00:00... qui stanait un Iran, surtout accaparé par les négociations avec les Etats-Unis.
00:05De nouvelles discussions se tenaient de manière indirecte.
00:07Jeudi, entre Téhéran et Washington, c'était à Genève.
00:11Et l'optimisme semblait de mise, en tout cas du côté du régime iranien,
00:15où l'on fait état de bons progrès dans les discussions.
00:18L'enjeu toujours, le programme nucléaire de Téhéran.
00:22Écoutez le ministre iranien des Affaires étrangères.
00:28Je peux dire que nous avons bien avancé après plusieurs heures de négociations intensives.
00:33Nous avons entamé des discussions sérieuses sur les éléments d'un accord,
00:37tant dans le domaine nucléaire que dans celui de la levée des sanctions.
00:45Nous avons convenu que les équipes techniques commenceraient leurs travaux lundi à la IEA, à Vienne.
00:56Optimiste côté iranien, vous venez de l'entendre,
00:58alors que l'administration Trump envoie des signaux contradictoires alternants
01:02entre une volonté de négociation et une menace militaire.
01:05Que peut-on attendre de ces négociations entre Américains et Iraniens ?
01:09Corpè, notre chroniqueuse internationale, va tenter de nous éclairer sur ces négociations.
01:13Bonjour Anne.
01:14Bonjour Antoine.
01:15Anne, que peut-on retenir de ce nouveau round, comme on dit,
01:18de négociations entre Américains et Iraniens ?
01:20Alors, on a entendu la satisfaction du ministre iranien des Affaires étrangères.
01:26Du côté américain, il n'y a pas eu de déclaration officielle,
01:29mais il faut noter que Steve Whitcoff, l'émissaire spécial de Maison-Blanche,
01:34et Abbas Araqchi, donc le ministre des Affaires étrangères iranien,
01:38se sont vus en direct à plusieurs reprises pendant la journée hier.
01:42Les Américains n'ont pas fait de déclaration officielle à l'issue de cette journée.
01:47Des informations ont fuité sur les propositions qu'ont fait les Iraniens.
01:52Alors, sur l'enrichissement de l'uranium,
01:56ils proposent une période de moratoire de 3 à 5 ans,
02:00avant de reprendre l'enrichissement sur leur sol,
02:03mais à faible taux,
02:04et seulement pour alimenter leurs besoins civils,
02:08autrement dit, notamment le réacteur de recherche médicale de Téhéran.
02:13Ça veut dire qu'ils s'engageraient à ne pas accumuler d'uranium enrichi.
02:18Mais pour l'instant, Washington a toujours exigé
02:21que l'Iran renonce tout à fait à enrichir sur son propre sol.
02:26Les Américains veulent aussi que les Iraniens sortent de leur territoire
02:31les 400 kg d'uranium enrichi à 60%.
02:34Et là-dessus, Téhéran propose plutôt de baisser le taux d'enrichissement de ce stock.
02:42Et puis, il y a surtout un gros point de divergence qui demeure,
02:46puisque l'Iran voudrait que Washington lève ses sanctions économiques contre le pays
02:52à l'issue d'un accord sur le nucléaire.
02:56Et envisage de discuter seulement ensuite la question des missiles balistiques
03:01et celle des capacités de destabilisation régionale du pays.
03:07Washington veut un accord global sur tous les sujets
03:12avant d'envisager de lever les mesures punitives.
03:16Il faut se souvenir que quand Donald Trump était sorti de l'accord sur le nucléaire en 2018,
03:21c'était justement parce qu'il ne comprenait pas de mesures sur la limitation du nombre de missiles iraniens.
03:29Justement, pour corroborer vos propos, Anne, l'Iran, justement, à la sortir de ces négociations,
03:34a exhorté les États-Unis à éviter toute exigence excessive, justement.
03:38Alors, Anne, est-ce que pour autant la menace d'une intervention militaire américaine,
03:42qui, on le rappelle, accumule des forces à proximité de l'Iran, dans le golfe Persique,
03:47est pour autant écartée pour l'heure ?
03:49Non, certainement pas. Les États-Unis peuvent toujours frapper à n'importe quel moment.
03:54Rappelez-vous, en juin dernier, ils avaient bombardé l'Iran,
03:57alors qu'une nouvelle session de négociations était prévue dans les jours qui venaient sur le nucléaire.
04:03Alors, ils ont déployé, donc, au large des côtes iraniennes, un dispositif militaire impressionnant.
04:10C'est le plus gros depuis 2023, juste avant l'entrée en guerre en Irak.
04:15Et ils continuent de le renforcer.
04:17La question de savoir, c'est quel serait l'objectif d'une intervention ?
04:21Est-ce qu'il s'agirait d'une frappe limitée pour contraindre l'Iran à céder,
04:27ou d'une offensive d'ampleur pour faire tomber le régime ?
04:31Téhéran a de toute façon prévenu qu'en cas d'attaque, quelle que soit son ampleur,
04:36la riposte serait importante, et notamment que les bases américaines de la région seraient des cibles légitimes.
04:44Et puis, l'Iran pourrait activer ses alliés, le Hamas, le Hezbollah, les Houthis,
04:49les milices chiites irakiennes qui ont une certaine capacité de nuisance.
04:55Alors, Donald Trump a répété cette semaine qu'il préférait une solution diplomatique
05:01parce qu'il ne perd pas de vue ses impératifs de politique intérieure
05:05avec les élections de mi-mandat qui approchent,
05:07et un électorat maga qui est plutôt hostile à une entrée en guerre,
05:13d'autant que Donald Trump a toujours dit qu'il mettrait un terme aux guerres interminables à l'étranger.
05:18D'ailleurs, ce matin, dans le Washington Post, Jay Devens, le vice-président, a réitéré son opposition à tout conflit
05:26qui s'éterniserait.
05:27Et puis, il y a plusieurs militaires de haut rang qui ont publiquement dit que c'était quand même le
05:33risque de s'engager en Iran,
05:36que ça risquait de provoquer une sorte de bourbier.
05:38Et ils mettent en garde contre le fait que les États-Unis n'ont pas le stock de munitions suffisant
05:44pour s'engager justement dans un conflit de longue durée.
05:48In fine, de toute façon, c'est Donald Trump qui a la décision entre ses mains.
05:53On sait qu'il est versatile et il écoute souvent le dernier interlocuteur qui lui a parlé.
06:00Israël veut qu'il aille au conflit, les pays du Golfe veulent l'en empêcher.
06:04La réponse est une fois de plus dans les mains de Donald Trump.
06:07Je me permets de vous corriger, vous avez dit 2023 pour l'intervention américaine.
06:10Ah oui, pardon, 2003, évidemment. Il y a 23 ans.
06:13Voilà, nos téléspectateurs avertis auront corrigé de même.
06:16Merci beaucoup Anne pour votre analyse.
06:18Anne Corpé, notre chroniqueuse internationale.
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