00:00L'ambassadeur des Etats-Unis pendant ce temps-là, lui, convoqué à Paris, convoqué par le quai d'Orsay,
00:07paraît qu'il dénonce une instrumentalisation politique d'un drame national.
00:12Il s'agit évidemment de l'affaire Quentin de Ranck, qui joue les prolongations, cette semaine encore.
00:17Bonjour Clovis, vous avez couvert pour nous ce week-end cette marche qui avait lieu en l'honneur de Quentin
00:23de Ranck à Lyon.
00:25Et donc, nouvel épisode, aujourd'hui, la convocation de l'américain Charles Kushner.
00:29Et pourquoi cette convocation ? À cause d'un message du département d'état américain,
00:33relayé ensuite par l'ambassade américaine ici à Paris, pour commenter la mort de Quentin.
00:37En ces termes, l'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin de
00:42Ranck
00:42démontre la menace qu'il représente pour la sécurité nationale.
00:46Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice.
00:52Paris n'a pas apprécié. Washington peut être rassuré.
00:55Il y a déjà sept mises en examen pour essayer d'éclaircir tout ce qui s'est passé dans la
01:02mort de Quentin,
01:03pour essayer, bien sûr, de trouver les coupables.
01:06Et cette critique, ou en tout cas ce commentaire de Washington,
01:10eh bien ce n'est pas vraiment la règle du jeu au niveau diplomatique.
01:13Ce n'est pas habituel.
01:15Et c'est un cas flagrant d'ingérence selon Paris.
01:19Et pour Paris, eh bien il faut convoquer au Quai d'Orsay Charles Kuchner.
01:24J'ai parlé tout à l'heure à des officiels au Quai d'Orsay pour essayer de savoir s'il
01:27allait venir ou pas.
01:29Pas de réponse.
01:30Il faut simplement se référer à cette déclaration laconique.
01:33Il est convoqué à 19h.
01:35Et c'est un point important.
01:36Parce que pour Paris, eh bien le camp MAGA est soupçonné de vouloir faire acte d'ingérence cette fois-ci,
01:44mais pas uniquement, surtout d'influencer des futurs scrutins.
01:47Le camp MAGA aux Etats-Unis, Washington, mais aussi tous les camps nationalistes à travers le monde s'activent.
01:54Et il faut rappeler quand même que Washington, Donald Trump, est proche,
01:58ou en tout cas a tissé des liens avec Nigel Farage au Royaume-Uni,
02:02avec Marine Le Pen, avec le mouvement Reconquête.
02:05En tout cas, ce sont des camps qui se parlent.
02:08Et c'est très important pour la France d'empêcher tout lien trop fort entre les deux.
02:13Toute cette histoire, ce n'est pas du goût de nombreux pays comme la France.
02:16En tout cas, Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères,
02:19a employé des mots très durs pour qualifier l'attitude américaine.
02:22Il s'exprimait hier sur France Inter. On l'écoute.
02:26Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française.
02:32C'est de la violence ?
02:33À des fins politiques.
02:35Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier,
02:39à recevoir de l'international réactionnaire.
02:42Et les analyses de la vie politique, de la place qui occupe la violence,
02:48et des violences plus généralement, nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verve.
02:51Et nous ne permettons pas que d'autres nous les servent.
02:55La question qui se pose, vous l'évoquiez à l'instant, c'est est-ce qu'il va se présenter
02:58ou pas ?
02:58La dernière fois, il n'était pas venu.
03:00Oui, pourquoi ? Parce qu'en août dernier, il ne s'était pas présenté à une convocation.
03:03À l'époque, il critiquait Paris pour l'absence d'action suffisante dans la lutte contre l'antisémitisme.
03:08Un sujet très sensible en France.
03:10À l'époque, Charles Kushner avait préféré rester en vacances en Provence, à Saint-Paul-de-Vence,
03:15plutôt que de venir au Quai d'Orsay.
03:17Certains observateurs français disent que s'il ne se présente pas cette fois-ci,
03:20eh bien il faut le renvoyer, il faut l'expulser, il faut appeler, demander son remplacement.
03:25Ce n'est pas sûr que ce soit vraiment la stratégie de Paris, mais en tout cas, la France ne
03:29compte nullement recevoir deux leçons
03:30de la part de l'administration Trump ou de tout autre pays.
03:34L'italienne d'extrême droite, Giorgia Meloni, en tout cas portée par des mouvements d'extrême droite chez elle en
03:40Italie,
03:40a déclaré que la mort de Quentin était une blessure pour toute l'Europe.
03:44Certains vont peut-être penser qu'Emmanuel Macron a surréagi.
03:47En tout cas, Emmanuel Macron lui a répondu, mêle-toi de ce qui te regarde.
03:51Ou en tout cas, il a utilisé cette formule, que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés.
03:57Une expression très française.
03:59Mais pourquoi il a répondu ainsi ?
04:00Parce qu'il ne veut pas que des camps nationalistes à travers le monde
04:03cherchent à influencer les électeurs en vue de prochains scrutins.
04:06Et parce que les moutons, la cote en ce moment...
04:08Salon de l'agriculture oblige.
04:11Des Italiens d'extrême droite, vous en avez justement croisé ce week-end pendant cette marche en l'honneur de
04:17Quentin de Rang.
04:18Selon la préfecture, plus de 3200 personnes ont battu le pavé à Lyon.
04:22Racontez-nous un peu le profil des participants.
04:25Alors les organisateurs avaient lancé un appel clair.
04:27Ne venez pas cagouler, ne montrez pas de tatouages tendancieux, controversés.
04:33Aucun signe distinctif.
04:35Mais néanmoins, il n'y a pas eu de bagarre comme on aurait pu imaginer entre des militants d'extrême
04:40gauche et d'extrême droite.
04:41Mais il y a eu des signes nazis, il y a eu des insultes racistes.
04:44Et donc une enquête est lancée.
04:46On a vu des profils variés.
04:47On va regarder une photo que j'ai prise durant cette manifestation, cet hommage.
04:52Il y avait des profils des gens de tous les âges.
04:55Mais aussi des groupes d'hommes jeunes, habillés en noir, avec des lunettes de soleil, pas toujours masquées.
05:02Assez peu de masques, il faut le dire.
05:04Les organisateurs étaient issus de mouvements catholiques, traditionnalistes, liés à l'extrême droite.
05:10Il y avait aussi des visages bien connus de groupes identitaires d'extrême droite, principalement de France, il faut le
05:15dire.
05:15Il y avait aussi des Italiens.
05:17Certains membres de groupes qui ont été dissous suite à des condamnations en justice pour violence.
05:22Alors moi, ce qui m'a un petit peu choqué, c'est que j'ai entendu à nouveau des slogans
05:26qu'on entendait à l'époque du Front National, il y a quelques années.
05:29On est chez nous.
05:30La France, c'est nous.
05:32Et aussi, LFI, assassin.
05:34Et l'extrême gauche tue.
05:36À un moment, durant le parcours, il y a eu quelques invectives, quelques moments de tension, notamment parce que vous
05:42avez eu des membres antifa de l'extrême gauche qui sont venus, pas très nombreux,
05:47et qui ont scandé « nous sommes tous des anciens fascistes » et qui ont commencé à insulter un petit
05:52peu des militants d'extrême droite qui étaient en train de défiler.
05:55Mais là, le service d'ordre de la marche s'est interposé très rapidement pour empêcher tout affrontement.
06:01Et on a peut-être un petit extrait, quelques images, juste pour voir ce moment où il y a eu
06:05quelques invectives.
06:07En tout cas, les autorités françaises étaient bien conscientes du risque d'affrontement entre les deux camps et avaient dépêché
06:13plus de 500 forces de l'ordre.
06:16C'est là le moment où il y a eu quelques tensions.
06:18C'est dire qu'il n'y a pas eu d'affrontement.
06:19Le service d'ordre de la marche a pu s'interposer.
06:24Et puis peut-être une toute dernière photo.
06:26C'est une photo que j'ai prise avant la manifestation.
06:30Un graffiti.
06:31Bah, il est où, Quentin ?
06:33C'était des antifas qui affichaient des messages provocateurs pour provoquer, justement, voyez ce message,
06:39pour provoquer les membres d'extrême droite qui allaient défier dans la rue.
06:42Je peux vous dire que toutes les affiches comme celle-ci, ou les graffitis comme ceux-là,
06:46ont été effacées quelques minutes avant le début de la marche.
06:50Pour rappeler le contexte, on est à quelques semaines, du coup, d'envoi des élections municipales.
06:55Et cette affaire, Quentin Durand, qu'elle polarise la vie politique française.
07:00Absolument.
07:00Et vous avez LFI qui continue d'être accusée par tous les autres partis de ne pas faire assez,
07:05de ne pas se distancier assez de la jeune garde avec qui elle a des liens très forts,
07:09de ne pas assez condamner les violences et surtout les actions des antifas.
07:13Et de l'autre côté, vous avez l'extrême droite qui essaye de ne pas trop être associée à des
07:21mouvements violents.
07:22Et vous avez, par exemple, le Rassemblement national, le président Jordan Bardella,
07:25qui a demandé à ses cadres de ne pas participer à cette marche.
07:29Il craignait des débordements.
07:31Pas question d'être associé à des groupuscules identitaires d'extrême droite.
07:36Rappelez-vous, la dédiabolisation est forte, est en marche.
07:40Elle continue.
07:40Il y a beaucoup à perdre dans cet entre-deux, juste avant ce scrutin municipal.
07:46Merci beaucoup Clovis.
Comments