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  • il y a 2 jours
La France, pourtant premier pays agricole de l'Union européenne, a vu son excédent commercial alimentaire se réduire à 200 millions d'euros en 2025, un niveau jamais vu depuis au moins 25 ans.

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Transcription
00:00Ah oui, voilà un vrai sujet, le fromage. Alors c'est quand même un comble ce que vous allez nous dire au pays du fromage.
00:06Les français n'ont jamais autant importé leur fromage préféré qui est ?
00:11Moi j'en ai dit camembert mais c'est émental.
00:13Ah c'est numéro 2 camembert.
00:14Le comté.
00:15L'émental.
00:16L'émental, effectivement, si on regarde les quantités consommées, l'émental c'est bien.
00:20Le fromage préféré des français sous toutes ses formes, entier avec ses gros trous.
00:24Et ce qui fait la différence sans doute, c'est la quantité de fromage râpé, d'émental râpé.
00:29Et donc que nous consommons, eh bien le problème c'est que jamais la France n'a acheté autant d'émental à l'étranger qu'en 2025.
00:37Un quart de notre consommation est importé d'Allemagne, de Belgique ou des Pays-Bas.
00:42Et pourquoi j'ai choisi de vous parler de ce produit emblématique qu'est l'émental ?
00:45Parce que c'est aussi le symbole des difficultés de toutes nos filières agricoles.
00:52En témoigne le recul de l'excédent commercial agroalimentaire de la France en 2025.
00:57Songez qu'en 2023, on enregistrait encore 6 milliards d'euros d'excédent agroalimentaire.
01:05Il a quasiment fondu.
01:06On est à 200 millions aujourd'hui.
01:08Et on est sur le point de basculer dans le rouge.
01:11C'est du jamais vu depuis 1979.
01:14Et sans les vins et spiritueux qu'Emmanuel Macron est allé défendre hier au salon mondial du vin et de l'alcool Wine Paris,
01:23eh bien on serait dans le rouge depuis très très longtemps.
01:26Comment on explique cette dégradation ?
01:28Alors, l'agroalimentaire, ça reste comme force de frappe à l'export, une de très grandes forces françaises.
01:36Sauf qu'on a des exportations qui progressent beaucoup moins vite que les importations.
01:42Alors, il y a des raisons conjoncturelles à ça.
01:44Par exemple, on a eu des effets comme la flambée du cacao, du chocolat,
01:48qui ont augmenté beaucoup le prix de ce qu'on a acheté à l'étranger.
01:51Côté exportations, il y a eu quand même les droits de douane de Trump.
01:54Songez que fin 2025, nos exportations de vin et spiritueux vers les États-Unis
01:59sont en baisse de presque 40% par rapport à leur niveau de la fin 2024.
02:05Mais ce sont des difficultés qui, il faut être lucide,
02:08n'ont fait qu'amplifier la dégradation structurelle de nos échanges agricoles.
02:12Mais comment notre agriculture a perdu sa compétitivité ?
02:16Alors, sur les produits bruts, fruits, légumes, viandes,
02:20cette perte de compétitivité, eh bien, elle est due à l'augmentation du coût du travail
02:24ou au coût du travail plus élevé qu'ailleurs, aux normes trop contraignantes,
02:28aux charges qui pèsent sur nos entreprises.
02:31C'est pour ça, les chiffres que je vais vous citer sont quand même assez vertigineux,
02:34c'est pour ça que la moitié du poulet, des fruits et des légumes consommés chez nous aujourd'hui
02:40sont importés de l'étranger et que les surfaces des vergers, par exemple,
02:45pour les principaux fruits, ont chuté de 40% depuis 2000
02:49et les surfaces maraîchères pour les légumes ont chuté de plus de 25%, là encore, depuis 2000.
02:55La perte du terrain, elle est encore plus inquiétante pour notre industrie agroalimentaire,
03:01à savoir les produits transformés.
03:02Là encore, trop de coûts, trop de normes, trop de petites PME
03:04par rapport à des concurrents allemands, espagnols ou italiens
03:07qui ont massivement industrialisé leur agriculture.
03:11La France a abandonné le moyenne gamme, vous savez, on avait dit
03:13il faut aller vers le haut de gamme, etc.
03:15C'était une erreur.
03:15Merci.
03:15Merci.
03:16Merci.
03:17Merci.
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