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00:00J'accueille à présent Maître Philippe Prigent à la tribune.
00:04Il avait déjà fait sa contre-manif tout à l'heure, vous allez voir.
00:09Alors je vais vous inviter à vous placer dans la situation du procureur de la République de Paris il y a 8 jours
00:15lorsqu'il a décidé d'organiser cette perquisition chez X.
00:18Il entend parler du plus grand scandale pédocriminel de l'histoire, à ma connaissance,
00:24si à pire c'est vraiment que je n'étais pas au courant,
00:27qui est l'affaire Epstein.
00:27Et là on voit dans les fichiers qui ont été produits aux Etats-Unis,
00:32où il y a un peu de liberté d'expression, donc de transparence,
00:35qu'effectivement il y a l'air d'y avoir beaucoup de liens avec la France.
00:38Même vraiment beaucoup, beaucoup de liens avec la France.
00:41Comme quoi dans certains domaines nous sommes encore un phare en ayant d'avance.
00:45Et là-dessus, on se dit, vous vous dites probablement,
00:48bon ben faudrait peut-être que j'enquête là-dessus,
00:50parce que ça a quand même l'air d'être un peu grave,
00:52ce monsieur Jack Lang apparaît souvent,
00:54Bouscovici, Le Maire, plein d'autres, enfin,
00:57il faudrait peut-être essayer de faire quelque chose.
00:59Et puis comme il y a beaucoup d'éléments visiblement aux Etats-Unis,
01:01je vais passer un petit coup de fil à New York ou à Washington,
01:04je vais leur dire, est-ce que vous pourriez me donner de quoi faire une petite enquête,
01:07parce que la France est quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup citée.
01:10Et là le procureur se dit, non, non, c'est pas ça la priorité.
01:12La priorité, c'est de faire une perquisition chez X pour complicité de pédopornographie.
01:18Vraiment, Jack Lang, personne.
01:20Non, parce que je veux dire, il y a quand même beaucoup d'infos là-dessus,
01:22tu ne trouves pas ?
01:23Si sinon tu tapes juste en France, dans les fichiers qui ont été mis en ligne par le DOJ,
01:27département de la justice américain,
01:29et tu te dis, il y a beaucoup de choses à faire.
01:30Non, non, le procureur de la République, non, non, pas du tout.
01:32Pas du tout.
01:33Il faut qu'on aille perquisitionner chez X,
01:35parce que sur X, il y a de la complicité active,
01:38il n'y a pas de complicité passive en France,
01:40complicité active de diffusion d'images pédopornographiques.
01:44Alors j'imagine que nous avons tous un compte X ici.
01:47Si vous trouvez de la pédopornographie sur X,
01:50c'est que vous allez la chercher, ça n'apparaît pas tout seul, j'imagine.
01:54Donc le procureur se dit, je vais aller enquêter là-dessus.
01:57Ne rien enquêter, évidemment, sur la pédopornographie.
02:00Le procureur se dit aussi, non, mais il faut quand même, là c'est un peu léger,
02:04il faut que je puisse en rajouter.
02:05On va dire complicité de négationnisme.
02:07Ah d'accord, c'est quoi la complicité ?
02:10La complicité, c'est qu'en fait, on laisse apparaître un débat
02:12entre des gens qui critiquent, qui nient l'existence d'un génocide
02:17pendant la Seconde Guerre mondiale et les gens qui l'affirment.
02:19Et le fait de laisser arriver le débat,
02:21veut dire qu'on laisse gagner les négationnistes.
02:23Vous êtes vraiment sûr que si vous laissez les négationnistes parler,
02:26les mecs vont imposer leur opinion ?
02:27C'est ça que vous êtes en train de nous dire.
02:29Le sous-texte est quand même très original.
02:30Le sous-texte est de dire, si on permet aux accusés à Nuremberg de se défendre,
02:33il faut forcément être acquitté.
02:35C'est space quand même comme façon de penser, d'en faire un argumentaire.
02:39Bon là, on est encore un tout petit peu léger.
02:41Donc on ajoute un ou deux outils bureaucratiques, délits bureaucratiques,
02:46évidemment au contraire à la CEDH, bien sûr.
02:48Et on se finit en se disant,
02:50il y a ces deepfakes à caractère sexuel.
02:52Ah bon, c'est quoi les deepfakes à caractère sexuel ?
02:54C'est que quand on prend un monsieur et qu'on dit,
02:56tiens, mets-moi ce monsieur sur un corps de femme avec un bikini,
03:00les gens vont se dire, oui, c'est vraiment une représentation de cette personne.
03:03Par exemple, vous me voyez moi, avec juste ma tête et un corps de bikini,
03:07vous vous dites, oui, c'est probablement lui en bikini, 90 B, ça a l'air assez crédible.
03:11Un corps de femme de 25 ans, ça a l'air rassemblable.
03:14Et là, le procureur a fait un choix,
03:17très bien exprimé par Pierre Desproches, mais il a fait le mauvais.
03:20Vous savez, souvent, lorsqu'on a le choix entre ne rien dire et passer pour un con,
03:25et l'ouvrir et l'écipit d'ambiguïté, il vaut mieux choisir la première voie.
03:29Et le procureur s'est dit, il faut qu'on fasse une enquête chez X.
03:33Alors, je vous raconte cette histoire du procureur.
03:36Qui peut penser que le procureur de la République de Paris est aussi ridicule ?
03:40Bien sûr que non.
03:41Elle a des défauts, probablement, mais on ne peut pas être aussi nul.
03:43Même en ce temps exprès.
03:44Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:45Ça veut dire que nous vivons une période d'instrumentalisation de notre justice,
03:50c'est pour ça que vous payez des impôts, accessoirement.
03:52Peut-être d'ailleurs beaucoup d'impôts.
03:54Et au lieu d'avoir une véritable répression de la délinquance,
03:56parce que la France devient effectivement de plus en plus un coup de gorge,
04:00notre justice devient un outil pour faire taire les opposants politiques.
04:04Notre justice devient un outil pour les faire taire,
04:08de deux manières, avec ses perquisitions, chez X,
04:10mais aussi effectivement avec ce cadre normatif qui apparaît.
04:13Et ce cadre, je vous demande de le comparer un instant
04:15à ce qu'a pu être la France d'il y a 130 ans.
04:19En pleine affaire Dreyfus,
04:21alors qu'on pouvait penser qu'il y avait de légères menaces sur la France,
04:23peut-être un risque de guerre mondiale, on ne sait pas.
04:26Les libertés d'expression étaient bien plus développées qu'aujourd'hui.
04:29Alors que le risque de se tromper,
04:31le risque qui devait de la tromperie était beaucoup plus important,
04:34le risque pour les citoyens,
04:35en cas de mauvaise décision était beaucoup plus important et beaucoup plus grave,
04:39ça pouvait donner lieu à des millions de morts.
04:40La liberté d'expression était beaucoup plus large
04:43et il n'y avait que trois interdictions.
04:46L'interdiction de la diffamation, l'interdiction d'injure
04:48et l'interdiction de la provocation à commettre des divers crimes et des crimes graves.
04:54Mais là-dessus,
04:54si la liberté pouvait être quasi-totale en 1881
04:59ou pouvait l'être pendant une grande partie de notre histoire,
05:02pourquoi nous devions-nous être davantage traités en mineurs
05:05que nos parents, nos grands-parents et nos arrières-grands-parents ?
05:09Si nos ancêtres pouvaient accepter un régime vaste de liberté,
05:13pourquoi devrions-nous être considérés comme des mineurs
05:16auxquels il faudrait interdire d'accéder aux informations
05:18parce que nous serions trop stupides pour faire le travail de tri ?
05:21Alors, aujourd'hui, il me semble que nous pourrions essayer d'avoir un espoir
05:26et porter peut-être une revendication, il y en a bien d'autres,
05:29mais une revendication qui me paraît sage,
05:30qui est de dire, s'il vous plaît, offrez-nous,
05:33pas davantage forcément, mais offrez-nous le degré de liberté
05:36que nous avions il y a 150 ans.
05:38Merci beaucoup.
05:39Applaudissements
05:41Applaudissements
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