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MEDI1TV Afrique : Zulu Mbaye, mémoire vivante de l'art africain - 01/03/2026
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00:00C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Média TV pour cette nouvelle escale culture au cœur
00:15de l'Afrique.
00:17Et comme à notre habitude, nous ferons un tour complet de l'actualité artistique et culturelle sur notre continent.
00:23Cinéma, littérature et art, tout y passera, mais avant toute chose, place à notre invité du jour.
00:35Et aujourd'hui, nous avons l'immense plaisir de recevoir dans l'Afrique en culture un homme d'exception, une
00:41figure incontournable de l'art contemporain sur notre continent, pionnier, école et mémoire vivante.
00:48Il est avec nous, M. Zouloumbaye. Bonsoir.
00:54Bonsoir, madame.
00:56Merci d'être avec nous. Et comme je le disais à l'instant, vous faites vraiment office d'école vivante,
01:04de mémoire vivante, plus de 50 ans de carrière.
01:08Une passion qui est plus vivace peut-être que jamais.
01:13Et je voudrais revenir avec vous sur la manière dont on a souvent parlé de votre art, notamment les critiques
01:22d'art,
01:23où on a qualifié votre art de renaissance picturale.
01:28Et je voudrais avoir votre avis sur ces deux mots après 50 ans de carrière.
01:37Merci beaucoup. C'est une question qui m'intéresse beaucoup.
01:42Parler de la renaissance africaine, c'est véritablement me renvoyer à beaucoup de, comment dire,
01:52à un temps beaucoup plus éloigné qu'aujourd'hui.
01:55Je veux parler par là de la rencontre entre l'art négro-africain et le reste du monde.
02:04Nous avons vécu au 19e siècle une rencontre fabuleuse entre un artiste fabuleux.
02:11Je veux parler de Pablo Picasso qui a découvert au début du 19e siècle la statuette négro-africaine.
02:19Et cette rencontre a bouleversé totalement la conception, le regard, l'esprit que l'art avait dans le monde.
02:30Cette rencontre a bouleversé le monde artistique dans toutes les disciplines.
02:35On peut dire que ce soit la danse, le théâtre, la musique.
02:41Et voilà d'où, à partir de ce moment, on peut parler d'une renaissance africaine.
02:48Car nous n'oublions pas que l'Afrique a toujours porté le monde depuis les civilisations anciennes.
02:54Dans notre dernier souvenir, nous, en tant que négro-africains, se situent en Égypte.
03:02Depuis cette époque, l'art a toujours porté les autres souffles du monde, a toujours donné son souffle au reste
03:08du monde.
03:09Et pendant beaucoup de temps, parce qu'il faut le dire, nous avons connu la peinture.
03:15La peinture sur nos objets, la peinture sur nos corps et surtout sur nos visages.
03:20La peinture sur les objets, les ustensiles qui étaient autour de nous.
03:26Et depuis cette rencontre avec la statuette négro-africaine, le regard mondial de l'art a beaucoup changé.
03:34Et c'est de là où je dois commencer à décrire la renaissance africaine, parce qu'encore une fois, l
03:43'Afrique a porté le monde.
03:45Encore une fois, l'Afrique a redéfini, a redessiné les contours d'un esprit artistique nouveau.
03:51Et voilà véritablement que de là, on peut dire que l'Afrique a été en train de renaître par cette
04:03forme, ces formes d'art plutôt, que nous connaissons aujourd'hui.
04:07Et les gens de ma génération, parce que disons-le, j'ai aujourd'hui une pratique vieille de 55 années,
04:16de pratique artistique.
04:18Notre combat ou notre rôle que nous avons joué à travers le monde était toujours de montrer au monde que
04:29l'Afrique a des choses dignes d'être montrées,
04:32des choses nouvelles que peut-être le monde ne connaît pas encore, mais nous sommes toujours sur ce chemin et
04:40nous voulons être entendus.
04:42Et je pense bien que c'est encore timide, mais nous sommes sur ce chemin.
04:46On est sur cette lancée et vous avez souvent dit, d'ailleurs vous le dites encore, maintenant on a des
04:54choses nouvelles à dire.
04:56Qu'est-ce que vous entendez par nouvelles ? En quoi l'Afrique a cette signature différente peut-être des
05:06autres, entre guillemets ?
05:09Mais quand je parle de nouveautés, c'est par rapport au rythme du monde, mais ce que nous proposons aujourd
05:15'hui, c'est ce que nous avons toujours eu depuis l'aube des temps
05:18et qui a toujours fait la beauté, l'excellence de l'art africain.
05:23C'est vrai que nous n'avons pas connu les académies, mais cela ne nous a pas empêché de faire
05:28des œuvres abouties.
05:30Et aujourd'hui, la nouveauté dont je parle, c'est après le constat qu'ailleurs, surtout en Occident, précisons-le,
05:40l'art a pris des formes qui ont dévié au sens véritable que nous donnons, nous, aux négros africains, à
05:49l'art.
05:50Parce que quand on voit des peuples qui sont un peu, excusez-moi du terme, mais des lents, un peu
05:57desséchés, inanimés,
05:58on doit chercher ailleurs des formes nouvelles.
06:02Et ce sont ces formes nouvelles que l'Afrique propose aujourd'hui au monde, et nous pensons que ces formes
06:08sont dignes d'être montrées.
06:09Et cette renaissance, je vais y revenir, c'est à partir du moment où on a vu des tendances qui
06:17ont prôné une mort très fausse, je veux dire, de l'art.
06:22Nous encore, nous, nous sommes un peuple qui, peut-être sur le plan économique, n'a pas beaucoup de force.
06:29Notre voix ne porte pas. Sur le plan politique, notre voix ne porte pas.
06:34Mais sur le plan culturel et artistique, nous avons les armes pour nous défendre.
06:40Et donc, voilà un cri de révolte, si vous voulez, parce que, nier depuis longtemps, nous voulons affirmer, réaffirmer notre
06:50présence dans la scène internationale
06:52et dire que nous avons des choses nouvelles à proposer.
06:56Et c'est la forme d'art aujourd'hui que des gens comme moi, de ma génération, ou des plus
07:00jeunes, portent et proposent au monde.
07:03– Portez ces deux causes, et c'est vrai que c'est un peu un des leitmotivs de votre engagement
07:10humain et artistique.
07:12Et pour revenir à cette nouvelle génération d'artistes, que ce soit dans le cinéma, des cinéastes, dans le domaine
07:20musical
07:21ou dans l'art de cette jeunesse africaine qui se fait un nom à l'international,
07:27est-ce que vous n'avez pas peur, est-ce que ça vous a déjà effleuré l'esprit,
07:32qu'on veuille peut-être se conformer à la vision occidentale que les occidentaux se font de l'Afrique
07:39et de diluer justement notre essence, notre héritage, notre mémoire ?
07:43– Mais en fait, c'est ce qu'on nous propose et c'est ce que les autres veulent.
07:49– Mais nous avons le droit et même le devoir de dire non à ce monde standardisé.
07:57C'est comme s'il y avait une voie unique, une pensée unique qu'on veut imposer au monde, au
08:04reste du monde.
08:05Et je dis, c'est pour me répéter, sur le plan peut-être économique, diplomatique, oui,
08:10mais sur le plan culturel, je pense que l'Afrique regorge de valeurs, de choses qui peuvent participer à un
08:20nouveau monde,
08:21à une nouvelle réalité, à un nouveau regard, parce que c'est là peut-être que nous attend le monde.
08:27Et ce n'est pas dans ce que beaucoup d'artistes africains aujourd'hui croient,
08:34c'est de faire un peu ce qui se passe à New York, Paris ou à Tokyo,
08:38d'être des mimétistes, des suiveurs.
08:41Moi, ma ligne que je défends est contre cette démarche,
08:46parce qu'au rendez-vous de l'Universel, c'est y venir avec ce qu'on a de particulier,
08:52de singulier, qui nous appartient à nous-mêmes.
08:57Ce n'est que par ce biais que le monde sera intéressé par ce que nous faisons,
09:02mais ce n'est pas en suivant ce que le monde veut nous imposer comme démarche,
09:07et surtout sur le plan artistique.
09:09Nous ne devons pas, nous, artistes, accepter ce dictat.
09:14Nous devons le refuser parce que nous avons des choses à proposer
09:19et ces choses peuvent intéresser le monde.
09:22Donnez un autre élan de vie, donnez un autre élan de regard,
09:29donnez un autre élan de perception,
09:31parce que le monde attend, je pense que le monde aujourd'hui tel qu'il est,
09:37a besoin de regards nouveaux, de visions nouvelles.
09:40Et c'est cela, c'est là où j'appelle les artistes africains
09:44à se démarquer, à prendre à bras de corps le rôle dans ce concert mondial
09:50et dire, oui, nous existons, nous sommes là,
09:54et voilà ce que nous proposons.
09:57En tout cas, merci beaucoup, M. Zouloumbaye,
10:00d'avoir répondu présent à notre invitation.
10:05Et c'est toujours un honneur et un plaisir que de vous recevoir.
10:08Je le disais lors de mon introduction,
10:11un homme d'exception, une mémoire et une école vivante.
10:14Merci infiniment, M. Mbaaye.
10:20Et tout de suite, nous parlons art avec Sadiku Oupedjo,
10:25né en 70 à Ketao, au nord du Togo.
10:28Il vit et travaille principalement entre le Togo et la Côte d'Ivoire,
10:31formé à l'École des beaux-arts de Lidjan.
10:33Il s'impose progressivement comme une figure importante
10:36de la scène artistique ouest-africaine contemporaine.
10:39Il faut savoir que les informations disponibles,
10:42notamment dans les catalogues d'expositions et présentations de galer,
10:45soulignent son parcours international,
10:47ce que disent également les critiques.
10:49Ses œuvres ont été montrées en Afrique, en Europe et aux États-Unis,
10:52dans des foires et expositions consacrées à l'art contemporain africain.
10:56Et son travail s'inscrit dans un dialogue constant
10:58entre traditions culturelles africaines et langages,
11:02plastiques contemporains à part entière.
11:04Sans revendiquer un art dit folklorique,
11:07Oupedjo puise dans les mythologies, les récits symboliques
11:10et les formes ancestrales pour les réinterpréter à sa manière,
11:14dans une esthétique absolument contemporaine,
11:17actuelle et qui lui appartient.
11:21J'ai eu une formation de sculpteur.
11:23J'ai touché à plusieurs matières comme la gravure, la céramique,
11:29la calligraphie et la peinture.
11:33Quand j'ai quitté le Togo, j'étais sculpteur, j'étais pas peintre.
11:36Je suis arrivé à Mamako, où j'ai continué à faire de la sculpture
11:42en tant que médium d'expression.
11:51Et je me suis rendu compte tout de suite que j'arrive dans un pays
11:55qui a des millions d'années de traditions sculpturales.
12:03Et que la sculpture au Mali, c'était considéré comme une sculpture
12:11d'une matière décorative totalement.
12:14Donc, arriver avec une dimension plastique où la sculpture ne sert pas
12:22à la décoration ni à l'adoration, comme une sculpture spirituelle,
12:31et que ça sert à la communication, à l'expression, à l'émotion.
12:37Si j'étais un peu tout de suite trouvé, c'est comme si je me trouvais
12:43en face, je me trouvais dans une impasse.
12:48Et donc, j'ai développé mon côté peintre, où j'ai commencé à m'exprimer
12:56en peinture, pour pouvoir montrer ce que j'ai ressent,
13:01et mes émotions, exposer mes émotions à travers la peinture.
13:05Donc, c'est comme ça que j'ai commencé la peinture.
13:08Je fais beaucoup de recherches dans mon travail artistique,
13:13de recherches sur des sujets sur lesquels je travaille,
13:18ce qu'on peut appeler les thèmes,
13:20et sur des recherches plastiques, ce qu'on peut appeler les matières,
13:27les matières pour aboutir à de nouvelles créations.
13:30Je refuse d'utiliser les matières conventionnelles,
13:38telles que la toile, la toile, la sculpture directe sur du bois.
13:46Je préfère faire...
13:48Entre temps, j'avais commencé à voir dans quelle mesure on peut brûler le bois
13:55et arriver à une sculpture.
13:57On le brûle, on décape, on brûle, on décape,
14:00jusqu'à boutir, à sortir une œuvre dans du bois.
14:04Par exemple, ça, c'est des recherches que j'ai fait.
14:06J'ai fait aussi des recherches chimiques,
14:09où je peux utiliser de l'acide pour dégrader une matière
14:17et aboutir à une œuvre.
14:19C'est un laboratoire, mon atelier.
14:22Par exemple, l'œuvre qui est derrière moi,
14:25« Les miroirs », je pense que j'ai fait deux ans de recherche
14:29avant d'aboutir à faire de la gravure sur le miroir.
14:33C'est quelque chose...
14:35C'était très, très difficile.
14:37J'ai travaillé avec de l'acide nitrique,
14:40de l'acide chlorhydrique,
14:42pour arriver à décaper et à faire ces œuvres-là.
14:48L'un des aspects les plus frappants de l'œuvre de Okubejo
14:52est la présence de figures hybrides,
14:54ni humaines, ni animales,
14:55dans ses sculptures comme dans ses peintures.
14:58Et céramique, les corps semblent en mutation perpétuelle,
15:01visage allongé,
15:02silhouettes déformées,
15:03membres exagérés.
15:05Cette hybridation n'est pas juste décorative.
15:07Elle renvoie bien sûr à une réflexion,
15:09avant tout sur la condition humaine,
15:11l'instar, la violence,
15:12mais aussi la vulnérabilité.
15:15Les critiques d'art évoquent souvent
15:16la dimension symbolique, métaphorique et spirituelle de son travail.
15:20Les figures qu'il crée
15:22semblent issues d'un imaginaire archaïque,
15:24presque mythologique,
15:25tout en étant profondément contemporaine.
15:27Et à travers ses corps transformés,
15:30Okubejo questionne l'identité,
15:31la mémoire collective
15:32et les tensions entre modernité et héritage culturel.
15:35Son utilisation de matériaux variés,
15:37bois, céramique, métal, peinture,
15:39participe également à cette esthétique organique.
15:43Les surfaces sont parfois rugueuses,
15:45les formes volontairement brutes,
15:47accentuant donc la force expressive
15:49de ces personnages.
15:51C'est un sujet qui interroge,
15:55qui m'a beaucoup interrogé.
15:57Et quand j'ai découvert l'histoire,
16:00je l'ai découvert par hasard.
16:02Et j'ai fait des recherches là-dessus.
16:03Au départ, je sais que l'humanité a été dans l'histoire de l'humanité,
16:14de l'espèce humaine.
16:18Nous avons eu beaucoup de trucs horribles.
16:21Donc, je ne me calque pas sur les choses qui sont très très négatives.
16:27Mais je pense qu'arriver à ce stade d'inhumanité,
16:32l'homme a poussé le bouchon un peu trop loin.
16:37L'histoire de Troumelet, c'est une histoire de vie.
16:40C'est une histoire qui...
16:41Parce que tant que...
16:43Je pense que la dernière fois,
16:46quand j'ai discuté avec Max Guérin,
16:51j'ai compris que c'est une histoire...
16:53Ça fait 20 ans que lui, il a travaillé là-dessus.
16:56Moi, ça fait deux ans que je travaille là-dessus.
16:59C'est la première fois que je présente ce sujet,
17:04ces sculptures à Paris, à la galerie d'Agoma.
17:10Je pense qu'ils ont eu un bel hommage
17:14à être vus la première fois.
17:19Je pense que c'est une histoire qui doit être entendue,
17:24qui doit être diffusée au maximum.
17:28Ce n'est pas pour culpabiliser qui que ce soit,
17:30mais pour que l'histoire ne se répète pas.
17:35Au-delà de la dimension formelle,
17:37l'univers de Sadiku,
17:39Oukpejo porte une dimension sociale historique.
17:42D'ailleurs, certaines de ses expositions
17:44abordent des thèmes liés à la mémoire,
17:46à l'histoire coloniale ou aux oubliés de l'histoire.
17:49Son travail interroge les fractures du monde.
17:52Quant au porin,
17:53tout en évitant le discours direct ou didactique,
17:56ce qui ressort des analyses critiques,
17:58c'est la capacité de l'artiste à créer un langage visuel puissant,
18:02immédiatement reconnaissable.
18:04Ces figures, à la fois inquiétantes et fascinantes,
18:06traduisent aussi une tension permanente entre fragilité et force.
18:10Elles deviennent le miroir d'une humanité traversée
18:12par les crises, les mutations et les espoirs.
18:21Et tout de suite, nous parlons cinéma avec Casablanca, Dakar,
18:27une comédie dramatique marocaine d'environ 1h30
18:31qui raconte l'histoire d'Ali,
18:33un jeune architecte marocain travaillant à Dakar au Sénégal
18:36alors qu'il s'apprête à rentrer à Casablanca
18:38pour la naissance de son enfant.
18:40La pandémie de Covid-19 frappe le monde
18:42et les frontières se ferment brusquement
18:44dans l'impossibilité d'acheter un billet d'avion.
18:46Ali se lance malgré lui dans un long voyage clandestin
18:49vers le Maroc, à bord d'un fourgon transportant des marchandises
18:52et finit par se rendre compte qu'il partage
18:54cet espace exigu avec des migrants
18:56qui, comme lui, cherchent à regagner leur terre natale.
18:59Un film signé Boulaine.
19:01On regarde tout de suite la bande-annonce.
19:32Sous-titrage Société Radio-Canada
19:32C'est une marchandise vers Casablanca.
19:34C'est des professionnels, t'arriveras à Beauport.
19:36C'est un souffle, c'est garanti.
19:37On est où, là ?
19:38On est à Mauritanie.
19:42C'est quoi, ça ?
19:43C'est le marchandise.
19:50Ouais, il est mort.
19:54Mais c'est bon, je ne sais pas.
20:03Qu'est-ce qui se passe ?
20:04La batterie.
20:05On va passer la nuit ici, c'est ça ?
20:09Ton pays, c'est par là.
20:21Casablanca, Dakar, un film signé Boulaine.
20:22Ce récit, simple de départ, se transforme progressivement
20:26en une sorte de catch humain et social
20:28puisque le voyage devient un métaphore d'un monde immobilisé
20:31par la crise sanitaire et les rencontres au fil de la route
20:34dévoilent des récits de vie, des espoirs, des peines,
20:37des solidarités inattendues.
20:39Au lieu de livrer un drame frontal sur le Covid-19,
20:42Boulaine optait bien pour une forme narrative,
20:44mêlant humour, émotion et réflexion.
20:47Ali découvre par les preuves la réalité de ceux
20:49qu'on appelle souvent simplement migrants
20:51et finit par se reconnaître en eux,
20:54brisant la barrière des classes et de distance sociale
20:57esthétique du film, inspirée du road movie.
21:00Il utilise le désert, les grandes étendues
21:01et les plans larges pour rendre visible
21:04la fragilité de ces personnages face à l'immensité
21:06des routes africaines et de leur destinée.
21:09Par moments, cette austérité visuelle rappelle presque
21:11l'esprit un peu western où la trajectoire d'un seul homme
21:14devient le miroir d'un manque plus vaste
21:16et souvent impitoyable.
21:17En tout cas, Casablanca, Dakar, parle du besoin
21:21de mouvements dans un monde figé,
21:23de la solidarité qui naît entre inconnus
21:25et de la manière dont une crise peut forcer
21:27chacun à revoir son rapport au monde et à l'autre.
21:37Et place tout de suite aux universalistes de Natacha Brown
21:40qui raconte le parcours de jeune femme noire britannique,
21:43brillante et ambitieuse qui a réussi à s'imposer
21:45dans le monde très codifié de la finance londonienne
21:49alors qu'elle est invitée à une réception mondaine
21:52organisée par la famille blanche aisée de son compagnon.
21:54La narratrice revient tout simplement sur son ascension sociale,
21:57ses sacrifices et les compromis qu'elle a dû faire
22:00pour s'intégrer à un système dominé par les hommes
22:04mais également par les normes blanches masculines et bourgeoises.
22:08Le roman explore ainsi les tensions entre réussite individuelle,
22:11identité et violence sociale invisible.
22:15On écoute au suite Natacha Brown.
22:17Hi, I'm Natacha Brown.
22:19I'm a writer and the author of the novels
22:22Assembly and Universality.
22:24In Universality, late one night on a Yorkshire farm,
22:28a man is brutally bludgeoned with a solid gold bar.
22:32When a plucky young journalist decides to investigate the mystery,
22:36she ends up unravelling more questions than answers.
22:40Universality opens with a magazine expose that's gone viral.
22:45It's written in the long-read article style.
22:48It's pulpy and fast-paced and pretty funny,
22:51and it gets us to the bottom of the mystery, maybe.
22:56The rest of the book digs into the messy aftermath of that viral article.
23:01Each chapter dives into a different perspective
23:04from one of the mystery's key players.
23:06Using an article as a framing device allows for creating more intrigue
23:10around the narrator, what Janet Malcolm calls the journalistic eye.
23:14It's more than an omniscient perspective.
23:16It's a voice that carries incredible authority.
23:19It is the truth, which makes it really fun to destabilise within the context of fiction.
23:27Universality for me really started with the question of language,
23:31which I felt like I was exploring in my first novel,
23:35looking at individual words and how they work and how they make us feel.
23:39I really wanted to try and take a step back and write something that had a look at the people
23:44who are exceptionally good at using words and using language to create worlds,
23:49to create narratives, to create realities.
23:51And from that sort of very abstract, high-minded, I suppose, goal,
23:55it then became a lot more concrete when the central characters of Lenny and Richard
24:01really began to stand out in their central conflict.
24:04And slowly it sort of broadened out into what I'd call now quite an ensemble novel
24:08with a lot of different perspectives and characters.
24:11Lenny is maybe the anti-hero of universality or maybe just the bad guy.
24:20But she's kind of this deliciously unlikable character who starts at the edges of the novel
24:26and sort of slowly reveals herself to be at the centre of all the events.
24:30She is quite nasty in some ways, although we do see little flashes of compassion.
24:36And she's also just very funny and very sharp and the sort of woman
24:40you sort of want to have a drink with, even if you're terrified of.
24:44Universality is a book that's really interested in the ways that people talk and write
24:50and how the line between fiction and non-fiction or real life and entertainment can become blurred.
24:57Not really in the sense of autofiction, but kind of how the idea or the school of writing,
25:02new journalism and this idea of taking novelistic techniques and applying it to non-fiction writing
25:08can kind of create expectations when we're reading non-fiction
25:12that match up to what we expect from a novel.
25:15It's also really interested in the way that the internet has sort of heated up this phenomenon
25:19and given rise to the viral exposé or article.
25:24And we're at the end of the African Culture.
25:26Thank you for having been with us.
25:28And we'll see you next week, without fault.
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