00:00Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans à la régulière l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir on revient 30 ans en arrière, 30 ans exactement depuis la sortie d'un disque hors normes,
00:19un double album devenu un monument, un album qui a changé à jamais la trajectoire du rap
00:23et scellé la légende de son auteur All Eyes On Me de Tupac Shakur.
00:27Un disque démesuré, excessif, flamboyant, parfois contradictoire à l'image de Tupac lui-même,
00:32rappeur, poète, star mondial, figure politique, icône tragique.
00:35A travers cet album, Tupac ne cherche pas seulement à dominer le rap, il règle ses comptes, il célèbre la vie,
00:40il exhibe ses failles, il transforme sa colère en spectacle et sa survie en manifeste.
00:4430 ans plus tard, l'album continue de poser une question simple mais vertigineuse,
00:48comment un artiste peut-il devenir plus grand que sa propre musique ?
00:51Alors c'est ça, on va parler de l'album, mais surtout de l'homme, d'ailleurs le mythe,
00:54et j'ai une tablée extraordinaire avec moi, nous avons Driver,
00:58qui était là il n'y a pas longtemps d'ailleurs pour l'émission autour de Bad Bunny,
01:01Driver, rappeur, podcaster, entertainer, notamment avec Featuring qui est à chaîne YouTube aussi.
01:07On a également le Bougarneau de Parole Véritable Podcast,
01:10la première fois dans l'émission, merci d'être là.
01:11Merci à toi, merci à toi pour l'invitation.
01:12Très heureux de t'avoir.
01:13Et Aurélien Chapuis qui était venu aussi pour une émission autour du Gouteng,
01:16en début de saison, et qui notamment travaille sur le podcast Music Sound Better With Us,
01:20et qui a un magnifique pull en hommage au Cool Session de Jimmy G.
01:24Et d'ailleurs c'était vous qui l'aviez édité ce pull.
01:26Tout à fait, ouais.
01:26Voilà, je m'égare.
01:28Merci, ça fait plaisir.
01:29L'émission spéciale Tupac, Alla Domi, c'est maintenant à la régulière.
01:31France Inter
01:33À la régulière
01:37Medimizing
01:41Ça c'est un extrait du tube planétaire California Love,
02:03donc en collaboration avec Dr. Dre, produit aussi par, morceau produit par Dr. Dre.
02:06Mais la première question elle est simple, Alla Domi qui fête ses 30 ans, cette semaine,
02:10qui fête ses 30 ans demain exactement.
02:13Quel est votre premier souvenir avec cet album Driver ?
02:15Est-ce que tu l'écoutes à la sortie ?
02:17Est-ce que tu l'attends à ce moment-là ?
02:18Comment tu le vis en 1996 ?
02:21Alors j'ai un pote qui l'a eu avant nous, donc je vais chez lui pour l'écouter.
02:26C'était l'époque où on faisait des copies cassette.
02:30Donc je fais ma copie mais je le découvre en même temps.
02:33Et je suis comme un fou en fait, on l'attendait parce qu'il y a un gros contexte.
02:37Tu vois, il y a plein de choses.
02:39Il sort de prison.
02:40Exactement.
02:41Il signe sur un label sulfureux et un succès qui est Defro.
02:45On sent qu'il est revanchard.
02:47C'est aussi là où il rejoint un peu la Californie parce qu'il y a aussi ça.
02:50À la base, c'est pas un rappeur qui...
02:51Si, si.
02:52Avant, on n'est plus la baie.
02:53Ouais, exactement.
02:54Mais là, il rejoint vraiment Defro et Los Angeles.
02:57Defro et Los Angeles, c'est ça.
02:58Mais il y a vraiment un contexte où il est revanchard.
03:01Moi, je me souviens justement de ce clip California Love et un Behind the Scenes sur MTV où ils montraient les coulisses du clip.
03:10Le fameux clip où Kenry qui était sur le tournage.
03:12Pas cette version-là.
03:13Ah, tu parles de la deuxième version dans la maison.
03:15La version Mad Max.
03:16Ah oui.
03:16Et on le voit en train de compter de l'argent et on le voit en train de citer les noms des gens contre qui il est en guerre.
03:23Notamment les gens du label Bad Boy.
03:24Donc on sent qu'il est revanchard.
03:26Donc moi, quand je vais écouter cet album-là, je sais que je vais avoir un Tupac énervé.
03:30Ouais, ouais.
03:30Ok.
03:31Toi Nemo aussi, je sais que tu étais déjà un grand auditeur de rap à ce moment-là.
03:36Donc comment tu vis la sortie de ce monument ?
03:39Moi, j'étais très clip à l'époque.
03:41Donc j'enregistrais beaucoup des émissions sur la télé de clips.
03:44Et donc les premières choses que je vois de Tupac, c'est les clips.
03:47Moi, il faut savoir que j'étais très Wu-Tang, Mob, Deep, etc.
03:50Oui, toi, tu avais peut-être une culture plus new-yorkaise.
03:52Ouais, ouais, ouais.
03:53J'aimais bien Dr.
03:54Grisnoop et tout ça.
03:54Mais c'est vrai que Tupac, de base, ce n'était pas ce que j'écoutais.
03:57Par contre, vraiment, là, c'est le moment où ils ont mis le curseur blockbuster au niveau supérieur.
04:03Et donc, moi, ce qui me paraissait incroyable, c'était le côté cinéma, le côté Mad Max.
04:09À l'époque...
04:09Donc l'image aussi de l'artiste.
04:11Ouais, et puis tout ce qui était en train de devenir Tupac, c'est-à-dire une sorte de héros presque Will Smith, tu vois.
04:19Donc vraiment un héros qui allait transcender le rap presque.
04:23Et moi, ce n'était pas forcément le style musical que je préférais à cette période-là.
04:26J'ai vraiment réécouté depuis.
04:27Mais par contre, l'image, c'était incroyable, tu vois.
04:31Et toi, Arnaud, peut-être que tu es un peu plus jeune qu'Aurélien et Driver.
04:35Est-ce que tu l'écoutes à la sortie ou est-ce que tu le découvres un peu après ?
04:38Moi, je sais que par exemple, je l'ai vraiment écouté, l'album.
04:40Des années après, je connaissais Tupac, bien sûr, je connaissais les morceaux.
04:43Mais mon rapport à cet album-là, il arrive finalement plutôt dans les années 2000.
04:46Toi, est-ce que c'est pareil ou est-ce que tu le découvres déjà à la sortie ?
04:49Pareil, moi, je l'écoute plus tard, mais j'ai connaissance du fait que Tupac a sorti un album parce que mon oncle, lui, il l'écoutait.
04:58Moi, je ne l'écoutais pas, mais moi, je me rappelle du livret et ma mère m'avait acheté une paire de Phila Grand Hill.
05:04J'en voulais pas.
05:05Grand Hill qui était un joueur de basket.
05:0615 joueurs de basket qui jouaient, je ne sais plus dans quelle équipe à cette époque-là.
05:11En Seattle, non ?
05:12On me dit au Pistons.
05:14Au Pistons D3, numéro 33.
05:17Bref, on m'achète cette paire-là et moi, je n'en veux pas.
05:20L'oncle vient avec le CD, il dit « mais toi, t'es fou ! Regarde, tu ne vois pas même Tupac ? »
05:25Ah, bon, j'ai validé, j'ai pris ce nom.
05:27Le premier souvenir que j'ai avec le CD, c'est ça.
05:29Mais des années plus tard, je l'écoute plus à des fins d'étudier la chose et d'en savoir plus sur qui est la légende.
05:37Alors, à l'époque, maintenant, c'est un peu devenu désuet, les formats, les doubles albums, puisqu'on est aujourd'hui, il y a le streaming.
05:44Donc, en fait, on peut mettre 50 morceaux sur un album, c'est un album.
05:47À l'époque, c'est un double album et ça veut dire quelque chose.
05:50C'est l'un des premiers en plus, en solo.
05:52C'est-à-dire qu'il y a eu des groupes, il y a eu notamment Jazzy Jeff et Fresh Prince.
05:55Il y a eu Ombre et Lumière en France, Ayan qui sort un double album avant.
06:00Mais lui, c'est un premier rappeur solo à sortir un double album, juste avant Biggie, évidemment.
06:04Et puis Jay-Z, Nas sont passés par là, Outcast, UGK, bref, c'est devenu les deep-set avec Diplomatique, Inuniti.
06:11Bonne thug, c'est devenu, mais lui, c'est vraiment le premier.
06:13Qu'est-ce que ça signifie à l'époque de sortir un double album ?
06:16Cette oeuvre un peu titanesque, dantesque, ça reprend quelque chose, ce format, le format double album ?
06:21Moi, je reviens à ce fameux jour où je viens pour écouter l'album chez mon pote,
06:27et je viens avec une cassette de 60 minutes pour l'enregistrer.
06:29Et t'en fallait 4 en fait !
06:30Il me fallait 90 minutes et peut-être plus, je ne sais pas.
06:34Donc il n'y avait pas assez.
06:35Donc moi, quand je copie, je suis obligé de choisir les morceaux à ce moment-là.
06:38Donc c'est la première fois qu'il y a tellement de morceaux que ça ne rentre pas dans la cassette vierge.
06:42Mais nous, on est contents, parce que tous les morceaux sont de qualité.
06:46Il n'y a rien à jeter pour une sorte de double album.
06:48C'est archi bien produit.
06:48C'est ça qui revient.
06:49Parce que souvent, quand d'autres grands artistes, je pense à Jay-Z par exemple,
06:53à la sortie de Blueprint 2, on se dit, il y a des super morceaux,
06:55mais ce serait mieux avec un simple album.
06:57On ne se dit pas ça sur la ligne.
06:58Parce que c'est très très dur de réussir un double CD, un double album.
07:01Il y a beaucoup de facettes archi différentes.
07:03Après, on a appris plus tard que c'était aussi parce que Tupac était complètement ruiné
07:08et qu'il devait trois albums à Death Row.
07:11Et il voulait un peu les sortir vite.
07:12Et en fait, un double album, c'était déjà deux albums en moins pour Death Row.
07:16Donc il avait quand même ce truc au-dessus de la tête où il voulait aussi taper très fort
07:19et en même temps, il voulait se libérer de rembourser la caution.
07:23Après, c'est surtout que c'est un bosseur et qui allait très vite.
07:27Oui, et d'ailleurs, il avait encore énormément de trucs.
07:29Et on l'a vu aussi après son tragique décès,
07:31parce qu'il y a énormément d'albums posthumes qui sont sortis.
07:34Et donc, il enregistrait énormément.
07:36Arnaud, toi, du coup, qui l'a étudié,
07:39pourquoi ce disque est autant révéré aujourd'hui, autant célébré ?
07:43Déjà, premier double CD de l'histoire du rap.
07:48Kenry, parce qu'en France, il y avait Ombre et Lumière avec Réam.
07:52He's a DJ, I'm a Rapper de Fresh Prince et Jazzy Jeff.
07:57C'était un double album, mais en vinyle.
07:59C'était la première fois qu'on avait un album rap.
08:00sur quatre vinyles.
08:02La plupart du temps, c'était deux vinyles face A, face B, face C, face D.
08:06Donc, Fresh Prince et Will Smith, évidemment.
08:08Donc, pour ça, des années après,
08:12c'est, je crois aussi, l'un des premiers albums rap
08:14qui a été certifié diamant.
08:16Oui.
08:16Pour ça aussi.
08:17Il est resté très longtemps dans les charts.
08:19Exactement.
08:20Et je vais le dire à personne, enfin, je ne vais rien apprendre à personne ici.
08:23Il est chez Defro.
08:24C'est peut-être le label qui a le run le plus intense de l'histoire du rap.
08:28C'est vrai que ça, c'est important.
08:29Driver l'a mentionné, mais c'est vrai que le run de Defro à ce moment-là,
08:33donc la belle californienne, il est extraordinaire.
08:35Voilà, effectivement, il est très dominant.
08:36Et on va dire que c'est le dernier épisode, en fait,
08:40de l'épopée crapuleuse de Defro.
08:42Parce qu'après ça, c'est fini.
08:44Au moment où il signe chez Defro,
08:47on a quand même dans le roster Dr. Dre, Snoop Dogg et Tupac.
08:53Donc, ces trois-là, c'est incroyable.
08:54C'est la folie.
08:55C'est trois très gros stars.
08:57Et Tupac, quand elle arrive, la star, c'est Snoop.
09:01Pour ceux qui ont vu les images du concert House of Blues,
09:03Tupac fait la première partie de Snoop Dogg.
09:07Aujourd'hui, tout est inversé dans la tête des gens.
09:09Tout le monde se dit, c'est Tupac la star.
09:10Mais quand il arrive, c'est pas la star.
09:12Donc, il arrive dans une écurie très très forte.
09:14En plus, quand on parle de cet album-là,
09:15je pense qu'on écoute un morceau.
09:16On va écouter le morceau éponyme.
09:18Hola, ils ont mis en futur avec Big Sike.
09:20Il avait toujours des futurs avec des rappeurs.
09:22Ah bah, c'est les Thug Life, c'est les Outlaws.
09:25Mais il y avait toujours cette fidélité-là.
09:27Qui puisse reposer en paix, lui aussi.
09:28Exactement.
09:28On s'écoute ça à Tupac.
09:29Hola, ils ont mis donc extrait d'un album qui a 30 ans.
09:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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