00:00Et pendant ce temps la politique française est donc dans l'œil du cyclone.
00:03Entre ces tensions provoquées par des groupes extrêmes et des élections municipales,
00:07un mini remaniement ministériel se fait attendre, ce sera a priori cette semaine.
00:12Déjà ce lundi, Amélie de Montchalin arrive à la présidence de la Cour des Comptes
00:17après avoir quitté ses fonctions de ministre de l'Action et des Comptes publics ce dimanche.
00:21Elle est remplacée par David Amiel et ce n'est donc pas terminé.
00:24On décrypte cette séquence politique ce matin avec notre invité, le politologue Jean Petaud
00:28qui nous éclaire régulièrement. Merci d'être avec nous.
00:31Vous avez longtemps enseigné à Sciences Po Bordeaux, vous êtes aujourd'hui associé au Think Tank Spiral Institute.
00:36Un remaniement est donc annoncé depuis longtemps et ça devait peut-être intervenir durant le week-end.
00:42Finalement c'est un peu reporté, ça semble prendre plus de temps. Pourquoi ?
00:47Parce qu'à chaque fois vous avez des éléments qui viennent perturber ce qui était considéré comme le calendrier initial.
00:55Et là, entre autres, on voit que Mme Rachida Dati entend poursuivre le plus longtemps possible sa présence rue de
01:04Valois,
01:04le ministère de la Culture. C'est un des éléments qui, je pense, peut poser quelques difficultés.
01:12La nomination de David Amiel, elle est par contre anticipée par rapport à un remaniement plus important
01:19parce qu'il y a des problèmes de calendrier. Entre autres, Mme de Montchalin devait être et prendre ses fonctions
01:25aujourd'hui
01:26à la présidence de la Cour des Comptes.
01:29Et puis il y a aussi le dépôt d'une motion de censure de la part du Rassemblement National.
01:33Sébastien Lecornu dit qu'il veut attendre que cette motion passe alors qu'elle n'a aucune chance d'être
01:37adoptée.
01:38– Exactement. Alors là, ça fait partie un peu de ce qu'on appelle les usages républicains.
01:43Évidemment, vous avez raison, Julien, il n'y a aucune probabilité pour que cette motion soit adoptée
01:50puisqu'on a vu que les quatre motions différentes qui avaient été déposées,
01:54quatre motions de censure au moment de la séquence dite du budget du 49-3, ont toutes été rejetées d
02:00'ailleurs.
02:00– Donc vous l'avez dit, mini-remoniement a priori, on a déjà parlé du départ d'Amélie de Montchalin,
02:07il y a au moins deux autres ministres qui seraient sur le départ, Rachida Dati donc, candidate à la mairie
02:12de Paris,
02:12la ministre chargée de l'Autonomie et des personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecoq,
02:16qui souhaite retrouver son siège de députée. Dans le cas de Rachida Dati, c'est un dilemme
02:20parce qu'on est en période de silence électoral avant le premier tour des municipales le 15 mars,
02:25elle est candidate à Paris, pourquoi la maintenir à son poste dans ces conditions-là ?
02:30– Combien même il y a une motion de censure du RN qui arrive à l'Assemblée ?
02:34– Moi je ne suis pas ni dans la tête du président de la République,
02:40ni dans celle du premier ministre, et encore moins dans celle de Rachida Dati.
02:44Ce qui est certain, c'est que Mme Dati veut, je crois, indiquer que c'est une personnalité politique
02:54qui a encore son mot à dire et son influence, et donc elle va d'ailleurs utiliser des « jurisprudences
03:05antérieures »
03:06en particulier, et ce n'est pas un hasard, puisqu'il n'est pas dans ses soutiens à Paris,
03:12celle d'Édouard Philippe qui avait ainsi maintenu sa présence, bien sûr, au gouvernement,
03:19et pas à n'importe quelle place, puisqu'il s'agissait de premier ministre au moment de sa réélection
03:24à la mairie du Havre en 2020.
03:27Voilà, donc je pense que vous savez que Rachida Dati est, comme on dit avec beaucoup d'euphémisation du discours,
03:32une forte personnalité, et bien elle montre qu'elle est à même d'enrayer en quelque sorte
03:41à un processus qui était pourtant, semble-t-il, souhaité et inscrit dans l'agenda.
03:49Voilà pour ce mini-remaniement, on le disait, le climat politique est très tendu en France
03:53avant ses municipales, après la mort de ce militant d'extrême droite passé à tabac par des antifas à Lyon.
03:58Est-ce que ça peut avoir un impact sur les débats à l'Assemblée cette semaine, forcément,
04:03mais sur les municipales en général ?
04:06J'ai eu déjà l'occasion de répondre à cette question, y compris sur votre antenne.
04:11Moi, je ne le pense pas au sens où il semblerait qu'un cycle, qui serait un cycle de violences
04:19répétées
04:21avec des réponses des différents protagonistes, des deux formes les plus ultra de la vie politique,
04:34ne semblent pas s'enrayer. Par contre, on voit des conséquences, des effets sur la gauche,
04:41en particulier dans la perspective du second tour. Vous l'avez vu, que va-t-il se passer en termes
04:48de désistement ?
04:49Je rappelle un petit point juridique, c'est qu'il n'y a qu'une semaine entre les deux tours
04:56et le dépôt des listes pour le deuxième tour devant intervenir le mardi à minuit.
05:01Eh bien, il faut impérativement, en 24 ou 48 heures, décider ou pas si des listes fusionnent.
05:09Elles peuvent fusionner entre elles quand elles font plus de 5% pour pouvoir se marier
05:16et 10% des suffrages exprimés, bien sûr, pour se maintenir au second tour.
05:21Alors ça, ça risque effectivement, à gauche, d'y avoir des situations particulières
05:27entre LFI d'un côté et le Parti Socialiste, pour faire court,
05:31et quelques-uns de ses alliés de l'autre côté.
05:34Et ça, il y verra plus clair le dimanche 15 mars au soir, à l'issue du premier tour,
05:40pour voir un peu les répercussions éventuelles des événements lyonnais
05:44devenus nationaux dans la marge des municipales.
05:48– Merci, merci beaucoup Jean-Peteau de nous avoir éclairés ce matin
05:51et on suivra cette longue séquence politique à venir
05:54qui nous emmènera jusqu'au premier tour de ces municipales.
05:57– Merci.
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