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00:00Il est 21h30 à Paris et c'est maintenant l'heure de l'Essentiel Politique.
00:12L'Essentiel Politique ce soir, c'est avec Richard Verli.
00:14Bonsoir Richard.
00:15Bonsoir.
00:16Vous êtes éditorialiste, journaliste pour le média suisse en ligne Blic.
00:19Et avec vous, on va revenir dans un instant sur la démission de Jack Lang de l'Institut du Monde Arabe,
00:24une figure politique emblématique, symbole selon vous de la France qui déraille.
00:28Vous nous expliquerez pourquoi.
00:30On se penchera aussi sur les élections municipales de mars prochain.
00:33Le scrutin devrait entraîner un ajustement gouvernemental dès la semaine prochaine,
00:37avec notamment le départ de Rachida Dati.
00:40Enfin, la présidentielle 2027, déjà marquée par une moisson de candidatures.
00:44Dernière en date, celle du député socialiste Jérôme Gage à 14 mois de l'échéance.
00:49Un tel éparpillement des candidatures est qualifié d'inédit sous la 5ème République.
00:54On commence donc avec une démission, celle de l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang.
01:02Après plusieurs jours de pression politique et médiatique, il a fini par se rendre à l'évidence.
01:06Ses liens passés avec le financier américain Jeffrey Epstein ne lui permettaient plus d'assurer la présidence de l'Institut du Monde Arabe.
01:13Une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée a également été ouverte, le visant lui et sa fille.
01:19Richard, d'un point de vue pénal, judiciaire, Jack Lang n'est pour l'instant coupable de rien.
01:23En revanche, d'un point de vue moral, il est déjà jugé coupable par beaucoup de Français.
01:28Oui, je crois que ça n'était plus possible pour lui de tenir et d'ailleurs ce que personne n'a compris, et je m'inclus dedans, c'est le fait qu'il n'ait pas immédiatement démissionné.
01:38Pourquoi ? Parce que Jack Lang était le président d'un institut qui, en plus, associe la France à un certain nombre de pays arabes.
01:44Ce n'est pas seulement un institut français.
01:46Et de ce fait, il engageait la responsabilité, j'allais dire, de tout son conseil d'administration.
01:50Or, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:52Si vous lisez tous les emails où son nom apparaît, il n'est en aucun cas question de lien avec l'aspect prédateur sexuel de Jeffrey Epstein,
02:00c'est-à-dire des liens avec des filles, pour dire les choses comme elles sont.
02:03Mais on voit que, très souvent, Jack Lang a tenté d'obtenir les faveurs financières de Jeffrey Epstein.
02:09Il appelle ça du mécénat.
02:11Mais qu'en contrepartie, Jeffrey Epstein utilisait Jack Lang comme un ouvreur de porte à Paris,
02:17comme quelqu'un qui pouvait l'introduire dans les sphères du pouvoir.
02:20Il lui demande des rendez-vous.
02:22Donc, ça veut dire que Jack Lang était devenu, en quelque sorte, l'obligé de son mécène.
02:27Et ça, clairement, c'est un problème.
02:29D'autant, rappelons-le, que ces faits se passent en 2018 et que Jeffrey Epstein a été condamné en 2008 pour prédation sexuelle, pour crimes sexuels.
02:39Donc, il suffisait de faire deux clics sur Internet pour être au courant de qui était vraiment Jeffrey Epstein.
02:45Dans votre édito, vous écrivez qu'il incarne une France qui déraille.
02:49C'est la France d'avant, celle-là, ou elle existe encore ?
02:53Je le pense, d'une certaine manière.
02:55Jack Lang, qui a été un ministre de la culture emblématique, y compris en Suisse.
02:59La fête de la musique s'est exportée dans les pays francophones.
03:02Il est même, dit-on, et je crois que c'est assez vrai, synonyme de ministre de la culture, un peu comme l'avait été André Malraux dans le passé.
03:09Mais quand vous avez sur vos épaules une telle responsabilité, vous ne pouvez pas l'engager dans de telles circonstances.
03:16Donc, oui, la France qui déraille, c'est une France d'une élite, élite en plus de gauche, c'est quand même encore plus, je dirais, inquiétant, qui s'est associée sans aucune limite à la finance, à un financier américain, qui plus est un financier américain au passé criminel.
03:33Avouez que ça fait tout de même beaucoup. J'ajoute à ça, vous dites, il n'est pas coupable, évidemment qu'il n'est pas coupable, évidemment qu'il est présumé innocent, mais quand même, une société dans les îles Vierges, pour sa fille, pour que transite de l'argent en vue de production cinématographique,
03:49quand en général, et je le sais en tant que journaliste suisse, quand vous mettez de l'argent dans un paradis fiscal, c'est pourquoi ? C'est pour ne pas payer d'impôts.
03:55On passe aux élections municipales. Elles se tiendront les 15 et 22 mars prochains, et la campagne bat son plein après Jean-Luc Mélenchon en déplacement à Roubaix le week-end dernier.
04:04C'est Jordan Bardella qui est venu soutenir la campagne des candidats du Rassemblement National dans le sud de la France.
04:10Richard, en quoi les élections municipales intéressent l'observateur suisse que vous êtes ?
04:15Écoutez, je les trouve particulièrement intéressantes pour deux raisons. D'abord, parce qu'on va peut-être voir, je dis bien peut-être,
04:22le Rassemblement National faire de véritables conquêtes. Je rappelle qu'il y a eu une seule ville de plus de 100 000 habitants
04:30qui est dans le passé tombée dans l'escarcelle du RN, c'est Perpignan, avec Louis Alliot. Mais souvenez-vous,
04:35l'élection municipale durant la pandémie était quand même très particulière. Là, imaginez, je dis bien imaginez,
04:42que le Rassemblement National conquiert une ville comme Marseille, où selon les sondages, c'est possible, c'est un scénario possible.
04:48Donc je crois qu'il y a ce premier aspect, la progression du Rassemblement National en vue de la présidentielle
04:54et compte tenu de ce que les sondages nous disent de la popularité de Marine Le Pen, d'une part de Jordan Bardella,
05:00entre 35 et 40% des voix. Et puis le deuxième élément, qui est en quelque sorte un effet collatéral,
05:06pour moi, c'est est-ce que les écologistes qui avaient été la grande révélation de ces élections,
05:11qui avaient conquis des villes comme Montpellier, comme Strasbourg, comme Bordeaux,
05:15est-ce qu'ils vont pouvoir tenir ou est-ce qu'au contraire, cette gauche écolo va reculer ?
05:21On sait que dans beaucoup de domaines aujourd'hui, la préoccupation écologique recule.
05:24Est-ce qu'on va voir dans ces municipales se traduire cela ?
05:28Le scrutin devrait également entraîner un ajustement gouvernemental dès la semaine prochaine.
05:32C'est ce qu'a annoncé Sébastien Lecornu.
05:34Parmi les partants, Rachida Dati, la ministre de la Culture,
05:37qui devrait se consacrer à sa campagne pour les municipales à Paris.
05:43Elle a ses chances, selon vous ?
05:44Je crois qu'elle a ses chances, évidemment.
05:46Oui, je pense. Elle a ses chances.
05:48C'est une bête politique, Rachida Dati.
05:52Elle a réussi, c'était quand même compliqué,
05:54elle a réussi à obtenir l'investiture du parti Les Républicains.
05:58Rappelez-vous que Michel Barnier, à un moment donné,
06:00commençait à être sur ses terres.
06:02Il a d'ailleurs été élu député de Paris.
06:05Ça a été compliqué.
06:07Maintenant, la grande équation et la grande difficulté pour Rachida Dati,
06:11moi j'en vois deux.
06:11Premièrement, à l'exception du côté sécuritaire,
06:15qui est son mot d'ordre principal,
06:17en quoi est-elle crédible et en quoi peut-elle amener un renouveau à Paris
06:21dans une ville où, par exemple, le logement est un réel problème ?
06:25Donc moi, je vois plutôt la donne parisienne en faveur de la gauche
06:28qu'en faveur de la droite, mais je peux me tromper.
06:30Et la deuxième chose, rappelons-le,
06:32elle aussi a des casseroles judiciaires,
06:34puisqu'elle a un procès qui va venir.
06:35Et donc, même si elle devait gagner la mairie de Paris,
06:38ce serait une victoire compliquée à gérer,
06:40parce que très vite, elle va se retrouver en procès.
06:43Et un de plus, un candidat de plus pour la présidentielle de 2027.
06:48Il s'agit du député socialiste Jérôme Gage,
06:50qui est venu rejoindre cette semaine la liste déjà très longue
06:53des candidats à la succession d'Emmanuel Macron.
06:55À 14 mois de l'échéance,
06:57l'éparpillement des candidatures est qualifié d'inédit
07:00sous la Ve République.
07:01Je suis aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle
07:06pour porter la voix d'une gauche républicaine,
07:10la voix d'une gauche européenne,
07:13la voix d'une gauche universaliste, laïque,
07:16d'une gauche sociale, écologiste.
07:17Pourquoi est-ce que je le fais aujourd'hui, à cet instant ?
07:20Parce que c'est la majorité du peuple de gauche
07:23qui partage cette orientation.
07:26Et c'est aussi, et c'est extrêmement important,
07:29ce qui ne nous permettra pas uniquement de témoigner en 2027.
07:34Parce que c'est une voix qui est respectée au-delà de la gauche.
07:37Et moi, je ne me résous pas à la victoire annoncée du Rassemblement National.
07:42Richard, comment vous interprétez cette inflation des candidatures pour 2027 ?
07:46Alors, d'abord sur Jérôme Gage,
07:47moi j'avoue que j'ai été complètement surpris.
07:49Je crois que je n'ai pas été le seul.
07:50Je ne m'attendais pas à ce qu'il entre dans l'arène.
07:53On attendait plus tôt, et plus tard, éventuellement Raphaël Glucksmann.
07:58On attendait François Hollande.
07:59Tout le monde dit que l'ancien président a très envie de se lancer dans cette campagne.
08:02Olivier Faure, on le sait, regarde aussi du côté de la présidentielle.
08:05Donc, pourquoi Jérôme Gage y va ?
08:07Il y a deux possibilités.
08:09Soit il y croit vraiment.
08:10Mais dans ce cas, il lui faut beaucoup d'optimistes.
08:13Parce qu'il n'existe pas dans les sondages.
08:15Ce n'est pas une personnalité qui imprime pour les Français.
08:17Mais peut-être peut-il se révéler.
08:19Ou alors, il y va parce qu'il veut forcer les autres à y aller.
08:23Et il veut en quelque sorte prendre de vitesse le Rassemblement National.
08:26Et obliger le Parti Socialiste à se liguer rapidement derrière une candidature.
08:31Sans passer par cette primaire qui risque de donner la prime à la radicalité.
08:36Vous voyez ?
08:36Donc, je crois que si c'est ce qu'il veut, Jérôme Gage,
08:40c'est peut-être intelligent de précipiter le mouvement.
08:42Mon impression aujourd'hui, c'est que la France est malade du présidentialisme.
08:47Évidemment.
08:47Le pays est en panne.
08:50Le budget a passé dans les conditions que l'on connaît.
08:52Avec beaucoup de concessions faites par le camp présidentiel,
08:56le camp d'Emmanuel Macron, aux socialistes.
08:58Et on est en attente.
08:59Au fond, on est en attente de cette échéance présidentielle
09:02et de la campagne qui démarra sans doute
09:03dès que les municipales seront terminées.
09:06Je crois que ça, c'est un vrai sujet et un vrai problème pour le pays.
09:09Parce que si le pays est en panne en attendant,
09:11un, de savoir qui sera candidat,
09:13deux, la campagne,
09:14ça risque vraiment de monopoliser beaucoup d'énergie.
09:16À un moment donné, il faudrait les consacrer à autre chose,
09:19car il y a beaucoup de défis.
09:20Le pays est en panne, vous dites,
09:21mais il y a beaucoup de mécaniciens
09:22qui se portent candidats pour tenter de le réparer.
09:27On note qu'ils sont tous issus du champ politique traditionnel.
09:30Pas de nouveau Emmanuel Macron à l'horizon,
09:33justement, quelqu'un issu des milieux bancaires comme lui.
09:35Je vois à qui vous faites référence.
09:39Parce qu'effectivement, ces derniers temps,
09:41et moi, je l'ai suivi, j'en ai même fait un article,
09:44on parle du fameux patron qui sortirait du bois,
09:47alors soit qui viendrait du milieu de la finance.
09:49On a même évoqué le milliardaire Xavier Niel, par exemple,
09:52Mathieu Pigasse, qui est un banquier également.
09:55On évoque aussi Michel-Édouard Leclerc,
09:56qui n'est pas du même milieu,
09:57qui vient de la grande distribution.
09:59Est-ce que c'est possible ?
10:01Pour moi, mais je ne suis qu'un observateur européen,
10:05je dirais, je manque d'informations,
10:06j'ai l'impression que c'est quand même très dur.
10:08Pourquoi ?
10:08Parce que la campagne, vous la faites quand vous avez un mouvement,
10:11quand vous initiez un mouvement.
10:12On oublie qu'Emmanuel Macron, il l'a fait
10:15et il est passé entre les gouttes, si je puis dire,
10:17simplement parce qu'il y a eu un affaissement énorme
10:20et tout à fait inattendu des deux camps.
10:22Le camp socialiste s'était affaissé
10:24puisque François Hollande avait renoncé à se représenter,
10:27et le camp de la droite s'était complètement affaissé
10:30avec les affaires François Fillon,
10:32ce qui n'a quand même pas empêché François Fillon
10:33d'arriver troisième lors de l'élection de 2017.
10:36Donc, un patron qui déboulerait dans ce champ,
10:40je dirais, de bullying,
10:41j'ai l'impression qu'il se transformerait vite en quille
10:44et qu'il prendrait les boules.
10:46On termine sur cette magnifique image.
10:48Merci beaucoup, Richard, pour votre analyse.
10:50Restez avec nous tout de suite.
10:52On passe le relais à Fatima Tawane
10:53pour le Journal de l'Afrique
10:54et on se retrouve juste après.
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