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  • il y a 2 jours
A conversation with Emmanuel Macron

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Technologie
Transcription
00:00Bonjour Monsieur le Président, merci d'être là.
00:03Merci surtout d'être fidèle comme tous les ans à Vivatech.
00:09On est vraiment extrêmement touchés.
00:11Et puis merci tout particulièrement cette année parce que vous revenez d'Ukraine.
00:15Il y a la guerre sur le sol européen.
00:17Vous êtes mobilisés en permanence pour essayer de ramener la paix.
00:21Et on sait très bien que sans la paix, il est difficile de construire et d'imaginer l'avenir.
00:26Alors la French Tech, vous pouvez le constater ici, vous l'avez constaté en arrivant, fait preuve d'un très
00:32grand dynamisme.
00:33Nous avons près d'une trentaine de startups qui sont valorisées plus d'un milliard de dollars.
00:38C'est ce qu'on appelle des licornes.
00:40La France a même dépassé son objectif en la matière.
00:44On en connaît beaucoup.
00:46Certaines font même partie de notre vie quotidienne.
00:49Évidemment, Doctolib, Mano Mano, Black Market et je pourrais en citer beaucoup d'autres.
00:54Il y a eu un vrai changement d'atmosphère ces dernières années, de mentalité peut-être.
00:58Peut-être pouvez-vous nous dire en introduction quelle feuille de route vous verriez pour, j'allais dire, changer d
01:04'échelle, passer à l'étape suivante.
01:08Bonjour et je suis aussi très heureux de vous retrouver aujourd'hui à nouveau.
01:13Donc merci de m'accueillir.
01:15Et je veux vraiment féliciter l'ensemble des organisateurs, des partenaires.
01:21Madame la ministre qui est à mes côtés aussi est très heureuse d'être là parce que quand, au fond,
01:27Vivatec a été lancé, ça fait maintenant 5 ans.
01:33Ça fait 5 ans.
01:346 ans.
01:362016, ça va faire 6 ans.
01:39C'était un pari.
01:41Et il y avait des gens pour dire qu'on pouvait en douter, que les Français jouaient au coq en
01:48quelque sorte et qu'ils avaient une place à prendre dans la technologie, mais que ce n'était pas une
01:53évidence.
01:55Et vous vous êtes imposé, donc ce salon est devenu vraiment un événement extraordinaire et un peu à l'image
02:00de la transformation de l'écosystème français.
02:03Et donc pour moi, être là parmi vous aujourd'hui, c'est d'abord vous dire bravo parce que vous
02:09avez parcouru un sacré chemin.
02:11Et nous avons tous ensemble, à l'échelle de la nation, parcouru un vrai chemin.
02:15Quand on se retourne et qu'on regarde au moment où on a créé Vivatec, on levait beaucoup moins d
02:22'argent, on avait beaucoup moins de start-up.
02:24Surtout, on les faisait grandir beaucoup plus difficilement en France et en Europe.
02:28Et on se retrouve donc, cette fin de printemps 2022, avec un écosystème français, mais qui est, je dirais, nativement
02:40européen, où les chiffres ont complètement été transformés.
02:44On a multiplié par 5 les levées. On a fait 12 milliards en 2021, par 5.
02:50Je me souviens que j'avais fixé moi-même au début du quinquennat un objectif en disant 25 licornes en
02:562025, on est à 27.
03:00Et je félicite Ecovadis, le dernier qui a rejoint le club, si je puis dire.
03:07On a aussi multiplié la taille, accru la taille des levées, avec des tickets beaucoup plus importants qui n'étaient
03:14pas accessibles pour la France il y a quelques années, grâce à des vraies transformations.
03:19J'y reviendrai, le fonds Tibi et beaucoup d'autres choses.
03:22On a retrouvé des IPO sur notre marché, avec des vrais succès, OVH, Believe, avec lesquels on était l'année
03:30dernière, et quelques autres.
03:32Et puis vous en avez une, là, qui s'est introduite en bourse il y a quelques jours.
03:35Il y a quelques jours.
03:37Et donc, c'est une vraie transformation de notre écosystème.
03:41Et puis, vous l'avez très bien dit, Nicolas, on a aussi des start-up qui sont devenus des groupes
03:47un peu plus grands, qui ont transformé notre quotidien et nous aident à traverser les crises, qu'il s'agisse
03:54des grandes crises sanitaires, qu'il s'agisse de la transition écologique ou du reste.
03:59Et donc, pour moi, le défi, c'est en effet de continuer à rêver le plus grand possible, d'aller
04:03le plus loin et le plus fort possible, de ne pas s'arrêter là, et de se dire l'écosystème
04:08technologique français que vous représentez doit continuer à attirer le monde, les investisseurs et les talents, avec, pour moi, si
04:20je devais simplifier, je ne serais pas complet parce que je ne veux pas être trop long, mais deux grands
04:23objectifs.
04:24Le premier est de continuer à nous aider à participer aux grands défis du siècle, c'est-à-dire apporter
04:30des réponses à la transformation numérique, à la transition écologique et à l'adaptation au climat.
04:36La période que nous sommes en train de vivre nous montre l'importance. Il y a une partie des solutions
04:39dans la tech.
04:41Et évidemment, aux défis sanitaires et autres, avoir une vie meilleure. La tech y contribue.
04:47Et la deuxième chose, le deuxième grand objectif, c'est au fond de se dire qu'on doit aussi acter
04:52qu'on ait un moment de convergence entre la tech et des technologies critiques, l'intelligence artificielle, le quantique,
05:01beaucoup de choses que Mme la ministre connaît beaucoup mieux que moi, donc je ne m'aventurerai pas sous son
05:04contrôle à aller trop loin sur ce sujet.
05:07Et donc là-dessus, on doit aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort parce qu'on a en quelque
05:10sorte des éléments critiques de nos stratégies futures qu'il faut pouvoir détenir.
05:14Et donc la tech a aussi un rôle souverain. Bilan des courses, quel objectif je nous fixe ?
05:19D'essayer de, dans les 5 ans qui viennent, de développer 10 géants de la tech en Europe et de
05:26monter le nombre de nos licornes à au moins 100 à horizon 2030, ce qui est faisable.
05:31En se disant qu'on doit au moins en avoir un quart dans les technologies vertes et l'émergent.
05:38Et donc pour ce faire, on va y revenir, mais il y a plusieurs leviers. Il y a le financement.
05:43On doit aller plus vite et plus fort sur ce qu'on a déjà lancé.
05:47Financement public et privé.
05:49France 2030 est le fer de lance de cette stratégie avec plus de 50 milliards d'euros mobilisés,
05:56mais avec des acteurs maintenant qui sont installés dans la place comme BPI, dont je salue le travail, et tous
06:00les partenaires.
06:01Et continuer la mobilisation du financement privé.
06:04Parce que ce qu'on a réussi à faire avec TIBI, je le rappelle, qui était de mobiliser 6 milliards
06:08d'épargnes institutionnelles,
06:11nous a permis, en le démultipliant au total, de mobiliser plus de 20 milliards de financements privés.
06:17On l'a ensuite mené au niveau européen avec Scale Up Europe.
06:21Et on est en train de bâtir, avec l'Allemagne, avec l'Espagne, avec l'Italie, un vrai tour de
06:27table européen.
06:28Donc il faut continuer sur le financement pour aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort.
06:31Il faut continuer sur les talents pour former.
06:33On y reviendra sans doute, mais dès le plus jeune âge, et surtout, adapter notre formation,
06:39enseignement supérieur et formation tout au long de la vie à cette transformation des compétences,
06:43ça va être un enjeu formidable.
06:44Donc il faut attirer les talents du monde entier, mais il faut en former beaucoup plus chez nous.
06:48Il y a là aussi, dans France 2030, cet enjeu, mais ça va au-delà.
06:52On a entre 800 000 à 1 million de formations supplémentaires sur ces métiers nouveaux à faire dans le quinquennat.
06:58Troisième sujet, c'est d'investir encore plus massivement et de redévelopper les synergies entre, je dirais, sciences dures et
07:04tech.
07:05Parce que si on veut réussir ce pari des technocritiques, il faut acter que public et privé doivent financer encore
07:12plus massivement
07:13des technologies de rupture sur certains axes.
07:17J'ai évoqué l'intelligence artificielle, le quantique, on a le nucléaire, on a une partie des sciences du vivant,
07:22je ne serai pas exhaustif.
07:23Et puis le dernier point, c'est de continuer notre travail sur la simplification de l'environnement réglementaire.
07:29Parce que c'est une course où il faut lever du capital, attirer les talents, mobiliser de la science au
07:34bon endroit.
07:34Mais c'est une course de vitesse à l'égard de tous vos partenaires dans le monde.
07:38Et à chaque fois qu'on vous fait gagner un jour, on vous permet de réussir plus vite.
07:43À chaque fois qu'on vous fait perdre du temps avec un différentiel, parce qu'on est plus lent que
07:47les voisins,
07:48on réduit des chances et au contraire on donne plus d'opportunités à un concurrent dans le reste du monde.
07:53Donc voilà, à la fois l'horizon pour moi, les objectifs un peu chiffrés et les moyens qu'on peut
07:58se donner sur les années à venir
08:00pour donner un premier tour d'horizon.
08:01Alors justement, vous avez évoqué la question de la formation.
08:05Vous avez à côté de vous Chloé Hermari qui a créé Adatex School
08:09et qui est justement spécialisée dans la formation pour tous les sujets que vous venez d'évoquer.
08:16Adatex School est présente à Paris et bientôt également en province à Nantes.
08:22Chloé.
08:22Bonjour Monsieur le Président.
08:23Bonjour.
08:24Enchantée.
08:24Effectivement, c'est Chloé Hermari.
08:26Je suis la fondatrice d'Adatex School.
08:28C'est une société que j'ai créée à la sortie de mes études il y a un peu moins
08:31de 3 ans
08:33et qui est une école d'informatique alternative,
08:36fruit de plusieurs années de recherche en innovation pédagogique.
08:39et dont la mission est de favoriser une plus grande diversité dans la tech.
08:44On a ouvert une première école en 2019 à Paris.
08:46On a formé aujourd'hui un peu plus de 150 personnes, dont 70% de femmes.
08:51On a des personnes issues de milieux très divers,
08:55allant d'un ancien des mineurs de l'armée de terre,
08:59un ancien moine de monastère, des élèves des beaux-arts, etc.
09:03Donc avec des personnes vraiment très très diverses.
09:05Et après un nouveau tour de table, là, comme le disait Nicolas,
09:10après Paris, on est en train de se déployer dans les territoires,
09:13à commencer par Nantes.
09:15J'ai une conviction, et je voudrais vous la partager,
09:18parce que c'est celle qui va aussi orienter ma question.
09:20C'est que je pense qu'il faut réinventer aujourd'hui l'éducation
09:23pour favoriser la naissance d'une société qui soit plus durable et plus inclusive.
09:28Et je pense que le numérique est à la fois un accélérateur,
09:32un outil et une porte pour favoriser ça.
09:36Comme vous le mentionnez, on a eu énormément de succès
09:39d'un point de vue de dynamisme, d'un point de vue création d'emplois.
09:43La contrepartie, c'est que, comme vous le disiez, on a besoin de talent.
09:46Et ce que j'ai vu aussi apparaître lors de votre dernier mandat,
09:49c'est beaucoup de discours autour aussi des enjeux de représentativité,
09:53de diversité, qui sont vraiment très importants aujourd'hui,
09:57enfin très faiblement représentés dans la tech.
10:00Et je trouve qu'il ne faut pas penser qu'on a et un problème de pénurie,
10:04et un problème de diversité.
10:06Selon moi, on a un problème de pénurie parce qu'on a un problème de diversité.
10:09Et c'est du coup attacher ces deux problèmes, attaquer ces deux problèmes,
10:13c'est à la fois répondre à un enjeu qui est de compétitivité,
10:16mais aussi un enjeu qui est démocratique,
10:18à une ère où aujourd'hui le numérique influence tous nos comportements.
10:23Ma question donc, c'est, vous avez mentionné dans une interview
10:28former entre 400 et 500 000 développeurs, dit la fin de votre mandat,
10:33comment vous comptez justement adresser cet enjeu de volume, avec qui ?
10:38Et la deuxième partie de ma question, c'est sur la partie de l'enjeu démocratique.
10:42Comment on va adresser justement ces sujets de représentativité,
10:46d'inclusivité, de diversité dans ce vivier de nouveaux talents ?
10:50Merci beaucoup. Je partage tout ce que vous avez dit.
10:53Je vais commencer par la deuxième.
10:55Je pense qu'on peut commencer à le régler, en tout cas,
10:59et contribuer fortement.
11:01D'abord, en enseignant le code et les usages numériques plus tôt.
11:07Et donc, c'est pour ça aussi que ce que nous allons mettre en place,
11:10c'est un enseignement dès le collège.
11:12Pourquoi ? Parce qu'on voit que chez les lycéens qui demandent les options,
11:16en particulier dans tout ce qui est tech et numérique,
11:19il y a 10% de jeunes filles.
11:22Et donc, il y a déjà un déterminisme qui est créé par,
11:25je dirais, à la fois les représentations, l'autocensure,
11:28et la mécanique un peu de notre système d'études.
11:31Si on ouvre et qu'on propose à tous les collégiens très tôt
11:35l'apprentissage du code des usages numériques,
11:38on conjure justement ce déterminisme,
11:40on lève aussi des mécanismes d'autocensure et autres.
11:43Donc ça, c'est le 1er point qu'on va mettre en place.
11:44Pour ça, il faut le rendre obligatoire.
11:46Parce que je pense à l'option maintenant.
11:47En fait, il faut toujours, ayant appris de l'expérience,
11:51il faut d'abord toujours faire tester la chose
11:53et donc permettre d'ouvrir l'option à tout le monde.
11:56Parce que si c'est obligatoire,
11:58j'allais dire, pour faire un clin d'oeil,
11:59c'est comme avec les vaccins.
12:01Quand on doit aller vite, il faut les rendre obligatoires parfois.
12:05Mais nous avons une psychologie collective.
12:07Quand quelque chose est obligatoire,
12:08on dit forcément qu'on n'aime pas ça.
12:11Si on dit que c'est ouvert et que des gens le prennent,
12:14ça devient très attractif.
12:15Et tout le monde, progressivement, en veut
12:17si l'expérience est bonne.
12:18Donc on va déjà l'ouvrir.
12:20Les gens vont voir que ça change leur vie.
12:22Je pense que, un, c'est bon pour permettre d'ouvrir
12:25à ces formations, à ces savoir-faire et compréhension.
12:29Ensuite, on va voir qu'on en a besoin
12:31pour aussi permettre de former nos adolescents
12:35au numérique, aux usages et à l'aspect, je dirais aussi,
12:38plus protection de notre jeunesse
12:41par rapport à certains excès.
12:42Et donc, un, on va l'ouvrir dès le collège.
12:46Deux, on va en effet multiplier les formations post-bac.
12:50Et donc là, on va s'appuyer sur des acteurs privés comme vous,
12:53mais on va avoir une palette là aussi d'options.
12:56L'objectif, c'est qu'avec nos universités,
12:58avec les écoles d'ingénieurs,
13:00avec les filières courtes comme les filières longues,
13:02avec des acteurs comme vous,
13:04Simplon, 42, des acteurs déjà installés,
13:06il y a une pluralité des choses,
13:08on se donne cet objectif.
13:10L'objectif que j'évoquais,
13:11on le voit, c'est une forme de prévision
13:14de besoins en compétences dans notre nation.
13:16On a besoin de former, dans les 5 ans qui viennent,
13:20800 000 à 1 million de personnes
13:21sur des compétences critiques nouvelles,
13:24la moitié sur le numérique,
13:27c'est les chiffres que vous avez rappelés,
13:29la moitié sur, je dirais,
13:30beaucoup des métiers qui sont liés d'ailleurs
13:32au développement durable et autres,
13:33avec beaucoup de synergie, en fait,
13:35sur le nombre de ces formations.
13:37Et donc, pour ce faire,
13:39on va avoir une stratégie de multiplication
13:41de ces formations.
13:42Formation courte pour certains,
13:43formation longue pour d'autres.
13:44C'est un point absolument critique
13:46si on veut répondre à cette demande.
13:47Et donc, si on fait cette stratégie pour le collège,
13:50qui très rapidement va devenir systématique,
13:52si on ouvre les formations post-bac,
13:54comme la vôtre,
13:55ce qu'on a commencé à faire
13:56et qu'on va généraliser,
13:58si on installe aussi,
13:59au coeur des formations universitaires,
14:01des cycles qui intègrent encore davantage
14:03le numérique et qu'on le valorise,
14:06si on développe des filières courtes
14:09et territorialisées,
14:09et j'insiste sur ce point,
14:11parce que si on veut former plus de jeunes,
14:12on a besoin aussi d'avoir
14:13plus de formations universitaires
14:15dans des villes moyennes,
14:16c'est-à-dire qui sont aussi accessibles
14:18aux classes moyennes,
14:19puisqu'un des vrais sujets
14:20pour des jeunes qui viennent
14:21de milieux plus modestes,
14:23c'est accéder aux études supérieures
14:24quand c'est dans la grande ville
14:25et qui est de plus en plus chère
14:26ou c'est cher de se loger,
14:27c'est compliqué.
14:28Et donc, il faut là aussi innover
14:29en termes de déploiement
14:30de nos formations sur le territoire.
14:32Et des acteurs comme vous sont clés
14:34et sont en fait des partenaires
14:36des universités.
14:37On arrivera à faire ça.
14:38Ensuite, il y a faire ces formations aussi
14:40dans les reconversions de carrières.
14:42Et donc, on a un énorme enjeu
14:44de formation professionnelle
14:46et de reformation
14:47qu'on va l'amener là aussi
14:48avec universités et acteurs privés
14:51et innovants.
14:52Puis le dernier point,
14:53si on veut réussir la bataille des talents,
14:56il faut continuer à les garder
14:57et donc avoir une stratégie
14:59pour récompenser ces talents
15:00avec la bonne fiscalité.
15:02Je fais quand même ce point
15:03parce que tout se tient.
15:04Et donc, conserver ce qu'on a fait
15:06sur les BSPCE,
15:08sur politique pour intéresser les talents
15:10et les garder dans notre pays.
15:12et continuer à améliorer nos outils
15:16type, justement,
15:17les visas développés avec la French Tech
15:19et tous les instruments
15:20qui nous ont permis
15:21de faciliter l'attraction de la France
15:25pour des talents venant du monde entier.
15:27L'un des talonneurs cette année,
15:28on a eu plein de talents indiens
15:29qui sont venus grâce à ces visas
15:31à la French Tech.
15:32Et il faut qu'on continue
15:33à développer ces outils.
15:34Former dès le plus jeune âge,
15:36réussir en même temps
15:38de la diversité et du nombre.
15:40Et je partage totalement
15:40les effets de synergie.
15:42les fidéliser en étant compétitifs
15:45sur la rémunération
15:45et continuer à les attirer
15:47du monde entier.
15:47Merci.
15:48Alors, avec Franck Laouet,
15:51on va s'intéresser cette fois
15:53au secteur de la santé
15:54et notamment l'IFEN
15:56s'occupe de traitement
15:57de données de santé.
15:59Je te laisse expliquer
16:01ce que tu fais
16:01et puis poser ta question, président.
16:03Oui, merci.
16:04Oui, rapidement.
16:05Donc l'IFEN,
16:06ça fait 7 ans qu'on existe.
16:07Aujourd'hui, on travaille
16:08avec 650 hôpitaux.
16:09On aide à créer
16:10l'infrastructure de données.
16:12et de faciliter le voyage
16:13de la donnée
16:13entre toute l'équipe de soins
16:15et essayer de faire en sorte
16:17qu'on puisse l'exploiter
16:18aussi pour la mettre
16:19à disposition
16:19toute innovation
16:20de la santé.
16:23Et on travaille aussi sur,
16:25par exemple, un grand projet
16:26avec la PHP pour concevoir
16:27l'hôpital numérique de demain.
16:30Et donc, pas question
16:31de la suivante.
16:32En fait, comme vous savez,
16:32le secteur de la santé
16:33est en souffrance
16:35depuis quelques années,
16:36mais souffrance qui s'accélère
16:38avec le manque de soignants,
16:39etc.
16:40c'est malheureusement
16:41quelque chose
16:42qui risque de s'empirer
16:43parce qu'avec le vieillissement
16:44de la population,
16:45la demande de soins
16:46va s'accroître
16:47de manière certaine
16:47dans les 5-10 prochaines années.
16:50Et donc, face à ça,
16:51le numérique,
16:52c'est un énorme espoir
16:54parce qu'on va pouvoir
16:57trouver plein d'innovations,
16:59plein de postes d'innovations
17:00là où, en fait,
17:02le simple fait
17:03d'utiliser des soignants
17:03arrive à ses limites.
17:06Et donc, finalement,
17:07on n'a pas mal de chance
17:08de ce côté-là
17:08parce qu'en fait,
17:10si on regarde sur l'année dernière,
17:11il y a 950 millions
17:12qui ont été investis
17:13dans les start-up
17:13dans la santé en France.
17:14Donc, c'est considérable.
17:15Donc, il y a toute une vague
17:16en fait de start-up qui arrive.
17:18Et donc, ma question
17:18est la suivante.
17:19Il y a beaucoup d'innovations
17:20en fait qui se heurtent
17:21au fait qu'il n'y a pas
17:22de business model.
17:24Et donc, par exemple,
17:24si une start-up
17:26veut optimiser
17:27les parcours de soins,
17:28c'est pas facile
17:28de se faire payer pour ça.
17:30Si une start-up
17:30va essayer
17:31de désengorger les urgences,
17:32c'est pas facile
17:32parce que l'hôpital
17:33est payé par patient.
17:35Si une start-up
17:36veut diagnostiquer
17:37des maladies rares
17:37avec de la big data,
17:38en fait,
17:39il n'y a pas forcément
17:39de business model.
17:40Et donc, ma question
17:41est la suivante.
17:41Comment l'État
17:42qui finance
17:43l'extérieur de la santé
17:44peut travailler
17:45main dans la main
17:46avec les innovateurs
17:47d'où qu'ils viennent
17:48pour innover aussi
17:49sur les business models
17:50et faire en sorte
17:50qu'on se fique
17:52des objectifs communs,
17:53on travaille avec une agilité
17:54qui est celle des start-up
17:55pour ensemble
17:57arriver à innover
17:59et arriver à sauver
18:01ce système de soins
18:02qui est en souffrance.
18:05Bon, d'abord,
18:06merci beaucoup
18:07parce que vous contribuez
18:08à l'effort collectif
18:08et bravo pour ce qui a été fait
18:09ces dernières années.
18:10C'est vrai que des sociétés
18:11comme la vôtre,
18:12Alain, Doctolib,
18:13il y a une vitalité
18:16très forte.
18:18On a un énorme défi
18:19sur notre système de santé,
18:20vous l'avez rappelé.
18:22Au fond,
18:23je pense que typiquement,
18:25on a fait une erreur stratégique
18:26dans la formation des talents.
18:29elle remonte
18:29à plusieurs décennies
18:31et elle s'est perpétuée
18:34jusqu'à récemment.
18:35Au fond,
18:35on a pensé
18:36que la santé
18:37était un secteur
18:38sur lequel on pouvait
18:39faire des gains
18:39en régulant par l'offre.
18:42Et dans un pays
18:43qui vit de plus en plus âgé
18:44où on ne meurt plus
18:45de plusieurs pathologies
18:47dont on mourait avant
18:48et qu'il y a de plus en plus
18:49de gens âgés
18:50avec des maladies chroniques,
18:52eh bien,
18:52ça ne marche pas.
18:54Le constat est là.
18:56Donc nos compatriotes,
18:58c'est une chance,
18:59vivent de plus en plus vieux.
19:00Ils ont des maladies chroniques
19:02et ce n'est pas parce qu'il y a
19:03moins de médecins
19:03qu'ils sont moins malades.
19:04Au contraire.
19:05Donc on a un problème
19:06qui va durer...
19:07J'ai rouvert
19:10ce qu'on appelle
19:11le numerus clausus,
19:11mais le problème,
19:12il va durer au fond
19:13encore 10 ans
19:14parce qu'on met 10 ans
19:14à former un médecin.
19:15Et à ça,
19:16c'est ajouter le fait
19:17qu'on a mis fin
19:17à la continuité des soins
19:18en 2003
19:19dans notre pays
19:20et qu'on a dit
19:21sur le secteur privé,
19:22vous n'avez plus de charge
19:24en quelque sorte
19:24le soir et le week-end.
19:26Je schématise,
19:26mais c'est en fond
19:28assez simple à comprendre
19:28la mécanique
19:29dans laquelle on est.
19:30Après,
19:30il y a énormément de souffrance,
19:32énormément de difficultés,
19:33des soignants admirables,
19:34mais du coup,
19:35il y a une pression
19:35qui s'exerce
19:36sur les points d'entrée
19:38de ce système,
19:38d'abord les urgences
19:39puis tout l'hôpital,
19:40les déserts médicaux,
19:41là où il manque des médecins,
19:42mais on a un problème
19:43qui va demeurer,
19:44c'est qu'on n'a pas
19:44assez d'offres de soins.
19:46Et donc la clé
19:48de ce sujet,
19:49c'est de changer
19:50notre manière de penser
19:51parce qu'on ouvre les choses,
19:53on en forme de plus en plus,
19:53on peut former plus vite
19:54des paramédicaux,
19:56mais les formations
19:57qu'on a ouvertes
19:58pour les soignants
20:00en 2018,
20:02pour le quinquennat
20:03qui s'ouvre,
20:03je n'en verrai pas la couleur.
20:06Alors je peux dire
20:07on va faire des réformes,
20:08on va améliorer les choses,
20:09on va attirer plus de médecins
20:11qu'on forme à l'étranger,
20:12ce qui se fait,
20:12ce que d'autres pays font.
20:14Ça va aider,
20:15ça ne va pas améliorer
20:15drastiquement.
20:17Donc la clé,
20:19pour que nos soignants
20:20puissent mieux faire
20:21leur travail,
20:22pour que les patients
20:23puissent être mieux accompagnés,
20:24elle repose sur deux choses,
20:26à mes yeux,
20:27qui relèvent
20:28d'un changement
20:28de méthode complet.
20:29La première,
20:30c'est qu'il faut déverrouiller
20:32le système
20:32et donner plus de liberté
20:33localement.
20:34Parce qu'au fond,
20:35les problèmes sont
20:36sous contrainte locale
20:37et ils sont très hétérogènes.
20:39Et c'est la méthode
20:40qu'on va adopter
20:41en matière de santé
20:41comme en matière d'école.
20:43On va lancer dès l'automne,
20:44sur un cahier des charges
20:45très simple,
20:471 200 à 1 500 débats territoriaux
20:49pour bâtir
20:50une feuille de route
20:51qui donnera lieu ensuite
20:52à une contractualisation.
20:53Mais qui est de dire
20:54qu'on n'essaie pas
20:54de régler tous les problèmes
20:55de la santé
20:56de la même manière
20:56dans tout le pays
20:57parce que c'est faux.
20:58Les problèmes ne sont pas les mêmes.
21:00Mais avec une logique
21:01qui est de bâtir
21:02des stratégies coopératives
21:03entre l'hôpital et la ville,
21:05entre les médicaux,
21:05les paramédicaux,
21:06pour dégager du temps
21:08de médecins
21:08et optimiser l'offre
21:09qu'on a,
21:10qui est sous contrainte,
21:11et permettre
21:12de faire mieux le travail.
21:13Et ce faisant,
21:14parce qu'on redonne du sens
21:15aussi au travail
21:16des acteurs sur le terrain,
21:17quand on leur donne
21:18la possibilité
21:18de faire et choisir,
21:20bien de rendre
21:20le métier plus attractif
21:22et de réattirer
21:22des gens
21:23qui avaient lâché prise.
21:24Parce que pour l'avoir vécu,
21:25on a accru
21:27la rémunération
21:27des soignants
21:28pendant cette crise.
21:28Malgré tout,
21:29des gens ont lâché
21:30et ont tourné le dos
21:31au secteur de la santé
21:32parce qu'il y a
21:33une forme de perte
21:33de sens
21:34quand le système
21:34est trop contraint.
21:36Et la 2e chose
21:37qu'il faut faire,
21:39c'est l'innovation.
21:40Et elle se bâtit,
21:41elle aussi,
21:42au niveau,
21:42je dirais,
21:43national et décentralisé,
21:45c'est-à-dire
21:46comment gagner
21:47de l'offre de soins
21:48en optimisant
21:49tout ce qu'on peut l'être
21:51par de l'innovation
21:52technologique de rupture
21:53qui doit nous permettre,
21:55eh bien,
21:56soit par de la data,
21:58soit par de l'amélioration
21:59de la gestion
22:00des flux
22:00de nos hôpitaux,
22:01de l'amélioration
22:02de la gestion
22:02du temps
22:02de nos professionnels
22:03de santé,
22:04de faire qu'un professionnel
22:06qu'on a formé
22:06pendant 10 ans
22:07et qui a parfois
22:07X années d'expérience,
22:09on s'assure
22:10que son temps utile
22:11de travail,
22:12il est mis devant
22:12un patient
22:13qui en a vraiment besoin
22:13et pas devant
22:14des tâches administratives
22:15qui ne sont pas de son niveau,
22:17pas devant des patients
22:18qui ont moins besoin de lui,
22:19pas devant des tâches répétitives
22:21qui prennent parfois
22:21beaucoup de son temps.
22:23Et donc,
22:24à côté de cette reconstruction,
22:26cette réorganisation décentralisée,
22:28l'innovation technologique
22:30et ce que vous faites,
22:31ce qu'avec vous,
22:31plusieurs collègues
22:32que j'évoquais faire,
22:33on doit la faciliter.
22:35Alors c'est une révolution culturelle
22:36dans notre pays
22:38parce qu'il se trouve
22:39que nous avons une chance
22:40pour le sujet
22:41de la data
22:42et de la transformation
22:44numérique
22:44du système de santé,
22:45c'est notre jacobinisme.
22:47La France étant un système
22:49très centralisé,
22:50vous le savez mieux que moi,
22:51on a des réservoirs
22:53de données de santé
22:55très peu comparables
22:56à d'autres pays.
22:58La Caisse nationale
22:59d'assurance maladie,
23:00des grands acteurs,
23:01on les protège très bien
23:02et c'est aussi un levier.
23:03Et donc,
23:04cette donnée,
23:04elle est très centralisée,
23:06donc elle est là
23:07et elle est très protégée
23:09et on a des règles
23:09de confiance
23:11avec des acteurs
23:12comme on sait les bâtir.
23:13La Poste est là aussi
23:13qui a bâti cette règle
23:14de confiance
23:14avec le citoyen français.
23:16C'est un élément
23:17très important.
23:18Ce qu'on ne sait pas bien faire,
23:20c'est que le système public
23:21n'a pas une culture
23:21de coopération
23:22avec le système privé
23:23en France,
23:23enfin avec le privé.
23:25Et c'est encore plus vrai
23:26dans le système de la santé.
23:27Donc il faut bâtir
23:28des protocoles simples,
23:29beaucoup ont commencé
23:30à le faire
23:31et créer cette culture
23:32d'écosystème.
23:33Alors on a commencé
23:34à créer les infrastructures,
23:35le Health Data Hub,
23:37Paris Santé Campus,
23:39on a commencé
23:40à mettre ensemble
23:41justement ces acteurs
23:43académiques,
23:44labo public,
23:45acteurs privés,
23:46acteurs de la santé.
23:47Maintenant,
23:48il faut que dans les 18 mois,
23:49on donne un énorme
23:49coup d'accélérateur
23:51parce que c'est ce qui va
23:52nous permettre
23:53justement d'optimiser les flux.
23:55Ces termes ne sont pas
23:55très jolis,
23:56mais ça veut dire
23:56que les gens n'attendent
23:57plus des heures
23:58sur un brancard
23:59sans que personne
24:00ne s'occupe d'eux
24:00aux urgences,
24:01que des soignants
24:02sont moins en souffrance
24:03quand justement
24:04ils accueillent trop de monde.
24:06C'est de lutter
24:07contre les déserts médicaux
24:08et on peut le faire,
24:09mais il faut lever
24:10des contraintes
24:10qui sont parfois
24:11des contraintes administratives,
24:12parfois aussi
24:13des contraintes corporatistes.
24:16Avant la crise Covid,
24:18je suis toujours ce chiffre,
24:19je poussais pour
24:20la téléconsultation.
24:22Ce n'est pas
24:22la plus grande révolution
24:23technologique du mois.
24:25On peut la transformer
24:26la téléconsultation
24:27si on y met
24:28de l'intelligence artificielle
24:29et si on y injecte
24:30vraiment de la tech
24:31dedans.
24:33Toutes les contraintes
24:34qu'on avait mises
24:34fait que les 6 mois
24:35qui précédaient
24:35de la crise Covid,
24:36on avait fait,
24:37je crois,
24:3710 000 téléconsultations
24:38en France entière.
24:40Pendant le Covid,
24:41parce que le système
24:41était sous contrainte,
24:43dans les 3 premières semaines,
24:44on a fait 1 million
24:45de téléconsultations
24:46et on a sauvé des vies
24:48grâce à la téléconsultation.
24:50C'est un levier
24:50pour lutter
24:51contre les déserts médicaux,
24:52pour mieux soigner
24:52les patients,
24:53on n'est pas d'autres.
24:54Donc vous voyez,
24:55il y a des tas de leviers
24:56qui sont à activer,
24:59à bouger
25:00pour vous faire réussir.
25:01Donc voilà comment
25:02on va sur la santé
25:03bouger,
25:03mais on va avoir
25:04besoin de vous.
25:05Là, c'est moi
25:06qui en appelle à vous,
25:07vous me dites.
25:07Parce que si on veut...
25:10Non, mais c'est pour ça
25:11que je dis
25:11que c'est complètement
25:12partenarial.
25:13Et je pense que
25:14les acteurs de la santé
25:15le savent maintenant.
25:16Et donc sur ce sujet,
25:17on a besoin
25:17de mener cette révolution.
25:18C'est la même
25:19qu'on va devoir mener
25:20dans le secteur
25:20de l'autonomie.
25:21On va devoir justement
25:22mettre des acteurs
25:23de confiance
25:24qui gèrent de la donnée,
25:24ça va aller chez les gens
25:25comme nos postiers,
25:26avec des acteurs
25:27de la santé,
25:29avec des acteurs
25:29de la révolution numérique.
25:31C'est un levier formidable
25:33parmi d'autres
25:34pour résoudre
25:35la crise profonde
25:36dans laquelle nous vivons.
25:37Ce sont des révolutions
25:39culturelles
25:39qui prennent du temps,
25:40en effet.
25:42Avec Emmanuel,
25:43on va passer à...
25:45Alors on est toujours
25:46dans la santé,
25:46mais alors cette fois
25:47dans la recherche,
25:48dans la recherche pure,
25:49puisque Emmanuel travaille
25:50sur de nouveaux traitements,
25:53la recherche
25:53de nouveaux traitements,
25:54en se basant notamment
25:56sur l'intelligence artificielle.
25:58Tout à fait.
25:59Bonjour, M. le Président.
26:00Emmanuel Mercianou,
26:01j'ai cofondé en 2019
26:03Akemia,
26:04qui est issu
26:05de la recherche publique,
26:05issu de l'ENS
26:06et du CNRS,
26:07et on est une plateforme
26:09de découverte
26:10de médicaments
26:10en accéléré
26:11qui utilise
26:11de l'intelligence artificielle
26:13combinée
26:13à de la physique théorique
26:14issue de dizaines d'années
26:15de recherche académique.
26:17Aujourd'hui,
26:18on est une cinquantaine
26:19à Paris,
26:19on a des collaborations
26:20avec des grands laboratoires
26:21pharmaceutiques
26:21et on développe
26:22aussi nos propres médicaments.
26:25Ma question,
26:25en fait,
26:25je rebondirais
26:26sur le lien
26:27entre la recherche publique
26:28et privée.
26:29Vous parliez tout à l'heure,
26:31on a beaucoup parlé
26:31de formation de talent
26:32dans la tech,
26:33mais je prends ma casquette
26:33deep tech,
26:34il y a un enjeu
26:35sur les sciences dures
26:36aussi que vous évoquiez
26:36tout à l'heure.
26:38Et en fait,
26:38dans le développement
26:39d'acquemia,
26:40on s'est rendu compte
26:40avec mon associé,
26:41notamment en allant
26:42aux Etats-Unis,
26:43que les modèles
26:44étaient assez différents,
26:44c'est-à-dire que quand on parle
26:45à des fondateurs d'entreprises,
26:47quand on parle à des investisseurs
26:48dans le domaine
26:48des biotechnologies,
26:49ils ont quasiment tous
26:50des PhD en biologie,
26:52en médecine,
26:53en chimie.
26:54En France,
26:54c'est assez compliqué.
26:56Les start-up,
26:57une bonne partie,
26:58sont créés par des personnes
26:59issues de formations
27:00d'écoles d'ingénieurs
27:01ou de commerce.
27:02Donc,
27:03ma question,
27:03c'est comment on pousse
27:05en fait,
27:06les personnes qui font
27:07notre science aujourd'hui
27:08dans la recherche publique
27:09pour plus contribuer
27:10à l'écosystème deep tech
27:12et faire les sociétés
27:13deep tech françaises
27:14de demain ?
27:15Alors,
27:16là aussi,
27:17c'est un sujet culturel
27:18qu'on touche.
27:19D'abord,
27:19je pense que l'écosystème tech
27:21a beaucoup bougé,
27:23il est de plus en plus varié.
27:26Ce que vous décrivez
27:27dans la tech française
27:29en particulier,
27:31c'est aussi le reflet
27:33du biais de formation
27:34que nous avons
27:35de la plupart
27:37de nos cadres,
27:38si je puis exprimer
27:39ce terme qui n'est plus
27:40à la mode,
27:41dans le monde privé
27:42comme public.
27:43Le système français
27:44est plutôt un modèle
27:45où l'ingénieur
27:47et le cadre d'écoles
27:48de commerce
27:49avaient des rôles
27:49d'encadrement
27:50beaucoup plus
27:51que celui ou celle
27:52qui venait de l'université
27:53et en plus de ça,
27:54celles et ceux
27:55qui sortaient
27:55des grandes écoles.
27:56C'est la France,
27:57c'est le modèle historique français.
27:58Ce modèle est en train
27:59de changer.
28:00Alors,
28:01je pense que,
28:01je ne suis pas du tout
28:02manichéen,
28:03je pense qu'il faut garder
28:04ce qu'on a de fort,
28:06mais il faut essayer
28:07de maintenant regarder
28:07les limites
28:08et l'enrichir.
28:10Il se trouve
28:10qu'on est dans un monde
28:11de plus en plus complexe
28:13et qu'on s'aperçoit
28:14sur beaucoup de questions,
28:15y compris des sujets critiques
28:17qui sont à gérer
28:19dans le secteur privé
28:19comme dans le secteur public,
28:21on a besoin de gens
28:22qui ont des compétences
28:23qu'on forme mieux
28:23à l'université
28:24que dans des écoles
28:25d'ingénieurs
28:26ou des grandes écoles.
28:27D'ailleurs,
28:28je note que de plus en plus
28:29de nos compatriotes
28:30qui vont dans les grandes écoles
28:31poursuivent
28:33et font des doctorats
28:35parce que ça forme
28:36à quoi ?
28:37La capacité à aller
28:37sur des sujets
28:38très complexes,
28:39à travailler à l'international
28:41sur des sujets
28:41très critiques,
28:42dans un univers
28:42très coopératif
28:44et à savoir gérer
28:45de la grande complexité.
28:46C'est au fond ça
28:48la compétence
28:48que ça donne,
28:49un doctorat.
28:50Pardon,
28:50je le réduis,
28:51après ça donne évidemment
28:52un savoir-faire
28:53dans un domaine,
28:54mais si j'essaie
28:54d'être générique.
28:55Et on en a besoin.
28:57Et d'ailleurs,
28:57l'Etat en a besoin,
28:58c'est pour ça que moi-même
28:59j'ai voulu qu'on modifie
29:00la formation dans l'Etat
29:01et qu'on ait passé
29:01de l'ENA à l'INSP,
29:04cet institut national
29:05du service public
29:05qui a vocation aussi
29:06à être beaucoup plus en prise
29:08avec l'université
29:09et à pouvoir avoir
29:10des femmes et des hommes
29:10qui viennent de l'université
29:13pour aller vers
29:13des formations de cadre
29:14et surtout qui peuvent
29:15en parallèle
29:16avoir des formations de recherche.
29:18On a besoin
29:19de ces talents-là.
29:20Donc,
29:21pour répondre à votre question,
29:22nous,
29:22on a besoin de continuer
29:23cette transition culturelle française.
29:26Donc,
29:26on a besoin
29:26de sortir d'un modèle
29:27qui était très binaire
29:28et donc,
29:29il nous faut
29:30plus
29:31de doctorants
29:32et de docteurs
29:33dans des postes
29:35clés d'encadrement
29:36dans nos entreprises,
29:38start-up,
29:39ETI,
29:39grands groupes
29:40et dans l'administration.
29:41C'est le travail
29:42que j'ai demandé
29:43à la direction
29:43qui est en charge
29:44de recruter les talents
29:46dans l'Etat,
29:46ce qu'on appelle la dièse,
29:47et à la NRT,
29:49par exemple,
29:49qui nous aide beaucoup aussi
29:50du côté du secteur privé.
29:53C'est une vraie révolution
29:54qu'on a commencé
29:54à mener
29:55et qu'il faut continuer.
29:56Ensuite,
29:57il faut justement
29:59accroître
30:00cette culture
30:00de partenariat.
30:02Je parle là encore
30:03sous le contrôle
30:03de madame la ministre
30:04qui a réussi
30:05ces dernières années,
30:06je dirais,
30:07une des plus belles symbioses
30:09et qui est un peu,
30:10si je puis dire,
30:11en quelque sorte,
30:13la parfaite représentation
30:14de ce qu'on dit,
30:14qui est sa clé.
30:16Sa clé,
30:16pendant des années,
30:17ne marchait pas
30:18comme site français.
30:18Pourquoi ?
30:19Parce que vous aviez
30:19en chaînes de faïence
30:20des universités
30:21avec des vrais génies
30:22en maths,
30:23en physique,
30:24dans des sciences
30:24très fondamentales,
30:26des écoles de commerce
30:27et polytechnique.
30:29On a trouvé
30:32une paix,
30:33si je puis dire,
30:34carolingienne
30:34il y a 5 ans
30:36sur le site
30:37et les acteurs
30:38ont réussi
30:39à fusionner tout ça.
30:40Bilan des courses,
30:41on a maintenant
30:42avec l'université
30:43Paris-Saclay
30:44un truc génial,
30:45on a de la science dure,
30:46on a parmi
30:47les meilleurs labos
30:48au monde
30:48en physique,
30:49en maths,
30:49en quantique,
30:50etc.,
30:51où on a des start-up
30:52qui sont parmi
30:53les plus prometteuses
30:55du monde
30:55en quantique,
30:56en intelligence artificielle
30:58et j'en passe
30:59et on y forme
31:00les meilleurs ingénieurs
31:01à l'X et ailleurs.
31:03C'est exactement
31:04ce qu'il faut faire.
31:04Et comme ils sont
31:05sur le même site,
31:06dans une logique de campus
31:07qui n'était pas non plus
31:08une force française,
31:10là,
31:10vous avez
31:11des gens
31:12qui sont sur leur paillasse
31:13qui continuent
31:14à faire de la recherche,
31:15qui croisent
31:15à la cafétéria
31:16des gens
31:17qui vont devenir
31:17cadres dans une entreprise
31:19et qui vont aller
31:19dans un grand groupe
31:20industriel français,
31:21qui rejoindront
31:22JC DoCo
31:23dans quelques années,
31:24d'autres qui vont devenir
31:25cadres dans le public,
31:27c'est ça.
31:27Et c'est cette synergie
31:29humaine
31:30qui fait qu'ensuite,
31:31les gens se financent,
31:32se connaissent
31:32et que ces réseaux informels
31:33nous rendent plus forts.
31:34et donc,
31:35ce que je veux dire par là,
31:37c'est que la réponse
31:38à votre question,
31:39c'est la transformation culturelle
31:40qu'on est en train de mener,
31:42plus de docteurs partout
31:43et former plus de docteurs
31:44qui accéderont
31:44à des postes de responsabilité
31:46et aller plus vite
31:47dans la transformation
31:48de nos universités
31:49pour leur permettre
31:51de développer
31:52cette logique de campus
31:53où on a universités,
31:55organismes de recherche,
31:56écoles d'ingénieurs,
31:57grandes écoles,
31:58start-up
31:59et monde de l'entreprise
32:00qui travaillent ensemble
32:01et qui créent des convergences.
32:03On a parcouru
32:05beaucoup de chemins
32:05ces dernières années.
32:06On doit aller
32:07beaucoup plus vite
32:08et beaucoup plus fort
32:08et donc,
32:09il faut que tous les acteurs
32:10qui sont là
32:10nous aident
32:11à faire ces transformations
32:12parce que là,
32:13encore une fois,
32:13elles sont bonnes
32:13pour tout le monde.
32:15Et c'est une vraie révolution culturelle
32:16dans laquelle,
32:17et je finis là-dessus,
32:19il faut embarquer
32:20sciences dures
32:21et sciences humaines.
32:22Parce que si on veut réussir ça,
32:24tout ce qu'on se dit
32:25d'ailleurs le montre,
32:26il ne faut pas considérer
32:27que ça ne concernerait
32:28que les sciences dures,
32:29comme on dit parfois.
32:32Ça concerne aussi
32:33les sciences humaines
32:33parce que dans tout ce qu'on se dit,
32:34il y a des sciences de l'éducation,
32:36il y a de la sociologie,
32:37il y a de l'histoire,
32:38il y a de la philo,
32:38il y a de l'anthropologie
32:40et c'est dans le croisement
32:41d'ailleurs de toutes ces sciences
32:42qu'on arrive aussi
32:43à faire les innovations
32:44les plus en rupture
32:45en matière de santé,
32:46de nudge,
32:48de transformation profonde.
32:49Voilà.
32:50Alors avec Mathieu Grenet,
32:51on va changer un petit peu
32:53de sujet
32:54et aborder un sujet.
32:55Alors là, pour le coup,
32:56vraiment brûlant.
32:57La Russie, en ce moment,
32:59réduit ses livraisons de gaz
33:00à l'Europe
33:01et Mathieu a peut-être
33:02un peu de la solution.
33:05Donc je suis Mathieu Grenet,
33:06effectivement,
33:06je suis le fondateur de Life,
33:08mais je suis aussi le papa
33:09de ma petite Sidonique
33:10à 4 ans
33:10et de mon petit Félix
33:11et aussi le mari
33:12de ma formidable femme à Gads.
33:13Et tous les jours,
33:14je me lève pour eux
33:15parce que Life,
33:16c'est un producteur d'hydrogène.
33:18Et ce qu'on a fait
33:18dans l'ouest de la France,
33:19on a installé une usine,
33:20une première usine
33:21de taille industrielle
33:22qui va chercher son énergie
33:24directement des éoliennes
33:26et qui va chercher l'eau
33:27de l'eau de mer.
33:28On dessale l'eau de mer,
33:29on fait l'électrolyse
33:30et on livre cet hydrogène
33:32qui est donc vert
33:33à nos clients
33:34dans l'ouest de la France.
33:35Et c'est une start-up
33:36qui a été la première
33:38à pouvoir connecter
33:39en France
33:40à des éoliennes directement.
33:41Et c'est une start-up
33:42qui est une des rares sociétés
33:44à être capable de livrer
33:44de l'hydrogène vert
33:45aujourd'hui en France.
33:47Donc c'est vachement bien,
33:48c'est encourageant.
33:49Et aujourd'hui,
33:51on imagine le faire en mer
33:53avec des éoliennes offshore.
33:54On a signé un contrat
33:55il n'y a pas très longtemps,
33:57on l'a annoncé hier
33:57avec les chantiers de l'Atlantique
33:58pour faire ces plateformes
33:59de production en mer.
34:01Donc vous voyez,
34:02on est innovant,
34:03on est en avance
34:06et l'énergie,
34:08c'est un domaine
34:09qui est extrêmement particulier.
34:11Et quand on regarde
34:12ce qui s'est passé
34:12ces 20 dernières années,
34:14l'énergie,
34:15c'est quelque chose
34:15qui a été plutôt
34:17l'apanage
34:17de jeunes entreprises innovantes
34:19ou d'entreprises innovantes
34:20ou de petites entreprises.
34:22Pour l'éolien,
34:23pour le solaire,
34:24pour les batteries,
34:26pour le biogaz,
34:27ce sont des petites entreprises
34:28qui ont développé ça.
34:29Bien qu'en 2000,
34:30on ait eu des grands plans
34:31de soutien,
34:32ce sont des petites entreprises.
34:33Et puis les grandes entreprises,
34:34nos géants de l'énergie français,
34:36ensuite cruent
34:37en rachetant ces entreprises.
34:38Alors tout le monde
34:39n'a pas forcément envie
34:39de se faire racheter.
34:41Et donc,
34:42quand vous dites
34:43que vous voulez avoir
34:4410 géants de la tech,
34:46dont un quart
34:47dans la green tech,
34:50ces géants,
34:50ils sont probablement
34:52dans la French tech green 20,
34:54ils sont en train d'émerger,
34:55c'est peut-être nous,
34:56on doit être entre
34:57la 120e et 130e
34:58capitalisation boursière
34:59en France en ce moment.
35:00on grandit vite.
35:03Comment est-ce que
35:04vous pouvez permettre
35:06à des start-up
35:07dans l'énergie
35:08de se développer,
35:10de s'épanouir
35:11en France,
35:12parce que c'est là
35:13où on se développe
35:13et puis ensuite
35:14on va gagner des marchés
35:15à l'étranger.
35:16Comment est-ce que
35:16vous pouvez permettre
35:17aux sociétés
35:18d'aller au-delà
35:20des verrous réglementaires,
35:22tout ça en cohabitation
35:23avec les grands groupes
35:25de l'énergie français ?
35:27D'abord, bravo
35:28et votre optimisme
35:31existentiel,
35:32si je puis dire,
35:32fait du bien
35:34à voir dans cette période
35:35et je pense qu'il correspond
35:37à la réalité qui plus est.
35:39C'est-à-dire que face
35:39à tous les défis
35:40qui sont les nôtres,
35:42vous avez une partie
35:43de la réponse
35:43dans l'innovation.
35:45Tout ne sera pas
35:45dans l'innovation,
35:46il est clair qu'on va devoir
35:47changer nos comportements,
35:48on le sait bien,
35:49donc il ne faut pas être naïf,
35:50il faut aussi être collectivement,
35:52qu'on explique,
35:52qu'on arrive à se projeter
35:54vers des changements
35:55d'habitude,
35:56de comportement,
35:57de la sobriété,
35:58il faut qu'on continue
35:59d'améliorer notre production
36:01et qu'on accompagne tout ça,
36:02mais l'innovation
36:03est un des éléments
36:03de réponse.
36:04Premier point,
36:05on a commencé au niveau européen
36:06à vous donner un cadre,
36:08ce qu'on a appelé
36:09la taxonomie,
36:10elle est très importante déjà
36:11avec tout ce qui va s'en suivre
36:13et le programme européen
36:14Fit for 55,
36:15c'est qu'en fait,
36:16on arrête déjà
36:18de donner des mauvaises
36:19incitations au marché
36:21et on différencie
36:22ce qui est intensif
36:24en carbone
36:25et ce qui ne l'est pas
36:25et donc il y a une gradation,
36:27si je puis dire.
36:28On veut sortir progressivement
36:31justement des énergies fossiles
36:33et carbone
36:35et avec une gradation,
36:36le charbon étant le pire,
36:38après il y a le gaz
36:38et puis ensuite il y a le nucléaire
36:41et puis après il y a
36:42justement le renouvelable
36:44avec toutes les technologies
36:44qui permettront peut-être
36:45de régler l'intermittence.
36:46l'hydrogène étant,
36:48je le dis pour tout le monde,
36:50je le dis sous votre contrôle
36:51parce que vous êtes un expert,
36:52moi j'essaie de comprendre
36:53tout ça pour prendre
36:54les bonnes décisions,
36:55c'est plutôt un moyen
36:56de transporter l'énergie,
36:57de la véhiculer,
36:58voire peut-être
36:59de la conserver,
37:01de la convertir,
37:02mais ce n'est pas
37:03une création d'énergie en soi.
37:05Elle a d'ailleurs
37:06besoin d'électricité.
37:07Je dis ça parce que
37:08quand beaucoup de gens
37:09disent qu'il faut aller
37:09vers tout l'hydrogène,
37:10si l'hydrogène est produit
37:12avec de l'électrolyse
37:13qui repose sur une électricité
37:15qui, elle, dépend du carbone,
37:16c'est absurde.
37:17Vous, vous avez un très bon modèle
37:19puisque vous faites l'électrolyse
37:20avec de l'énergie ou éolienne,
37:22marémotrice,
37:23donc bonne pioche.
37:26Donc un, il faut un cadre incitatif,
37:28on l'a mis,
37:29et il ne faut pas le lâcher.
37:30Et je le dis
37:31parce qu'on va tous avoir
37:31beaucoup de pression
37:32dans cette période
37:33parce qu'on voit bien
37:34que la crise,
37:35la guerre en Ukraine
37:36et les conséquences qu'elle a
37:38font que beaucoup d'énergie
37:39est mise pour diversifier
37:41les approvisionnements de gaz,
37:43mais c'est autant d'énergie
37:44qui est mise
37:45à sortir moins vite
37:46parfois du gaz.
37:48Or, le mieux à faire,
37:50on ne peut pas tout faire
37:51en un jour,
37:52mais c'est quand même
37:53de continuer à sortir
37:54des énergies fossiles.
37:55Je dis ça
37:57pour qu'on s'en rappelle tous.
37:58Donc un,
37:58vous avez le cadre réglementaire,
37:59on va le défendre,
38:00on le met en place.
38:01Deux,
38:02on a besoin de continuer
38:03à attirer les financements
38:04chez vous
38:05parce que c'est parfois
38:07capitalistique pour le faire,
38:09c'est parfois
38:09des technologies de rupture.
38:11C'est là où les fonds Tibi
38:13et justement la mobilisation
38:15de fonds plus importants
38:16est très importante.
38:17Je le disais,
38:17on a utilisé 6 milliards
38:20de fonds d'investisseurs
38:22institutionnels
38:22qui nous a permis
38:23de mobiliser au total
38:2320 milliards
38:24la ces dernières années.
38:25Beaucoup est parti
38:26dans le secteur de la santé,
38:27d'ailleurs,
38:27ça a été très utile,
38:29qui est un secteur
38:29aussi très capitalistique
38:30où le temps d'accès
38:31au marché est parfois long.
38:32Mais dans votre secteur,
38:34on en attire de plus en plus
38:34et on va continuer à le faire
38:36au niveau français et européen.
38:37Donc on va bosser là-dessus.
38:38Et dernier point,
38:39pour vous permettre
38:40d'avoir un temps d'accès
38:41plus rapide,
38:41vous l'avez évoqué,
38:42c'est de lever
38:43les verrous réglementaires.
38:45Et parfois,
38:45les verrous réglementaires,
38:46ils intéressent
38:46certains acteurs
38:47plus gros que vous
38:48qui ont envie
38:48que vous perdiez du temps
38:49et que vous inventiez
38:50la technologie
38:50mais que vous n'accédez pas
38:51au marché
38:52pour parler pudiquement.
38:54Et donc...
38:54Exactement.
38:55Et quand on fait face
38:56à des Américains,
38:57un an,
38:57c'est pas mon...
38:58Donc ce que je veux
39:00qu'on fasse,
39:00et on va le faire
39:01dès cet été,
39:02c'est une forme
39:03de loi d'urgence écologique.
39:05Alors ça peut ne pas
39:06parler comme ça,
39:07mais je vous explique
39:08la philosophie
39:09de ce que je veux
39:10que le gouvernement
39:10mette en place.
39:11On a largement commencé.
39:13C'est qu'au fond,
39:15beaucoup de choses
39:16sont lentes,
39:16en tout cas à mes yeux,
39:17trop lentes dans notre pays.
39:18A chaque fois,
39:18il y a des bonnes raisons,
39:19des recours,
39:20des droits,
39:21des choses qu'on a protégées.
39:22Mais ce qui fait
39:23qu'on met énormément de temps
39:25à faire beaucoup de projets.
39:26Et dans tous les secteurs,
39:27ça nous pèse.
39:29J'ai constaté
39:30dans le quinquennat précédent
39:33que le plus grand projet,
39:35d'ailleurs d'Europe,
39:36d'urbanisme,
39:37de création de logements
39:38qu'on avait fait,
39:39il était à la sortie de Paris
39:40dans un des pires endroits
39:42pour le faire.
39:44La Seine-Saint-Denis,
39:45très urbanisée,
39:47très dense,
39:47avec beaucoup de contraintes.
39:49Pourquoi ?
39:50Parce qu'il y avait
39:50les Jeux olympiques.
39:51Et donc on a pris
39:52une loi d'urgence.
39:53Cette loi d'urgence a dit
39:54on supprime tous les délais,
39:55les recours,
39:56on y va,
39:57on doit tenir 2024,
39:58tous au front.
40:00Bilan des courses,
40:01on a créé des logements
40:03dans des villes
40:03comme Saint-Ouen,
40:04Saint-Denis
40:05qui en avaient besoin,
40:05qui en ont besoin.
40:07On crée des infrastructures sportives
40:08qui derrière auront
40:09un avenir,
40:10un héritage.
40:11On crée une piscine
40:12qui attendait
40:12ces territoires.
40:13On crée des infrastructures,
40:14mais on crée du logement
40:15à la surface commerciale
40:16dans des territoires
40:17qui le méritent
40:17et qui en ont besoin.
40:18Donc il n'y a pas de fatalité.
40:19C'est la même chose
40:20qu'il faut faire
40:21pour développer
40:22les énergies renouvelables,
40:24les grands projets
40:25qu'on veut faire
40:25dont l'économie a besoin.
40:27Ca va râler,
40:29mais il faut le faire.
40:30Et je regarde nos voisins.
40:31Vous parliez de l'hydrogène.
40:33Nos voisins allemands
40:35qui ont une coalition,
40:36le ministre en charge
40:37de l'économie
40:38et Vert
40:40viennent de prendre
40:41la décision
40:41de mettre en place
40:424 terminaux gaziers
40:44pour importer du gaz
40:46qui n'est pas bon
40:47pour l'environnement,
40:48mais pour ne plus dépendre
40:49des gazoducs venant de Russie,
40:51ils vont réussir
40:52à faire d'ici la fin de l'année
40:534 terminaux gaziers.
40:55Honnêtement,
40:55c'est formidable
40:56en termes de développement économique.
40:57Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux
40:58pour le bilan carbone,
40:59mais ils se sont focalisés
41:00sur sortir de la dépendance
41:02à la Russie.
41:04C'est cet exemple
41:04qu'il faut suivre,
41:05mais il faut le faire
41:05pour l'écologie
41:06parce que nous,
41:06on a cette chance.
41:08Donc, on va prendre
41:08cette loi d'urgence
41:09pour développer
41:10beaucoup plus rapidement.
41:11Il se trouve
41:11qu'on peut faire
41:12beaucoup plus d'éoliens en mer.
41:14On est la 2e puissance maritime
41:15au monde.
41:17Et aujourd'hui,
41:17on a sous-investi,
41:19et ça va beaucoup trop lentement.
41:20Et la 2e chose,
41:22je finirai là-dessus,
41:23nous pouvons être
41:24une grande puissance
41:25de production de l'hydrogène.
41:28Et je crois beaucoup,
41:29moi, dans votre compagnie
41:30et dans tous les acteurs
41:32de votre secteur.
41:33Pourquoi ?
41:34Parce qu'on est une grande nation
41:35du nucléaire.
41:37Or, le nucléaire produit
41:38de l'électricité bas carbone
41:40non intermittente.
41:41On a décidé
41:42d'investissements futurs.
41:43Et donc, sur le sol européen,
41:45il est un levier
41:46de production d'électricité
41:48à d'autres usages
41:49que notre consommation.
41:51La 2e chose,
41:52c'est qu'on a un potentiel
41:53de déploiement
41:54de nos ENR,
41:55de nos énergies renouvelables.
41:57Et elles seront aussi
41:59un levier
41:59pour faire de l'hydrogène vert.
42:01Troisièmement,
42:02on a des sites industriels
42:03qu'on veut garder.
42:04Et le meilleur moyen,
42:06on a commencé
42:06le programme de décarbonation
42:07avec, justement,
42:09le ministère des Finances,
42:10la BPI et France 2030
42:12portent ses financements.
42:14L'hydrogène vert
42:15en sera un levier
42:16pour se substituer au gaz
42:17parmi d'autres.
42:19Simplement,
42:20beaucoup d'autres
42:21vont créer
42:22une nouvelle dépendance
42:23parce qu'ils ne pourront pas
42:24produire d'hydrogène vert.
42:25Nos voisins allemands,
42:26néerlandais ou autres,
42:27ils importeront
42:28cet hydrogène
42:29qu'ils iront faire
42:30produire ailleurs
42:30avec beaucoup de risques
42:32des nouvelles dépendances
42:33géopolitiques
42:33et des débats
42:35qui ne manqueront pas d'arriver
42:35parce que beaucoup
42:36ont des grands programmes
42:37qui viennent d'Afrique
42:37ou du Moyen-Orient
42:38et ils font un pari
42:40géopolitique
42:41qui est de dire
42:41que ça va être super,
42:42on va donner des opportunités
42:43aux renouvelables
42:44en Mauritanie,
42:45en Algérie,
42:46sur un continent
42:47qui aujourd'hui
42:48n'est pas électrifié
42:49et ne s'éclaire pas.
42:50Moi, je fais le pari
42:51que dans 15 ans
42:52ou 20 ans,
42:53on n'arrivera pas
42:53à expliquer
42:54que la priorité,
42:55c'est de faire
42:57de l'hydrogène vert
42:57pour l'Europe
42:58alors qu'on n'a pas encore
42:59électrifié l'Afrique.
43:01Donc ceux qui produiront
43:02de l'hydrogène
43:03auront un temps d'avance.
43:04Donc il faut foncer
43:05sur ce cap-là.
43:08Je pense que c'est
43:09un énorme levier.
43:10Je ne pouvais pas faire
43:11un meilleur pitch
43:11pour votre entreprise.
43:13Merci.
43:14Il y a des postes ouverts.
43:15Merci, monsieur le président.
43:18Merci infiniment
43:19d'être venu à l'Uvatec.
43:21Et merci pour ces messages
43:23d'optimisme.
43:24Merci beaucoup.
43:25Non, merci à vous.
43:27Je voulais d'un mot
43:27d'abord vous féliciter.
43:29Vous dire que
43:30les temps sont difficiles,
43:32graves,
43:33mais il faut que vous gardiez
43:34cet optimisme
43:35de la volonté.
43:38Nous sommes
43:39dans notre pays
43:40en paix
43:40avec beaucoup de force.
43:42Sachons aussi
43:43regarder comment ça se passe
43:45dans le reste du monde.
43:46Parfois quand les gens
43:47ont des discours
43:48trop catastrophistes.
43:50Et donc nous avons
43:50des difficultés.
43:51Nous les affronterons.
43:52Mais en nous tenant ensemble
43:53avec la force,
43:55la solidarité
43:56d'une vieille nation,
43:57mais avec le dynamisme
43:58et la capacité à innover
44:00de la start-up nation.
44:02C'est l'en même temps français.
44:03C'est une extraordinaire force.
44:05Et vous êtes
44:06les femmes et les hommes
44:08qui aussi permettront
44:09de porter cette ambition
44:11et de continuer
44:11à transformer le pays
44:12en montrant à chacun
44:13de nos compatriotes
44:14que vous apportez
44:15des solutions utiles
44:16pour eux,
44:17que vous n'êtes pas
44:18un monde à part
44:18quand j'entends certains dire,
44:20mais qu'au contraire
44:20vous êtes une partie
44:21de la solution
44:22dans le secteur de la défense
44:23avec notre politique
44:24d'innovation,
44:25dans le secteur de la santé,
44:27toute la vie aussi
44:28du quotidien.
44:28qui permet
44:29de changer
44:29les choses.
44:31Donc,
44:31soyez volontaires
44:32et optimistes,
44:33pas par naïveté,
44:34mais par volonté.
44:36Et je le dis
44:37dans un moment
44:37et quelques heures
44:38après avoir été
44:39sur le sol ukrainien,
44:40je le dis devant
44:40monsieur l'ambassadeur
44:41qui est là
44:41et alors qu'il y a
44:42beaucoup de start-up,
44:44d'abord,
44:44nous avons la chance
44:45d'être en paix.
44:47Et c'est une chance
44:48qu'il faut préserver,
44:50consacrer.
44:51Cette chance,
44:51c'est l'Europe.
44:52Et je vous le dis
44:53vraiment avec beaucoup
44:54de force,
44:55ne laissons pas
44:56à l'Europe reculer
44:57d'un millimètre.
44:58C'est parce qu'il y a
44:59l'Europe que nous avons
45:00la paix sur cette partie
45:01du continent.
45:02Et moi,
45:02j'ai été bouleversé
45:03de voir en Moldavie
45:05et en Ukraine,
45:05et en Ukraine qui est
45:06en guerre aujourd'hui,
45:07des femmes et des hommes
45:08qui veulent devenir
45:09européens,
45:10être reconnus par nous
45:11parce que ce sont leurs valeurs
45:13et que c'est la paix.
45:14La paix.
45:16Ensuite,
45:17je veux vous dire
45:17que toutes et tous,
45:18vous avez aussi
45:18un rôle à jouer.
45:19Beaucoup, d'ailleurs,
45:20je sais,
45:20ont commencé à le faire
45:21pour aider les Ukrainiens
45:23et les Ukrainiens,
45:24les aider à passer
45:27les bonnes informations,
45:28à se protéger,
45:29à défendre,
45:31à continuer à lutter
45:32contre la désinformation
45:33de certains réseaux
45:34ou propagande
45:34venant de Russie.
45:36Il y a une vraie lutte
45:37qui est de la lutte aussi
45:37d'information libre
45:38sur Internet,
45:39d'innovation
45:41et je dois dire
45:42que la guerre
45:42a été aussi menée
45:43en Ukraine
45:43par des innovateurs
45:45de manière absolument incroyable.
45:47Des femmes et des hommes
45:48qui ont trouvé
45:48des solutions sur le terrain
45:50qui ont permis
45:50à la résistance civile
45:52de se constituer,
45:54qui ont permis
45:54de lutter
45:54contre la désinformation
45:55et du coup
45:56à un peuple
45:57de bâtir sa résilience
45:58et sa force.
45:59Donc je voulais dire ici aussi
46:00notre admiration
46:02et notre soutien.
46:03Nous respectons
46:03tous les peuples du monde
46:05mais aujourd'hui
46:06nous sommes derrière
46:06le peuple ukrainien
46:08parce qu'avec beaucoup de courage
46:09il se bat
46:09simplement pour sa liberté
46:10et sa souveraineté.
46:11Et je pense que
46:12l'écosystème technologique
46:14européen
46:15et du monde entier
46:15a beaucoup de choses
46:16à lui apporter
46:16et nous continuerons aussi
46:17d'être là.
46:19Merci.
46:20Message reçu.
46:20Applaudissements.
46:26Applaudissements.
46:27Merci.
46:29Applaudissements.
46:31Merci.
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