00:01Alors que le débat public gabonais se concentre souvent sur le niveau global de l'endettement,
00:05une voix autorisée invite à déplacer le curseur.
00:08Dans une tribune publiée dans Jeune Afrique, Jean Fidèle Otondo, ancien ministre d'État
00:12en charge du budget et expert comptable, pose un diagnostic sans détour.
00:16Le véritable péril pour les finances publiques africaines et gabonaises en particulier n'est
00:20plus tant dans le stock de dettes que le poids croissant de son service.
00:24Selon les données rappelées par l'auteur, plus d'un tiers des recettes publiques de
00:27nombreux États africains sont désormais absorbés par le remboursement de la dette.
00:31Une situation qui réduit mécaniquement les marges de manœuvre budgétaires et fragilise
00:35la capacité des États à financer les politiques publiques essentielles.
00:39Au Gabon, la situation n'échappe pas à cette tendance lourde.
00:42Les charges financières représenteraient plus de 10% des recettes budgétaires,
00:46un niveau jugé préoccupant au regard des besoins socio-économiques.
00:50Éducation, santé, infrastructure, énergie, autant de secteurs stratégiques qui subissent
00:55en effet d'éviction directe, faute de ressources disponibles.
00:58Jean-Fidèle Otando insiste sur un point central, la dette gabonaise peut paraître soutenable
01:03en apparence, notamment en comparaison avec d'autres économies émergentes.
01:08Mais cette lecture purement comptable masque une réalité plus préoccupante,
01:12celle d'une dette structurellement asphyxiante dont le coût pèse lourdement sur l'investissement
01:16public et la croissance.
01:17L'analyse économique est sans concession.
01:20Un État qui consacre une part excessive de ses ressources au service de la dette rembourse
01:23puisqu'il n'investit.
01:25À terme, ce déséquilibre compromet non seulement la qualité des services publics,
01:28mais aussi la capacité du pays à préparer l'avenir et à soutenir une croissance inclusive
01:33et durable.
01:34Pour l'ancien ministre d'État, l'enjeu n'est pas idéologique.
01:37Il ne s'agit ni de diaboliser la dette, ni de nier son utilité dans le financement
01:41du développement.
01:42Il s'agit au contraire de recentrer le débat sur la soutenabilité opérationnelle
01:46de la dette en intégrant son coût réel, ses modalités du financement et ses impacts
01:51concrets sur la vie des populations.
01:53À travers cette prise de position, Jean Fudèle Otondo appelle à une approche plus lucide
01:57et plus responsable de la gestion budgétaire.
01:59Une invitation claire à repenser les arbitrages financiers afin que la dette cesse d'étouffer
02:03l'État et redevienne un levier au service du développement.
02:07l'اعre de l'étać
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