00:00Voici l'édito politique de Patrick Cohen, bonjour.
00:02Bonjour Florence.
00:03Patrick, après la mort du jeune Quentin de Ranck à Lyon, le danger d'une montée des extrêmes.
00:08Dans la rue, sur les réseaux sociaux, dans les médias, ça commence toujours par des mots.
00:12Quand la raison d'être et la cible de votre combat militant revêtent selon vous les oripeaux du diable,
00:17soit que vous considériez vos ennemis comme des fascistes islamophobes, soit comme des gauchistes antisémites,
00:23quand la nature à vos yeux insupportable de leur discours ou de leur projet de société
00:27vous fait penser qu'ils ne devraient pas s'exprimer, voire qu'ils ne devraient pas exister.
00:31Quand la violence verbale est ainsi banalisée, la violence tout court, ainsi moralement justifiée, est toujours au bout du chemin.
00:38La radicalité conduit naturellement à l'affrontement ?
00:41Pas nécessairement, mais le risque est plus grand quand les chants s'estompent de voir vos idées triompher dans les
00:45urnes
00:46et quand celle de votre ennemi semble en mesure de l'emporter.
00:49Or, la perspective inédite d'une victoire électorale de l'extrême droite lors de la prochaine élection présidentielle
00:54ne peut qu'accroître l'agressivité des militants de la mouvance antifasciste pour les 14 mois à venir, sans parler
01:00de la suite.
01:01Et le procès en délégitimation que subit en ce moment LFI, c'est un cercle vicieux, ne fait qu'aggraver
01:07le danger.
01:07Mais peut-on parler, Patrick, de responsabilité des insoumis ?
01:10Jean-Luc Mélenchon n'a jamais lui-même appelé à la violence de rue,
01:13mais il a accueilli en son sein, en lui offrant un siège de député,
01:17le cofondateur d'un mouvement impliqué dans des actions violentes,
01:20la jeune garde de Raphaël Arnaud, lui-même condamné définitivement pour violence en réunion.
01:26La jeune garde, dont Jean-Luc Mélenchon, parlait ainsi le 30 avril dernier à Auxerre,
01:30après l'annonce de la dissolution du groupuscule par le ministre d'alors Bruno Retailleau.
01:34La jeune garde, qui est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis.
01:39Ce sont des jeunes antifascistes.
01:40Et après avoir appelé les militants insoumis à aller manifester le lendemain 1er mai à Lyon,
01:45sous la bannière de la jeune garde.
01:46Nous n'avons pas peur, nous n'avons pas peur.
01:50Ah j'en parle avec passion, parce que ce sont mes jeunes camarades.
01:55Mes jeunes camarades, de ce lien à la fois organique et affectif,
01:59Jean-Luc Mélenchon devra maintenant répondre,
02:01s'il est confirmé que l'enquête incrimine un ou plusieurs membres de la jeune garde,
02:05et s'il est avéré que des antifascistes se sont comportés, au sens propre,
02:10comme des fascistes.
02:11Et ensuite ?
02:12Ensuite, je n'arrive pas à imaginer le scénario d'une désescalade politique.
02:16Tout concourt à une polarisation exacerbée,
02:19à une inéluctable montée aux extrêmes.
02:21Je ne suis pas très optimiste, mais j'espère encore me tromper.
02:24Merci Patrick Cohen.
02:25Merci d'avoir regardé cette vidéo !
02:25Sous-titrage FR ?