00:00D'abord, si vous le permettez, ou je réponds à tout, ou je réponds à rien.
00:03Allez-y !
00:03Donc, le moratoire, c'est quelque chose de très simple.
00:07Quand on arrive, on se demande comment fonctionnent les caméras à Marseille, et si elles fonctionnent.
00:12Quand on arrive, il y en a 1500.
00:14On s'aperçoit très vite qu'il y en a plusieurs centaines qui n'ont jamais été allumées.
00:19Je ne sais pas si vous imaginez, dans une ville qui fait 5 fois Lyon,
00:23parce qu'il n'y a pas que les Marseillais qui nous regardent,
00:24il faut expliquer que Marseille, c'est 5 fois Lyon, 2 fois et demi Paris.
00:27Et donc, il y a plusieurs centaines de caméras qui, non seulement, n'ont jamais été allumées,
00:33mais pour certaines, n'ont jamais été branchées.
00:35Donc, en effet, il fallait faire un moratoire pour avoir des caméras qui fonctionnent
00:40et qui soient placées correctement.
00:41Ou, par exemple, des caméras devant les écoles,
00:44des caméras devant les endroits qui sont accidentogènes.
00:46Les caméras n'ont jamais empêché la commission d'un crime.
00:50Et d'ailleurs, le drame que nous avons vécu avec la mort du petit Médic Essacy,
00:54s'est passé sous une caméra.
00:56Par contre, là où je ne suis absolument pas d'accord avec M. Delobus,
01:00c'est que ces caméras, elles permettent, et au moment où on parle,
01:03elles permettent non seulement de faire avancer l'enquête,
01:06mais non seulement de rétablir des faits que nous n'aurions pas pu rétablir.
01:11Mais ce n'est pas moi qui le dis, c'est la gendarmerie qui a commandé une enquête.
01:15Oui, et donc, c'est très important.
01:16C'est factuel, très factuel.
01:18C'est très important, en effet, de savoir où est-ce qu'on les place.
01:22Ça, c'est pour les caméras.
01:23Et puis, il y a surtout l'aspect humain.
01:25Vous l'avez dit, je pense que Sophie Ebrard l'a dit,
01:28nous avons vécu une véritable saignée de la police nationale dans cette ville.
01:33Comment, dans une ville comme Marseille,
01:35qui fait, encore une fois, cinq fois Lyon,
01:38qui concentre des problèmes sociaux, politiques, économiques, majeurs,
01:42l'État a-t-il pu abandonner et faire que nous perdions chaque année,
01:48jusqu'en 2022, au moins 100 policiers.
01:52Quant à la suppression de la préfecture de police de plein exercice,
01:55pardonnez-moi, c'est une folie.
01:56Et quand j'en reviens à ce que nous avons fait, nous,
01:58c'est-à-dire remettre des humains,
02:00la police municipale, elle existe depuis les années 70 à Marseille.
02:04C'est-à-dire qu'entre 1970 et 2020,
02:08les différents maires de droite et de gauche
02:11recrutent 421 policiers municipaux.
02:14En un mandat, on en aura recruté autant.
02:17Pour en mettre où ?
02:18De partout dans la ville, de partout où c'est nécessaire.
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