00:00Et on va revenir avec vous ce matin, Arthur, sur cette mobilisation, cette manifestation à Lyon, ce week-end, c
00:06'était samedi, en hommage à Quentin Derand.
00:083000 personnes ont défilé, image assez impressionnante. Qu'en retenez-vous ce matin ?
00:13Que depuis le terrible drame d'il y a 10 jours, lorsque ce jeune homme a été lynché à mort
00:18en pleine rue et en plein jour, nous voyons deux France face à face.
00:23La première, c'est celle qui a tué Quentin par les coups ou par les mots. Elle est d'ultra
00:28-gauche, d'extrême-gauche, de gauche radicale, parfois de gauche tout court.
00:32Elle considère que le péril fasciste est tel dans notre pays que tous les moyens sont bons pour lutter contre
00:39l'extrême-droite, y compris donc la violence débridée et déchaînée.
00:42Cette France, elle a longtemps été marginalisée, mais elle a récemment trouvé dans le débat public des relais, voire carrément
00:50une représentation politique,
00:52puisque la France insoumise assume et revendique même une certaine proximité avec elle.
00:57Et la deuxième France dont vous parliez alors, Arthur ?
01:00Eh bien, c'est la France qui rasait jusqu'ici les murs et que ce meurtre a réveillé pour le
01:05meilleur et pour le pire.
01:06Une France qui tient à son identité et qui est prête à défendre sa culture et ses valeurs.
01:11Cette France, il ne faut pas le nier, elle contient elle aussi une frange violente, voire d'extrême-droite.
01:17Et on l'a vu ce week-end avec quelques saluts nazis et slogans racistes ou homophobes que la préfecture
01:24a eu raison de signaler à la justice.
01:26Mais la différence, c'est que dans cette France-là, il n'y a personne pour tolérer l'inacceptable.
01:31Les organisateurs de la marche ont particulièrement veillé à ce que le cortège soit digne, c'est leur terme.
01:37Et il n'y a d'ailleurs pas eu de heurts à l'issue.
01:40Quant au volet politique, le Rassemblement national a tout simplement demandé à ses cadres de ne pas participer à la
01:47manifestation
01:48pour ne pas être associés à d'éventuels débordements qui n'ont pas eu lieu.
01:51Ça change de LFI.
01:53Vous parlez de la France insoumise et du Rassemblement national.
01:56Ça veut dire que dans votre esprit, entre les deux, il n'y a plus rien ?
01:59Non, rien ou presque. Et la réalité, c'est que cela fait déjà deux ans que c'est comme ça,
02:03au moins deux ans,
02:04depuis les dernières législatives où l'on a vu à l'époque se dessiner un front prétendument républicain
02:09allant de Jean-Luc Mélenchon à Gabriel Attal face à Jordan Bardella et Marine Le Pen
02:14avec au milieu une droite LR totalement affaune, spectatrice de sa propre disparition
02:19et incapable de conjurer son effacement.
02:22Or, à un mois des municipales et à un an de la présidentielle, rien n'indique que les choses vont
02:27changer.
02:28Ni à droite, où Bruno Rotaillot peine à imposer sa candidature,
02:31ni à gauche, où même le soi-disant très anti-LFI Jérôme Gage
02:35a déjà confirmé qu'il retournerait infini dans les bras Mélenchonistes CQFD.
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