00:00On est toujours en attente d'annonces qui sont faites, c'est-à-dire qu'on est reçu par différents
00:04conseillers,
00:04par le directeur interrégional des services pénitentiaires de l'outre-mer sur les vacances de poste,
00:08notamment vous êtes ici sur un établissement où il manque 20 agents pour fonctionner normalement.
00:12C'est quoi concrètement ? C'est-à-dire qu'à l'ouverture de l'établissement, on a paramétré un
00:15nombre de personnel
00:15en fonction de la densité carcérale. Il y avait à l'ouverture 214 surveillants.
00:20Aujourd'hui, avec 300 détenus en plus, on est à 194 surveillants. Il manque 20 agents.
00:2520 agents pour fonctionner normalement. Qu'est-ce qui se passe ?
00:27On rappelle systématiquement les collègues sur leur jour de repos, ce qui rajoute bien sûr de la fatigue,
00:32ce qui rajoute aussi un isolement social pour les personnels pénitentiaires, car ils passent leur temps sur leur lieu de
00:36travail.
00:37C'est la même chose au port et on est dans une autre difficulté à Saint-Pierre, c'est plutôt
00:40sur la vétusté de l'établissement que le manque de postes.
00:43Donc ça, c'est un premier point où on n'est pas entendu.
00:46Qu'attendez-vous aujourd'hui de la visite de Gérald Darmanin ? Est-ce que vous attendez des annonces concrètes
00:50?
00:50Alors, bien sûr qu'on attend des annonces concrètes. C'est toujours un moment fort.
00:53Je rappelle que ça fait 4 ans qu'on n'a pas vu un ministre de la justice sur notre
00:56département.
00:57C'est un moment, je dirais, charnière, parce qu'il y a une visibilité.
01:01On parle de l'administration générale, mais pas que de la pénitentiaire, de l'ensemble du ministère de la justice.
01:06Donc on attend quoi ? On attend des avancées sur le dossier de la construction d'un nouvel établissement dans
01:09le sud.
01:09Mais surtout, ce que l'on attend, c'est qu'on soit enfin entendu sur l'ensemble des vacances de
01:13postes qui sont trop nombreuses
01:14et qui ne permettent pas de fonctionner correctement au quotidien dans un établissement pénitentiaire.
01:19Et il en est, bien sûr, de la sécurité des personnels.
01:21Donc des prisons sont sous tension, clairement, sur notre département depuis plusieurs années.
01:26Mais on dirait qu'on est monté d'un cran.
01:28On l'a vu encore récemment avec des violences faites à l'encontre des personnels,
01:32aussi bien dans les établissements pénitentiaires.
01:34Et ça s'est exporté, malheureusement.
01:36Et on l'a vu à Saint-Pierre la semaine dernière chez un collègue à son domicile.
01:39Donc beaucoup de tensions.
01:40Cette tension, elle est liée à la surpopulation,
01:42qui malheureusement affecte les trois établissements de l'île.
01:45Le centre pénitentiaire de Saint-Denis où on se trouve,
01:48où aujourd'hui on accueille 940 détenus pour 575 places.
01:52La maison d'arrêt de Saint-Pierre qui attient 200 détenus pour 114 places,
01:56avec un système de dortoir où on peut mettre 16 détenus et on rajoute des matelas au sol.
02:00Et le centre détention du port, qui est le seul établissement pour peine de l'océan Indien,
02:04qui est aujourd'hui confronté à une surpopulation en triplant les détenus dans un établissement pour peine.
02:10Donc cette surpopulation, qu'est-ce qu'elle fait ?
02:12Elle génère de la violence, on sait.
02:14La violence en premier lieu envers les personnels pénitentiaires,
02:17mais également entre personnes détenues.
02:19On a encore vu le week-end dernier sur le centre pénitentiaire de Saint-Denis,
02:23grâce aux fouilles et à l'investissement des personnels,
02:26la découverte d'armes artisanales qui deviennent légion dans l'établissement pénitentiaire,
02:30comme les téléphones portables,
02:31qui, si vous voulez, ramènent cette difficulté à exercer quotidiennement
02:36le travail de l'administration pénitentiaire.
02:40Il y a un problème particulier également qui concerne le quartier des femmes à Domingueau.
02:44Quel est-il ?
02:45Tout à fait. Ce quartier des femmes, aujourd'hui, accueille 74 détenues filles pour 28 places,
02:49en grande partie liées au narcotrafic, c'est-à-dire à ces mules qu'on intercepte de manière régulière à
02:54Gilot.
02:54Encore récemment, il me semble qu'il y en a encore en garde à vue aujourd'hui.
02:58Ces mules qui, aujourd'hui, c'est à peu près 50% de l'effectif de la maison d'arrêt
03:02des femmes.
03:02Ça pose des difficultés. Là, on n'entasse pas 2, 3, 4, mais 6 détenus par cellule au niveau du
03:08quartier femmes.
03:08Et il y a une aile qui s'appelle le centre de détention, qui est un établissement pour peine.
03:12Là, également, on triple les cellules.
03:13Donc, c'est des conditions de détention qui sont extrêmement difficiles
03:16et qui génèrent, encore une fois, beaucoup de violence.
03:20Je ne sais pas si c'est un établissement pour lesquels,
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