00:00Un troisième cycle de pourparlers et directs, mais toujours aucune solution en vue pour mettre fin à la guerre.
00:05A Genève, en Suisse, ukrainien, russe et américain se sont à nouveau quittés sans le moindre accord.
00:11Tout sauf une surprise. Pour Vladimir Zelensky, les positions de Kiev et de Moscou diffèrent toujours sur plusieurs points clés,
00:17et notamment sur l'épineuse question territoriale.
00:20Je vous propose d'écouter les chefs des deux délégations, ukrainiennes et russes, sur France 24.
00:26Aujourd'hui, nous avons tenu une nouvelle série de négociations trilatérales entre l'Ukraine, les Etats-Unis et la Russie.
00:34Les discussions ont été intenses et substantielles.
00:38Nous remercions nos partenaires américains d'avoir veillé à ce que le processus ne s'arrête pas et se poursuive,
00:44ainsi que la Suisse pour son accueil et son hospitalité.
00:47Nous nous concentrons sur les dispositions clés nécessaires pour finaliser le processus.
00:51S'il s'agit d'un travail complexe qui nécessite un alignement entre toutes les parties et suffisamment de temps,
00:56des progrès ont été réalisés, mais aucun détail ne peut être divulgué à ce stade.
01:04Comme vous le savez, les négociations ont duré deux jours.
01:07Hier, elles ont été très longues et se sont déroulées sous différentes formes.
01:11Et aujourd'hui également, pendant environ deux heures, elles ont été difficiles, mais constructives.
01:16La prochaine réunion aura lieu prochainement.
01:20C'est tout ce que nous voulions dire.
01:25Et on vous retrouve à Washington, Mathieu Mabin.
01:28Bonjour Mathieu.
01:30L'analyse avec vous, quelle est la stratégie américaine à Genève ?
01:33Pousser Kiev à des concessions ou contraindre Moscou à reculer ?
01:40Alors, elle n'a pas fondamentalement changé cette stratégie, en tout cas pas depuis que Donald Trump est arrivé à
01:45la Maison Blanche.
01:46Et elle est d'ailleurs assez simple.
01:47Elle repose sur un objectif, obtenir un arrêt des combats, même partiel, pour pouvoir dire que les États-Unis ont
01:55relancé une dynamique.
01:57C'est concrètement le seul objectif à ce stade de Donald Trump.
02:00Donald Trump veut un cessez-le-feu.
02:02Pas forcément un accord de paix définitif, mais un gel du front.
02:06Quelque chose de visible, qu'il pourra utiliser dans la campagne des mid-terms, évidemment.
02:10Concrètement, l'équipe américaine à Genève, on vient de le voir, emmenée par le secrétaire d'État Marco Rubio,
02:16avec l'envoyé spécial Steve Witkoff, qu'on ne présente plus,
02:18le tout sous la supervision du Conseil à la Sécurité Nationale,
02:24tous poussent pour deux choses.
02:26D'abord, un mécanisme de cessez-le-feu vérifiable, ça veut dire contrôlé par des observateurs.
02:31Ensuite, l'ouverture d'un calendrier de discussion sur des territoires,
02:34sans trancher immédiatement la question.
02:37Précisons sur cette question des territoires que, en l'état actuel des choses,
02:42seul un changement de régime à Moscou, concrètement,
02:44pourrait garantir le recouvrement de l'intégralité, de l'intégrité territoriale ukrainienne.
02:51Il ne faut donc absolument pas s'attendre à quoi que ce soit qui s'en rapproche,
02:55ni à court terme, certainement pas, et probablement pas à moyen terme.
02:59Mais peu importe pour Donald Trump.
03:01Pour arriver à quelque chose, Washington met la pression sur Kiev.
03:05C'est évidemment plus facile.
03:07Officiellement, le soutien à l'Ukraine reste donc intact.
03:10En tout cas, le soutien diplomatique, puisque le soutien financier, on le rappelle, lui, s'est arrêté.
03:14Mais en coulisses, les Américains demandent à Volodymyr Zelensky de montrer qu'il est prêt à discuter.
03:20Et donc, à concéder.
03:22Certains diront à se soumettre.
03:24L'argument ici est donc tout à fait clair.
03:26Si l'Ukraine refuse toute négociation, elle risque d'apparaître comme le camp qui bloque.
03:31En face, Moscou ne cède strictement rien sur les territoires occupés, pas plus que sur le reste.
03:38Et là, les États-Unis ont peu de leviers supplémentaires.
03:41Les sanctions sont déjà massives, on le sait.
03:44On ne sent pas vraiment une volonté américaine de s'attaquer à la flotte fantôme russe, par exemple.
03:49Ce qui, pourtant, frapperait Moscou au portefeuille de manière assez significative, peut-être même déterminante.
03:56Donc, la stratégie américaine n'est pas de forcer la Russie à capituler.
03:59C'est de voir si un gel du conflit est possible.
04:01Parce que, dans le fond, la vision de Donald Trump n'a pas radicalement changé non plus.
04:06Dans le monde de Trump, l'Amérique pourrait s'accommoder d'une Ukraine coupée en deux pour un siècle.
04:12Et ça ne serait pas dramatique pour l'équilibre du monde, en tout cas pas pour l'Amérique.
04:16En revanche, n'oublions jamais que l'un des projets du président américain était bien de tracer un axe Washington
04:23-Moscou,
04:24en passant par l'Europe.
04:25Et donc, de dissuader le Kremlin de ces tentations chinoises.
04:29On en revient toujours au même sujet.
04:31Pour parler, donc, qui se sont tenus à Genève, Mathieu, Genève théâtre également,
04:36pour parler de négociations sur le nucléaire iranien,
04:40là aussi, même question, quelle est la stratégie des Etats-Unis ?
04:42Chercher un accord rapide ou préparer le terrain avant un éventuel durcissement,
04:46si Téhéran ne va pas dans son sens ?
04:51Alors, d'abord, les Etats-Unis veulent savoir si l'Iran est prêt à ralentir concrètement,
04:56très concrètement, son programme nucléaire.
04:58C'est le cœur de la stratégie américaine à Genève et donc le cœur du sujet, en fait.
05:03L'équipe envoyée par la Maison-Blanche autour de Marco Rubio ne cherche pas un accord spectaculaire immédiat.
05:09Elle cherche un engagement précis, en clair, plafonner l'enrichissement d'uranium
05:14pour rendre un projet militaire impossible et faire accepter des inspections renforcées de l'AIEA,
05:21avec des agents plutôt américains.
05:23Si Téhéran accepte ce cadre, Washington est prêt à discuter d'un allègement progressif de certaines sanctions,
05:30et même de la pression militaire.
05:32Mais l'administration Trump ne veut pas d'un accord jugé insuffisant.
05:36Le précédent accord nucléaire reste dans toutes les têtes, ici, en tout cas dans la tête de Donald Trump.
05:41Donald Trump estimait qu'il avait laissé trop de marge à l'Iran.
05:45C'est pour ça qu'il l'a supprimé.
05:47Cette fois, les États-Unis veulent des garanties plus strictes et plus durables.
05:51En parallèle, la pression continue.
05:53Le département du Trésor prépare de nouvelles sanctions ciblées, annoncées.
05:57Le Pentagone maintient une présence militaire dissuasive dans la région,
06:01avec même un second porte-avions en route.
06:03Donc elle consolide cette présence militaire.
06:05Le message est absolument simple, là aussi.
06:08La diplomatie est ouverte, ok, mais la pression ne disparaît pas.
06:12Et si Téhéran refuse d'aller plus loin,
06:14la Maison-Blanche est prête à durcir le ton, y compris militairement.
06:18Merci pour votre décryptage, Mathieu.
06:20On se retrouve très vite sur l'antenne.
06:21Deuxièmement.
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