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  • il y a 5 heures
DB - 03-02-2026

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00:00:00Un soir de l'été dernier, chez la baronne de Mascarani,
00:00:25une des femmes de Paris qui aime le plus l'esprit comme on en avait d'autrefois.
00:00:30Et qui ouvre les deux bâtons de son salon, un seul suffirait, aux peu qui en restent parmi nous.
00:00:37Est-ce que dernièrement l'esprit ne s'est pas changé en une bête à prétention qu'on appelle l'intelligence ?
00:00:45Je ne sais pas de quel point on était parti pour arriver là, mais quand j'entrais, on parlait roman.
00:00:51Le roman, mais c'est de l'histoire, toujours plus ou moins des faits souvenus, modifiés,
00:00:56arrangés selon l'imagination, mais restant dans la vérité de la nature.
00:01:03Du reste, il fallait qu'on eût déjà beaucoup causé sur ce sujet,
00:01:06car les visages avaient cette intensité de physionomie
00:01:11qui dénotent un intérêt pendant longtemps excité.
00:01:15Sous-titrage MFP.
00:01:45Les plus beaux romans de la vie sont des réalités qu'on a touchées du coude ou même du pied en passant.
00:01:56J'ai vu dans mon adolescence, non vu ce n'est pas le mot, j'ai deviné, pressenti un de ces drames cruels, terribles, qui ne se jouent pas en public.
00:02:11Quoi que le public envoie les acteurs tous les jours.
00:02:17Une de ces sanglantes comédies, comme disait Pascal, mais représentée à huit clous, derrière une toile de manœuvre, le rideau de la vie privée, de l'intimité.
00:02:32Ce qui sort de ces drames cachés, étouffés, que j'appellerais presque la transpiration rentrée, est plus sinistre et d'un effet plus poignant sur l'imagination et sur le souvenir que si le drame tout entier s'était déroulé sous vos yeux.
00:02:54Ce qu'on ne sait pas, s'entuple l'impression de ce qu'on sait.
00:03:04Me trompais-je, mais je me figure que l'enfer, vu par un soupirail, devrait être plus effrayant que si d'un seul et planant regard on pouvait l'embrasser tout entier.
00:03:19Empêche-le, maman, de nous dire ces atroces histoires qui font frémir.
00:03:24Je me tairai si vous le voulez, mademoiselle Sybille.
00:03:27Sybille n'a pas la prétention que je sache d'imposer silence à mes amis.
00:03:32Si elle a peur, elle a la ressource de ceux qui ont peur.
00:03:36Elle a la fuite.
00:03:37Elle peut s'en aller.
00:03:38Eh bien, comptez.
00:03:46Tenez, voyez, nous écoutons tous.
00:03:49J'ai été levé en province.
00:03:56Mon père habitait près d'une petite ville, qu'on reconnaîtra, quand j'aurais dit qu'elle est, ou du moins qu'elle était, dans ce temps, la plus profondément et la plus férocement aristocratique de France.
00:04:09Hors de son sein, cette noblesse pure, comme l'eau des roches, ne voyait personne.
00:04:17Comment vouliez-vous, disait-il, que nous voyions tous ces bourgeois dont les pères ont donné des assiettes aux noms ?
00:04:25Ils se voyaient donc entre eux, et ne voyaient qu'eux, et quelques Anglais.
00:04:31Car les Anglais étaient attirés par cette petite ville qui leur rappelait certains endroits de leur comté.
00:04:36Ils l'aimaient pour son silence, pour sa tenue rigide, pour l'élévation froide de ses habitudes.
00:04:43Ici, la démarcation était si profonde, si épaisse, si infranchissable, entre ce qui était noble et ce qui ne l'était pas,
00:04:51que toute lutte entre la noblesse et la rupture était impossible.
00:04:57La seule chose qui eut, oh, je ne dirais pas la physionomie d'une passion,
00:05:03mais enfin qui ressembla à du mouvement, à du désir, à de l'intensité de sensations,
00:05:10dans cette société singulière où les jeunes filles avaient 80 ans d'ennui,
00:05:15dans leurs âmes limpides et introublées, c'était le jeu.
00:05:20La dernière passion des âmes, usée.
00:05:25Le ouiste qu'ils avaient jeté pour le combler dans l'abîme sans fond de leurs jours vides.
00:05:31Ainsi, chez Mme de Beaumont, il y avait la partie du marquis de Saint-Alban,
00:05:36qui était l'événement de chaque journée.
00:05:38M. Hartford est en retard, Mme de Beaumont, et chez vous.
00:05:53Pas détenant, mon cher docteur, il est anglais, mais c'est un joueur de la grande espèce.
00:05:58Saint-Alban lui pardonnerait les plus éminentes vertus, oui.
00:06:01Pour un mot qu'il répète sans cesse.
00:06:03Le premier bonheur est de gagner au jeu.
00:06:06Le second est d'y perdre.
00:06:07Ah, c'est un bruit.
00:06:10Docteur, vous êtes un peu inattentif.
00:06:12Mon jeu est assez faible, puis-je reprendre des cartes ?
00:06:17Votre faiblesse me convient, jouez-en ainsi.
00:06:20Je joue de la robe.
00:06:21Herminie du Tremblay de Stasville, vous dormez.
00:06:46Je m'ennuie, Ernestine.
00:06:48Vous êtes chez ma mère.
00:06:49M. Hartford.
00:07:04Je suis en retard.
00:07:07Me permettrez-vous cependant de vous présenter un écossais de mes amis,
00:07:10M. Marmor de Carcoel, qui m'est tombé à la manière d'une bombe pendant mon dîner.
00:07:15Oui, oui, oui, oui.
00:07:16Et qui est le meilleur joueur de whist des trois royaumes.
00:07:18Certainement.
00:07:20Comtesse du Tremblay de Stasville.
00:07:22Madame.
00:07:23Merci.
00:07:24Merci.
00:07:25Merci.
00:07:26Merci.
00:07:27Merci.
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00:09:12Merci.
00:09:13Merci.
00:09:14Merci.
00:09:15Merci.
00:09:16Merci.
00:09:21Merci.
00:09:22Slam, des fiches.
00:09:39Regardez Ernestine comme cette écossédone.
00:09:52C'est la difficulté vaincue dans le mauvais ton. Le mauvais ton est vainqueur.
00:09:58Dur jugement pour une si jeune demoiselle.
00:10:03Mais avoir bon ton est plus pour cette jolie tête-là que d'avoir l'esprit de Voltaire.
00:10:11Honneur sur honneur.
00:10:13Elle aura manqué sa destinée, mademoiselle de Beaumont.
00:10:16Elle mourra de ne pas avoir été la camérera mayor d'une reine d'Espagne.
00:10:22Slam, dix fiches. Plus quatre fiches de robes.
00:10:43Monsieur Barquis.
00:10:45Tout à l'heure.
00:10:47Non.
00:10:48Un verre d'eau, je vous prie.
00:10:50Un verre d'eau, je vous prie.
00:10:51En fait, il y a deux.
00:10:52En fait, il y a deux.
00:10:53L'eau, à la fois.
00:10:54L'eau, trois de fin.
00:10:55Les deux, c'est la même salle.
00:10:56Le bon.
00:10:57Les deux, c'est la même salle.
00:10:59Ou alors, c'est la même salle.
00:11:00Le bon, c'est la même salle.
00:11:01Une salle, c'est la même salle.
00:13:33En province, quand une femme seule va prendre les os aussi loin, que ne croit-on pas, que ne soupçonne-t-on pas ?
00:14:45Nous sommes bien bêtes de nous donner un tel tintouin pour savoir ce qu'il y a dans le fond de l'âme de cette femme.
00:15:01Probablement, il n'y a rien.
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