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00:00Des déclarations affluent 4 ans après le début de l'invasion russe.
00:05A l'instant, les dirigeants du G7 affirment leur soutien indéfectible à l'Ukraine.
00:10Déclaration signée également par Donald Trump.
00:13Mathieu Mabin, bonjour, vous êtes en direct de Washington comme chaque jour.
00:17Qu'est-ce qui a changé pour les Ukrainiens depuis l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche ?
00:22Est-ce qu'ils livrent, est-ce que les Américains livrent encore des armes ?
00:28Alors, ce qui a changé depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche,
00:31pour répondre directement à votre question,
00:34ce n'est pas un retrait total, contrairement à ce qu'on pourrait penser,
00:37mais un changement de doctrine, ce qui est beaucoup plus subtil.
00:42Sans poser de jugement sur la cohérence de cette doctrine,
00:45on soulignera quand même qu'elle a pu être jugée imprévisible.
00:48C'est le moins qu'on puisse dire par les observateurs et les chancelleries occidentales, notamment.
00:52En clair, les États-Unis livrent encore des armes à l'Ukraine,
00:56mais c'est vrai que le cadre a évolué.
00:59Sous l'administration précédente, celle de Joe Biden,
01:02l'aide américaine avait dépassé les 75 milliards de dollars au total,
01:06dont plus de 45 milliards d'aides militaires directes,
01:10ce qui avait été absolument déterminant.
01:12Il n'y aurait pas d'Ukraine telle qu'on la connaît aujourd'hui sans cette aide.
01:16C'était un soutien massif, on l'a compris, structuré, mais surtout régulier et anticipable,
01:23ce qui, dans un conflit comme celui-là, est absolument indispensable,
01:27y compris indispensable à la manœuvre, pas uniquement sur le plan diplomatique.
01:32Depuis janvier 2025, Donald Trump a demandé un référendum complet des stocks du Pentagone.
01:40C'est une manière pour lui, un argument en tout cas,
01:43qu'il avance de ne pas affaiblir la capacité militaire américaine
01:49et pousser vers une négociation avec Moscou.
01:53En clair, on est dans une démarche tout à fait trumpienne.
01:57Donald Trump explique aux Américains, à ses électeurs, que la priorité c'est l'Amérique
02:02et que dans le contexte mondial que l'on connaît aujourd'hui,
02:06et notamment ses menaces face à la Chine, qui reste l'obsession du Pentagone et de la Maison-Blanche,
02:11il n'est pas question de déshabiller l'Amérique pour habiller l'Ukraine, pour être concret.
02:17Les livraisons n'ont donc pas réellement cessé,
02:20notamment pour la défense aérienne avec les systèmes patriotes
02:23et pour les munitions d'artillerie, qui restent absolument cruciales, on vient de le voir,
02:27mais le rythme est moins automatique et davantage conditionné.
02:31Une partie de l'aide désormais passe par des partenaires européens,
02:36qui financent d'ailleurs ou coordonnent les achats de matériel américain.
02:40Washington reste donc engagé, mais de manière plus indirecte, on va dire.
02:45Et disons-le, surtout beaucoup moins coûteuse pour le contribuable américain,
02:49ce qui est quand même la clé pour Donald Trump.
02:51Pour les Ukrainiens, cela signifie plus d'incertitude stratégique, évidemment, on l'a dit.
02:56Les Européens n'ont pas les reins aussi solides que le département du trésor américain.
03:01La guerre reste une guerre d'attrition, avec des milliers d'obus tirés chaque jour sur le front,
03:07et la défense antiaérienne demeure absolument vitale face aux frappes russes quasi quotidiennes.
03:13On s'en rend compte tous les jours.
03:15En résumé, l'Amérique n'a pas quitté le conflit, mais elle a redéfini les termes de son engagement,
03:19ce qui se traduit pour les Européens par une mise à l'épreuve, à la fois économique,
03:24puisqu'il faut financer la guerre, mais aussi diplomatique.
03:27La relation avec le géant américain s'est tendue,
03:30et on voit bien que Bruxelles a du mal à parler d'une seule voix.
03:34Maintenant, s'il fallait voir dans cette affaire un point positif pour l'Europe,
03:38paradoxalement, et sans cynisme aucun,
03:40la politique de Donald Trump aura au moins eu l'effet de contraindre les Européens à prendre en main leur
03:46destin.
03:47Voilà, un changement de doctrine, une aide moins coûteuse.
03:51Justement, est-ce que cette guerre, Mathieu, en Ukraine, et son arrêt en 24 heures,
03:55qui avait été l'un des arguments de campagne de Trump,
03:58quelle est la perception des Américains, vu que rien ne s'est passé comme l'avait promis Trump,
04:05est-ce qu'elle continue à faire les grands titres aux Etats-Unis, à peser dans les débats,
04:09ou est-ce que c'est devenu une guerre lointaine, et donc européenne, comme vous le disiez ?
04:15Alors, vous avez raison de le rappeler, pendant la campagne,
04:17Donald Trump promettait d'arrêter la guerre en 24 heures,
04:20tout le monde s'en souvient, et c'est sans doute l'une de ses déclarations qu'il a le
04:23plus regrettées.
04:24Un an plus tard, il s'est passé à peu près 365 fois 24 heures,
04:28et la guerre continue.
04:30Dans l'opinion américaine, pour répondre directement à votre question,
04:33le sujet n'a pas disparu, mais c'est vrai qu'il a perdu un peu en intérêt pour le
04:38public.
04:38C'est assez classique des conflits qui durent d'ailleurs, et celui-là n'engage pas les boys américains,
04:44donc cela rajoute au côté lointain de ce conflit.
04:48Ici, les priorités restent le quotidien, tout simplement, l'inflation, l'immigration,
04:53et la situation économique intérieure, à l'américaine, à la Trump en fait, encore une fois.
04:58La politique étrangère arrive loin derrière dans les préoccupations quotidiennes.
05:03Les sondages montrent d'ailleurs qu'une majorité relative d'américains reste favorable à une aide à l'Ukraine,
05:09mais à condition que cela ne se ressente pas trop économiquement.
05:14Mais il y a un chiffre quand même assez intéressant,
05:17environ 4 américains sur 10 estiment que les Etats-Unis en font trop.
05:21C'est l'effet Irak-Afghanistan.
05:24La génération qui porte ce pays par son travail garde une forme de ressentiment
05:29à l'égard des présidents qui ont maintenu une présence américaine à Bagdad et à Kaboul pendant 20 ans.
05:34Il y a un déficit de sens dans cet engagement qui est encore très proche.
05:38La fracture est donc clairement partisane, on l'aura compris.
05:42On notera quand même que, de leur côté, les démocrates soutiennent massivement l'aide militaire,
05:47c'est l'héritage de Joe Biden,
05:49alors que chez les républicains, l'électorat,
05:52ils y sont plutôt divisés entre soutien stratégique et doctrine America first,
05:58pour ne pas dire MAGA.
05:59Voilà, on l'a compris, la guerre ne fait plus systématiquement la une des journaux américains,
06:04pour répondre à votre question.
06:05Elle n'est plus le moteur principal du débat politique national non plus,
06:09mais elle reste un marqueur idéologique assez fort sur le rôle des Etats-Unis dans le monde.
06:15Merci beaucoup Mathieu Mabin.
06:17Les yeux, le regard de Mathieu.
06:19Chaque jour sur France...
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