00:00Donc vous voyez, les électeurs le veulent, mais LR ne le voit pas, c'est ce que dit Jordan Bardella.
00:05Les électeurs le veulent, ils ont toujours voulu l'union des droites, les électeurs,
00:11ce qu'ils appellent l'union des droites depuis très longtemps, déjà à l'époque de Jean-Marie Le Pen.
00:16La question c'est pas l'union des droites, la question c'est que si elle a lieu,
00:20en réalité, en l'état actuel des forces, c'est l'absorption de la droite par l'extrême droite
00:25ou par le Rassemblement National, selon comment on décide de la droite.
00:30On voit bien ce qu'essaye de faire et de dire Jordan Bardella.
00:34Moi je pense qu'il y a un problème là-dedans, essentiel, c'est le programme économique et social
00:40qui fait que le RN, pour moi, n'est pas du tout un parti de droite
00:44et que donc ça n'est pas une union des droites que de fusionner les Républicains avec le RN.
00:49Donc je vois un obstacle programmatique majeur à ce projet.
00:54D'autant plus que Marine Le Pen dit qu'elle n'est ni droite ni gauche.
00:57Mais oui, alors en entrant sur ce plateau, j'entendais votre titre,
01:01l'union des droites peut-elle sauver la droite ?
01:03Mais excusez-moi, sauver la droite n'est pas un objectif, sauver la France en est un.
01:06Et pour sauver la France, finalement, qu'on ait un brassard bleu ou d'une autre couleur,
01:11ça change peu, il faut être sincère.
01:14Et on le voit aujourd'hui, ceux qui nous rejoignent viennent parfois de la droite.
01:18– Oui, bien sûr, essentiellement, d'ailleurs, beaucoup, DLR,
01:21moi j'en ai beaucoup dans ma circonscription,
01:23mais ce n'est pas une union formelle, c'est une union dans les urnes.
01:27Je veux qu'on signe, il est un peu prévisible,
01:28je ne pensais pas que ça arriverait dès la première phrase,
01:30le fait que nous soyons de gauche, mais non, les Français, ils veulent quoi ?
01:34Ils veulent moins d'impôts, plus d'entreprises, plus d'emplois, moins d'insécurité.
01:38– Mais quand on dit l'union des droits, c'est l'union aussi des forces en présence,
01:41parce que vous n'arrivez jamais à avoir la majorité,
01:43ça vous permettrait d'avoir la majorité cette fois ?
01:44– Mais je vais vous dire, vous voulez qu'on fasse l'union avec qui ?
01:46Avec M. Xavier Bertrand, qui nous explique qu'il préfère faire élire un communiste
01:51– Avec Bruno Retailleau, ça a beaucoup de différence avec Bruno Retailleau ?
01:53– Oui, mais le problème, c'est qu'ils ont des dirigeants,
01:56M. Retailleau, M. Wauquiez, M. Wauquiez, par exemple, a été élu
01:59grâce au désistement d'Europe Écologie Les Verts aux législatives.
02:03Et lui, il a fait l'union des gauches.
02:04Bon, vous savez, le problème de ce pays, c'est ce que disait Druon,
02:07il y a en France deux parties de gauche, dont un s'appelle la droite.
02:11Voilà, et le vrai problème, il est là, Charles Consigny.
02:14– Mais ça continue avec le RN ?
02:15– Non mais si, c'est très intéressant ce que vous dites, puisque ça continue.
02:18– Tout le monde est de gauche avec vous, en fait.
02:19– Bien sûr, le RN est, mais pour moi, le RN est un parti de gauche
02:24sur les questions économiques et sociales.
02:27– Mais quoi, par exemple ?
02:28– Par exemple, là vous dites, on est pour les entreprises,
02:30plus d'emplois, etc.
02:32Vous êtes pour la retraite à 62 ans.
02:35Marine Le Pen, quand on lui demande s'il faut réduire en France
02:38le nombre de fonctionnaires, elle dit que ça, c'est des trucs de droite
02:41et que ça ne l'intéresse pas. Donc, à mon sens, ce qui est terrible,
02:45c'est qu'on perpétue ce mot très juste de Maurice Druon,
02:49que vous venez de citer, avec le RN.
02:51Et le RN est aujourd'hui le nouveau parti de droite de gauche.
02:54Et moi, je pense qu'au contraire, la droite, si elle veut exister,
02:58elle doit se faire beaucoup plus libérale que ça.
03:00– Et elle doit être plus à droite que le RN ?
03:01– Sur les questions économiques et sociales, oui.
03:03Et d'ailleurs, je pense que ce qui est terrible,
03:06c'est que la France est comme une espèce de patient névrosé
03:09qui resterait indéfiniment dans ses névroses.
03:12C'est-à-dire que même la force d'alternance,
03:14la plus en tête des sondages, etc.,
03:17est en réalité une force qui propose aux Français,
03:20et c'est peut-être d'ailleurs pour ça,
03:21c'est pour ça que je dis que la France est névrosée,
03:23c'est peut-être d'ailleurs pour ça que vous faites des scores importants
03:26aux élections et dans les sondages,
03:28c'est qu'elle propose aux Français de continuer avec leur névrose,
03:31de continuer, voire d'aggraver ce qui ne marche pas en France.
03:34Pour moi, il n'y a aucun courage réformateur dans ce que vous proposez.
03:36– Est-ce que la schizophrénie est une névrose, selon vous ?
03:39– Ça peut l'être, oui, ça peut déboucher,
03:42la névrose peut déboucher sur une schizophrénie.
03:44– Alors, parlez-en…
03:46– Et d'ailleurs, le RN est un parti un peu schizophrène
03:48entre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
03:49– Pas du tout. Parlez-en à vos amis ou à vos connaissances LR, par exemple,
03:53qui nous disent exactement ce que vous nous dites là,
03:55vous êtes de gauche parce que vous n'êtes pas pour les entreprises et machin.
03:58Nous, quand on a proposé, lors de l'étude du budget,
04:00une baisse des impôts de production
04:02qui touche de manière tout à fait injuste les entreprises françaises
04:05avec des taux incomparables avec nos voisins, notamment allemands,
04:08et qui sont un véritable boulet à la compétitivité.
04:11Qui a refusé cette baisse ?
04:14Les LR !
04:14Pourquoi ?
04:15Pour soutenir un budget dicté par les socialistes.
04:18Excusez-moi, s'il y a un paradoxe et s'il y a des schizophrènes,
04:21c'est chez les LR.
04:22– Oui, mais…
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