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  • il y a 2 jours
Dans ce nouvel épisode de FACTS, StreetPress révèle l'existence de la Légion Pirates, une unité de Français combattant pour l'Ukraine structurée autour d'un noyau de néonazis. Parmi ces volontaires, d’anciens militaires. StreetPress les a identifiés.

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Transcription
00:00Des néo-nazis français, parfois anciens militaires, combattent en Ukraine.
00:14Je jure, je jure de me tenir aux côtés de mes frères, pour la liberté et la dignité de combattre l'agresseur.
00:21Sacré la droite !
00:22En cas de route ! En cas de route ! En cas de route !
00:24En cas de route !
00:25Direction !
00:27Ces images de propagande ont toutes été filmées en Ukraine.
00:29Au cœur du conflit avec la Russie de Vladimir Poutine.
00:32Mais ces soldats que vous voyez tirés à l'arme de guerre ou s'entraîner au combat ne sont pas des ukrainiens.
00:37Ce sont des français et surtout des militants néo-nazis.
00:40Certains d'entre eux sont même des anciens de l'armée française et combattaient encore très récemment dans nos régiments.
00:45Pour parler un peu plus de moi, je suis ancien militaire français.
00:48Je suis venu combattre en Ukraine principalement pour trois choses.
00:51La première, c'est de défendre l'Europe du communisme.
00:55Ainsi que défendre les populations innocentes ukrainiennes qui sont persécutées par l'envahisseur.
01:01Et ainsi que, bien sûr, tuer le plus de Russes possible.
01:05Ils se sont réunis dans un bataillon, la Légion Pirate.
01:09Ils se comparent à des unités de l'Allemagne nazie, arborent des symboles du Troisième Reich ou ont carrément des tatouages de croix gammées sur le torse.
01:16Grâce à l'enquête du journaliste Sébastien Bourdon pour Street Press, on a pu identifier certains de ces combattants ultra-violents.
01:23Et leur parcours est lié de très près à l'extrême droite française.
01:25Sur des images, on voit même certains qui s'entraînent carrément au tir sur des cibles siglées La France Insoumise ou le Nouveau Front Populaire.
01:33Tout ça, ça pose vraiment la question de ce qu'ils pourraient faire une fois de retour en France.
01:37Après cette guerre qui a causé des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.
01:41Avant de continuer cette vidéo, il faut que je vous rappelle que Street Press est un média indépendant.
01:50Et toutes nos vidéos et nos articles sont financés par nos lecteurs.
01:53Alors si vous voulez nous aider, on vous a mis toutes les infos dans les commentaires pour nous soutenir.
02:04Le 24 février 2022, vers 6h du matin, des dizaines de milliers de soldats russes envahissent l'Ukraine.
02:10J'ai pris la décision de lancer une opération militaire spéciale.
02:14Les principales villes sont bombardées.
02:16Très vite, de nombreux volontaires français rejoignent les rangs du pays attaqués.
02:20Selon les informations de Mediapart, ils sont déjà plus de 150 à combattre sur place en 2022.
02:26Déjà à l'époque, le journaliste Sébastien Bourdon suit la situation de très très près.
02:30En 2022, dès l'invasion russe de l'Ukraine, ce que je constate très rapidement,
02:34c'est que des profils que j'avais déjà identifiés dans des précédentes enquêtes
02:36qui portaient sur la présence de néo-nazis au sein de l'armée française,
02:40qu'un certain nombre de ces profils prennent la direction de l'Ukraine pour s'y engager militairement.
02:44Et ça, ça se voit en fait tout simplement parce qu'ils se mettent en scène sur les réseaux sociaux
02:48et ils communiquent activement sur la route qu'ils prennent pour aller en Ukraine.
02:52En 2025, ils découvrent que ces combattants ont lancé leur propre unité, la Légion Pirate.
02:58Il serait une vingtaine, mais dans les faits, difficile d'en savoir plus.
03:01Et ce, malgré une communication sur les réseaux sociaux où ils se présentent presque comme des forces spéciales.
03:06D'après l'un d'eux qui se fait appeler Charlemagne, ils ont surtout l'air d'être des éclaireurs.
03:10Le principal type d'émission qu'on a ici, c'est de la reconnaissance.
03:14On peut être mené à faire de l'assaut aussi.
03:17Dans leurs nombreuses vidéos de communication, on peut voir le logo de cette Légion Pirate,
03:22avec beaucoup de références à l'extrême droite.
03:24Au centre, on voit une Totenkopf, un emblème utilisé par des unités SS durant la Seconde Guerre mondiale.
03:30Elle est accompagnée de trois fleurs de lys, un symbole de la royauté,
03:34souvent repris par des militants nationalistes français sur les réseaux.
03:36Avant de s'appeler Légion Pirate, l'unité se nommait War Aggressive.
03:46Pour recruter, ses membres font beaucoup de vidéos sur leurs réseaux sociaux.
03:50C'est une immersion dans leur vision de la guerre.
03:53Ils se filment en opération ou en train de tirer à la mitrailleuse ou au lance-roquette.
03:58Il y a également beaucoup de vidéos où ils font de la gonflette.
04:02Vu que c'est de la com', ils jouent aussi avec les codes d'internet,
04:05parfois avec des chansons surprenantes.
04:07Comme ici, au milieu d'une tranchée.
04:18Dans l'armée ukrainienne, cette unité est rattachée à un bataillon en particulier.
04:22Revanche.
04:22C'est une formation liée au parti ultra-nationaliste orthodoxe ukrainien, ordre et tradition.
04:32On voit d'ailleurs les combattants français leur prêter serment dans des vidéos.
04:35Je jure d'oublier aux ordres de mes commandants et de respecter strictement la discipline et les règles de l'unité.
04:43La spécificité et la question qui se posent pour le coup par rapport à cette légion pirate au sein du bataillon Revanche,
04:53c'est plutôt une question qui concerne la France.
04:55C'est le fait qu'un certain nombre de français sur place en Ukraine aient réussi à constituer une sorte de filière
05:02qui fait que des potentiels recrues en France, ça va être beaucoup plus simple pour elles d'aller en Ukraine et de s'engager
05:08puisque elles peuvent, avant même d'arriver en Ukraine, prendre contact avec des gens sur place
05:13qui sont prêts à les accueillir, qui sont prêts à les guider et qui sont prêts, une fois sur place, à les entraîner et à les emmener au combat.
05:18Pour la liberté et la dignité de combattre l'agresseur.
05:22Et revanche, c'est pas n'importe quel bataillon, d'après un des français justement qui a rejoint cette unité,
05:27il parle lui-même d'un bataillon fasciste, donc ça en dit long sur sa propre conception de l'unité qui l'a rejoint.
05:32Dans les français de l'unité, beaucoup se revendiquent ouvertement du néonazisme,
05:37comme le lyonnais Kenneth ou le parisien César Hojar.
05:40Le premier est arrivé dans le pays dès le début de la guerre.
05:43Il porte une croix gammée ainsi que plusieurs emblèmes de la SS tatoués sur le corps.
05:47Il a aussi un patch sur son treillis où est marqué le slogan suprémaciste white pride, fierté blanche.
05:52Sur Instagram, il s'est comparé au Seinsatzgruppen.
05:56C'était des unités nazies chargées d'exterminer les juifs, les tziganes et les opposants politiques en Europe de l'Est pendant la seconde guerre mondiale.
06:023 000 hommes partis de Precht où ils ont reçu une rapide formation.
06:06Se partagent en 4 groupes le gigantesque territoire de l'URSS, progressant dans le sillage de la Wehrmacht.
06:14Le deuxième César Hojar est arrivé en Ukraine en 2023.
06:17Sur son uniforme, on peut voir un emblème inspiré du 3ème Reich.
06:23Dans la version originale, c'est un aigle qui tient une croix gammée.
06:26Là, sur celui de César, il y a la même symbolique mais avec le trident de l'Ukraine à la place.
06:31César Hojar, je le connais bien.
06:33J'ai fait le portrait de ce militant d'extrême droite en 2024.
06:35En France, il a participé à plusieurs combats de hooligans avec la bande parisienne Jeunesse-Boulogne.
06:43Dans ce montage, il mélange même des images de ses bagarres dans l'Hexagone et de ses faits d'armes en Ukraine.
06:48Avec d'autres hooligans, il a participé à l'agression d'un attaché parlementaire de la France Insoumise en 2023,
07:02avant la finale de la Coupe de France de football.
07:04Il est parti pour l'Ukraine après cet événement pour fuir la garde à vue.
07:07Lui et Kenneth, ils ont rameuté d'autres néo-nazis, qui sont même parfois directement des anciens militaires.
07:13Comme par exemple Charlemagne.
07:14Tiens, rappelez que la vie c'est pas un jeu.
07:18C'est évidemment un surnom qui fait référence au roi des francs, mais aussi à la division Charlemagne.
07:23C'est une unité de la Waffen-SS, composée de volontaires français durant la Seconde Guerre mondiale.
07:27Cet ancien militaire, il est passé par le 13e bataillon de chasseurs alpins, près de Chambéry.
07:32Il a rejoint l'Ukraine à l'été 2025 et il s'est fait tatouer depuis une croix gammée sur le pectoral gauche.
07:38Et il assume totalement ses convictions.
07:40Ce Charlemagne, quand je l'ai contacté dans le cadre du Contraictoire, vers la publication de l'enquête,
07:45il m'a en effet répondu une longue diatribe raciste, nazie, en m'expliquant que la presse est contrôlée par les juifs et ce type de choses.
07:53Et il a conclu son message par les mots « Sieg Heil ».
07:57Donc évidemment, il assume parfaitement ses convictions néo-nazies.
08:00Il y a également Rok, là aussi c'est un surnom.
08:03Lui, il a servi dans la Légion étrangère et il porte une croix gammée et des emblèmes SS sur son uniforme en Ukraine.
08:09Quant au volontaire qui s'appelle Iliane, il est passé par le 2e régiment étranger parachutiste français.
08:15Il nous a dit avoir rejoint la Légion pirate pour son efficacité sur le terrain.
08:18Face à ces informations, Sébastien a contacté le ministère des armées, qui n'a pas voulu s'exprimer sur chacun de ces cas.
08:23Mais il a confirmé que ces derniers ont bien été dans les forces françaises et qu'ils ne servent plus.
08:29Un discours que Sébastien Bourdon a déjà entendu pour ses précédentes enquêtes.
08:32C'est un peu une parade et une façon d'ignorer le problème, puisque le fait est que ce problème a concerné l'armée française.
08:39Un certain nombre des profils que j'ai pu identifier dans cette enquête, en fait, s'affichaient déjà comme ayant des convictions néo-nazies,
08:45alors qu'ils servaient encore au sein de l'armée française.
08:47Mais la présence de ces volontaires néo-nazis dans l'armée ukrainienne, ça pose une question essentielle.
08:53C'est la question de leur retour et de leur retour potentiel.
08:55Le fait est que ces personnes, tôt ou tard, vont peut-être rentrer en France.
08:59C'est déjà le cas pour un certain nombre d'entre elles.
09:02Et donc, vous rentrez en France en ayant une expérience du combat, en sachant manier des armes.
09:07Et donc, évidemment, peuvent représenter une menace compte tenu de leurs idées néo-nazies tout à fait assumées.
09:12C'est le cas de l'un d'entre eux qui est surnommé ROC et qui, en mai 2025, est rentré temporairement en France,
09:20dans la région de Toulon, avant de reprendre le chemin de l'Ukraine.
09:23Ce dernier a montré la menace que les volontaires pourraient représenter en France.
09:28En mars 2025, ROC a par exemple immortalisé les cibles en carton sur lesquelles il s'entraînait au tir.
09:34Sur l'une d'elles, on voit les inscriptions du PCF, le Parti communiste français,
09:38le NFP pour le Nouveau Front populaire et LFI pour la France insoumise.
09:43Sur l'autre cible, le néo-nazi a marqué le nom de Clément Méric,
09:46un antifasciste tué en 2013 à Paris par un militant d'extrême droite.
09:51Après nos révélations, le Parti communiste français et la France insoumise
09:55ont annoncé saisir le procureur de la République pour lancer une enquête judiciaire sur ces faits.
09:59Avant d'aller combattre en Ukraine, ROC a assisté à deux meetings d'Éric Zemmour
10:04durant l'élection présidentielle de 2022.
10:07Tout comme un autre volontaire de la Légion pirate, Gwendal Cohen Pourrajo.
10:10Lui, il a notamment assisté au meeting d'Éric Zemmour à Villepinte en décembre 2021.
10:15C'est le meeting où SOS Racisme a fait un happening avant de se faire violemment frapper.
10:19Gwendal Cohen Pourrajo était dans ceux qui ont donné des coups et il a été condamné pour ça.
10:24C'est également un ancien membre du groupe Union Défense et des Oif Paris.
10:27Après l'agression de SOS Racisme, on s'est procuré le dossier judiciaire.
10:33Les enquêteurs ont retrouvé des affiches du Front National ou de Génération Identitaire
10:36dans la chambre d'ado de Gwendal Cohen Pourrajo.
10:39Mais aussi des répliques d'Armersoft et un drapeau lié à l'extrême droite ukrainienne.
10:44Mi-janvier, on a d'ailleurs découvert qu'il a quitté le Front pour revenir à Paris.
10:48On l'a repéré comme chef du service d'ordre du défilé annuel des identitaires dans la ville.
10:53Il a encadré la procession qui a rassemblé des néofascistes,
10:56des cadres de médias d'extrême droite, des figures de némésis
10:59et même des ex-assistants parlementaires du Rassemblement National.
11:04Tous les néo-nazis français qui combattent en Ukraine ne font pas partie de la Légion Pirate.
11:08Plusieurs se sont ainsi réclamés de la LVF,
11:11la Légion des volontaires français contre le bolchevisme.
11:14Une organisation formée par la France collaborationniste durant la Seconde Guerre mondiale
11:18est rattachée à l'armée nazie.
11:20Sur le papier, c'est un parallèle un peu surprenant
11:22entre la guerre de l'Ukraine contre la Russie et la Seconde Guerre mondiale.
11:25Il y a cette idée que ce qui se passe à l'heure actuelle en Ukraine,
11:28c'est le fait de rejouer le Front de l'Est
11:30et donc que l'invasion russe de l'Ukraine serait une sorte d'invasion
11:34de hordes bolcheviques asiatiques qui déferleraient sur l'Europe blanche
11:39et ce qui correspond parfaitement à ce qui était la propagande du Troisième Reich dans les années 40.
11:45A l'été 2025, un membre de cette LVF est mort.
11:48Il était surnommé Capot, le titre des hommes chargés de l'encadrement des prisonniers
11:52dans les camps de concentration nazis.
11:54Sur une photo de son enterrement, on peut voir un volontaire habillé d'un treillis de l'armée française
11:58qui lui rend hommage avec une reproduction du drapeau de la LVF historique.
12:03Alors tout ça, ça rappelle un point de la guerre.
12:05Quand Vladimir Poutine décide d'envahir l'Ukraine en 2022,
12:08il prend comme prétexte une dénazification du pays.
12:11Sauf que c'est une fausse raison.
12:13Déjà, il veut surtout renverser un gouvernement pro-occidental
12:16qui voulait rejoindre l'OTAN et l'Union Européenne.
12:19Et ensuite, l'Ukraine n'est pas un pays nazi.
12:22L'extrême droite y a fait des scores ridicules aux dernières élections.
12:25Ce qui n'empêche pas d'avoir des néonazis dans des bataillons comme Revanche ou l'ex-régiment Azov.
12:29Et d'ailleurs, on peut retrouver des profils similaires côté russe.
12:32C'est la fin de cette vidéo.
12:35Merci à vous de l'avoir regardée.
12:37Vous le savez, 2027, c'est dans un an.
12:39À Streetpress, ça fait 15 ans qu'on mène la bataille de l'information contre l'extrême droite.
12:43Mais là, on veut vraiment passer à la vitesse supérieure
12:45et mener la bataille culturelle sur tous les fronts.
12:48On a un projet concret pour donner des outils aux gens et se mobiliser sur le terrain.
12:52Toutes les infos sont sur notre page de soutien.
12:54Nous, on va continuer de coller au train de l'extrême droite,
12:56qu'elle soit en treillis ou en costume.
12:58Alors n'oubliez pas de vous abonner et à très bientôt sur Streetpress.
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