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00:00...
00:00J'appelle Raphaëlle Archambault, directrice développement durable de chez l'Occitane-France,
00:14Dania Blain, directrice internationale du développement durable et de la science chez Yves Saint-Laurent-Beauté
00:20et Muriel Buatti, directrice RSE d'Interparfums.
00:24Raphaëlle, je vais commencer par vous, si vous le voulez bien.
00:26Vous êtes directrice du développement durable chez l'Occitane, vous êtes reconnue pour votre filière carité depuis plusieurs années déjà
00:35et avec le programme Résiste, à quoi ressemble concrètement une filière durable ?
00:40Bonjour et merci d'organiser ces événements-là pour donner la parole, ça inspire d'entendre tous ces témoignages.
00:47Je pense qu'on l'a compris maintenant, pensez-y ce soir quand vous mettrez une crème,
00:51toutes les plantes qu'il y a derrière, chaque crème, les plantes, les femmes, les hommes,
00:55donc ça c'est, je pense que le lien maintenant il est bien fait.
00:58Et effectivement on voulait parler de notre filière carité,
01:01donc l'Occitane en Provence travaille du coup et s'approvisionne en beurre de carité pour ces produits,
01:06donc principalement au Burkina Faso et au Ghana, auprès de 6 000 femmes qui sont regroupées dans des coopératives.
01:12Et du coup avant le projet dont on va parler, on avait déjà mis en place une filière équitable,
01:17donc merci pour toute la présentation parce que ça explique ce qu'il y a derrière,
01:21mais donc avec du préfinancement, avec des prix justes qui sont discutés collectivement, etc.
01:26Et une filière bio, on avait travaillé avec les coopératives aussi sur la transition en bio du coup de toute cette filière-là.
01:34Donc ça c'était avant et on a en 2018 réussi du coup à mettre en place un projet qui s'appelait Résiste.
01:40On a été chercher pas mal de financements pour financer du coup un projet sur place qui a duré 3 ans.
01:47Et du coup il y avait 3 objectifs pour améliorer cette filière.
01:50Donc le premier c'était vraiment la sécurisation de l'accès à la ressource en bio.
01:55Donc les arbres à carité, il y a plein de menaces.
01:58Les femmes elles n'ont pas toujours accès à cette ressource qui est en danger.
02:00Donc là c'était vraiment de sécuriser cet accès pour elles.
02:03Le deuxième c'était tout ce qui était mécanisation.
02:06On a parlé juste avant de tout ce qui était conditions de travail.
02:08Aujourd'hui le barattage du beurre de carité, le fait de sécher les noix, tout ça, tout est très manuel.
02:15Et donc avec ce projet c'était d'aider à mécaniser certaines parties du travail.
02:20Notamment pour le rendre moins pénible.
02:22Et aussi tout simplement pour que les nouvelles générations elles aient envie de faire ce métier.
02:25Parce que sinon elles n'en auront peut-être pas envie.
02:27Et le troisième point c'était la formation.
02:29Et notamment la formation aux pratiques agroécologie.
02:32Donc de s'assurer de ne pas prendre toutes les noix sur chaque arbre, à chaque récolte.
02:37Mais d'en laisser pour que l'arbre puisse se régénérer, de replanter.
02:40Donc voilà, ce projet on était hyper fiers.
02:42Il a fini du coup en 2021.
02:44Et on a plein d'autres projets à venir.
02:46Mais en tout cas voilà un beau projet.
02:48Et vous avez évoqué tout à l'heure, vous avez précisé que vous preniez le beurre de carité et non les noix.
02:55Ça change quoi ?
02:56Il y a une vraie conviction et je pense qu'on partage avec plein de maisons aussi ici.
03:00C'est comment on laisse un maximum de valeur au territoire où on s'approvisionne.
03:05Et du coup le fait d'acheter le beurre et pas la noix, en fait la valeur économique pour les femmes dans les coopératives, elle est forcément plus élevée.
03:13Donc elles ont plus d'argent finalement parce qu'elles vendent plus cher que ce qu'elles vendraient uniquement les noix.
03:18Et donc ça, c'est l'argent qu'elles peuvent utiliser pour se développer, pour réinvestir.
03:23Donc il y a ça.
03:23Et pareil, le fait de les avoir aidées à faire la transition sur de l'équitable et du bio, elles peuvent le vendre plus cher aujourd'hui à d'autres aussi.
03:31Du coup, leur beurre de carité.
03:32Et est-ce que vous suivez justement l'évolution des conditions de travail de ces femmes, du fait que ce soit mieux ?
03:39Comment vous faites justement pour suivre ça ?
03:41Vous travaillez avec des associations locales, comment ça se passe ?
03:43Alors il y a les deux.
03:44En fait, on a une équipe sur place.
03:46On a trois personnes, du coup, qui sont au Burkina Faso et qui, du coup, travaillent justement avec les coopératives pour mettre en place ces projets
03:52et pour, du coup, suivre quelle est l'amélioration des conditions de vie, la pénibilité, etc.
03:57Et on travaille toujours systématiquement avec des associations locales.
04:01Donc là, pour ce projet et pour le prochain, on a travaillé avec une association qui s'appelle NITIDAE
04:05et qui vraiment connaît le terrain, connaît la complexité et peut nous aider aussi dans ces projets.
04:09Vous m'avez aussi parlé de votre nouveau programme, Cher, c'est quoi ?
04:14Alors ça, c'est la suite.
04:14Du coup, c'est la suite de Résiste.
04:17Donc là, il y aura une phase de pilote de cinq ans, mais il va, on espère, durer encore plus longtemps que ça.
04:22Et là, le gros focus, c'est comment est-ce qu'on aide à protéger, restaurer et régénérer la forêt dans lesquelles il y a les arbres à carité,
04:30sachant que cette forêt, il y a plein de pression.
04:32Il y a l'urbanisation, il y a des pesticides ou des intrants qui viennent d'autres cultures.
04:36Il y a l'utilisation de bois, donc il y a beaucoup de pression, changement climatique.
04:40Il y a beaucoup de pression.
04:41Donc là, l'idée, c'est vraiment de mettre autour de la table tous les acteurs de la forêt.
04:45Donc il y a les femmes des coopératives, mais pas seulement.
04:47Il y a aussi des gens qui utilisent la forêt pour leur bétail, des gens qui viennent chercher du bois parce qu'ils cuisinent au bois encore majoritairement.
04:54Et donc de mettre tout le monde autour de la table, du coup, pour avoir une gestion de cette forêt qui lui permet de se régénérer.
05:01Donc ça, c'est le nouveau projet qui a commencé du coup l'année dernière et qui va rentrer dans sa phase pilote.
05:05Là, on commence sur la forêt de Lattie, qui est sur 900 hectares.
05:08C'est un bon début déjà.
05:09Et on pourrait croire que ces sujets concernent surtout l'international, mais on en a parlé avec Julie tout à l'heure.
05:15La lavande, comment vous avez travaillé ?
05:17Très bon point.
05:18En fait, le commerce équitable, historiquement, c'est effectivement beaucoup dans notre relation entre pays du Nord, pays du Sud, approvisionnement.
05:25Et en fait, nous, il y a pas mal d'années, donc on travaille beaucoup avec des producteurs dans le sud de la France pour l'immortel, la lavande, etc.
05:31Et en fait, les agriculteurs en France, on le sait tous, je pense maintenant aussi, ils ont aussi des difficultés.
05:36Ils sont aussi vulnérables.
05:38Il y a aussi beaucoup de pression qui pèse sur eux.
05:40Et du coup, on s'est dit, on veut lancer cette démarche de commerce équitable en France.
05:44Et donc, on a, pareil avec Fair4Life, travaillé justement sur la certification équitable du coup de nos filières en France.
05:51Donc ça, c'était avec aussi des ingénieurs agronomes qui sont dans nos équipes internes, qui aident du coup ces producteurs.
05:58Et la manière aussi dont on essaie d'approcher les choses, c'est d'aider les producteurs à se regrouper dans des associations.
06:04Donc là, on a aidé à peu près 15 à 20 producteurs du coup de se regrouper dans une association d'agroécologie équitable pour qu'ils puissent travailler ensemble sur ces pratiques équitables, ces pratiques agroécologie, partager des connaissances, des pratiques, etc.
06:19Et est-ce que vos consommateurs, vos consommatrices sont sensibles à ce type d'engagement ?
06:23Je pense que les consommatrices de l'Occitane en Provence le sont aussi parce qu'elles sont sensibles à ces questions-là.
06:29Donc oui, c'est le cas. Après, c'est jamais simple d'être toujours simple pour expliquer ces sujets.
06:35On n'a pas beaucoup du coup d'espace pour raconter en détail cette complexité-là.
06:38Mais on essaie justement de promouvoir du coup la voix de nos producteurs.
06:42Du coup, Kenzo en parlait aussi tout à l'heure de comment est-ce qu'on les met en avant.
06:45On les fait parler et on donne aux consommateurs accès à la difficulté du coup des producteurs.
06:50Et qu'est-ce qu'on essaie de faire avec eux ?
06:51Ils jouent le jeu les producteurs justement ?
06:53À eux, ils n'en ont aucune envie.
06:54En fait, je pense qu'ils ont, eux, ils savent aussi comme nous que la seule voie, c'est l'agroécologie et l'équitable.
06:59C'est la seule voie pour que le modèle agricole y fonctionne dans le futur.
07:02La complexité, c'est qu'ils ont besoin de temps, que ça coûte de l'argent,
07:06qu'ils ont besoin de changer leurs outils de production.
07:09Donc il y a des tracteurs, ça ne marche plus.
07:11Il faut qu'ils relaissent pousser ce qu'on appelait les mauvaises herbes à l'époque.
07:14Donc maintenant, c'est des couverts végétaux.
07:16Il ne faut plus laisser la terre nue.
07:18En fait, ça, ça ne marche pas.
07:19Donc eux, ils en sont convaincus, mais ils ont besoin par contre de soutien financier, expertise
07:23et de se sentir faire partie d'un collectif, d'avoir du lien.
07:26En fait, vous tissez ce lien aussi ?
07:29Tout à fait.
07:30En tout cas, je pense que l'Occitane a toujours œuvré sur ça,
07:33cette conviction de qu'on ne pourra pas changer les choses si on ne met pas les gens en lien
07:36et si les gens se sentent isolés face à toutes ces complexités-là.
07:40Donc effectivement, nous, la création de liens via ces associations coopératives de femmes,
07:44de relier avec nos clients, c'est hyper central.
07:47Merci beaucoup, Raphaël.
07:48Merci, Dania, d'être là.
07:50Vous êtes directrice internationale du développement durable et de l'assurance chez Yves Saint Laurent Boutet.
07:55Vous avez fait le choix d'aller très loin avec la filière durable marocaine, les Oureka Garden.
08:00Est-ce que vous pouvez tout nous dire dessus ?
08:03Avec plaisir.
08:04Merci de me recevoir.
08:05Je suis ravie d'être avec vous et avec vous toutes aujourd'hui.
08:07Je trouvais ça très intéressant d'entendre parler de cette dimension beauté qui change, beauté durable,
08:13tant au niveau marque, au niveau ONG, qu'au niveau fédération.
08:18C'est très complet, très intéressant.
08:19Donc merci pour ça.
08:20Et donc justement, je suis là pour vous parler de notre projet au Maroc,
08:22qui est le projet des jardins collectifs de l'Oureka,
08:25qui ont été fondés en 2014 au pied de l'Atlas.
08:27Le Maroc est un pays qui a inspiré énormément notre fondateur, M. Saint Laurent.
08:31On a choisi d'établir ça là-bas.
08:33Donc ces jardins ont pour objectif de faire un sourcing durable,
08:37un sourcing plus social aussi de nos ingrédients.
08:41Et depuis 2014, on travaille localement avec une coopérative de femmes,
08:45avec des partenaires locaux pour ces ingrédients et pour les infuser dans nos produits.
08:50Et quand on parle de justice économique, on parle de choses très concrètes,
08:53de travail, de revenus.
08:55Qu'est-ce que les Oureka Garden changent concrètement pour ces femmes ?
08:58En 2017, en fait, on a travaillé avec une ONG qui s'appelle Agri-Sud,
09:02qui est notre partenaire avec une antenne locale
09:04et avec qui on a soutenu la fondation d'une coopérative de femmes
09:08dans nos jardins collectifs de l'Oureka.
09:10Et l'objectif est de travailler sur l'indépendance de ces femmes,
09:14sur le fait de leur apporter plus de liberté, plus d'indépendance,
09:16en hommage au combat de M. Saint Laurent, notre fondateur,
09:19mais aussi pour travailler sur notre projet de sourcing,
09:24soutenir ces femmes, l'agriculture régénératrice dans les jardins et l'innovation.
09:28Et donc ce qu'on a fait avec notre partenaire Agri-Sud,
09:30c'est de leur permettre d'aller au-delà de la récolte des ingrédients,
09:34mais de travailler sur plus d'indépendance pour ces femmes,
09:36à travers des formations, sur les techniques de jardinage,
09:39mais aussi l'entrepreneuriat, pour leur permettre de développer leurs propres projets,
09:43de travailler avec les résidus du jardin, par exemple,
09:45ou de développer des projets annexes.
09:47Et donc évidemment tout ça en garantissant le travail,
09:49le revenu avec des standards internationaux.
09:51Et la question de la gouvernance du pouvoir est assez importante dans ces communautés.
09:57Comment vous faites pour être sûre que c'est elles qui décident, qui pilotent ?
10:01Et c'est très important, la gouvernance, la transparence et la façon de travailler avec les femmes.
10:05C'est pour ça qu'on a notre partenaire Agri-Sud,
10:08qui est expert du sujet, qui nous permet justement,
10:11basé sur les standards internationaux,
10:12basé sur les politiques de sourcing durable de notre groupe,
10:15de permettre à ces femmes de travailler et de gagner en indépendance,
10:19et de ne pas dépendre que de nous,
10:20parce que c'est extrêmement important,
10:22qu'elles puissent aussi se développer pour que cet impact soit meilleur,
10:25durablement pour elles, et pas seulement au moment des récoltes.
10:28Il y a eu, en 2025, par exemple, plus de 35 ingrédients cultivés dans le jardin,
10:37avec quasiment 7000 heures de travail,
10:39plus de 3000 heures de formation pour ces femmes.
10:41Tout ça dans l'objectif de récolter ces ingrédients.
10:43Plus de 50 créations dans nos produits Saint-Laurent,
10:45et depuis 2024, dans toutes les nouveautés.
10:47Mais aussi de leur permettre de se développer vers d'autres projets qui leur sont propres aussi.
10:51Est-ce que vous projetez, par exemple, de leur donner la parole,
10:53de leur permettre d'expliquer ce qu'elles font ?
10:57Alors, on communique avec elles, à travers notre partenaire, ça c'est important.
11:00C'est arrivé qu'on les mette aussi en images et en avant pour la marque,
11:04mais c'est des dialogues permanents qu'on a avec elles.
11:06On se base sur leur connaissance du terrain, leur expertise locale,
11:09qui est très importante pour nous, parce que ces jardins sont construits autour de ça.
11:13Donc, il y a des exemples concrets d'ingrédients qu'on cultive dans le jardin.
11:16On a travaillé avec elles, comme la fleur d'oranger, par exemple,
11:19qui est infusée dans un de nos parfums Libre-Lonu, que vous connaissez peut-être,
11:22qui est la première fragrance sans alcool chez Yves Saint-Laurent.
11:25Donc, cette fleur d'oranger, elle est récoltée, elle est triée, elle est séchée par les femmes.
11:29Donc, c'est le travail qu'elles font sur le site.
11:30Et c'est infusé dans notre parfum avec une autre expression aussi de la fleur d'oranger,
11:34qui est une expression tech innovante qu'on appelle Headspace.
11:38Donc, c'est un exemple d'ingrédients où on va travailler avec elles
11:40et se baser sur leur expertise pour capter la meilleure version de cette fleur.
11:46Et aussi, on va soutenir les communautés locales au-delà de cette coopérative.
11:50Et c'est pour ça qu'on écoute ce qui se passe.
11:52Quand on a fondé cette coopérative, on a d'abord essayé de regarder les besoins des femmes
11:56et la situation pour pouvoir s'adapter à ce qui va les développer, ce qui va les aider le plus.
11:59Et ensuite, au sujet des communautés locales, pour notre filière de Safran, par exemple,
12:04il y a eu en 2023 un séisme dans la région au pied de l'Atlas.
12:09Et ce qu'on a fait, c'est travailler avec des producteurs locaux de Safran
12:12pour leur permettre de se reconstruire, pour les aider, pour contribuer à ça.
12:16Et j'étais personnellement au Maroc là-bas au mois d'octobre.
12:19J'ai rejoint la marque il y a seulement quelques semaines.
12:21Donc, pour moi, c'était un moment important.
12:23J'ai été extrêmement touchée d'aller sur place et de voir ces producteurs locaux
12:27qui nous ont emmenés chez eux et qui nous ont montré comment ils ont reconstruit leur village, par exemple.
12:31Et ça, c'est grâce aux différentes activités qu'ils font, pas seulement nous,
12:34mais on y a contribué d'une certaine manière.
12:36Et donc, c'est un peu comme ça qu'on va permettre d'aller au-delà de notre besoin d'ingrédients,
12:40mais aussi de permettre aux communautés locales, aux femmes de notre coopérative,
12:43de se développer et d'avoir un impact dans le temps.
12:45Vous avez réussi à structurer des filières durables.
12:50Est-ce que vous avez comme objectif d'essaimer ces pratiques, de le mettre sur d'autres filières ?
12:55Alors, on est très fiers du travail qu'on a fait sur les jardins collectifs de Lourica.
12:58Donc, comme je disais, plus de 5 ans de création dans les produits Saint-Laurent.
13:01Depuis 2014, on distille dans nos différents produits.
13:03On a commencé par notre gamme de soins Or Rouge en 2014 et maintenant dans tous les lancements depuis 2024.
13:09Et en fait, ce qui, pour nous, est important, c'est d'aller plus loin dans ce projet.
13:12Donc, de continuer à se concentrer pour développer notre communauté là-bas,
13:17de travailler sur les différentes filières d'ingrédients, d'aller plus loin dans ce même projet,
13:20de se concentrer sur ce projet-là, qui est durable et qui, pour nous, continue, évidemment.
13:24Merci beaucoup, Dania.
13:25Merci à vous.
13:26Muriel, je vous laisse la parole.
13:28Vous êtes directrice de développement durable d'Interparfum.
13:31À quel moment Interparfum a compris que la question du sourcing responsable, c'était stratégique ?
13:38Oui, je pense que ça a été déjà fortement expliqué.
13:41Et à différents niveaux, notamment par Stéphanie de la Fébéa.
13:44Donc, en fait, le métier du parfum, rapidement, c'est une entreprise qui transpose les codes de marques,
13:52de maisons qui sont souvent dans la mode et dans le luxe, dans l'univers du parfum.
13:56Et on a des marques sous licence que vous connaissez, comme Coach, Jimmy Chou, Lacoste, plus récemment Longchamp.
14:01Et on a des marques en propre, comme Annegouta, le Lanvin.
14:04Et voilà, donc, ça nous permet d'avoir une vision un peu transversale des choses.
14:08Et le sourcing responsable, on a vite compris, en fait, la dépendance et la vulnérabilité de notre modèle économique
14:13par rapport à cette démarche d'approvisionnement.
14:16Et ça a été aussi bien expliqué par Julie dans le cadre de la chaîne de valeur.
14:19Donc, en fait, nous, on n'a pas d'outil de production, donc on travaille avec des partenaires, avec un lien fort
14:24depuis souvent le début de la création d'un interparfum qui s'est pérennisé dans le temps.
14:30Et il est clair que si on veut à la fois proposer aux consommatrices des produits de qualité qui vont répondre à leurs attentes,
14:37ça, c'est le premier objectif.
14:38Et le deuxième, c'est évidemment de pérenniser le modèle économique de l'entreprise.
14:42Donc, ça va sans dire, c'est par rapport à l'approvisionnement.
14:45Et il est fondamental qu'on prenne la juste mesure des enjeux.
14:49Donc, on le voit bien dans le monde qui nous entoure, qui est de plus en plus instable,
14:53le contexte géopolitique, donc les changements climatiques, l'impact sur la biodiversité.
14:58Forcément, si demain, on a une rupture d'approvisionnement, et ça, c'est valable pour tous les acteurs autour de la table,
15:04ça va poser un réel problème.
15:07Et donc, on se doit, et je pense que c'est notre responsabilité, de travailler au plus près des individus
15:13pour qu'ils soient plus autonomes, qu'ils soient moins dépendants de leur culture.
15:18On l'a vu, là, sur l'érosion, le cas du vétiver, c'est un vrai sujet.
15:21Donc, pour que tout le monde, dans le même objectif, on avance ensemble avec cette idée de pérennisation.
15:28Vous vous engagez sur plusieurs filières, mais notamment, on a parlé de la vanille de Madagascar.
15:33Oui, alors, tout à l'heure, ça a été mentionné sur le vétiver, c'est emblématique, la vanille aussi, évidemment.
15:38Donc, on avait un premier projet, je remets un peu de contexte, avec le patchouli en Indonésie,
15:44avec un partenaire parfumeur qui a une fondation.
15:48Et donc, c'est un ingrédient phare d'un de nos produits majeurs.
15:51Et on s'est dit comment on peut aller plus loin pour accompagner localement les personnes.
15:56Et la première réponse, quand on leur pose la question, qu'est-ce qui est important pour vous,
16:01c'est l'éducation de leurs enfants.
16:02Donc, dans ce cadre-là, on a accompagné depuis plusieurs années,
16:06parce que ce qui est important, c'est de voir que les maisons, quelles qu'elles soient,
16:09elles s'engagent dans la durée.
16:10Je pense que ça vous a été bien expliqué.
16:13Ce n'est pas du one-shot, ce n'est pas un coût marketing,
16:15c'est vraiment une démarche dans la durée, avec un accompagnement.
16:18Et donc, en fait, on a co-financé des bibliothèques adossées à des écoles
16:23sur ce patchouli en Indonésie.
16:25Donc là, on a décidé d'aller plus loin avec la vanille de Madagascar.
16:28La vanille provient souvent de Madagascar.
16:30Il y a de la vanille bretonne.
16:31Les impacts positifs du changement climatique, demain peut-être,
16:34mais ce ne sera pas la même histoire, ce ne sera pas le même storytelling.
16:37Donc l'idée, c'était de se positionner sur la vanille de Madagascar
16:40et de voir comment on pouvait accompagner dans ce beau pays,
16:43mais qui est quand même très instable politiquement,
16:45les populations locales.
16:47Et donc là, toujours, on avance en co-construction.
16:49Et ça, je crois que ça a été aussi bien défini
16:52comme ligne directrice qui nous anime tous.
16:55La co-construction localement et donc d'aller avec les populations,
17:00toujours sur l'accès à l'éducation, la santé, l'eau, l'assainissement.
17:04Et dans ces questions de salaire décent qui sont au cœur maintenant
17:07de nos problématiques, de se dire comment on peut leur permettre
17:10de générer d'autres sources de revenus,
17:12pour ne pas qu'ils soient uniquement dépendants d'une source de revenus.
17:16Donc ça peut être le soutien à du petit élevage,
17:18de l'aquaculture, du cacao en complément, etc.
17:21Donc voilà, c'était une idée qui a été soutenue par les collaborateurs
17:23qu'on a associés à la démarche.
17:26Et demain, on ira peut-être plus loin avec la lavande,
17:28parce que c'est important aussi, on l'a vu.
17:31Joignet, il y a plein de projets en cours.
17:32Oui, oui, tout à fait, oui.
17:34On va faire des collaborations, c'est génial.
17:35Mais c'est l'objectif.
17:36Et la question du contrôle aussi des fournisseurs a été évoquée.
17:40Oui, alors c'est clair, comme je le dis souvent,
17:43la délégation n'exclut pas le contrôle.
17:45Donc on l'a vu dans la chaîne de valeur,
17:47on a à l'amont jusqu'au champ,
17:49on a à l'aval jusqu'au consommateur.
17:51On ne peut pas être présent partout,
17:53donc on va déléguer ces contrôles avec nos partenaires,
17:57avec des certifications qui ont bien été expliquées tout à l'heure par Julie,
18:00Fair4Life, UEBT.
18:01Donc il y a d'une part le référencement des partenaires,
18:05ça c'est un vrai sujet,
18:06et après le suivi.
18:08Et dans ce cadre, alors je reprends un peu à l'envers
18:10ce qui a été dit tout à l'heure,
18:11nous notre objectif c'est d'avoir une plateforme de traçabilité
18:14qui va nous permettre d'aller du flacon jusqu'au champ.
18:16et vous pouvez imaginer qu'il y a autour de,
18:19alors évidemment quand c'est verticalisé,
18:21c'est plus court,
18:23nous on va tourner entre 5 et 8 niveaux
18:25avec différents niveaux de fournisseurs.
18:27Donc on va contrôler nos premiers niveaux,
18:29on va leur demander de contrôler leurs premiers niveaux,
18:31etc.
18:31et on aura une vision globale des choses,
18:35donc jusqu'au champ ou jusqu'à la carrière,
18:37alors parce que dans le lot on va mettre évidemment les emballages,
18:40donc le verre,
18:41le verre c'est du sable,
18:42le sable c'est une carrière,
18:43il peut y avoir des matières premières aussi
18:45qui viennent d'endroits plus ou moins exotiques,
18:47et donc ça va nous permettre d'avoir cette cartographie globale,
18:50et de mieux maîtriser nos risques,
18:52ça je pense que c'est important,
18:53et de mieux identifier les problématiques de pays,
18:57ou d'approvisionnement,
18:58si d'aventure il y a une controverse,
19:00comme ça arrive malheureusement trop souvent.
19:01Et Dominique tout à l'heure sur la précédente table ronde
19:04avait aussi parlé du fait que de plus en plus
19:07on s'intéresse au territoire français,
19:09et avez-vous une démarche sur les filières en France ?
19:12Oui, alors modestement,
19:14c'est vrai que dans ce qui a été déjà dit,
19:17on s'intéresse à l'agriculture régénérative,
19:19et comme Armelle l'a dit,
19:20l'alcool de nos parfums est issu de betterave,
19:23les agriculteurs sont dans des conditions,
19:26vous l'avez compris avec l'actualité récente,
19:27qui sont quand même relativement complexes,
19:30ils affrontent les changements climatiques
19:32dans leur cœur business,
19:34il faut aussi qu'on les accompagne,
19:35donc on soutient une première ferme
19:38qui va faire de l'agriculture régénérative,
19:41restaurer comme ça l'a été expliqué,
19:43découverts végétaux, replanter des haies,
19:45séquestrer du carbone,
19:48donc ça c'est intéressant.
19:49Le CO2, on ne le voit pas trop,
19:51mais c'est facile parce qu'il y a une unité,
19:53c'est le CO2,
19:53et maintenant on lance en complément
19:55une autre démarche sur la biodiversité,
19:58puisqu'on a cette dépendance à la biodiversité,
20:00cette vulnérabilité,
20:02et la biodiversité c'est beaucoup plus difficile
20:03à quantifier avec un indicateur simple
20:06qu'on prend aussi par tous,
20:07donc on travaille sur ces sujets aussi
20:10de restauration de la biodiversité,
20:12et ça on le fait en France,
20:13localement,
20:14on peut aller voir sur place,
20:15on peut toujours embarquer les gens,
20:17c'est toujours très intéressant.
20:18Je vous remercie,
20:19merci à toutes les trois,
20:20pour ces témoignages passionnants
20:22qui nous ont permis
20:23de comprendre un peu mieux
20:24les filières équitables.
20:30On arrive tout doucement
20:31au dernier chapitre
20:33de notre après-midi,
20:35celui des filières équitables
20:36dans le secteur de la cosmétique.
20:39Derrière chaque crème,
20:40chaque parfum,
20:41il y a des ingrédients,
20:42des territoires,
20:43des femmes et des hommes,
20:45des savoir-faire,
20:45qui sont souvent peu visibles
20:48pour les consommateurs
20:50et les consommatrices.
20:51Comment se partage réellement la valeur ?
20:53Pour nous aider à y avoir clair,
20:55nous avons invité
20:56une voix de référence
20:57sur ces sujets.
20:59Julie Stoll est déléguée générale
21:01de l'association
21:02Commerce équitable France.
21:04Elle travaille depuis des années
21:05sur les enjeux
21:06de justice économique,
21:08de filière agricole durable.
21:11Elle va nous expliquer
21:12très concrètement
21:12ce qui fait une filière équitable.
21:15Bonjour à toutes et à tous.
21:16Je suis ravie d'être là.
21:18Une filière équitable et locale,
21:21le sujet,
21:22c'est de la terre au flacon.
21:25Effectivement,
21:25dans le commerce équitable,
21:26notre spécialité,
21:27c'est de remonter
21:28le fil de la filière,
21:30d'introduire de la transparence,
21:31d'introduire de la traçabilité
21:33et de s'assurer
21:34que les hommes et les femmes
21:35qui sont à l'origine
21:36des produits qu'on consomme,
21:37non seulement dans le domaine
21:39de l'alimentaire,
21:39mais aussi des cosmétiques
21:40ou aussi du textile
21:41ou aussi de la déco,
21:43soient rémunérés dignement.
21:45Et depuis une quinzaine d'années,
21:48les questions environnementales
21:49sont devenues également
21:50extrêmement prégnantes
21:51dans cette attention
21:53à des filières équitables.
21:56Et je vais vous donner
21:56quelques exemples
21:57de filières qui, justement,
21:58ne sont pas équitables
21:59et où on voit
22:00de manière très claire
22:02comment les sujets
22:02sociaux, économiques
22:03et environnementaux
22:04sont extrêmement interdépendants
22:06et comment les ingrédients
22:08du commerce équitable
22:08peuvent aider
22:09à dénouer
22:11et apporter des solutions.
22:12Alors déjà,
22:13peut-être quelques éléments
22:14pédagogiques
22:15pour comprendre
22:16ce qu'est une filière
22:17parce que ce sont des mots
22:19qu'on utilise beaucoup,
22:20filière, chaîne de valeur,
22:21mais on ne passe pas
22:23toujours suffisamment de temps
22:24pour réfléchir,
22:24pour conscientiser
22:25ce que ça veut dire.
22:26Alors, dans filière,
22:27il y a le terme de fil.
22:28Et là, on a un schéma,
22:30c'est très schématique,
22:32d'une filière
22:33qui démarre,
22:34on appelle ça l'amont
22:35de la filière
22:35qui va jusqu'à l'aval.
22:36En amont de la filière,
22:38on a effectivement la terre
22:39puisque le sujet,
22:40c'est de la terre aux flacons
22:41et que beaucoup d'ingrédients
22:43utilisés pour les cosmétiques
22:45sont des ingrédients
22:46qui sont issus
22:47de la biodiversité,
22:48mais ça veut dire
22:48issus de l'agriculture
22:49ou issus de la cueillette
22:50en milieu sauvage.
22:52Et donc, on a la terre
22:53et on a celles et ceux
22:54qui la cultivent
22:55ou qui cueillent.
22:55C'est ce premier maillon
22:56de la chaîne.
22:57Il est fondamental
22:58et il y a des enjeux
22:59très importants
22:59sur ce maillon-là
23:00puisque l'agriculture
23:02et notre agriculture,
23:04notre alimentation
23:04ainsi que l'industrie
23:06des cosmétiques,
23:07ça pèse pour à peu près
23:08un quart de nos émissions
23:09de gaz à effet de serre.
23:10Donc, en termes climatiques,
23:11c'est très important.
23:12Le réchauffement climatique,
23:13il impacte aussi énormément
23:14l'agriculture
23:15et sa capacité
23:16à se régénérer
23:17et sa capacité
23:19à faire face
23:20aux changements climatiques
23:21qui arrivent.
23:22Et on doit transformer
23:23l'agriculture,
23:24on doit l'adapter,
23:25on doit transformer
23:25les pratiques
23:26pour qu'elle puisse faire face
23:26à ces nombreux enjeux.
23:28Donc, l'agriculture,
23:29elle est à la fois
23:29contributrice
23:30au réchauffement climatique,
23:31mais aussi mise en danger.
23:32Elle doit être adaptée
23:34pour faire face
23:34à ces sujets-là.
23:36Et l'agriculture,
23:36c'est aussi la principale cause
23:38de perte de biodiversité
23:39dans le monde.
23:40Les agriculteurs,
23:41les agricultrices,
23:42c'est le métier
23:42le plus présent
23:43dans les activités humaines.
23:45On a à peu près
23:46la moitié de l'humanité
23:47qui vit en territoire rural
23:48et sur cette moitié
23:49de l'humanité,
23:50il y en a au moins 60%
23:51qui vit de la terre.
23:53Donc, ce maillon
23:54à mont de la chaîne de valeur,
23:55il est extrêmement important.
23:57Et quand les entreprises
23:58des cosmétiques
23:59font une analyse de risque
24:00sur leur chaîne de valeur,
24:02elles ne peuvent pas
24:02passer à côté
24:03de ce qui va se passer
24:05sur ce maillon-là
24:05de la filière.
24:06Et alors, ensuite,
24:07on a d'autres maillons
24:08assez classiques
24:09de collecte,
24:10de première transformation.
24:11Dans l'industrie des cosmétiques,
24:13ce premier aspect
24:14de la transformation,
24:14il va être très important
24:16parce qu'on est sur
24:17des matières premières
24:17qui sont souvent fragiles.
24:19Des fleurs
24:19qui va falloir distiller
24:20très rapidement
24:20avant qu'elles flétrisent
24:22et qu'elles perdent
24:22de leurs caractéristiques.
24:25Et puis,
24:25on va avoir
24:26les usines
24:27de production
24:28des cosmétiques
24:30qui vont aller
24:30s'approvisionner
24:31auprès de différentes sources
24:32pour pouvoir
24:34composer leurs cosmétiques.
24:36Et ensuite,
24:37on va avoir
24:37les étapes
24:37de mise en flacon,
24:39conditionnement
24:40dans des pots,
24:42dans des tubes,
24:42dans des flacons,
24:43etc.
24:44Et puis,
24:45le dernier maillon
24:45de la filière,
24:46c'est celui du distributeur
24:47et du détaillant.
24:49Et enfin,
24:49des consommateurs.
24:50On parle aussi
24:51de chaînes de valeur.
24:52Dans l'idée
24:52d'une chaîne de valeur,
24:53il y a des maillons
24:54comme ça
24:55qui sont imbriqués
24:56les uns dans les autres.
24:57Et quand on regarde
24:58comment les chaînes de valeur
24:59sont fabriquées,
25:00si on regarde
25:01ces interactions,
25:02on va s'apercevoir
25:03que d'abord,
25:04il y a de l'interdépendance,
25:05c'est-à-dire
25:06ceux qui produisent
25:07et qui vendent,
25:08ils sont dépendants
25:08de leurs acheteurs.
25:10Les acheteurs,
25:10ils sont dépendants
25:11du sourcing
25:12et ils sont dépendants
25:13aussi du maillon
25:15en aval
25:15de la chaîne de valeur
25:16à qui ils vont pouvoir
25:17revendre le produit
25:18qu'ils auront transformé
25:20à l'une ou l'autre
25:20des étapes
25:21de sa chaîne de valeur.
25:22Et dans ces chaînes de valeur,
25:23ces relations,
25:24elles ne sont pas toujours harmonieuses.
25:26Elles ne sont pas toujours équilibrées.
25:27On a des différentiels
25:28de pouvoir
25:29dans la chaîne de valeur
25:30qui vont faire
25:31qu'on va retrouver
25:32dans un certain nombre
25:33de chaînes de valeur
25:34des situations d'exploitation,
25:37des situations d'exaction
25:38sur les droits humains,
25:39des situations
25:40où les gens
25:41ne gagnent pas suffisamment
25:42pour vivre.
25:43Alors, je suis désolée,
25:43on parle de beauté,
25:45mais il y a des choses
25:45dans les secteurs économiques
25:47qui ne sont pas toujours
25:48très jolies.
25:49Et je sais que
25:50le secteur des cosmétiques
25:51est aujourd'hui
25:52vraiment très en action
25:54pour pouvoir résoudre
25:55ces problématiques
25:56qui sont loin d'être simples.
25:58Dans la question
25:59qui m'était posée,
26:00comment on construit
26:01une filière locale et équitable,
26:02je voudrais aussi
26:02m'apesantir
26:03sur le terme local.
26:06Local,
26:06on parle beaucoup
26:07d'alimentation locale,
26:09d'agriculture locale.
26:10Évidemment,
26:10dans les cosmétiques,
26:11le local,
26:12on ne peut pas le comprendre
26:13comme un approvisionnement
26:14de fleurs ou de plantes
26:17qui seraient dans un rayon
26:18de moins de 80 kilomètres
26:19parce que si on vit à Paris
26:21ou si on vit en Picardie,
26:22on ne va pas avoir
26:23beaucoup de cosmétiques
26:23à se mettre sous la main.
26:25Et en fait,
26:25le terme local,
26:27il faut le comprendre
26:28comme un produit
26:29dont on connaît
26:30la localisation,
26:32un produit
26:32que l'on peut localiser.
26:34Et en fait,
26:34dans les filières cosmétiques
26:35et les chaînes
26:36de valeur cosmétiques,
26:38il y a souvent
26:38beaucoup d'ingrédients
26:39qui viennent souvent
26:40de très loin
26:40et il faut parfois
26:41être avec un certain nombre
26:43d'intermédiaires
26:44qui vont créer
26:45de l'opacité,
26:46ce qui fait qu'on se retrouve,
26:47même une très grande entreprise
26:48de cosmétiques,
26:49ne sait pas toujours très bien
26:51comment localiser
26:52sa matière première.
26:53Et quand elle le sait,
26:54elle ne sait pas forcément
26:55très bien comment dénouer
26:56les problématiques sociales
26:58ou environnementales
26:59qui peuvent se produire
27:00sur le terrain,
27:02d'où l'importance
27:02de pouvoir localiser.
27:04Donc,
27:05une filière locale,
27:07c'est une filière
27:07dont on connaît la provenance
27:09et on va pouvoir rentrer
27:10dans un partenariat
27:11de territoire.
27:12Mais peut-être
27:13pour bien comprendre
27:14en quoi les exemples
27:15qu'on va vous donner
27:16sont inspirants
27:17et emblématiques,
27:18il faut prendre conscience
27:19de quoi aujourd'hui,
27:20c'est encore l'exception
27:21et tout le chemin
27:22qu'il y a à parcourir.
27:23Alors,
27:24je vais vous parler
27:24du vétiver
27:25pour vous donner
27:26un exemple très concret.
27:28Le vétiver,
27:29c'est une plante graminée
27:31qui a des très grandes racines.
27:33Pour l'industrie
27:34des cosmétiques,
27:35il y a plusieurs sortes
27:35de vétivers qui sont utilisés.
27:37Mais le vétiver haïtien,
27:38il est utilisé
27:39dans à peu près 80%
27:40du vétiver utilisé
27:42dans les cosmétiques.
27:43Donc 80%,
27:44même si en volume,
27:45ce n'est pas énorme.
27:46En point dans la filière,
27:47Haïti est une provenance importante.
27:50Et en Haïti,
27:51vous devez le savoir,
27:53c'est un pays
27:53qui est très pauvre,
27:54qui est très instable.
27:56Les paysans gagnent,
27:58en général,
27:58les familles paysannes,
27:59moins de 2 dollars par jour,
28:01vivent dans une grande précarité.
28:03Et pour eux,
28:04le vétiver,
28:05c'est plutôt
28:05une bonne opportunité économique
28:07par rapport
28:08à l'agriculture locale
28:09qu'ils pourraient faire.
28:10Mais de cette bonne opportunité économique
28:12sur le court terme,
28:14se cachent des enjeux
28:15de long terme
28:15ou de moyen terme
28:17qui sont une grande fragilité
28:18pour l'ensemble de la filière,
28:20en amont,
28:20donc pour eux-mêmes,
28:21et en aval aussi
28:22pour l'industrie des cosmétiques.
28:24Le vétiver,
28:24traditionnellement,
28:25il est utilisé
28:25parce qu'il a une très grande racine
28:27et donc il permet
28:27de stabiliser les sols.
28:29Et il a une fonction écologique aussi
28:30qui est très intéressante.
28:32Et donc les paysans,
28:34pas dans le monde entier,
28:34mais dans plusieurs localisations
28:36du globe,
28:37à Madagascar,
28:38en Asie,
28:39cultivent le vétiver
28:40pour délimiter les champs,
28:42pour stabiliser la biodiversité,
28:43pour stabiliser les nutriments
28:44dans le sol.
28:45Et finalement,
28:46pour les aider
28:46dans une agriculture locale
28:48et durable.
28:49Mais quand on cultive
28:50du vétiver
28:51pour l'industrie des cosmétiques,
28:52ce qui nous intéresse,
28:53c'est cette petite odeur
28:55boisée,
28:56terreuse,
28:57qu'on utilise
28:57dans les cosmétiques,
28:58surtout les cosmétiques masculins,
29:00la parfumerie masculine.
29:02Et donc,
29:02ce qui nous intéresse
29:03dans le vétiver,
29:04ça va être la racine.
29:05Et donc,
29:05le vétiver,
29:06qui, à la base,
29:07est une plante
29:07qui stabilise la biodiversité,
29:10là,
29:10quand on cultive
29:11pour les cosmétiques,
29:11il a un risque
29:12très fort
29:13de créer
29:14de l'érosion
29:15parce que les producteurs,
29:17les agriculteurs,
29:17les agricultrices
29:18vont aller déraciner
29:20le vétiver
29:20pour en extraire
29:21la racine
29:21et c'est la racine
29:22qu'ils vendent.
29:23Et donc,
29:23on se retrouve
29:24dans le contexte haïtien
29:26avec des paysans
29:27et des paysannes
29:28qui cultivent le vétiver
29:29sur des collines.
29:30Ils vont retirer
29:31les racines
29:32et le vent,
29:33les pluies
29:33vont venir
29:34créer de l'érosion
29:35sur ces collines.
29:38Agronomes et vétérinaires
29:38sans frontières,
29:39ils mènent un projet
29:40en Haïti
29:41d'accompagnement
29:42des producteurs
29:43pour essayer
29:43de mettre en place
29:44des techniques
29:44de production
29:45beaucoup plus régénératives.
29:47Il y a un petit film
29:48sur leur site internet
29:49qui est assez poignant
29:50et très intéressant
29:51sur les dispositifs
29:52qu'ils ont mis en place
29:53et on voit une femme
29:54qui montre sa terre
29:55qui n'est plus que du caillou
29:57et qui dit
29:57je n'ai plus rien
29:58à léguer à mes enfants,
29:59comment est-ce qu'ils vont cultiver
30:00pour pouvoir
30:01avoir à manger
30:03et sécuriser
30:04leur sécurité alimentaire.
30:07Rassurez-nous,
30:07il y a des solutions ?
30:09Absolument,
30:09il y a des solutions.
30:10Il y a des solutions.
30:11Ce qui est intéressant,
30:12c'est que ce qu'il faudrait,
30:13c'est que quand les paysans
30:14cultivent le vétiver,
30:16puis le déracine
30:17pour vendre la racine,
30:18ils puissent en replanter.
30:19Si possible,
30:20en arracher un
30:21et en planter deux.
30:22Le problème,
30:22c'est que ça coûte cher
30:23et que ça prend du temps.
30:24Et donc ce temps-là,
30:25c'est du temps
30:26que les paysans
30:27ne vont pas utiliser
30:27à faire autre chose.
30:29On appelle ça
30:29le coup d'opportunité.
30:30Donc comment rémunérer
30:32les paysans
30:33pour qu'ils puissent
30:33rentrer dans des techniques
30:35de production régénératives ?
30:37On parle beaucoup
30:38d'agriculture régénératrice.
30:39C'est un concept
30:40qui parle,
30:42mais qui reste un peu abstrait.
30:43Donc voilà,
30:44je voulais vous le rendre
30:44très tangible pour vous.
30:46Qu'est-ce que ça veut dire
30:47l'agriculture régénératrice
30:48dans le contexte du vétiver ?
30:50Ça veut dire donner
30:51suffisamment de rémunération
30:52à des paysans
30:53pour qu'ils puissent replanter
30:55deux pieds de vétiver
30:56quand ils en arrachent un
30:57et rentrer dans une stratégie
30:58de durabilité
31:00de leur système de production.
31:02Et puis bon,
31:02alors je ne vais pas faire
31:03tout un exposé
31:04très précis sur le sujet,
31:06mais on est aussi
31:07sur une filière
31:07qui est très peu structurée,
31:10des coopératives
31:11qui ont peu
31:12de moyens techniques
31:13et puis des collecteurs,
31:14des revendeurs
31:15qui eux ont un poids
31:16dans la filière
31:17qui leur donne
31:18un pouvoir de négociation
31:19un peu exploitatif.
31:21Ce qui est quand même
31:22intéressant aussi,
31:23c'est qu'AVSF a mené
31:24ses expérimentations
31:25avec des producteurs
31:26sur des financements publics
31:27avec le Fonds français
31:28pour l'environnement mondial,
31:29que ce projet,
31:30aujourd'hui,
31:31il arrive à terme.
31:33Ils ont construit
31:33tout un référentiel
31:34de production,
31:36de durabilité,
31:37de régénération
31:38et qu'aujourd'hui,
31:39ils sont à la recherche
31:40de clients dans les cosmétiques
31:41pour s'approvisionner
31:43de manière durable
31:44sur ce vétiver.
31:45Finalement,
31:46sur le commerce équitable,
31:48il y a des référentiels
31:49qui sont révélés
31:54qui peuvent être mises en place
31:55assez facilement,
31:57pas facilement ?
31:57Comment ça se passe ?
31:58Je ne vais pas vous cacher
31:59qu'il y a toujours
32:00de la complexité.
32:01Mais ce qui est intéressant
32:02dans le commerce équitable,
32:03c'est qu'on va traiter
32:04les sujets de manière systémique.
32:06Là, on a un sujet
32:07d'érosion des sols
32:08qui est un véritable problème
32:10pour la durabilité
32:11de l'approvisionnement
32:11du vétiver.
32:12Quand on creuse,
32:13on va s'apercevoir
32:14qu'il y a une question sociale,
32:16il y a une question économique
32:17de rémunération des producteurs
32:18et il y a une question
32:19de structuration de la filière.
32:20Donc oui,
32:21il y a des référentiels
32:22de commerce équitable.
32:23Le référentiel Fair for Life
32:24porté par Écosert,
32:25il est tout à fait applicable
32:26au vétiver
32:27et il peut être couplé
32:29avec un référentiel
32:30de production.
32:31Par exemple,
32:32on a beaucoup de filières
32:33de commerce équitable
32:34qui sont aussi
32:35en agriculture biologique
32:36parce que justement,
32:37les ingrédients
32:38du commerce équitable
32:39vont permettre
32:39de renforcer
32:40et le pouvoir économique
32:42et le pouvoir
32:43d'appui technique
32:44des coopératifs
32:45pour résoudre
32:46des défis environnementaux
32:47et répondre aux exigences
32:49d'une agriculture biologique
32:50ou d'une agriculture
32:51régénérative.
32:52Un autre exemple,
32:53je vais moins rentrer
32:54dans les détails,
32:55c'est un exemple
32:55qui est très connu,
32:56c'est celui du jasmin
32:57et qui montre aussi
32:58que cette question économique,
32:59elle est très importante
33:00pour entrer dans la durabilité.
33:02Alors le jasmin,
33:03ça sent hyper bon,
33:04mais tout n'est pas rose
33:05dans la filière.
33:06Il y a eu notamment
33:06un documentaire de la BBC
33:08qui est paru l'année dernière
33:09et qui révèle
33:10au grand jour
33:12la présence quasi omniprésente
33:15du travail des enfants
33:16dans les plantations
33:17de jasmin.
33:19On est aussi
33:20dans un sujet économique
33:21parce qu'en fait,
33:22c'est souvent des femmes
33:23qui vont cueillir le jasmin
33:24dans ces plantations,
33:26elles sont payées au poids
33:27avec un prix au poids
33:28qui est simplement
33:29pas suffisamment rémunérateur.
33:31Dans un contexte
33:32où en Égypte,
33:33comme en France,
33:34il y a eu beaucoup d'inflation
33:35ces dernières années,
33:36mais le prix au poids
33:37du jasmin,
33:38il a très peu évolué,
33:39en tout cas pas suffisamment
33:40pour rendre
33:41cette activité durable.
33:43On a aussi les conséquences
33:45du réchauffement climatique,
33:46on a parlé de qualité
33:47tout à l'heure
33:47et ça impacte aussi
33:48les rendements du jasmin.
33:50Donc ça veut dire
33:51que pour qu'une femme
33:52puisse faire vivre sa famille,
33:54il faut qu'elle cueille
33:55plus longtemps
33:56pour remplir son poids
33:58de jasmin
33:59pour atteindre
34:00un revenu décent.
34:01En étant payée au poids,
34:02ça veut dire
34:03qu'elles ne sont pas salariées,
34:04elles n'ont pas
34:04de contrat de travail,
34:05on est dans une économie
34:05très informelle
34:06et assez exploitative
34:07et donc défendre
34:09leurs intérêts
34:09dans une situation
34:10d'inflation,
34:11c'est très difficile.
34:11Là, on voit un peu
34:12le schéma de répartition
34:14de la valeur
34:14et on voit bien
34:15que cette question économique,
34:16c'est aussi une question
34:17du partage de la valeur,
34:18c'est une question
34:18de relation directe
34:20entre les différents
34:21maillons de la chaîne
34:22et d'adresser finalement
34:24la question
34:25au plus proche de la terre
34:26puisque après la terre,
34:28il y a les hommes
34:28et les femmes
34:28qui la cultivent
34:30ou qui en dépendent
34:31et dans les cosmétiques
34:33comme dans l'alimentaire
34:34comme dans beaucoup
34:35de secteurs économiques,
34:36les maillons amont
34:37des chaînes de valeur
34:38sont les plus fragiles,
34:39sont ceux qui ont
34:40le moins de capacité
34:41à défendre leurs droits
34:42et sont ceux
34:42qui ont le moins
34:43de capacité économique
34:44à vivre dignement
34:46et à investir
34:46dans la durabilité sociale
34:49et environnementale
34:50de leurs pratiques.
34:51La filière de la lavande,
34:53on est dans des problématiques
34:54très similaires
34:55de structuration
34:56d'une filière locale
34:56et équitable.
34:58Si on veut pouvoir avoir
34:59une lavande provençale,
35:00française,
35:01dans nos cosmétiques,
35:02il faut avoir
35:03des cultivateurs,
35:04des cultivatrices
35:04qui vivent décemment
35:05de leur métier
35:06et il faut avoir
35:07aussi des co-investissements
35:09pour pouvoir résoudre
35:10les problématiques
35:10qui sont liées
35:11au réchauffement climatique
35:12et il y en a aussi.
35:13On s'aperçoit
35:14dans ces trois exemples
35:15qu'on a des ingrédients
35:17pour résoudre les problèmes
35:18qui sont les ingrédients
35:19du commerce équitable
35:20que j'ai schématisé ici.
35:23Il faut savoir
35:23que le commerce équitable
35:24est régulé en France
35:25par une loi
35:25qui a défini les fondamentaux
35:27et ensuite les produits,
35:29les industriels,
35:31les organisations de producteurs
35:32sont certifiés,
35:34labellisés par une diversité
35:35de labell.
35:36Donc les sept principes
35:37du commerce équitable,
35:38c'est d'abord
35:39que les producteurs,
35:40les productrices,
35:41les cueilleuses,
35:42les cueilleurs,
35:42les travailleurs
35:43en amont de la filière
35:44se regroupent
35:44dans des organisations
35:45collectives.
35:46C'est le collectif,
35:47on en a parlé tout à l'heure,
35:48l'importance du collectif
35:49qui va faire
35:51que les uns et les autres
35:52peuvent mieux défendre
35:53leurs droits,
35:53peuvent s'organiser,
35:55peuvent trouver
35:55des solutions ensemble,
35:57puissent collecter ensemble
35:58et vendre ensemble.
35:59Donc cette question
36:00de l'organisation collective,
36:01elle est absolument déterminante.
36:03Le deuxième critère,
36:04c'est d'avoir
36:05un prix d'achat
36:06de la matière première
36:07qui correspond
36:08à un prix
36:09qui couvre
36:09les coûts de production,
36:11les coûts de production
36:11décents et durables.
36:13Donc la question du prix,
36:14elle est évidemment fondamentale
36:15dans le commerce équitable.
36:17Le troisième critère,
36:17c'est celui
36:18où l'acheteur
36:19va acheter
36:20la matière première
36:21mais va aussi payer
36:21ce qu'on appelle
36:22une prime de développement
36:23ou abonner à un fonds
36:24de développement
36:24qui va venir
36:25donner de la capacité
36:27de développement local
36:29à la communauté,
36:30les producteurs agricoles
36:31et on s'aperçoit
36:32dans un nombre
36:33très important
36:33de cas de figure
36:34que ce fonds de développement
36:35va être utilisé
36:36à la fois pour l'amélioration
36:37de la productivité,
36:39l'amélioration des rendements,
36:40l'amélioration de la qualité
36:41mais aussi pour des projets sociaux,
36:43pour l'alphabétisation des femmes,
36:45pour l'éducation des enfants
36:46et donc il a une importance
36:49très importante.
36:50Le quatrième critère
36:51qui a été introduit
36:53depuis une quinzaine d'années
36:54dans les référentiels
36:55de commerce équitable
36:56et qui est rentré dans la loi
36:57avec la loi climat et résilience,
36:59c'est celui du co-investissement
37:00dans la transition agroécologique.
37:02Aujourd'hui,
37:02on ne peut plus dire
37:04qu'on fait du commerce équitable
37:05si on ne se soucie pas
37:06de cette question écologique
37:07et donc dans tous les référentiels
37:08de commerce équitable,
37:10on a aussi des méthodes
37:11d'accompagnement
37:13vers la transition
37:14pour résoudre ces sujets-là.
37:16Un sujet, évidemment,
37:17une obligation de transparence
37:18et de traçabilité,
37:19c'est pour ça que les labels
37:20sont importants.
37:21Ils ont des défauts,
37:23ils ont aussi des qualités
37:24et il n'y a rien de pire
37:26que l'absence d'un tiers
37:26de confiance et de contrôle
37:28pour aller vérifier
37:29la qualité de ces engagements.
37:30Et enfin,
37:31le dernier critère,
37:32c'est celui de la sensibilisation
37:33des consommateurs.
37:34On l'a dit tout à l'heure,
37:35on l'a évoqué,
37:36transformer les filières,
37:38c'est important.
37:38Il faut ensuite pouvoir valoriser
37:40cette transformation
37:40auprès des consommateurs
37:41et créer une société
37:43dans laquelle il va y avoir
37:44une appétence pour ces sujets
37:45et une préférence
37:46pour des choix de consommation
37:47qui vont apporter ces solutions.
37:50Et donc,
37:50j'étais vraiment intéressée
37:52par le témoignage de Kenzo
37:55parce qu'on voit
37:56que ce n'est pas facile.
37:56À certaines industries,
37:57on a été tellement coupé,
38:00finalement,
38:00de l'illustration
38:02et la mise en récit
38:03de ce qui se passe
38:04au niveau de la Terre
38:05avant d'arriver au flacon
38:06que le faire,
38:07c'est audacieux
38:08et c'est prendre des risques.
38:10Et en même temps,
38:10je pense qu'il faut
38:11en passer par là
38:12pour pouvoir se rendre compte
38:14et valoriser
38:16tous les acteurs
38:16de la chaîne de valeur
38:18qui vont rentrer
38:18dans des démarches
38:19équitables et régénératives.
38:21Et puis,
38:22là,
38:22vous avez l'illustration
38:23des différents labels
38:24de commerce équitable
38:24qui existent aujourd'hui
38:25sur le marché français.
38:27Et ce qui est intéressant,
38:28c'est que quasiment tous
38:29vont avoir des propositions
38:31de valeur
38:32avec des produits
38:33de commerce équitable.
38:35Max Avelard,
38:36qui est le plus connu,
38:38a été pionnier
38:38dans la certification
38:39des chaînes de valeur
38:40sur le carité,
38:41par exemple,
38:41où il y a des enjeux
38:42vraiment très importants.
38:44Fair for Life,
38:45qui est le label
38:46de commerce équitable
38:47porté par EcoCert,
38:48a aussi beaucoup investi
38:49sur les chaînes de valeur
38:50qui sont utiles aux cosmétiques
38:52et donc,
38:52c'est un partenaire
38:53très intéressant.
38:56Biopartenaire
38:56qui labellise
38:57des PME
38:58de la bio française
39:00qui sont souvent positionnés
39:01sur l'alimentaire.
39:02a aussi des entreprises
39:05labellisées
39:05sur les cosmétiques.
39:08Et puis,
39:08je l'ai dit tout à l'heure,
39:09on développe aussi
39:10du commerce équitable
39:11pour les filières françaises
39:13et donc,
39:13les labels équitables français
39:16commencent aussi
39:17à proposer
39:18des appuis
39:20et de la labellisation
39:21et de la certification
39:22de filières équitables
39:23pour des matières premières
39:24plus proches de chez nous.
39:25Merci.
39:26Merci beaucoup, Julie.
39:28Et je crois
39:29qu'il va être temps
39:29de conclure
39:30cet après-midi.
39:31Beauty for Good.
39:32Si je devais retenir
39:35qu'une chose
39:35de cet après-midi,
39:37c'est l'engagement
39:37qui n'est jamais solitaire.
39:40Il se construit avec.
39:42Avec des chercheurs
39:43qui apportent une vision globale
39:45et clèrent les enjeux.
39:47Avec les associations locales aussi
39:49qui œuvrent sur le terrain
39:51qu'ils connaissent
39:52et au plus près
39:53des réalités humaines
39:55et environnementales
39:56avec des professionnels
39:57de la beauté
39:58qui choisissent
39:59de s'engager,
40:00de transformer,
40:01de regarder
40:02les problématiques
40:03et d'essayer
40:04d'y répondre.
40:05Mais ce collectif
40:07ne serait pas complet.
40:08On en a parlé
40:09tout à l'heure
40:09avec Armel
40:11s'il n'y a pas
40:13le dernier maillon
40:15de la chaîne
40:15à savoir
40:16les consommateurs,
40:17les consommatrices.
40:18Nous,
40:18en exigeant des marques
40:20plus de responsabilité
40:22et surtout
40:22en soutenant
40:23celles qui s'engagent,
40:25celles qui font les choses,
40:27celles qui essayent
40:27d'améliorer leur pratique
40:29en privilégieant
40:30des produits
40:31issus de pratiques plus justes,
40:33chacun peut participer,
40:34je pense,
40:35à faire évoluer
40:35les modèles
40:36et les vies
40:37qui sont derrière.
40:38Et c'est comme ça
40:39que la beauté
40:39va cesser d'être
40:40superficielle,
40:42comme on dit.
40:42Ça va devenir vraiment
40:43un levier d'impact positif
40:45pour les humains,
40:46les écosystèmes,
40:47pour faire société,
40:49comme disait Gisèle
40:50tout à l'heure.
40:51Pour conclure,
40:52je tiens à remercier
40:53les équipes
40:54de Marie-Claire
40:55et de la Fébéa
40:56qui ont soutenu
40:57et porté cette conférence.
40:59Merci également
41:00à tous les experts
41:01intervenant aujourd'hui
41:02sur les tables rondes,
41:04sur les keynotes
41:05qui nous ont permis
41:06d'apprendre
41:07beaucoup de choses,
41:08de répondre à des questions
41:09et même parfois
41:10même de s'en poser.
41:11Merci également
41:12aux marques
41:12qui ont répondu présentes,
41:14qui sont venues
41:14expliquer leurs pratiques,
41:16qui sont venues
41:16expliquer leurs actions.
41:19Yves Saint-Laurent-Beauté,
41:20l'Occitane en Provence,
41:21Cisley,
41:21Kenzo Parfum,
41:23Aromazone,
41:24Interparfum.
41:25Évidemment,
41:26merci à vous,
41:27le public exigeant,
41:29impliqué,
41:30qui répondait présent,
41:31qui nous avons fait plaisir
41:32d'être là.
41:34N'hésitez pas
41:34à partager les contenus
41:35de cette journée
41:36sur les réseaux sociaux
41:38en taguant
41:39MarieClaire.fr.
41:40N'hésitez pas
41:40à nous suivre également
41:41sur Instagram,
41:43sur TikTok.
41:43Vous serez informés
41:44d'autres sujets de conférence
41:46et puis vous pourrez aussi
41:47retrouver
41:47d'autres vidéos
41:49complémentaires
41:49complémentaires
41:49des experts
41:50qui sont intervenus
41:51aujourd'hui
41:51et qui pourront,
41:53si le sujet
41:54continue de vous intéresser,
41:56vous nourrir
41:56et montrer
41:57que l'action continue.
41:59Voilà,
42:00j'invite
42:01tous les intervenants
42:02à venir avec moi
42:03sur l'estrade
42:04pour prendre
42:05la photo de groupe.
42:06Je vous remercie
42:07et bonne fin d'après-midi
42:09à tous.
42:10Applaudissements
42:11Sous-titrage Société Radio-Canada
42:11Sous-titrage Société Radio-Canada

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