00:00Bonjour Maître Rachel Florepardot.
00:01Bonjour.
00:02Soyez la bienvenue, vous êtes l'avocate de la jeune femme qui accuse Ashraf Hakimi,
00:08vous êtes donc l'avocate de la plaignante.
00:10J'en viens à mes questions que je souhaite vous poser dans quelques tout petits instants.
00:15Le temps avec vous, Pierre Bazin, bonjour.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous, vous êtes journaliste police-justice à RMC,
00:20de détailler ce qu'il y a dans l'ordonnance de mise en accusation.
00:24Parce que vous avez consulté, vous, les conclusions de la juge d'instruction
00:27qui renvoient donc Ashraf Hakimi en procès pour viol.
00:31Qu'est-ce qui figure dans ce document dans lequel il y a, comme on dit,
00:35des éléments à charge et à décharge ?
00:36Eh bien d'abord sur les éléments à charge, la plaignante est décrite par la juge d'instruction
00:41comme ayant un récit de manière constante et circonstanciée.
00:46Ce sont les mots de la juge d'instruction,
00:48notamment à propos de la pénétration digitale de son sexe qu'elle dit avoir subi.
00:53Même s'il est noté que Manon, comme nous l'avons appelé,
00:55a parfois eu des trous de mémoire, des confusions dans le récit.
00:58Ce qu'elle raconte est jugé cohérent et corroboré par la juge d'instruction,
01:01par des SMS que Manon envoie à l'une de ses amies pendant qu'elle est chez Ashraf Hakimi.
01:07Elle est à ce moment-là sur son canapé et elle lui écrit plusieurs textos,
01:10notamment « Il m'a attrapé la bouche, je vais partir, je t'en supplie, dépêche-toi, c'est très
01:14grave. »
01:15« Il me viole. »
01:16Ce récit, elle va avoir l'occasion de le faire lorsqu'elle sort de chez Ashraf Hakimi
01:21à plusieurs de ses proches.
01:22Ce sont des conversations qui sont retrouvées par les enquêteurs.
01:25Et par ailleurs, une première expertise psychologique qui a été demandée par la juge d'instruction
01:29fait état d'un discours sincère et authentique de la plaignante.
01:33Ce sont les éléments principaux qui ont conduit la juge d'instruction à réclamer la tenue d'un procès.
01:37Et l'enquête pointe aussi des zones d'ombre du côté de la plaignante de cette jeune femme.
01:43Oui, alors il y a majoritairement des SMS qui ont interpellé, entre autres, les enquêteurs,
01:48notamment un message de Manon qui lui écrit lorsqu'elle est sur la route pour se rendre chez Ashraf Hakimi.
01:54On est quelques minutes avant l'effet d'agression qu'elle dénonce.
01:58Elle lui écrit « Tu arrives en femme fatale, essaye de choper les codes et tout, on va le dépouiller.
02:04»
02:04Manon répond « Plus tard, je vais le baiser. »
02:07Tout ça avant qu'elle arrive chez Ashraf Hakimi.
02:10Manon va expliquer que ces éléments, ce sont plutôt des textos qui visent à se détendre.
02:15C'est une plaisanterie. Il y aura plus tard, après l'enquête, au cours de l'enquête,
02:20des autres textos qui vont être retrouvés par les policiers.
02:24Ces textos-là sont envoyés par l'ami de Manon qui cherche visiblement, selon ces messages qu'on a pu
02:30consulter,
02:30à supprimer des éléments des textos qu'elle juge préjudiciables
02:35selon ce qui est inscrit dans l'ordonnance de mise en accusation qu'on a pu consulter.
02:40Merci beaucoup, merci Pierre. Maître Pardot, je rappelle que vous êtes l'avocate de la plaignante.
02:45D'abord, j'ai envie de savoir comment elle accueille ce renvoi en procès pour viol d'Ashraf Hakimi,
02:51dont l'avocate a fait appel. C'est important de le préciser.
02:56Oui, alors ma cliente accueille avec un soulagement cette ordonnance de mise en accusation.
03:00Maintenant, ça reste très douloureux pour elle.
03:01Vous savez, c'est très douloureux de subir trois ans de procédure en qualité de partie civile pour des faits
03:06de viol.
03:07C'est très dur, c'est très lourd à porter pour une femme de porter plainte pour des faits de
03:11viol,
03:12pour une femme de dénoncer des faits de viol commis par quelqu'un d'aussi puissant qu'Ashraf Hakimi.
03:17Je veux saluer le courage de ma cliente.
03:20Et je tiens quand même à dire une chose, c'est qu'en réalité, ma cliente, ce qu'elle aurait
03:22aimé,
03:22c'est qu'on ne nous repasse pas son consentement et qu'elle n'ait pas à se présenter au
03:25commissariat.
03:26Maintenant que ça a été fait, elle est déterminée à aller au bout et à obtenir justice.
03:30Parler d'un homme puissant, sous-entendu quoi ? Il a pu obtenir des passe-droits ?
03:35Ou de ce fait, l'enquête ou la justice ne font pas leur travail comme elle le ferait vis-à
03:41-vis d'un individu lambda ?
03:44Non, ce n'est pas du tout ce que je dis.
03:45Je dis par contre qu'en effet, dénoncer des faits de viol commis par quelqu'un qui est aussi aimé,
03:50aussi soutenu qu'Ashraf Hakimi, c'est très lourd à porter, c'est très dur.
03:54Ma cliente a été très seule dans ce dossier.
03:56Elle a fait preuve d'un courage qui est extraordinaire, je tiens à le dire.
03:59C'est un dossier complexe, comment on pourrait le qualifier ?
04:03Dans lequel il n'y a pas spécifiquement d'évidence, il y a des éléments à charge et à décharger.
04:09Pierre le disait il y a quelques instants, au cœur de ce dossier, il y a des textos envoyés
04:15avant que votre cliente n'arrive chez Ashraf Hakimi et pendant qu'elle est chez Ashraf Hakimi
04:20à l'une de ses amies qui peuvent être interprétées de différentes façons.
04:25Je vais le dire clairement et vous répondrez, mais à travers ces textos, on peut se demander
04:29s'il n'a pas été tendu un piège aux joueurs de foot du PSG.
04:37Que répond votre cliente là-dessus ?
04:38Je m'exprime aujourd'hui parce que je ne laisserai pas la défense d'Ashraf Hakimi
04:42dénigrer, calomnier, insulter ma cliente.
04:45Et vous voyez, quand la défense d'Ashraf Hakimi s'acharne à dire depuis maintenant trois ans...
04:48Moi je ne reprends pas les termes de la défense d'Ashraf Hakimi, je m'en tiens encore une fois
04:51aux textos et on pourra les relire.
04:53Je vous dis, dans les messages qui sont dans le dossier, il y a aussi ceux-ci qui ont été
04:56rappelés un peu plus tôt par votre journaliste, il y a je t'en supplie, dépêche-toi, il
05:00m'a violé.
05:01Voilà ce que dit ma cliente.
05:02Ça figure aussi dans les messages.
05:04Ces messages figurent évidemment au dossier, ça a été rappelé par votre journaliste.
05:08Maintenant je vais vous dire une chose.
05:09Essaye de choper les codes et tout, on va aller le dépouiller.
05:12Maintenant je vais réagir.
05:13Ça aussi, c'est une partie des échanges entre votre cliente et son amie qui suscite
05:18un certain nombre d'interrogations.
05:19Alors je vais être très claire, la défense d'Ashraf Hakimi s'acharne à dire que dans
05:23ce dossier, il y aurait de la part de ma cliente une tentative de raquette, qu'elle serait
05:26vénale, qu'elle voudrait de l'argent.
05:28Je tiens d'abord à dire une chose très claire, c'est qu'on n'a pas grand intérêt
05:31à saisir la justice pour des faits de viol, pour obtenir de l'argent.
05:34On n'a pas grand chose à gagner.
05:35Ça c'est une réalité et ça vaut pour toutes les victimes de viol en France.
05:39C'est un premier élément.
05:40Un deuxième élément, c'est qu'il n'y a rien.
05:43Rien dans le dossier.
05:44Pas un commencement d'élément de preuve qui va dans le sens d'une démonstration
05:47d'une quelconque tentative de chantage ou de raquette de la part de ma cliente.
05:51Il faut être très claire et je ne suis pas la seule à le dire.
05:54Ceux qui le retiennent, ceux que ça a convaincu, c'est aussi le procureur de la République
05:57et c'est aussi la juge d'instruction.
05:59Donc maintenant, ça suffit, ces calomnies, ça suffit, ces mensonges.
06:02Et ce qui est aussi faux dans ce que dit la défense d'Ashraf Hakimi, c'est qu'on vous
06:05dit qu'en fait, la mise en accusation reposerait uniquement sur la parole de ma cliente,
06:09que le dossier ne serait pas nourri.
06:11Mais on a dans le dossier des réquisitions très fondées.
06:14On a dans le dossier une ordonnance de mise en accusation qui est très nourrie.
06:18Je tiens juste à dire cela.
06:20Je tiens juste à terminer ce propos.
06:22Sur le fait que votre cliente semble avoir refusé les examens médicaux.
06:28Mais ma cliente...
06:29Alors, je vais être très claire.
06:30Et elle a refusé de remettre son téléphone au policier.
06:32Alors, cela est encore une fois faux.
06:33C'est important que vous répondez justement.
06:34Bien sûr, et c'est pour ça que je me présente devant vous.
06:36Et je tiens à répondre.
06:37Parce que ça suffit, ces éléments faux qui sont diffusés partout.
06:41Ce n'est pas vrai.
06:42C'est faux.
06:43Ma cliente a parfaitement, contrairement à ce que dit la défense d'Ashraf Hakimi,
06:47collaboré dans l'enquête.
06:48La défense d'Ashraf Hakimi nous dit quelque chose.
06:50Elle nous dit que ma cliente aurait fait obstacle à tous les actes d'investigation.
06:53C'est parfaitement faux.
06:55Ma cliente, je tiens quand même à le rappeler.
06:55C'est pas l'avocat d'Ashraf Hakimi.
06:57Tu dis ça, c'est la magistrate instructrice.
06:59Ma cliente, je tiens quand même à le rappeler.
07:01Dans ce dossier, ce qu'elle a fait, c'est qu'elle s'est présentée le jour même.
07:05Et c'est assez rare pour être souligné.
07:07Elle s'est présentée le jour même au commissariat.
07:09Qu'est-ce qu'elle a dit aux enquêteurs quand elle se présente au commissariat ?
07:11Elle dit qu'elle n'est pas encore prête pour déposer plainte.
07:14Et qu'elle va réfléchir, mais qu'elle voulait tout de suite se présenter.
07:16C'est parce qu'elle estime que même un joueur de football n'a pas le droit d'abuser d
07:19'aller.
07:19J'ai l'impression qu'il serait temps que les gens acceptent cela.
07:22Donc ça, c'est la première chose.
07:22Elle vous a expliqué, c'est intéressant de rester un moment là-dessus, un instant là-dessus.
07:26Sur le fait qu'elle n'ait pas souhaité déposer plainte tout de suite.
07:29Ça peut sembler étrange.
07:32Vous en traitez des dossiers d'affaires sexuels.
07:33Expliquez-nous, c'est important.
07:34D'accord, je crois que vous traitez sur votre plateau un certain nombre d'affaires de violences sexuelles.
07:38Vous voyez que dans bien des cas, il faut des années pour déposer plainte.
07:41Mais elle s'est rendue au commissariat.
07:43Et elle avait une appréhension.
07:45Elle n'était pas conseillée.
07:46Elle n'avait pas d'avocat à ce moment-là.
07:48Elle ne savait pas bien la différence entre ces différents actes de procédure.
07:52Non, je ne crois pas qu'elle ait été dissuadée d'une quelconque façon.
07:55Maintenant, ce que je tiens quand même à dire, c'est que dans ce dossier,
07:57quand on vous dit, quand la défense d'Achraf Hakimi vient vous dire
08:00qu'en fait, la mise en accusation ne repose que sur la parole de ma cliente,
08:03c'est parfaitement faux.
08:04Cette parole, d'abord, je tiens à le dire, elle est constante, circonstanciée depuis maintenant trois années.
08:09Et elle est corroborée par de nombreux éléments.
08:11Elle est corroborée par de nombreux éléments, à savoir des messages explicites qu'elle envoie à son amie,
08:18à savoir des contradictions d'Achraf Hakimi,
08:20à savoir le témoignage de Kylian Mbappé qui contredit Ashraf Hakimi,
08:25à savoir aussi une chronologie des faits qui ne ment pas.
08:28Donc c'est une ordonnance de mise en accusation qui est fondée.
08:32Évidemment qu'elle l'appréhende.
08:34Vous croyez que c'est facile de vous retrouver devant une juridiction,
08:37de parler de faits qui touchent autant à votre intimité ?
08:39Évidemment que c'est très dur, c'est très dur pour toutes les victimes de viol.
08:42Et ça l'est pour ma cliente quand on fait face à quelqu'un comme Ashraf Hakimi.
08:45Ça l'est particulièrement.
08:46Merci maître.
08:47Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin.
08:50Merci.
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