00:00Est-ce que vous entendez les arguments qui ont été avancés à la barre aujourd'hui par les policiers, par ces CRS ?
00:05Ils parlent de fatigue, de manque de lucidité. En gros, ils ont pété un plomb.
00:10Oui, j'ai entendu, j'ai lu. J'ai lu des personnes qui ont voulu aller à leur hiérarchie et j'ai lu des personnes qui disaient avoir perdu leur sang-froid.
00:16Moi, j'en ai fait aussi les frais. Beaucoup en ont fait les frais.
00:19Je pense que quand on n'est pas d'accord avec sa hiérarchie sur ce qui se passe ou quand on ne comprend pas ce qui se passe, on se retire.
00:24On ne matraque pas les gens parce qu'on est fatigué. On s'arrête, on se retire.
00:30Moi, j'ai été gazé à bout portant en montrant une déclaration de manifestation à un CRS en lui disant qu'en fait, on a le droit d'être là, on est sur le trottoir.
00:37Mais c'est déclaré jusqu'à 22h. Il était 18h. Il m'a gazé à bout portant.
00:41Je veux dire, si c'est la fatigue qui explique ça, j'ai envie de dire qu'il se retire.
00:43Ce n'est pas que la fatigue, c'est là que j'en ai pris plein la tête pour utiliser cette expression toute la journée avec des faits de violence, aussi des gilets jaunes.
00:51C'est vrai, des deux côtés, il y avait de la fatigue. Mais bien sûr que si.
00:56La violence, elle a commencé du côté des gilets jaunes.
01:00La violence, elle n'a pas commencé du côté des gilets jaunes. La première journée de manifestation aux Champs-Elysées, j'y étais.
01:04J'ai vu de mes yeux, ils n'ont pas été contents qu'on soit sur la place de l'étoile.
01:09Ils n'ont pas été contents qu'on soit sur l'avenue des Champs-Elysées et on a été gazé.
01:13Je rappelle quand même qu'au 4 février, on était quand même en 2019 à 12 samedis de manifestation.
01:18Le ministère a quand même recensé 12 000 tirs de l'EPD.
01:20Est-ce que vous reconnaissez quand même du côté des gilets jaunes qu'il y a eu aussi des comportements inadmissibles ?
01:241 400 grenades de lacrymogènes. En fait, c'est énorme.
01:26Il y a quand même la commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe qui a demandé à ce qu'on ne cesse d'être aussi violent du côté des forces de l'ordre.
01:33À un moment donné, quand on utilise les forces de l'ordre pour agir de manière aussi violente envers des manifestants,
01:37d'autant plus que ce sont des personnes pacifiques, comme là, ça a été dans le cas dans le Burger King,
01:41puisque c'est identifié sur la vidéo comme des personnes qui étaient pacifiques, qui sont réfugiées.
01:44Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu des violences du côté des gilets jaunes qui ont peut-être aussi provoqué celles-là dans ce Burger King ?
01:52Dans ce Burger King en particulier, je ne sais pas, mais j'ai vu des personnes caillassées les policiers.
01:56Ce n'est pas à nier. On n'est pas là pour nier ce qui s'est passé.
01:58Il y a des personnes qui ont effectivement caillassé des policiers.
02:00Il y a des personnes qui se sont même presque battues avec des policiers.
02:03Il y a aussi de la fatigue des deux côtés.
02:05Est-ce que c'est souhaitable ? Non, ce n'est pas souhaitable.
02:08Mais est-ce que c'est pas mal qu'on ait autant de LBD de tirés, de lacrymogènes de tirés,
02:13de personnes qui perdent des membres physiquement qui ont été touchés dans leur chair,
02:18qui ont été étouffés par des lacrymos,
02:20parce qu'on a un gouvernement qui est sourd à des revendications sociales ?
02:23Et je pense qu'on a pu maintenant constater, parce qu'on disait beaucoup au début,
02:25oui, on n'est pas sûr, on ne sait pas ce qui se passe.
02:27On est en 2026.
02:28Je ne crois pas qu'il y ait des avancées sociales significatives
02:31qui permettent de dire que la vie des gens s'est améliorée.
02:34Et on voit bien qu'après presque deux ans de mandat,
02:36ça a empiré, y compris pour les forces de l'ordre au sein de leur rang, j'ai envie de dire.
02:40Parce que moi, j'ai beaucoup discuté avec des personnes des forces de l'ordre.
02:42J'ai beaucoup discuté avec des personnes qui sont à la tête aussi de ces forces de l'ordre-là,
02:46qui disaient, oui, on est dans des conditions de travail déplorables.
02:49On ne nous entend pas sous l'uniforme.
02:51On est Gilets jaunes.
02:52J'ai entendu ça à beaucoup de reprises.
02:54Donc en fait, quand à un moment donné, on n'est pas capable de dire non à sa hiérarchie,
02:56j'ai des gens qui m'ont dit, je fais ce que je fais parce que la hiérarchie m'a demandé de le faire.
02:59Sauf que si c'est violent et si c'est antidémocratique et ce n'est pas normal,
03:02si ça va à l'encontre des droits humains, on ne le fait pas.
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