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[#Reportage] Suspension des réseaux sociaux : à la rencontre des acteurs du digital impactés

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00:00Qu'ils soient créateurs de contenus, social media managers, acteurs de commerce formels ou informels,
00:06ils partagent tous une réalité commune, la suspension des réseaux sociaux.
00:09Entre les discours officiels et la réalité sur le terrain, allons leur tendre le micro pour connaître l'impact de
00:16cette suspension.
00:21Annoncée depuis le mardi 17 février, la décision de la Haute Autorité de la Communication de suspendre les réseaux sociaux
00:28a eu un effet de choc sur les populations gabonaises, grandes consommatrices de ces plateformes numériques.
00:35Les retombées, elles sont de divers ordres.
00:39Si dans son interview à TV5MONDE, Mélodie Samba, porte-parole adjointe du président de la République,
00:45indiquait que la restriction des réseaux sociaux n'avait pas d'impact sur les activités informelles de type e-commerce,
00:51nous sommes allés à la rencontre des concernés.
00:56Ici, nous sommes à Glace, dans le quatrième arrondissement de Libreville.
01:00Le magasin Trois-Side, une enseigne qui fait dans le prêt-à-porter.
01:05Habituellement bondée de clients à toute heure,
01:08la structure, qui capte plus de 90% de sa clientèle à partir des plateformes TikTok et Facebook,
01:15était curieusement vide au moment de notre passage.
01:19Selon la gérante, la mesure étatique n'est pas étrangère.
01:23La fréquence a chuté.
01:25La fréquence a chuté parce que déjà, le WhatsApp, il bug.
01:30Les gens doivent passer des commandes.
01:31Ils n'ont plus accès à la page pour pouvoir faire des captures, pour envoyer, pour être livrés.
01:37Et voilà, comme vous voyez, il n'y a pratiquement pas de clients.
01:41Actuellement, ce sont les réseaux qui nous attirent la clientèle.
01:44Car nous boostons des publications pour avoir plus de clients qui viendront sur place.
01:48Sans ça, c'est vraiment silencieux.
01:51Démonstration faite, l'accès aux plateformes de la structure était effectivement inaccessible.
01:57En notre présence, quelques habitués ont tout de même foulé la porte de la boutique.
02:03Cependant, rien à voir avec la fréquence habituelle.
02:07Prochain arrêt au charbonnage à la rencontre d'acteurs du secteur informel.
02:12Ici, nous avons échangé avec des shooters, ces preneurs de photos surprises dont l'usage de WhatsApp est une nécessité.
02:21Vraiment, ce n'est pas la joie.
02:23Ce n'est vraiment pas la joie.
02:25Parce que depuis hier, avec l'histoire des réseaux sociaux, avec WhatsApp, c'est compliqué, vraiment compliqué.
02:32Nous qui sommes photographes, qui faisons des shoots, on n'arrive pas à envoyer des photos.
02:36On a perdu des clients depuis hier, jusqu'à ce matin.
02:39Un client que j'ai reçu à filmer a voulu me donner 2000, mais voulait par WhatsApp transférer les photos
02:47par WhatsApp.
02:47Problème de connexion, ça ne passe pas. Il n'y a pas seulement que WhatsApp.
02:51Depuis hier, sur YouTube, Google, Instagram, Facebook, c'est compliqué.
02:57Vendeur de prêt-à-porter, shooter, mais aussi créateur de contenu.
03:01À Okala, nous avons pu voler quelques minutes à Mr. Wills,
03:05qui a bien voulu nous faire part de son calvaire depuis l'entrée en vigueur de la suspension des réseaux
03:11sociaux.
03:12Mr. Wills, bonjour.
03:14Bonjour.
03:14Créateur de contenu, suspension des réseaux sociaux.
03:16Comment est-ce que, avant d'aller sur le fait, comment est-ce que ça se passait avant dans votre
03:21travail au quotidien ?
03:23Le travail au quotidien d'un créateur de contenu, c'est de créer, justement, comme le nom le dit, du
03:27contenu.
03:28Et dans mon sens, c'est un peu tout ce qui est vidéo, tout ce qui est images.
03:33Donc, au quotidien, c'est justement préparer un setup, faire le script d'une vidéo, la tourner, la poster.
03:40D'accord. Ça fait un peu plus de 24 heures que la HAC a décidé de suspendre les réseaux sociaux.
03:44C'est une situation qui met tout le monde à mal, on ne va pas se le mentir.
03:48Et tout en tant que créateur de contenu, quel est l'impact ?
03:51L'impact, il est non seulement direct, mais l'impact, il est automatiquement négatif,
03:55puisque c'est déjà des... En tout cas, moi, je parle pour moi.
03:58C'est déjà des revenus en moins, tout simplement parce qu'on a aussi, il faut le dire, les créateurs,
04:04on a, par exemple, des contrats qu'on doit honorer, il y a des planifications.
04:07Moi, par exemple, je travaille avec des entités à l'étranger.
04:11Voilà. Donc, j'ai des obligations, on va dire, en termes de contenu, en termes de postes à gérer.
04:17Et c'est vrai que là, ce n'est pas possible de le faire.
04:21Même sur le plan logistique, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, tu ne peux plus faire...
04:23Là où on part, on ne peut pas faire de mise à jour, par exemple, d'un logiciel, on ne
04:27peut pas...
04:27Enfin, c'est vraiment compliqué.
04:31Et ça, c'est vraiment l'impact, on va dire, sur l'aspect professionnel,
04:35mais même psychologique, c'est compliqué aussi,
04:37puisque nous, on se nourrit des réseaux, justement, pour avoir des inspirations et tout ça.
04:41Et pour faire face à cela, quelles sont, vous, vos solutions,
04:44nombreux aujourd'hui ont opté pour le VPN ? Est-ce que vous aussi, vous faites partie de cela ?
04:47On était tous obligés de prendre un VPN vite fait.
04:52Déjà que l'annonce, elle était un peu incongrue, c'est venu comme ça, boum !
04:56Donc, on a réagi rapidement avec des VPN, mais le VPN, ça ne fait pas tout, j'ai envie de
05:01dire.
05:01Surtout dans mon travail, ça ne fait absolument pas tout,
05:05d'autant puisque, par exemple, mon VPN avec le Wi-Fi, il ne passe pas.
05:09Donc, du coup, ça veut dire que même s'il faut travailler,
05:11je ne pourrais même pas poster, par exemple, des vidéos de 10 gigas, par exemple.
05:15Ce ne serait pas possible.
05:16Et il y a quand même des restrictions encore sur des réseaux que j'ai, YouTube, par exemple, etc.
05:20Donc, là, vraiment, c'est le stand-by, on ne peut pas travailler.
05:24Loin des discours officiels déconnectés des réalités,
05:27il existe bien des personnes impactées au plan économique.
05:31Et Mr. Wills nous l'a bien démontré.
05:34À l'heure du numérique, les talents sont nombreux.
05:38Mais sous la Ve République, les obstacles sont volontairement créés.
05:46Yitou Inyambi, social media manager freelance,
05:49nous a accueillis dans ses bureaux, 6 à Menube 3.
05:52C'est dans le cinquième arrondissement de Libreville.
05:55Il accompagne des entreprises dans la création des contenus
05:58et la gestion des plateformes de communication.
06:01À l'instar d'autres acteurs du numérique,
06:04lui aussi a pointé les difficultés qu'il rencontre
06:07depuis la suspension des réseaux sociaux.
06:09Aujourd'hui, nous venons à votre rencontre, justement,
06:12avec la suspension des réseaux sociaux depuis hier.
06:15Mais avant, comment se passaient les activités avant ?
06:19Je travaille avec plusieurs entreprises
06:21sur la base du planning,
06:24que ce soit à Eble Moderne ou Montiel.
06:26Dans ces plannings-là, il y a le contenu qui doit être créé,
06:30la stratégie qui en a manqué d'être mise en place
06:33et la validation qui s'est faite de façon Eble Moderne
06:36pour que chaque jour puisse avoir de l'activité
06:39sur les différentes plateformes.
06:41Maintenant qu'il y a eu cette suspension des réseaux sociaux,
06:44quel est l'impact direct ou indirect sur votre travail ?
06:48Les entreprises, aujourd'hui, ne voient plus les réseaux sociaux
06:51comme des simples canaux de communication.
06:54Pour elles, ce sont des canaux de vente, aujourd'hui,
06:58et de gestion, je veux dire, d'images,
07:01et un gros travail, en gros, qui est concentré de ce côté-là.
07:05Et ce n'est plus un simple canal de communication
07:08comme on pouvait le remarquer auparavant.
07:14Et l'effet de la suspension se fait ressentir à deux niveaux.
07:18Premièrement, au niveau des prestataires,
07:20donc les social media managers, les community managers,
07:23les agences de communication digitale,
07:26parce qu'on voit aujourd'hui notre travail,
07:29donc les stratégies qui ont été mises en place,
07:31les campagnes,
07:33et les objectifs qui ont été assignés freinés
07:36pour cette suspension.
07:38Et d'un autre côté, qui est surtout le cas le plus critique,
07:40c'est du côté des clients,
07:42donc les entreprises, par exemple, pour la campagne,
07:44qui, aujourd'hui, se retrouvent coupés
07:48ou alors suspendus de leur principal canal
07:50vers leur audience.
07:52Impact sur l'audience, mais aussi sur le chiffre d'affaires.
07:55Pour ce dernier, couper les entreprises de leur cœur de cible,
07:59c'est les asphyxier économiquement.
08:02Si il n'y a plus de contact avec la cible
08:04et de plateforme pour communiquer avec elle,
08:07forcément, il y a un impact au niveau du chiffre d'affaires,
08:10surtout pour celles qui le font quotidiennement.
08:14Et du coup, pour ajouter,
08:17nous, on se retrouve limités de notre accompagnement
08:20envers les entreprises
08:22et la force de position qu'on peut être
08:25pour elles au niveau du digital
08:26pour faire évoluer leurs activités au quotidien.
08:32Justement, pour essayer de réduire un peu les dommages
08:35de cette suspension,
08:36comment est-ce que vous, vous avez procédé ?
08:38Déjà, il a été important de communiquer avec ces entreprises
08:42pour qu'elles puissent comprendre, en fait,
08:44l'impact de la suspension en ce moment,
08:46pour qu'elles puissent être tolérantes
08:49par rapport à la baisse d'activité qu'il y a en ce moment.
08:52Et surtout, de l'autre côté,
08:55on a été obligé d'utiliser certaines,
08:58je vais dire,
09:02certaines applications ou autres
09:03pour devoir essayer de rester en activité,
09:07en contact avec nos clients,
09:09parce que même s'il y a une plateforme comme WhatsApp
09:12qui fonctionne encore,
09:14mais le fonctionnement est léger, en fait.
09:17Surtout qu'on a remarqué
09:19qu'il n'y a pas que les réseaux sociaux
09:21qui ont été impactés,
09:23soit c'est une conséquence directe ou indirecte,
09:28c'est-à-dire voulu ou pas voulu,
09:31qui touche, en fait,
09:33d'autres applications,
09:34d'autres plateformes de travail
09:37des professionnels du digital.
09:40Est-ce que vos clients ne se sentent pas inquiétés ?
09:42Comment est-ce que vous arrivez à les rassurer ?
09:44Parce qu'on ne sait pas jusqu'à quand
09:45est-ce qu'on sera dans cette situation.
09:47Exactement.
09:48Je pense que l'inquiétude est aussi des deux parties,
09:51de l'autre côté,
09:52parce qu'on ne sait pas,
09:54déjà, quand est-ce,
09:57le bon fonctionnement des plateformes va revenir.
10:00Et surtout,
10:02ça touche, je veux dire,
10:04le pain quotidien, en fait.
10:05du tout professionnel du domaine.
10:08Parce qu'il y en a qui sont,
10:09qui génèrent des revenus de façon hebdomadaire,
10:12et d'autres de façon mensuelle, par exemple.
10:14Et donc,
10:15quand vous ne savez pas quand est-ce,
10:17tout reviendra là-dedans,
10:18s'inquiète forcément sur la suite de votre activité.
10:21Maintenant, du côté des clients,
10:22comme je le disais tout à l'heure,
10:25il y a une inquiétude,
10:27parce que forcément,
10:28il y a une baisse du chiffre d'affaires.
10:30Et surtout, quand on ne sait pas
10:32jusqu'à quand ça va durer,
10:33on se dit jusqu'à quand notre activité
10:35va être impacté.
10:36Donc, il y a cette inquiétude de ce côté,
10:39surtout pour les entreprises
10:41qui ont mis ses crocs sur le digital.
10:43Oui.
10:44Est-ce qu'on peut voir ensemble
10:45comment ça se passe sur votre machine ?
10:48D'accord, il n'y a pas de souci.
10:52Est-ce qu'il y a cette inquiétude ?
10:55Alors, sur les plateformes
10:57telles que Facebook déjà,
10:59c'est le même feed qui s'affiche.
11:03Et en gros,
11:05la plupart des personnes
11:05que vous allez peut-être voir
11:08connectées ou publiées,
11:09c'est qu'elles ont un VPN en fait.
11:11Donc, ça, c'est généralement
11:13les publications qui datent
11:15d'il y a deux ou trois jours
11:16avant la coupure des plateformes.
11:20Facebook, Instagram,
11:23mais aussi YouTube,
11:24qui n'appartiennent pourtant pas
11:25au groupe Meta,
11:26censé être le seul concerné
11:28par la suspension.
11:30Pour Yitu Inyambi,
11:32la sortie récente de la porte-parole
11:34de la présidence de la République,
11:35tentant à minimiser l'impact
11:37sur les acteurs du numérique
11:39est tout simplement lunaire.
11:41Qu'ils soient créateurs de contenus,
11:43social media manager,
11:45vendeurs en e-commerce,
11:46photographes de rue,
11:47ces Gabonais crient tous
11:48à l'injustice face à ceux
11:50qui s'apparentent
11:51à une punition collective.
11:53Pour eux,
11:54l'État aurait pu cibler sa mesure
11:56en s'attaquant directement
11:57à ceux qui violent la loi.
11:59Si à ce stade,
12:00l'impact économique
12:01de cette suspension
12:02des réseaux sociaux
12:03n'est pas chiffré,
12:04il ne fait désormais
12:05aucun doute
12:06que les familles
12:07entières
12:08pourraient être
12:09économiquement affectées.
12:10On n'a pas accès
12:11aux réseaux sociaux,
12:12c'est leur pays.
12:13Les décisions qu'ils prennent
12:14en haut,
12:14c'est nous qui subissons,
12:15nous, la basse classe.
12:16On ne peut que subir.
12:17On ne peut pas parler
12:18d'autres pays bizarres.
12:19Quand on parle,
12:19on nous enferme.
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