette opération.
07:52En réaction, les gardiens de la révolution ont revendiqué une attaque de grande envergure.
07:58Selon un responsable iranien, les frappes visent les bases américaines dans les pays voisins
08:03et non les États de la région eux-mêmes.
08:06Pourtant, les explosions se multiplient.
08:10Des détonations ont été signalées à Dubaï, à Duhai et à Manama.
08:15L'Arabie saoudite affirme avoir intercepté les missiles iraniens
08:18dirigés vers l'aéroport international de Riyad
08:21et la base aérienne du prince Sultan qui abrite des militaires américains.
08:27Même Oman, jusque-là médiateur dans les discussions indirectes entre Téhéran et Washington,
08:33a été touché pour la première fois.
08:35Une attaque de drones a fait un blessé dans un port
08:38et un pétrolier a été visé au large de ses côtes.
08:42Dans le détroit d'Hormuz,
08:44deux navires ont été attaqués au large des Émirats arabes unis et d'Oman.
08:48Le géant italo-suisse MSC a demandé à ces navires présents dans le Golfe
08:53de se mettre à l'abri,
08:55signe d'une inquiétude grandissante pour la sécurité maritime
08:58et l'approvisionnement énergétique mondial.
09:03Plusieurs centaines de vols à destination du Moyen-Orient ont été annulés,
09:07tandis que le Royaume-Uni a exhorté ses ressortissants à Bahrain,
09:11aux Kouaïtes, au Qatar et aux Émirats à rester à l'abri.
09:15La France, de son côté, se dit prête à évacuer ses citoyens de la région si nécessaire.
09:21Parallèlement, l'Iran a intensifié ses frappes contre Israël.
09:24A Bet-Shemesh, dans le centre du pays, neuf personnes ont été tuées après l'effondrement
09:30d'un bâtiment touché par missiles.
09:32À Tel Aviv, plus de 20 blessés ont été recensés et les sirènes d'alerte ont retenti dans plusieurs régions.
09:39Les hostilités débordent désormais au-delà du Golfe et d'Israël.
09:43Des missiles et des drones ont visé le nord de l'Irak,
09:46où s'en stationnaient des troupes américaines.
09:49En Syrie, un missile iranien aurait été intercepté
09:53et la Jordanie affirme avoir neutralisé plusieurs projectiles balistiques.
09:59Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a fait de l'Iran
10:02l'axe central de sa doctrine de sécurité.
10:05Au retrait de l'accord nucléaire, sanctions massives ou encore frappes ciblées,
10:08sa ligne rouge et claire empêchait Téhéran d'accéder à l'arme atomique.
10:12On voit tout cela en détail avec Ababa Khartoumkara.
10:17Tout commence par une rupture stratégique.
10:20Le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien.
10:23Donald Trump engage alors une politique dite de pression maximale,
10:26combinant sanctions économiques sans précédent et isolement diplomatique.
10:30Au fil des mois, l'OTAN se durcit.
10:32Le président américain accuse l'Iran d'être le principal sponsor du terrorisme mondial
10:36et de déstabiliser le Moyen-Orient par l'intermédiaire de groupes armés alliés.
10:40L'été dernier, il revendique des frappes visant à affaiblir les capacités nucléaires iraniennes,
10:45puis viennent de nouvelles opérations destinées à neutraliser les infrastructures balistiques et militaires de Téhéran.
10:51Face à la nation, il assume pleinement cette stratégie.
10:57Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes du régime iranien.
11:08Pour lui, la menace est directe et croissante.
11:11Il affirme que l'Iran développe des missiles capables de menacer l'Europe,
11:15les bases américaines à l'étranger et bientôt le territoire des États-Unis.
11:19Mais tout en revendiquant la fermeté,
11:21Donald Trump laisse la porte ouverte à une solution diplomatique sous conditions strictes.
11:26« Ma préférence est de résoudre ce problème par la diplomatie,
11:32mais je ne permettrai jamais au principal sponsor du terroriste mondial d'avoir une arme nucléaire.
11:38Cela ne peut pas arriver. »
11:42Quelques jours avant l'attaque du 28 février, devant le Congrès,
11:45Donald Trump réaffirmait vouloir négocier si possible, frapper si nécessaire,
11:49et par lequel il a joint l'acte.
11:51De la pression économique aux frappes militaires,
11:54la trajectoire de Donald Trump contre l'Iran est restée cohérente.
11:57Pour le président américain, un Iran doté de l'arme nucléaire est une ligne rouge absolue.
12:03Il s'est dit prêt à aller jusqu'au bout pour l'empêcher.
12:09L'opération militaire continue en Iran, dans plusieurs villes du pays.
12:13Les bombardements se poursuivent et pour cause.
12:15Les États-Unis et Israël n'ont pas encore atteint les objectifs
12:18qu'ils avaient planifiés avant le début de leur opération militaire.
12:21On voit tout cela en détail avec Nasser Dinounayn.
12:25Si avant cette guerre, le dossier du nucléaire iranien était au cœur des tensions,
12:30aujourd'hui les objectifs ont évolué.
12:32Désormais les États-Unis et Israël s'attaquent aux capacités militaires générales de l'Iran.
12:37Le président américain annonce vouloir détruire leurs missiles,
12:41raser les industries de missiles, anéantir la marine iranienne
12:44et mettre fin au régime iranien en place.
12:47Même son de cloche côté israélien.
12:51Nous avons lancé conjointement cette opération avec les États-Unis
12:55dans l'objectif de mettre fin à la menace que représente le régime de l'ayatollah en Iran.
12:59Aux côtés de nos alliés américains, nous frapperons durement ce régime terroriste.
13:04Nous ferons en sorte que les Iraniens puissent renverser le pouvoir
13:07et se libérer de ce régime meurtrier.
13:16C'est un groupe brutal, composé de personnes extrêmement dures et terribles.
13:22Ils mettent en danger notre pays, nos troupes, nos bases et nos alliés à travers le monde.
13:29Les États-Unis et Israël ont donc choisi la voie militaire.
13:32Le dispositif américain comprend notamment 12 navires de guerre,
13:36200 avions de chasse, 50 000 soldats et deux porte-avions,
13:40dont le Gerald Ford, le plus grand du monde.
13:45Nous veillerons à ce que les groupes terroristes ne puissent plus jamais déstabiliser la région
13:50ou même le monde.
13:51Nous ferons en sorte qu'ils ne puissent ni attaquer nos forces,
13:54ni utiliser leur engin explosif.
13:56Nous veillerons à ce que l'Iran n'obtienne jamais l'arme nucléaire.
13:59C'est un message simple, ils n'auront jamais l'arme atomique.
14:03Ce régime apprendra que personne ne doit défier la puissance et la force des États-Unis.
14:11L'importante concentration de moyens militaires américains au Moyen-Orient
14:15offre aux États-Unis la possibilité d'une opération prolongée contre l'Iran.
14:19Bien que les forces terrestres ne devraient pas prendre part au combat,
14:23les États-Unis maintiennent leurs dizaines de milliers de militaires stationnés
14:26sur leur base au Moyen-Orient.
14:30L'attention est montée d'un cran après la mort du guide suprême iranien Ali Khaminei.
14:35Frappe croisée, menace de guerre totale, attaque contre des bases américaines
14:39et mobilisation des alliés de Téhéran.
14:41La crise iranienne dépasse désormais les frontières.
14:43On fait le point sur la situation avec Ababa Khartoumkara.
14:48La tension est montée d'un cran après l'offensive américano-israélienne
14:51qui a coûté la vie à l'ayatollah Ali Khaminei.
14:54A Téhéran, le président iranien Massoud de Pézeskihan a parlé d'un droit et d'un devoir légitime
14:59de venger sa mort qualifiant l'attaque de déclaration de guerre contre les musulmans.
15:03En réponse, le président américain Donald Trump a menacé l'Iran d'une riposte militaire sans précédent en cas de
15:08représailles.
15:09Les gardiens de la révolution ont lancé missiles et drones contre Israël
15:13et des installations américaines à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
15:18Alors que les sirènes d'alerte ont retenti dans la plupart des capitales du Moyen-Orient,
15:22sur le front diplomatique, le UNU tire la sonnette d'alarme et appelle à la désescalade.
15:32Je déplore les frappes militaires menées sur le territoire iranien
15:35ainsi que les frappes de représailles iraniennes qui ont suivi.
15:38Comme toujours, dans tout conflit armé, ce sont les civils qui ont paie les prix forts
15:43« Les bombes et les missiles ne sont pas la solution aux différents.
15:46Ils ne font qu'engendrer mort, destruction et souffrance humaine.
15:49Afin d'éviter ces terribles conséquences pour les civils,
15:52j'appelle à la retenue et j'implore toutes les parties de faire preuve de raison,
15:56de désamorcer les tensions et de reprendre les négociations.
15:59Là où elles s'efforçaient activement de trouver une solution,
16:02c'est le seul moyen de résoudre durablement les profonds différents qui existent entre les États. »
16:09Les Nations unies préviennent également sur l'ampleur que pourrait prendre ce conflit.
16:13« J'ai déjà averti que tout manquement à cette obligation risque d'entraîner un conflit encore plus vaste
16:22qui conduira inévitablement à de nouvelles morts et destructions civiles insensées
16:27et d'une ampleur potentiellement inimaginable, non seulement en Iran mais dans tout le Moyen-Orient.
16:34Dans une région où les États-Unis disposent de bases militaires stratégiques
16:38et où transitent 20% du pétrole mondial par le détroit d'Hormuz,
16:42aucun pays ne semble à l'abri.
16:44Le spectre d'un embrasement régional total plane désormais surtout le Moyen-Orient.
16:51Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
17:03L'actualité, c'est donc les États-Unis et Israël qui ont lancé ce dimanche une nouvelle vague de frappes
17:07contre l'Iran
17:08ciblant des sites militaires et des installations nucléaires.
17:11Mais quelles conséquences pourraient y avoir sur le Moyen-Orient rongées par une forte instabilité politique ?
17:18Pour en parler, nous sommes avec Emmanuel Dupuis, politologue et président de l'IPSE en direct depuis Paris.
17:24Emmanuel Dupuis, bonsoir et merci d'être avec nous.
17:27Bonsoir.
17:28Maintenant que le guide suprême iranien Ali Khaminei a été tué dans des frappes aériennes israélo-américaines à Téhéran,
17:34selon vous, les survivants du régime pourront-ils assurer sa survie sous les bombes
17:39ou bien le changement de régime aura lieu ?
17:42D'ailleurs, ça dépend de quel régime vous parlez.
17:46Le régime est déjà déstabilisé puisque le guide suprême est mort,
17:50vraisemblablement son fils également, il y a bien un successeur,
17:54mais pour l'instant on n'est pas tout à fait sûr que la fonction du guide suprême demeure.
17:59Donc déjà il y aura une évolution de ce point de vue-là.
18:02Il y aura une moindre emprise de la théocratie iranienne, c'est une évidence.
18:07Deuxièmement, la vraie question c'est le corps des gardiens de la Révolution,
18:11celui qui faisait tenir le régime.
18:13Jusqu'à quel point ce système de force, ce système de répression a été touché ?
18:19Aujourd'hui les Israéliens ont procédé à des frappes massives
18:23visant le commandement du corps des gardiens de la Révolution,
18:27ainsi que des missiles Basijis, qui avaient été les fers de lance de la répression
18:35le 8 et le 9 janvier dernier.
18:37Est-ce que le régime va pouvoir survivre à lui-même ?
18:40Plutôt la question doit être posée autrement.
18:43Est-ce que ceux qui restent encore en capacité de diriger le pays,
18:47donc les leaderships politiques, les instances sécuritaires,
18:52ont encore la capacité réelle de pouvoir faire face à une opération militaire
18:58d'une ampleur inégalée, sans précédent,
19:01donc menée conjointement par Israël, par les États-Unis,
19:04et peut-être bientôt par les pays arabes,
19:06qui ont par un communiqué dit, en tout cas l'Arabie saoudite,
19:09les Émirats arabes unis et le Qatar, peut-être même d'ailleurs le Koweït et le Bahreïn,
19:15que désormais, puisque leurs sites non seulement militaires,
19:18enfin militaires étrangers, notamment américains,
19:21mais civils sont ciblés, c'est une guerre régionale,
19:25et donc ils se réservent le droit de participer également aussi aux frappes contre l'Iran.
19:30Donc est-ce que l'Iran va pouvoir tenir sur la distance ?
19:35Est-ce que ce régime va pouvoir résister aux coups de boutoir extérieurs ?
19:39Et puis surtout, à la capacité ou à la volonté de faire imploser le régime ?
19:43C'est ça l'enjeu.
19:44L'enjeu, c'est de faciliter une prise de pouvoir par les Iraniens eux-mêmes.
19:49On avait tenté de le faire, enfin les Iraniens avaient tenté courageusement de le faire en janvier dernier,
19:53il en aura coûté au minimum 30 000 morts.
19:56Vont-ils avoir la volonté, le courage et la détermination de le refaire ?
20:01Justement, c'est ma prochaine question, Emmanuel Dupuis.
20:03Le président américain Donald Trump a jugé que le peuple iranien tient là sa plus grande chance de reprendre le
20:09contrôle du pays.
20:10Est-ce que selon vous, la population iranienne répondra-t-elle aux appels à descendre dans la rue pour s
20:15'emparer du pouvoir ?
20:17Alors, la configuration est un peu différente.
20:20Premièrement, il y a eu un avant et un après 8 et 9 janvier dernier,
20:24au cours duquel le président américain, le fils du Shah, Reza Palioui,
20:28et un certain nombre de leaders, notamment le Premier ministre israélien,
20:31avaient déjà dit aux Iraniens qu'il fallait sortir dans les rues et que c'était leur moment de prendre
20:35le pouvoir.
20:36Il en a coûté, comme je le disais, au bas mot, 30 000 morts.
20:38Donc, vont-ils avoir le courage de redescendre de nouveau dans la rue ?
20:46Je rappelle qu'on est encore en plein mois de Ramadan,
20:49ce qui va aussi complexifier les éventuelles mobilisations étudiantines,
20:55notamment, ou des mobilisations de jeunes.
20:58En tout cas, ce n'est une réalité, c'est que désormais, les Iraniens savent très bien
21:02que la liberté ne viendra pas des airs, elle va faciliter un délitement du régime,
21:07elle va incapaciter, décapiter ce régime.
21:1248 leaders politiques, militaires, sécuritaires ont été éliminés,
21:171000 frappes ont été réalisées depuis maintenant deux jours,
21:20ce n'est que le début d'une offensive, donc la question c'est quand,
21:24c'est à partir de quand le régime va basculer.
21:27Pour l'instant, il tient encore, car il faut avoir à l'esprit que c'est un peuple,
21:31l'Iran c'est à peu près une population de 100 millions d'habitants,
21:35mais avec un système de force qui fait qu'avec 1 à 2 millions de militaires,
21:41de milices basidji, de gardiens des révolutions,
21:44ils tiennent encore le pays d'une main de fer, mais ils le tiennent encore.
21:49Cette guerre contre l'Iran a provoqué une escalade des tensions régionales
21:52aggravées par des attaques contre les alliés des États-Unis dans la région.
21:55Est-ce qu'on peut craindre aujourd'hui une instabilité accrue au Moyen-Orient ?
22:00La stabilité accrue, elle est installée, il ne faut pas la craindre,
22:03il faut la constater, hélas, elle est installée,
22:06puisque les Iraniens ont envoyé pas loin de 1219,
22:10précisément sur le chiffre qui a été compilé par toutes les opérations
22:14visant Riyad, visant Koweït, visant Manama, visant Doha,
22:19visant Abu Dhabi, visant Amman également, et bien sûr, et sans oublier Dubaï.
22:24Donc l'instabilité régionale s'est installée à partir du moment
22:30où les Iraniens ont décidé de frapper autant les pays qui leur sont voisins
22:35que Israël, et que c'est une grande différence entre la phase
22:39des opérations de frappe israélienne sur l'Iran et de frappe iranienne
22:44en retour ou en représailles ou en rétaliation de l'Iran vers Israël,
22:49où il s'agissait de frapper le territoire israélien,
22:51de mobiliser les proxys contre Israël, mais pas contre les pays
22:56qui avaient, entre guillemets, déjà permis d'ouvrir,
23:00en ouvrant leur espace aérien, de permettre aux avions israéliens
23:05et américains de pouvoir frapper l'Iran.
23:08Donc c'est un changement, un paradigme nouveau,
23:11un changement absolument considérable, qui fait que désormais,
23:14on a une coalition américano-israélienne, peut-être demain américano-israélienne
23:18et arabe, contre l'Iran, et ça, ça peut effectivement fragiliser
23:22beaucoup plus que les seules frappes israéliennes et américaines,
23:26le régime iranien.
23:28Est-ce que selon vous, cette guerre pourrait entraîner une rupture
23:31des relations diplomatiques entre l'Iran et les pays occidentaux,
23:34ou une sortie de l'Iran tout simplement du traité de non-prolifération nucléaire ?
23:38Alors il y a déjà une réalité, puisque les Émirats arabes unis
23:42ont décidé, en fermant leur ambassade, de rompre leur relation diplomatique
23:46avec Iran. Donc c'est déjà une réalité.
23:48Les pays européens sont très marginalisés dans cette histoire.
23:51Il faut avoir l'honnêteté, malheureusement, de le constater.
23:54Aucun pays européen n'a été préalerté, à part la Grande-Bretagne.
23:58La France, par la voix d'Emmanuel Macron, s'en est plaint,
24:02en disant que la France n'avait été ni informée, ni sollicitée en amont,
24:08et que d'une certaine façon, nous sommes obligés de faire ce que nous pouvons faire,
24:11ce que nous sommes en fait seulement capables de faire,
24:15c'est-à-dire protéger les intérêts des Européens, la vie des Européens
24:19qui sont dans ces pays, qui sont frappés désormais par l'Iran,
24:24et bien évidemment les ressortissants français en Israël.
24:26Je ne crois pas qu'on aille vers une rupture de relation diplomatique
24:30avec les pays européens, car les pays européens ne sont pas belligérants.
24:33Il s'agit d'une opération conjointe israélo-américaine.
24:36Les Britanniques ont refusé de participer à cette opération.
24:40Ils ont juste consenti à utiliser leur base aérienne de Diego Garcia
24:45sur l'archipel de Chagos.
24:47Est-ce que l'Iran va sortir du traité de non-prolifération ?
24:49C'est là une question annexe, car les Américains,
24:53qui peut croire que les Américains ont agi pour empêcher les Iraniens
24:58d'avoir accès au nucléaire ?
25:00Ça, c'était l'opération Maynard Hammer de juin dernier,
25:05où les Américains, avec leur frappe, les quelques trois ou quatre bombes
25:10qu'ils ont utilisées, ou peut-être la dizaine de bombes qu'ils ont utilisées
25:13pour annihiler et pour empêcher ou incapaciter le programme nucléaire iranien.
25:19La question de la sortie du TNP que les Iraniens brandissent
25:23est une question diplomatique, de négociation diplomatique
25:26que les Iraniens mettaient constamment en exergue
25:29dans le cadre d'une négociation qui concernait la Russie, la Chine,
25:34les États-Unis bien sûr, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne,
25:37dans ce qu'on appelle le « dissiperé »,
25:39donc la suite à l'accord sur le nucléaire iranien.
25:42On est très loin de tout ça, puisque les Iraniens ont décidé
25:44de ne plus participer à ces négociations.
25:47Donc la question du TNP ne se pose pas, car les opérations
25:50qui ont cours aujourd'hui ne sont pas justifiées par le programme nucléaire,
25:54d'ailleurs sur les 1000 frappes qui ont été exécutées
25:58par les Israéliens et les Américains.
26:00Il s'agit de centres de commandement,
26:02il s'agit de rampes de lancement de missiles balistiques,
26:06de radars, très peu, voire quasiment aucune installation nucléaire n'a été frappée.
26:10Ça, ça avait été fait en juin dernier.
26:13La poursuite des frappes israélo-américaines
26:14et les menaces de fermeture du détroit d'Hormuz
26:17ont des implications régionales et mondiales.
26:19Quelles seraient les répercussions sur les prix du pétrole,
26:22le commerce mondial et la stabilité de la région, selon vous ?
26:26Déjà, le prix du pétrole a flambé.
26:28On était à 60 dollars avant le week-end.
26:31On risque d'être, avec l'ouverture des bourses lundi,
26:34à 70 voire 75 dollars.
26:36Certains prédisent une montée jusqu'à 100 dollars pour un baril Brent.
26:44Mais la réunion de Vienne, ce week-end, de l'OPEP et du groupe OPEP Plus
26:50à l'initiative saoudienne et américaine
26:53va sans doute limiter la casse, si je puis l'exprimer ainsi,
26:58avec la production de 206 millions de barils de jour supplémentaires.
27:04Ce qui va sans doute faire tasser les prix.
27:06Mais il faut effectivement craindre qu'il y ait une montée significative
27:10du prix de l'essence à la pompe.
27:13Alors là, ça va avoir indirectement des impacts sur nous, pays européens,
27:17et sur les pays africains ou les pays en général.
27:21Mais ça va aussi bénéficier aux Américains
27:23qui, du coup, pourront proposer comme alternative
27:26leur pétrole et leur gaz de schiste
27:28ou les pays producteurs de pétrole et de gaz sur le continent africain
27:32qui deviennent de facto une alternative à des productions pétrolières et gazières
27:39beaucoup plus risquées, car elles traversent le détroit de Mabel-Maldeb,
27:43désormais fermé par les Houthis, car elles traverseraient le détroit d'Hormuz
27:48que les Iraniens ont décidé de bloquer.
27:51Et que, bien évidemment, c'est un impact non seulement vis-à-vis de nous,
27:55mais beaucoup plus vis-à-vis de la Chine et de l'Inde
27:57qui se fournissaient quasiment exclusivement,
28:01pour une grande partie, à travers le détroit d'Hormuz.
28:05Avant de conclure, Emmanuel Dupuis,
28:06la communauté internationale a appelé à la désescalade
28:09et à un retour aux négociations,
28:10tandis que la Russie et la Chine, eux,
28:12ont condamné les frappes américano-israéliennes.
28:15Est-ce que le monde se dirige vers une augmentation
28:18des tensions internationales et une course intense
28:20aux armements nucléaires, selon vous ?
28:22Non, c'est une question qui n'est pas liée.
28:25Et d'ailleurs, la preuve en est qu'un pays comme les États-Unis
28:29n'ont pas besoin de l'arme nucléaire
28:31pour montrer leur capacité de dissuasion conventionnelle.
28:34Elle est massive.
28:35Je rappelle les chiffres.
28:37On est à peu près à 200, 250 avions,
28:40F-35, F-22, F-15, F-18 américains et israéliens.
28:44On est à deux groupes aéronavales américains.
28:47On est à peu près à une quinzaine,
28:49précisément 14 bateaux américains.
28:51Il n'y a jamais eu une armada aussi importante que 2003.
28:54Et donc ça, c'est un facteur non seulement de dissuasion,
28:57mais d'opération.
28:58Donc la question nucléaire ne se pose pas du tout dans cette équation.
29:03Elle se serait posée si les Iraniens avaient eu l'arme nucléaire.
29:06Ils ne l'ont pas.
29:06Elle se serait posée, évidemment,
29:08si les Iraniens avaient menacé de l'utiliser
29:11ou d'utiliser la grammaire nucléaire,
29:14comme les Russes le font régulièrement
29:16quand ils sentent qu'ils sont bloqués
29:18de manière conventionnelle sur le théâtre d'opération ukrainien.
29:21Donc la question de la course au nucléaire
29:24est peut-être moins importante
29:26que la question de la course à l'armement,
29:29plus généralement.
29:30On est à 2 700 milliards de dollars d'armement.
29:34On est à 50 milliards d'armement,
29:37rien que sur le continent africain.
29:39Donc on voit bien qu'il y a une course effrénée vers l'armement.
29:42Et de ce point de vue,
29:43ce conflit, comme le conflit en Ukraine,
29:45va sacraliser l'usage du drone.
29:48Comme je l'ai dit précédemment,
29:50les Iraniens ont beaucoup de missiles balistiques,
29:52mais ils ont encore plus de drones.
29:54Et cette fois-ci,
29:54ils ne vont pas s'empêcher de les utiliser,
29:57contrairement à ce qu'ils avaient fait,
29:59enfin en tout cas,
30:00ce qu'ils avaient en tout cas limité de faire,
30:04de manière en tout cas moins importante,
30:06en juin dernier.
30:07Merci beaucoup Emmanuel Dupuis pour votre analyse
30:09et d'avoir répondu à toutes nos questions.
30:11Je rappelle que vous êtes politologue et président de l'IPS
30:14et que vous étiez avec nous en direct depuis Paris.
30:21Et dans ce même contexte,
30:22l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Hormuz au trafic,
30:27détroit par lequel transite un cinquième du pétrole mondial.
30:30On voit tout cela en détail avec Nasser Denounayn.
30:34Situé entre l'Iran et le sultanat d'Omane,
30:37reliant le Golfe à l'océan Indien,
30:39le détroit d'Hormuz est un point de passage clé
30:42pour le commerce mondial de gaz et de pétrole.
30:44Ce passage est de loin la principale voie de navigation
30:47qui connecte les pays pétroliers du Moyen-Orient
30:50au reste du monde.
30:52Pourquoi ce passage est-il si important ?
30:58Il est vrai que le passage ne fait qu'environ 33 kilomètres.
31:01C'est ce passage qu'utilisent ces pays producteurs de pétrole et de gaz
31:04pour envoyer les barils vers les marchés asiatiques.
31:07Un cinquième de la consommation mondiale de pétrole passe par ici.
31:14En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement.
31:19Et pour le gaz, près de 20% du commerce mondial
31:22de gaz naturel liquéfié y transitaient également.
31:25Avec la guerre, le détroit est sous tension.
31:27Ce sont les autorités iraniennes
31:29qui contrôlent les opérations navales dans la région.
31:38L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis,
31:40mais aussi l'Iran,
31:41tous dépendent de ce passage pour exporter leur pétrole.
31:44Toute interruption, même temporaire,
31:46pourrait accroître les tensions géopolitiques,
31:48provoquer des secousses dans le secteur du transport maritime mondial
31:50et chambouler les prix.
31:58Insuffisance énergétique, explosion des prix du carburant et du gaz.
32:01Tous les secteurs pourraient être touchés, directement ou indirectement.
32:05Une des perturbations majeures du transport pétrolier
32:08remonte à 1984, en plein conflit entre l'Iran et l'Irak
32:12durant la guerre des pétroliers.
32:14Plus de 500 navires avaient été détruits ou endommagés.
32:17Téhéran avait dès lors miné des zones de passage
32:19dans le détroit d'Hormuz.
32:22Et l'inquiétude s'empare de la région
32:24avec des conséquences déjà visibles
32:26de l'attaque israélo-américaine sur l'Iran.
32:28La ligne rouge a-t-elle franchie ?
32:30Qu'en est-il des jours à venir au Moyen-Orient ?
32:33La réponse avec Ababa Khartoukara.
32:37En quelques heures, la région du Moyen-Orient s'est embrasée,
32:40se figeant dans les airs.
32:41Le signal est clair, la crainte d'une extension du conflit,
32:44car au-delà des frappes, c'est l'équilibre stratégique
32:46de toute la région qui est menacée.
32:48Les mises en garde n'étaient pas nouvelles.
32:50Dès les négociations tendues entre Washington et Téhéran à Genève,
32:53des pays comme l'Egypte alertés.
32:58Le risque est de sombrer dans une confrontation catastrophique.
33:02Une guerre de ce type peut avoir des graves conséquences
33:05pour les alliés des États-Unis dans la région.
33:07L'Egypte, à l'instar de l'Arabie saoudite et de la Turquie,
33:11cherche à renforcer la coordination.
33:13Un soutien aveugle et inconditionnel à un gouvernement d'extrême droite
33:16en Israël n'apportera ni stabilité ni sécurité à la région.
33:21Même inquiétude du côté des Nations Unies.
33:24Je suis extrêmement préoccupé par les conséquences pour les civils.
33:30J'espère que la raison l'emportera.
33:34Pendant ce temps, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge,
33:38Mirjana Spoljaric, parle d'une réaction en chaîne dangereuse
33:42avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour les civils.
33:46Escalade militaire, risque humanitaire, paralysie du trafic aérien,
33:51menaces énergétiques autour d'Hormuz,
33:52le Moyen-Orient se trouve désormais à un carrefour critique
33:56entre accords limités aux confrontations élargies.
33:59Et dans cette région, où chaque étincelle peut embraser plusieurs francs à la fois,
34:03l'équation reste plus fragile que jamais.
34:05Si les prochaines heures s'annoncent décisives,
34:08une chose est sûre, le Moyen-Orient est dans une zone de turbulence majeure.
34:14On place maintenant à l'actualité économique nationale et internationale,
34:18et c'est avec Younes Benzineb.
34:28A la une de l'actualité économique de ce dimanche,
34:32les indicateurs des échanges extérieurs au Maroc.
34:35Selon l'Office d'échange, les recettes voyage en tâtin 11,7 milliards de dirhams à fin janvier.
34:42Il s'agit d'une progression notable de 19,3% par rapport à janvier 2025.
34:48Une performance qui confirme la bonne tenue de l'activité touristique en ce début d'année.
34:54Parallèlement, les dépenses voyage ont augmenté plus modérément de 2,3%
34:58pour s'établir à 2,7 milliards de dirhams.
35:01Résultat, le solde de la balance voyage ressort positif à 8,92 milliards,
35:08en hausse de 25,7% sur un an.
35:10L'Office fait état d'un léger repli des transferts des Marocains résidents à l'étranger
35:16en baisse de 0,8% à 9,38 milliards de dirhams.
35:20Quant aux investissements directs étrangers,
35:23leur flux progresse de 0,7% pour dépasser 3,5 milliards de dirhams.
35:30On poursuit avec les performances annuelles du géant des phosphates.
35:33Le groupe OCP affiche en 2025 un chiffre d'affaires de 113,9 milliards de dirhams,
35:39en hausse de 17% par rapport à 2024.
35:43Cette progression est portée par une reprise de la demande dans plusieurs régions importatrices,
35:48notamment en Inde, et par les prix toujours soutenus des engrais phosphates.
35:52Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires atteint 29,5 milliards de dirhams,
35:58en augmentation de 6% sur un an.
36:00Une performance enregistrée malgré une demande de plus modérée
36:04dans certaines régions ayant déjà constitué leur stock.
36:07Côté investissement, les dépenses en capital s'élèvent à 44,5 milliards de dirhams
36:13sur l'ensemble de l'exercice, contre 34,08 milliards de dirhams un an auparavant.
36:19Le groupe poursuit ainsi le développement de nouvelles capacités,
36:23notamment dans la gestion de l'eau et les énergies renouvelables.
36:29Autre indicateur clé, le financement de l'économie.
36:33Selon Banca Marib, le crédit bancaire au secteur non financier a progressé de 5,3% en janvier,
36:38après une hausse de 4,7% un mois plus tôt.
36:42Cette évolution reflète principalement une dynamique en faveur des entreprises.
36:46Les crédits aux sociétés non financières privées augmentent de 3,7%.
36:51Ceux aux entreprises publiques de 1,6%.
36:54Les prêts aux ménages en revanche ralentissent à 3,3%.
36:58L'accélération concerne surtout les crédits à l'équipement dont la progression atteint 21,2%.
37:04Les prêts immobiliers stagnent à 3,5% et les crédits à la consommation ralentissent à 3,8%.
37:11Enfin, les créances en souffrance progressent de 4,6%, portant le ratio à 8,3% du total des crédits.
37:20Et sur les marchés internationaux, le pétrole reste sous tension.
37:24L'OPEPlace a décidé d'augmenter sa production de 206 000 barils par jour à partir d'avril,
37:29un volume supérieur aux 137 000 barils anticipés par les experts.
37:34Une décision prise dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
37:39Le conflit en Iran déstabilise notamment le transport via le détroit d'Hormuz,
37:44par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole.
37:48Selon les analystes, cette hausse de production constitue davantage un signal qu'une véritable solution.
37:54Le baril de Brent, référence internationale, évolue déjà au-dessus de 72 dollars avant même l'escalade des tensions.
38:01Les marchés restent donc attentifs à l'évolution du risque logistique qui pourrait entraîner une nouvelle flambée des prix.
38:10On termine notre journal en Espagne.
38:13Selon la Banque centrale, le pays a enregistré en 2025 sa 13e année consécutive d'excédent du compte courant.
38:20Le solde atteint 48,7 milliards d'euros, soit 2,9% du PIB légèrement en retrait par rapport à
38:282024.
38:28La capacité de financement de l'économie s'établit à 4% du PIB, soit 67,4 milliards d'euros,
38:36un niveau proche des records récents confirmant la solidité des équilibres extérieurs du pays.
38:42Le tourisme reste la locomotive de cet excédent avec un solde positif de 70,3 milliards d'euros,
38:49malgré un léger creusement du déficit des biens et services non touristiques.
38:53L'Espagne confirme sa position de créancier nette vis-à-vis de l'extérieur pour la 13e année consécutive.
39:03Votre soir-info se poursuit avec l'Invité Culture.
39:06Mme Khamlichy reçoit le musicien Mohamed Yassine Ben Ali.
39:18Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'Invité Culture.
39:22Mon invité ce soir est musicien, un voyageur des cordes virtuose du Hanoun,
39:28cette table mythique aux 78 cordes et à la sonorité cristalline.
39:33Il arrive à inscrire cet instrument millénaire dans une modernité audacieuse.
39:41Son jeu dialogue naturellement avec les rythmes bandingues et les fulgurances du jazz ou du gnawa.
39:48Il est membre du groupe Racine Fola, une formation où les racines s'entremêlent pour donner naissance à une musique
39:55universelle.
39:56Groupe qui joue actuellement d'ailleurs dans le cadre des nuits du Ramadan.
40:00Un rendez-vous emblématique organisé par l'Institut français depuis près de 20 ans déjà.
40:05Le thème choisi pour cette édition, anniversaire et écho du monde.
40:11Et nous allons justement en parler avec Mohamed Yassine Ben Ali.
40:15Bonsoir à vous, c'est un plaisir de vous avoir avec nous.
40:18Merci d'abord pour l'invitation, je suis très heureux d'être avec vous aujourd'hui.
40:23Merci d'avoir accepté cette invitation.
40:25Merci à vous.
40:26Je vous propose, avant toute chose, puisque vous avez apporté avec vous votre bel instrument aux 78 cordes,
40:34est-ce que vous pouvez nous jouer d'abord une petite mélodie avant de commencer, pour rentrer dans l'ambiance
40:40?
40:40Oui, avec plaisir.
41:09Sous-titrage Société Radio-Canada
41:35Merci pour cette belle mélodie.
41:38Vous nous avez donné ouvert plutôt l'appétit, on a envie d'en écouter davantage.
41:43C'était un plaisir, un réel plaisir de vous écouter.
41:45Alors je le disais, vous êtes membre du groupe Racine Fola.
41:48Oui, exactement.
41:49Vous allez jouer justement en ce mois sacré, à l'occasion des nuits du Ramadan organisé par l'Institut français.
41:59Le 20e anniversaire, alors comment cette édition, cet anniversaire se distingue ?
42:04Qu'est-ce que vous prévoyez ?
42:05Cette année, ce sera une édition spéciale qui met en avant la rencontre des cultures.
42:12On donne le rendez-vous public le 27 février à Fès pour un concert dans le cadre des nuits du
42:23Ramadan.
42:23Donc ce sera avec les autres membres du groupe qu'on aura peut-être le plaisir de recevoir également lors
42:30de cette émission.
42:32On va revenir à ce bel instrument qu'on vient d'écouter.
42:35Et comment cet instrument qui est si ancré dans le monde arabe peut faire résonner d'autres sonorités ou les
42:43faire fusionner, comme ce que vous faites ?
42:46Oui, même si le canon vient du monde arabe ou du Moyen-Orient, mais pour jouer avec des musiciens de
42:54l'Afrique de l'Ouest, c'était un défi au début.
42:58Mais on a rapidement trouvé un terrain commun pour partager nos émotions et pour exprimer.
43:08Voilà.
43:10En tout cas, vous l'avez dit, la musique, c'est le dialogue universel, le langage universel.
43:18On peut transmettre et se comprendre sans forcément parler la même langue ou avoir la même culture.
43:26Si vous nous parliez maintenant de votre rapport à votre instrument, quand est-ce que ça a commencé, la musique,
43:32pour vous ?
43:35Mon parcours a commencé un peu tôt.
43:40J'étais encore en France et c'est mon père qui m'a guidé ou m'a orienté vers le
43:46canon.
43:47Ensuite, j'ai commencé mes études au conservatoire, là-bas où j'ai appris la base, les théories de la
43:57musique.
43:59J'ai maîtrisé plein de choses.
44:02Donc voilà, pas à pas, j'ai commencé à monter finalement la scène, à accompagner des musiciens professionnels et des
44:09artistes connus.
44:10Et puis vous êtes maintenant membre d'un groupe, effectivement, donc c'est un instrument à 78 cordes, je le
44:16disais.
44:17Ça peut paraître simple, mais là je le vois, il est à côté de moi, c'est pas évident du
44:21tout.
44:22Donc j'imagine que c'est énormément de travail, d'entraînement, une discipline sur les années.
44:29Ça a pris combien de temps pour maîtriser cet instrument ?
44:32Si on peut parler de maîtrise, puisque les musiciens ont toujours l'impression de ne pas suffisamment maîtriser leur instrument.
44:39C'est ça. Je dirais que le canon m'a demandé beaucoup de temps.
44:43Personnellement, j'ai pratiqué cet instrument maintenant pendant plus de 15 ans.
44:52Ah, on comprends maintenant.
44:54On comprends maintenant.
44:56C'est vraiment, ça demande beaucoup de patience et de travail régulier.
45:01Surtout avec ses, comme vous l'avez dit, ses 78 cordes et 200 leviers.
45:06Donc c'est un instrument très riche, oui.
45:10Très difficile à maîtriser.
45:12Oui, un peu difficile, ça dépend.
45:14Donc il demande juste du travail régulier, voilà.
45:18Donc il faut beaucoup d'entraînement, comme vous l'avez dit.
45:23Oui, exactement.
45:23Quand est-ce que vous avez décidé que la musique, ça allait être toute votre vie, que vous alliez en
45:31faire une profession ?
45:33Quand est-ce que vous avez décidé que ce serait votre profession, être musicien ?
45:38Je dirais que je n'ai pas décidé, mais c'est...
45:43C'est venu naturellement.
45:44C'est venu naturellement.
45:49Après un certain temps de pratique, je me trouvais finalement musicien comme ça.
45:59Et je fais même maintenant l'enseignement de cet instrument, oui.
46:03Et vous enseignez en école ?
46:05Pour l'instant, je donne des cours au sein de l'Institut supérieur de la musique.
46:11C'est à Rabat.
46:12C'est pour la première année.
46:20Mais voilà, je me sens content quand je trouve qu'il y a des gens qui s'intéressent à cet
46:28instrument,
46:28qui veulent vraiment l'apprendre.
46:31Ça me fait vraiment plaisir.
46:34Justement, on le disait tout à l'heure, un instrument, 78 cordes, qui est quand même compliqué.
46:39Vous avez utilisé un autre terme.
46:42Les leviers.
46:43Les leviers, voilà.
46:44Les leviers, ce sont des petits trucs.
46:45Les leviers également, ce n'est pas ma spécialité, donc j'apprends également avec vous.
46:51Est-ce qu'on peut considérer aujourd'hui que le kanoun est à lui seul déjà un orchestre,
46:57au vu de la complexité de l'instrument ?
47:01Oui, on peut dire ça parce qu'avant, le mot kanoun signifiait la loi en arabe.
47:11Donc, c'était vraiment la loi, c'était la loi de l'orchestre arabe traditionnel,
47:17parce que c'était vraiment le seul instrument capable de jouer avec les deux mains,
47:25de faire la mélodie, en même temps l'accompagnement,
47:28de bien préciser les modes arabes maqamaj.
47:31Donc, voilà, c'est pour cela que c'est vraiment un orchestre.
47:38Juste, donc c'est bien un orchestre.
47:40Et pourtant, quand on parle du piano, on dit l'instrument roi.
47:44Finalement, le kanoun, à sa manière, est aussi assez royal.
47:47Ah oui, c'est un instrument roi, c'est parce qu'avant, dans le monde arabe,
47:53au Moyen-Orient, il n'y avait pas de piano parmi les instruments arabes.
48:01Donc, il n'y avait que le kanoun qui jouait le rôle du piano maintenant.
48:06D'accord, donc ils jouaient le rôle de plusieurs instruments.
48:09Et c'est pour ça qu'il est aussi complexe.
48:13Exactement.
48:13Vous faites partie du groupe Racine Fola, je vous le disais tout à l'heure.
48:18Racontez-nous cette aventure.
48:20Comment elle a commencé ?
48:21Comment vous avez intégré le groupe ?
48:23Bon, parlons d'abord du groupe Racine Fola.
48:28C'est un collectif de musiciens qui vient du Maroc, de la France, du Sénégal
48:33et qui rassemble des instruments traditionnels,
48:37tels que l'achora, la calabasse, le kanoun,
48:41même le piano, les flûtes paroques.
48:43Voilà, cette richesse, c'est elle qui donne la…
48:52C'est elle qui donne, oui, j'ai compris l'idée.
48:55C'est l'essence un petit peu de…
48:57C'est l'essence du projet de Racine Fola,
49:00notre objectif toujours de…
49:03On fait d'abord de la musique spirituelle.
49:08Une musique qui touche l'âme.
49:09Oui, une musique qui touche l'âme et qui ouvre…
49:15Le dialogue.
49:16Le dialogue et l'esprit, oui.
49:18L'esprit, oui.
49:18J'avais pas le bon terme en tête, effectivement.
49:21Ça va avec spiritualité.
49:23Comme vous le disiez, une musique spirituelle,
49:29une fusion de plusieurs sonorités.
49:32Mais comme on le disait aussi tout à l'heure,
49:34c'est comme la musique est un langage universel,
49:36finalement, ça se marie très bien.
49:40Donc, on assiste à une rencontre entre le kanoun et les rythmes mandingues.
49:46Et comment ça se passe, cette fusion ?
49:48Oui, c'est passé comme ça, naturellement.
49:53Donc, le rythme mandingue ou les percussions mandingues,
50:00on apportait de l'énergie, le kanoun, de la profondeur.
50:05Voilà, on s'est trouvé comme ça, harmonieux.
50:09Vous vous êtes trouvé harmonieux.
50:11Je propose aux spectateurs de vous écouter.
50:14On va passer un extrait pour qu'on voit ce que cette fusion donne.
50:46Musique
51:02Alors là, on n'a pas le groupe au complet,
51:04mais on a déjà un aperçu de cette fusion, de cette mixité.
51:08Il manque l'achora, même Badi Abate, l'achora et Rémi au piano et c'est Khalid dans la percussion.
51:18En tout cas, on les a vus défiler tout à l'heure en background.
51:21Alors, on a terminé cet entretien, mais on va conclure sur une autre mélodie,
51:26puisque vous avez votre instrument avec vous, on veut en profiter.
51:31Oui, avant de finir, j'aimerais vous remercier de m'avoir invité aujourd'hui.
51:40Merci beaucoup.
51:41C'était un plaisir, c'était un plaisir de vous avoir parmi nous,
51:44d'en apprendre davantage sur ce bel instrument de musique.
52:16Sous-titrage ST' 501
52:23En tout cas, la musique dit bien plus de choses que les mots.
52:26Merci à vous, Mohamed Yassin Ben Ali.
52:29C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
52:31C'est beaucoup, c'était un plaisir de partager.
52:33Merci.
52:33C'est la fin d'Invité Culture pour ce soir.
52:36Je vous souhaite une très bonne soirée.
52:39Et c'est sur cette belle note de Hanoune que se termine ce journal.
52:42Merci à vous de nous suivre.
52:43L'information revient dans un instant sur Média TV.
52:56Sous-titrage ST' 501
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