00:00Sans jeu de mots, les oppositions sont vent debout, puisqu'on parlait des éoliennes depuis qu'Emmanuel Macron a choisi
00:04Amélie de Montchalin,
00:05votre collègue ministre du budget, pour aller présider la Cour des comptes, pour y remplacer Pierre Moscovici.
00:10La plupart des oppositions aujourd'hui pointent un possible conflit d'intérêts, tout simplement parce qu'Amélie de Montchalin devra
00:17juger à la Cour des comptes
00:19un budget qu'elle a contribué à faire voter. Expliquez-nous comment elle fera le jour où le budget va
00:24arriver devant elle. Elle va quitter la pièce ?
00:26Alors d'abord, c'est mal connaître le fonctionnement de l'institution de la Cour des comptes.
00:29On a beaucoup dit qu'elle va être là pour 28 ans. Le jour où vous êtes nommé à la
00:33Cour des comptes, en tout cas, vous êtes indéboulonnable.
00:35Donc vous êtes par nature indépendant. De la même manière que ceux qui sont nommés au Conseil constitutionnel, par exemple.
00:42Philippe Bas, sénateur républicain réputé.
00:44On peut être indépendant, on leur laisse curses, sans avoir envie de s'auto-chapper sur les doigts.
00:48Et ensuite, le fonctionnement de la Cour des comptes, il est collégial. Elle est la première présidente. Elle le sera
00:53en tout cas d'ici 15 jours.
00:55Et c'est une chambre chargée d'examiner le budget, ce n'est pas elle, qui sera chargée d'en
01:00examiner l'exécution.
01:02Donc, c'est ce que je dis, elle quittera la salle quand on examinera le budget.
01:04Pierre Moscovici n'était pas plus chargée d'examiner le budget qu'elle ne le sera.
01:07Si, parce que vous savez, quand on préside la Cour des comptes, on a aussi un organisme qui s'appelle
01:10le Conseil des finances publiques,
01:11qui, lui, est censé juger de la sincérité ou pas des comptes publics.
01:16Et oui, et il est nourri par un travail d'experts extrêmement compétents et rigoureux.
01:21Imaginez qu'Amélie de Montchalin, que je connais bien, et dont tout le monde a reconnu le travail exceptionnel pendant
01:25le budget,
01:27puisse jouer avec ça, jouer avec la sincérité du travail des experts du Haut Conseil pour les finances publiques,
01:33qui rassemblent des économistes, des comptables, des hauts fonctionnaires.
01:36C'est vraiment, c'est faire de la petite politique qui a peu d'intérêt, et c'est surtout un
01:42risque d'affaiblir des institutions
01:45dans un moment où, au contraire, elles doivent être renforcées, elles doivent être assumées,
01:51comme des institutions qui relèvent de la Ve République, et j'allais dire qu'elles sont plus grandes que celles
01:56et ceux
01:57qui occupent des fonctions, y compris d'ailleurs au gouvernement, à l'Assemblée.
02:01Si on peut juste prendre un peu de recul quand on est dans ces fonctions-là, être responsable et se
02:05dire
02:06« J'ai quand même quelque chose qui me dépasse, et je sais qu'Amélie de Montchalin, elle sera comme
02:10ça,
02:10et je fais mon boulot, de manière rigoureuse, et évidemment, avec les compétences qu'on lui connaît,
02:16qui sont par ailleurs exceptionnelles. »
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