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00:00Allez, on passe à notre focus de ce samedi soir et on s'intéresse à la place de l'Afrique
00:05dans les Jeux Olympiques d'hiver.
00:07Elle est née à Madagascar, adoptée par un couple français et elle a chaussé ses premiers skis à 3 ans.
00:13Mia Lityana, Claire, a longtemps concouru pour la France avant de faire un choix décisif à 15 ans, représentée Madagascar.
00:20Et elle en parle avec nous ce soir. Merci Mia Lityana, Claire, et bienvenue dans votre GTA.
00:26C'est un plaisir de vous recevoir et d'autant plus que vous êtes encore en Italie, justement.
00:34Merci beaucoup de m'accueillir.
00:37Alors, on arrive à la fin de ces Jeux. Comment avez-vous vécu ces moments en tant qu'athlète d
00:41'abord, mais aussi en tant que porteuse de drapeau de Madagascar ?
00:46En tant qu'athlète, c'était vraiment une expérience incroyable, surtout que c'est ma troisième participation à des Jeux
00:52Olympiques d'hiver.
00:52Donc, c'est vraiment une opportunité inattendue.
00:56Et voilà, en tant que porte-drapeau aussi, c'était super.
01:00C'était encore un moment magique à vivre déjà avec tous les Italiens dans Cortina, mais aussi avec mon papa
01:07à mes côtés, la fédération, ma famille.
01:10Tout le monde était vraiment présent pour participer et voir ces Jeux Olympiques.
01:13C'était magique.
01:15Magique, on imagine assez facilement.
01:18Alors, vous, Mia Litina, à 15 ans, vous avez fait un choix important.
01:22Quittez l'équipe de France pour représenter Madagascar.
01:25Dites-nous ce qui a guidé cette décision.
01:29Alors, au début, j'essayais vraiment d'intégrer ce groupe français.
01:33Et en fait, c'était vraiment dur avec les années.
01:36Et il y avait beaucoup, beaucoup de concurrentes.
01:38Et à force, voilà, ça devenait un peu compliqué de se projeter dans ma carrière de ski et de savoir
01:45qu'est-ce qu'on allait faire.
01:46Et donc, on s'est dit, pourquoi pas utiliser mon deuxième passeport, donc malgache, et voir où est-ce que
01:52ça peut nous mener.
01:54Et après ça, l'opportunité de représenter Madagascar aux Jeux Olympiques est venue.
01:58Et me voilà, Cortina, pour ma troisième participation.
02:02Alors, vous dites que représenter le continent africain est essentiel pour vous.
02:06Expliquez-nous pourquoi cette dimension symbolique compte autant.
02:11Au début, ce n'était pas vraiment important à mes yeux parce que je ne savais pas vraiment ce que
02:16ça représentait.
02:17Et en fait, aujourd'hui, je sens que c'est vraiment important que des pays africains soient présents sur les
02:22Jeux Olympiques d'hiver
02:23ou même les Jeux Olympiques tout court.
02:26Parce que c'est vraiment important de montrer la présence de ces pays qu'on ne voit vraiment pas souvent
02:31sur des compétitions internationales
02:34et d'une si grande importance.
02:36Et aussi, il faut savoir aussi être fier de représenter ces couleurs sur ces compétitions et montrer de quoi on
02:42est capable.
02:43Parce que voilà, on bosse aussi dur que toutes les nations un peu plus présentes depuis beaucoup d'années.
02:49Alors, on le sait, les fédérations africaines ne disposent pas beaucoup de budget pour financer les athlètes,
02:55comme la fédération malgache.
02:56Concrètement, comment financez-vous vos saisons et vos entraînements ?
03:02Alors, tout d'abord, le sponsor premier de ma carrière de ski, ça reste mes parents, ma famille.
03:09Après, j'ai réussi avec les années et les résultats que je pouvais faire,
03:13à trouver des sponsors, vraiment de l'aide venant de proches autour de moi.
03:19Et voilà, en fait, il y a aussi la solidarité olympique qui propose une bourse pour quelques athlètes sélectionnés.
03:26Et donc, j'ai été choisie parmi les athlètes.
03:30Donc, voilà, ça aide vraiment pour, en tout cas, nous, les skieurs et beaucoup de petites nations à arriver jusqu
03:38'à notre objectif des Jeux olympiques.
03:40Alors, vous affirmez que tant que les athlètes africains ne monteront pas sur un podium, en hiver, les choses ne
03:46changeront pas.
03:47Que faudrait-il pour franchir ce cap ?
03:55Déjà, vraiment, qu'on puisse trouver plus de soutien financièrement pour qu'on puisse avoir exactement les mêmes conditions d
04:01'entraînement que les grandes nations.
04:03En tout cas, les nations qui ont beaucoup plus d'aide depuis pas mal d'années.
04:07Et après, en fait, suite à ce soutien, on pourrait vraiment arriver au même niveau que les meilleurs mondiaux.
04:16Est-ce que vous pensez que les pays africains devraient aussi investir dans les sports d'hiver ?
04:25Je dirais que oui, parce qu'il y a beaucoup de pays, de personnes qui vivent dans des pays comme
04:32moi, en Europe, en Autriche, en France,
04:36qui représentent en quelque sorte leurs origines, mais qui ne sont pas encore connus ou qui ne savent pas encore
04:42qu'ils peuvent prendre leur deuxième passeport.
04:43Et voilà, je pense que ça peut être une bonne chose pour ensuite arriver au même niveau que toutes les
04:53personnes qui ont ramené des médailles jusque-là.
04:57Vous savez que les Jeux olympiques sont compliqués, même les Jeux olympiques d'été.
05:01Les fédérations africaines ont très peu de budget, justement, pour financer les athlètes des Jeux d'été.
05:09Que répondez-vous à ceux qui disent que finalement, ce n'est peut-être pas leur priorité aux équipes, aux
05:13fédérations africaines ?
05:16Je dirais qu'il faudrait donner une chance à ces personnes comme moi, qui sont très rares,
05:23mais qui sont quand même présentes dans des sports dans lesquels on ne les attend pas du tout.
05:28Et voilà, en tout cas, donner une chance et savoir qu'en fait, le sport, ça reste quelque chose de
05:34vital.
05:35Et que ça permet aussi de partager un message comme quoi, déjà, plein de rêves sont atteignables,
05:42malgré le fait que ça peut être impossible pour beaucoup de personnes.
05:46En fait, pour beaucoup, on ne se rend pas compte que c'est des choses vraiment atteignables
05:51quand on a les opportunités, on a vraiment le soutien nécessaire.
05:55Et voilà, c'est vraiment quelque chose qu'on aimerait partager.
05:58Et moi, j'ai beaucoup de valeurs à partager avec les jeunes athlètes, que ce soit des Africains ou non.
06:05On prendra ça comme un message que vous transmettez, notamment aux jeunes Africains qui rêvent de sport d'hiver.
06:11Et je suis sûre que vous ferez des émules.
06:13Merci beaucoup à vous, Miali Tiena, Claire, d'être venue ici sur le journal de France 24.
06:20Merci beaucoup, c'était un plaisir de vous recevoir.
06:22Merci beaucoup.
06:23Et c'est ainsi que nous refermons ce journal de l'Afrique.
06:26Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde.
06:29Et ce soir, en particulier, de Tananarive à Kinshasa, en passant par Cotonou et évidemment en allant à Milano-Cortina.
06:37Merci beaucoup.
06:38Restez avec nous, car l'actualité continue sur France 24.
06:40Merci.
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