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00:00On en vient à cette affaire de lait infantile possiblement contaminé qui se poursuit en France et dans le monde.
00:05Des analyses sont actuellement en cours pour déterminer si un bébé de 8 mois décédé la semaine passée a ingéré
00:11un lait contaminé,
00:12ce qui serait le troisième décès potentiellement lié au lait infantile.
00:16Parallèlement, des rappels de l'eau sont effectués à travers le monde.
00:19L'association Foodwatch a déposé une plainte accusant le gouvernement d'être responsable de ne pas avoir agi à temps.
00:25On écoute leur avocat, c'était il y a quelques jours et on en parle avec notre invité.
00:30Il faut que les responsables puissent venir s'expliquer devant les familles.
00:34Il est inadmissible aujourd'hui qu'une nouvelle fois, il y ait ce climat d'impunité qui permet à ces
00:39grands industriels dans le secteur agroalimentaire
00:43de diffuser très largement, y compris dans des pays tiers à l'Union Européenne, des produits préjudiciables à la santé
00:50des nourrissons.
00:51Et on continue d'en parler avec Quentin Guillemin, président de l'Association pour la santé des enfants.
00:56Bonjour, merci d'être avec nous.
00:58Vous réclamez l'ouverture d'une instruction sur les carences des autorités publiques dans cette affaire et l'application du
01:04principe de précaution.
01:06Vous avez pour cela saisi officiellement la défenseur des droits. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
01:12Écoutez, on est dans une affaire où effectivement le principe de précaution n'a pas été pris par les industriels
01:20et par les autorités.
01:21On est là dans une affaire où les produits dont on connaît la source de contamination, qui est une huile
01:28chinoise contaminée, qui a été intégrée dans ces préparations.
01:35Ces produits-là n'ont pas été tous rappelés, alors même que le principe de précaution vaudrait et donc consisterait
01:42à rappeler tous les produits fabriqués à partir de cette huile chinoise contaminée,
01:46qui est reconnue comme tous, comme la source de la contamination.
01:49On est là dans une situation où on a retiré uniquement des produits qui ont été testés une fois qu
01:54'ils étaient déjà sur le marché, une fois qu'ils étaient déjà consommés par les enfants, pour vérifier s'il
02:00y avait cette toxine à l'intérieur.
02:02On sait que ces analyses, elles prennent du temps, elles sont très longues, elles sont coûteuses.
02:06On ne peut pas tester tous les produits à la fois et donc on voit bien que pendant ce temps
02:10-là, on a des enfants qui continuent de se nourrir avec ces produits.
02:12Et cela, ça pose problème parce que ça peut conduire effectivement à des enfants qui sont malades aujourd'hui ou
02:18qui décèdent, alors même qu'on connaît aujourd'hui le risque.
02:22Justement, le point commun entre toutes ces marques qui ont fait l'objet de rappels, je vais en citer quelques
02:27-unes, Nidal, Pico ou encore Blédilet, c'est un fournisseur chinois dont vous venez de parler.
02:32Est-ce que ça veut dire qu'il y a des circuits d'approvisionnement qui échappent aux autorités ? Est
02:36-ce que c'est normal ?
02:38Non, ce n'est pas normal. C'est bien là qu'est le problème d'ailleurs.
02:41Parce que les autorités, elles ont la capacité à pouvoir vérifier ce qui rentre sur le territoire européen à minima
02:49et sur le territoire français.
02:51Et donc, on voit bien que ça veut dire que pendant un an, voire un peu plus, on a des
02:56produits qui sont rentrés sur le territoire français sans avoir d'analyse, sans être testés et qui sont problématiques.
03:03Évidemment, c'est vrai pour les autorités, c'est vrai aussi pour les industriels qui vont se fournir chez ces
03:07producteurs dans des conditions qu'ils ne maîtrisent pas, semble-t-il,
03:11puisqu'ils ont laissé passer ces toxines au moins pendant un an dans leurs entreprises.
03:16Donc, on voit bien là qu'il y a un problème de maîtrise aussi des produits qu'on utilise et
03:21notamment des produits, j'ai envie de dire presque extra communautaires,
03:25qui sont utilisés et qui sont problématiques parce que vraisemblablement dans cette usine dont on ne sait rien aujourd'hui
03:31sur la situation sanitaire,
03:33il y a des problèmes. Il y a certainement des problèmes et des problèmes importants de sanitaire et de production.
03:40Au-delà des autorités françaises, est-ce qu'il faudrait aussi attaquer l'Union européenne ?
03:46Écoutez, c'est une question qu'on est en train de se poser parce qu'effectivement, là, on a affaire
03:51à un problème qui est un peu généralisé
03:53et qui est, en tous les cas, une réglementation européenne qui n'est pas respectée.
04:00Et on a laissé faire, effectivement, la consommation de ces produits, la vente de ces produits à des grands industriels.
04:08On a aujourd'hui des produits qui continuent certainement d'être sur le territoire, qui sont toujours vendus.
04:14Il n'y a aucune interdiction de vente, il n'y a aucune interdiction d'utilisation de ces produits.
04:18Et donc, on peut considérer que ces produits sont toujours en circulation, alors même qu'on sait qu'ils sont
04:23potentiellement contaminés.
04:24Et ça pose véritablement un gros problème.
04:27Votre fille a elle-même été intoxiquée par du lait et lactalis il y a presque 10 ans.
04:31Est-ce que vous avez vu une évolution depuis 2017 dans les contrôles sanitaires ?
04:37Non, il n'y a pas eu d'évolution.
04:39Alors, il y a eu des petites victoires, j'ai envie de dire.
04:43Le site Rappel Conso, qu'on connaît tous, il est issu, effectivement, de cette affaire-là.
04:47C'est un site que nous demandions à l'époque.
04:50On a également le fait qu'on ait un seul ministère qui s'occupe de toute cette affaire.
04:56Avant, on avait le ministère de l'Économie, des Finances et le ministère de l'Agriculture.
04:59Maintenant, on n'a que le ministère de l'Agriculture.
05:01Et le ministère de la Santé, bien évidemment, mais on n'a qu'un seul ministère.
05:05Mais pour autant, les effectifs, ils ont diminué.
05:07Pour autant, les capacités de contrôle n'ont pas été renforcées.
05:10Et donc, on s'aperçoit qu'on est toujours au même point de ce point de vue-là.
05:15Les contrôles n'ont rien vu.
05:17Les contrôles de l'État n'ont rien vu.
05:18Les contrôles des industriels n'ont pas été suffisants.
05:21Aucun industriel n'a été sanctionné.
05:24Donc, on a une impunité aussi complètement, enfin, une impunité totale vis-à-vis de ces industriels.
05:30Presque dix ans après pour nous, pas tout à fait, mais presque, dix ans après, on n'a toujours aucune
05:36condamnation de l'actalisme.
05:37Donc, on est bien dans une situation où ces industriels, ils sont dans une impunité totale.
05:42Jamais de sanctions.
05:44Jamais mis en cause.
05:46Et donc, c'est aussi ce qui fait la spécialité, j'ai envie de dire, de ces décès.
05:52Moi, j'ai envie d'avoir une pensée aussi pour ces familles, parce que vous dire, évidemment, que des familles,
05:58quand on vit un deuil comme ça,
05:59dans des situations pareilles, dans une crise pareille, je peux vous assurer que c'est évidemment extrêmement compliqué à vivre.
06:06Et moi, j'ai envie d'avoir aussi une pensée pour ces familles.
06:09Et j'aimerais que les autorités pensent aussi à ces familles et se disent, il y a une action à
06:14mener, une seule, c'est le retrait de ces produits, c'est le rappel de ces produits.
06:17Et si cette action avait été menée, si elle est menée demain, c'est le moyen de protéger nos enfants.
06:25Justement, vous parliez des familles. Est-ce que votre association reçoit beaucoup d'appels en ce moment de parents inquiets
06:29?
06:31Oui, on avait ouvert effectivement un appel à témoignages avec l'adresse mail d'origine de l'association,
06:38c'est victime avec un s.lactalis.com, sur laquelle on recueille, mais on l'avait fait aussi en 2017,
06:44on recueille les témoignages. En 2017, ça nous avait permis de recueillir plus de 600 témoignages de familles
06:48dans l'affaire Lactalis qui ont, pour la moitié d'entre elles, déposé plainte par la suite.
06:54Là, on est dans une affaire avec effectivement beaucoup de cas signalés.
06:57On n'est pas loin d'une centaine de signalements à ce jour.
07:01Et donc, on voit bien que ça touche beaucoup de personnes.
07:04Et on est évidemment très loin de récolter l'ensemble des témoignages.
07:07Vous pouvez imaginer que dans 60 pays, ces produits sont distribués.
07:10Et donc, il y a évidemment des centaines de milliers de familles qui peuvent être potentiellement concernées.
07:15Et on le voit dans d'autres pays limitrophes, d'autres pays européens,
07:20que effectivement, d'autres signalements ont lieu.
07:22Et ces signalements, ils sont plus ou moins traités par les autorités également.
07:26Et donc, c'est pour ça que les chiffres fluctuent.
07:27Vous parlez de trois décès.
07:28Moi, je peux dire qu'il y en a en tous les cas quatre qui sont suspectés,
07:31puisqu'on a appris hier soir qu'il y en avait un quatrième.
07:34Et donc, on sait aujourd'hui que potentiellement, en continuant ainsi,
07:39en continuant de la gérer ainsi, cette crise,
07:41on pourrait avoir malheureusement d'autres malades, d'autres victimes.
07:45Quentin Guillaume, aujourd'hui, quand on vient d'avoir un enfant,
07:48comment on s'assure de sa sécurité alimentaire ?
07:50Est-ce qu'il existe des produits sûrs ?
07:53Écoutez, c'est très compliqué pour nous d'être dans ce type de conseil.
07:58Nous, ce qu'on peut dire simplement, c'est que les produits qui font la transparence
08:03sur leur composition, qui font la transparence sur leurs analyses,
08:06qui font la transparence sur ce qu'elles mettent dans ces produits,
08:10sont certainement les entreprises sur lesquelles il faut avoir confiance.
08:19Parce que ces grands industriels ont tous, toutes et tous, j'ai envie de dire,
08:25une particularité, c'est qu'on ne sait jamais réellement ce qu'il y a dans ces produits.
08:30Elles ne font la transparence sur aucune analyse.
08:33Elles ne permettent à aucune caméra de rentrer dans leurs usines.
08:37Aucun journaliste n'arrive à savoir ce qui s'y passe dans leurs usines.
08:40Et donc, je peux vous dire qu'à partir de ce moment-là,
08:42quand nous n'avons aucun témoignage, aucune image, aucune transparence,
08:47c'est qu'il y a un loup.
08:49Et donc, c'est qu'effectivement, il peut y avoir un problème.
08:53Donc, moi, ce que j'invite les parents à faire,
08:55c'est surtout à se renseigner sur les produits qu'ils achètent
08:59et en se renseignant, à vérifier ceux qui sont le plus transparents
09:03dans la composition de leurs produits
09:05et dans ce qui se passe dans la production de leurs produits,
09:10dans leurs usines, très concrètement.
09:12Merci beaucoup, Quentin Guillemin, d'avoir répondu à nos questions.
09:15Merci à vous de m'avoir invité.
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