00:01La grande matinale sur France Inter
00:06Voici l'édito politique, bonjour Patrick Cohen.
00:08Bonjour Florence.
00:09A la marche en mémoire de Quentin Derang, samedi à Lyon, qui tenait la banderole ?
00:14Sur les clichés du carré de tête du défilé, on ne voit que lui, 60 ans, le cheveu rat dominant
00:19de sa haute taille, les autres marcheurs.
00:21Son nom, Yvan Benedetti, vétéran de l'extrême droite lyonnaise, fondateur ou animateur depuis 20 ans de mouvements pétainistes, néofascistes,
00:30antisémites,
00:31plusieurs fois condamné pour négationnisme ou contestation de crimes contre l'humanité.
00:35Il avait qualifié en 2020 les 6 millions de morts de la Shoah de chiffres inventés issus de la propagande
00:40sioniste.
00:41Qu'on se comprenne bien, je ne cherche pas en disant cela à disqualifier en bloc les marcheurs de samedi
00:46ou à faire oublier la gravité du crime d'une lâcheté révoltante qui a coûté la vie au jeune Quentin
00:51Derang.
00:51Mais voilà, Benedetti n'était pas au marge du cortège, ni même en son milieu.
00:56Pas non plus parmi les quelques excités qui n'ont pu réprimer des saluts nazis ou des insultes racistes.
01:00Non, il était au premier rang, aux côtés de l'organisatrice de la marche, Aliette Espieux.
01:05Sûrement pas par hasard, Benedetti tenait la banderole de ses deux mains derrière le mot justice
01:11et pour la première fois dans la vie militante de cette figure du fascisme à la française,
01:163000 personnes défilaient derrière lui.
01:18Patrick, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, avait demandé à ses cadres
01:22de ne pas se rendre au rassemblement d'hommages.
01:24Sage décision, la direction du RN avait d'autant plus de raison de prendre ses distances
01:28qu'elle savait parfaitement qui serait au rendez-vous.
01:31Elle les connaît presque tous.
01:32Yvan Benedetti, exclu du FN en 2011, après une interview où il se disait anti-sioniste, anti-sémite, anti-juif.
01:40Alexandre Gabriac, ex-conseiller régional FN, exclu lui aussi pour une photo bras tendu devant un drapeau nazi.
01:46Fabrice Robert, ex-élu FN, fondateur du bloc identitaire, figure aussi sur l'album de famille.
01:52Raphaël Emma, militant néo-fasciste, assistant parlementaire du député RN du Var, Philippe Schreck,
01:58jusqu'il y a un an et demi, quand Libération avait révélé sa participation à un hommage
02:02au chef nazi belge Léon de Grelle.
02:04Raphaël Emma est de ceux qui y ont pris le micro avant le début de la marche
02:07pour dire à la foule que, je cite,
02:09« La gauche n'a plus de raison morale et politique d'exister ».
02:12Présent aussi Vincent Claudin, lui, est toujours assistant parlementaire de la députée RN de la Drôme,
02:17Lisette Pollet, malgré son engagement à Lyon Populaire,
02:21groupuscule violent dissous en juin 2025,
02:24en même temps que la jeune garde, parmi les motifs de dissolution,
02:28apologie de la collaboration avec l'Allemagne nazie.
02:30Le groupe Audace Lyon, qui a pris le relais de Lyon Populaire,
02:34a d'ailleurs rendu hommage, je cite,
02:35aux camarades Quentin, bien connus de nos militants.
02:38Pourquoi je détaille tout cela ?
02:39Parce qu'il est frappant de voir cet étalage à ce point banalisé, normalisé,
02:44avec les commentaires qui font de l'antifascisme un nouveau fascisme.
02:48Le dévoiement violent de la jeune garde, et donc de LFI,
02:52est le premier responsable de cette inversion.
02:54Mais la marche de samedi nous montre qu'on aurait grand tort de ranger le fascisme,
02:58et donc l'antifascisme, au magasin des accessoires.
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