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Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, était l’invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce 3 février.
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00:01Il est 8h28 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être à ce micro ce matin pour répondre à mes questions.
00:08Vous êtes le ministre de l'économie, il y a eu 3,49,3, il y a eu 6 motions de censure,
00:14mais ça y est, c'est officiel depuis hier soir 20h, la France a un budget. Alors heureux ?
00:19Heureux non, mais satisfait qu'on ait passé cette première étape importante.
00:24Ça permet d'avoir un budget, d'un budget qui va réduire le déficit public de 5,4 à 5 cette année,
00:30mais aussi et surtout de financer des politiques publiques. La Défense, on en a beaucoup parlé.
00:34On peut financer les associations, pour lesquelles il y avait un risque évidemment en loi spéciale.
00:38On va augmenter les rémunérations de 3 millions de Français de 50 euros.
00:42Donc bref, on entre en 2026, j'allais dire enfin, on est en février, il était temps,
00:46avec un budget qui tourne, une France qui tourne, et surtout beaucoup de travail pour continuer à la développer.
00:51Oui, on va parler d'ailleurs de la suite, mais quand vous dites, ça y est, un budget,
00:56est-ce que vous considérez franchement que c'est un bon budget ?
00:58Oui.
00:58Oui ? Vous, le macroniste de la première heure, vous considérez que c'est un bon budget ?
01:02Oui, parce que je suis un macroniste de la première heure,
01:04qui est conscient de la situation politique à laquelle on fait face.
01:07On est face à une Assemblée nationale extrêmement éclatée, avec 11 groupes parlementaires,
01:128 qui ont décidé de jouer le jeu pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale,
01:16seulement 5 qui, au fond, ont décidé de jouer le jeu sur le budget.
01:19Donc ce budget, on a vu l'extrême droite qui le qualifiait d'extrême gauche,
01:24l'extrême gauche qui le qualifiait d'extrême droite, au fond, il n'est ni l'un ni l'autre,
01:26c'est un budget de compromis qui permet d'avancer,
01:29et qui, au total, moi c'est l'essentiel, permet de préserver la croissance.
01:33On a eu plutôt des bonnes nouvelles pour 2025, je pense qu'on en aura, je l'espère en tout cas,
01:36des bonnes pour 2026.
01:36Disons en tout cas qu'on appelle les mauvaises nouvelles que vous redoutiez.
01:39Non, on s'attendait à 0,7% de croissance, l'INSEE l'a dit il y a 3 jours, 0,9%, ça c'était l'année dernière.
01:45Nous on espère 1% cette année, on est bien partis.
01:48C'est-à-dire que déjà à la fin de l'année 2025, on a embarqué, si je puis dire, 0,5% de croissance.
01:53Donc il faut faire 0,5% de plus, on a une année pour le faire.
01:57Moi j'ai confiance dans les entreprises qui se sont, qui ont continué à investir l'année dernière,
02:01malgré tout ce qu'on a dit, qui se sont remises à exporter, c'est important, dans un monde bouleversé.
02:06Et même les consommateurs se mettent à consommer.
02:07Vous avez confiance dans les entreprises, mais les entreprises n'ont plus confiance en vous.
02:11Écoutez, moi je regarde ce qu'elles font, j'écoute ce qu'elles disent évidemment.
02:14Vous avez entendu Bernard Arnault, quand même emblématique patron français,
02:18qui dit que désormais la France est contre les entreprises.
02:21Je suis contre ce qu'il vient de dire, je suis contre ça.
02:24Moi je suis pour les entreprises, je souhaite les accompagner,
02:27mais face à un risque d'instabilité politique qui était réel,
02:31et face à un déficit public qui était trop élevé,
02:33on a trouvé un compromis qui permet d'avancer, qui permet de donner de la stabilité.
02:38Vous avez trouvé un compromis sur leur dos quand même, non ?
02:39C'est en tout cas comme ça qu'ils le vivent.
02:41Vous l'avez même vu, le MEDEF ça ne suffit plus,
02:44ils rajoutent désormais une nouvelle organisation de patrons combatifs,
02:48ça s'appelle Trop, c'est trop.
02:49Et je les ai rencontrés, et qu'est-ce que je leur ai dit moi ?
02:51Je leur ai dit, un, la stabilité politique, elle a une valeur, donc intégrée-la.
02:57Et deux, j'allais dire, plutôt que de râler, engagez-vous.
03:00J'ai entendu qu'il y avait un certain nombre de chefs d'entreprise
03:02qui voulaient tous être président de la République.
03:04Ils ne le sont pas tous.
03:05Mais que des chefs d'entreprise s'engagent dans la chose publique,
03:09en proposant des idées, moi je l'ai fait.
03:11J'étais dans le milieu des affaires pendant des années,
03:13j'ai décidé de tout lâcher, de traverser l'océan pour revenir en France,
03:16laisser un océan entre moi et ma famille, pour m'engager en politique.
03:19Engagez-vous, re-engagez-vous, donnez-nous des idées.
03:21C'est une bonne nouvelle pour les patrons, et pourquoi pas ?
03:24Vous pourriez même soutenir, je ne sais pas, une candidature
03:26d'un Michel-Édouard Leclerc, d'un Xavier Niel ?
03:29Je pense qu'on meurt en France du fait que la présidentielle
03:33est la rencontre, comme on dit, d'un homme et d'un peuple.
03:35Ça pourrait être une femme d'ailleurs.
03:36La réalité, et je pense qu'Emmanuel Macron avait réussi à faire ça en 2017,
03:41c'est que c'est aussi la rencontre d'une équipe de gens qui s'engagent
03:44sur un programme, sur une démarche.
03:46Moi, je l'ai fait en 2017, et j'espère que d'autres vont le faire en 2027,
03:50parce que les défis sont énormes.
03:51Donc vous dites au patron, allez-y, venez en politique.
03:54Mais bien sûr, moi je ne le regrette pas.
03:57Puis j'aurais fait mon temps à d'autres de le faire.
03:59Moi je veux bien, là vous leur dites que vous êtes super,
04:01mais la vérité c'est qu'ils continuent quand même à vous dire
04:03trop c'est trop, et que dans ce compromis, comme vous dites,
04:07c'est les impôts sur les entreprises qui ont le plus augmenté.
04:11Vous dites qu'il n'y a pas de hausse d'impôts sur les particuliers.
04:14Et sur les entreprises, ils n'augmentent pas.
04:17Les entreprises, les grandes entreprises, les fameuses,
04:20celles qui gagnent de l'argent à l'international,
04:22et qui, c'est vrai, ont contribué en 2025 au rétablissement des comptes publics.
04:26Taxes proposées par Michel Barnier,
04:28et adoptées par François Béroux.
04:30On les maintient au niveau où elles étaient l'année dernière,
04:32pour les très grandes entreprises.
04:33Oui, parce que vous leur aviez promis, la main sur le cœur,
04:36que ça ne durerait qu'un an.
04:37Je ne vais pas refaire l'histoire, je n'ai rien promis.
04:40Oui, je suis ministre.
04:41Ce n'est pas vous, mais c'est Amélie-en-Rochallon.
04:42Non, mais c'est le gouvernement, mais oui, mais je veux quand même.
04:45Vous n'auriez pas promis ?
04:46Vous pensiez déjà l'année dernière que ce n'était pas temporaire ?
04:47En tout cas, ce que je peux vous dire cette année,
04:50c'est qu'avant de m'engager à des promesses
04:52que je ne saurais peut-être pas tenir,
04:53je souhaite parler de la méthode.
04:55Et avec les groupes dont je parlais tout à l'heure,
04:57qui ont souhaité adopter un compromis,
04:59je souhaite qu'on parle de méthode
05:00avant de s'engager sur telle ou telle mesure,
05:02parce que face à une assemblée dispersée,
05:04il faut savoir tenir ce qu'on dit.
05:10Bénéfice des grandes entreprises,
05:12qui avait donc été mise en 2025
05:14en promettant que ça ne durerait qu'un an,
05:16qui cette année a finalement été prolongée,
05:18elle a toujours dans son titre le mot « exceptionnel ».
05:21Mais est-ce que ce matin, Roland Lescure,
05:22vous pouvez nous dire « l'an prochain, on ne le fait plus ».
05:24Non, je ne peux pas vous dire ça.
05:26Je peux dire que j'aimerais qu'on y arrive,
05:27mais que tout ça va dépendre d'un équilibre global
05:29et d'un budget global qu'il va falloir négocier.
05:31Donc les patrons doivent se préparer à l'idée
05:36que cette contribution exceptionnelle dure
05:38au-delà de deux ans, peut-être trois ans.
05:40Non, les patrons doivent se préparer
05:41au fait que ce budget, on va le construire en avançant
05:44et pas d'un gouvernement tout-puissant, majoritaire,
05:47comme ça a été le cas depuis 80 ans,
05:49qui dit en janvier ce qu'il va faire en décembre prochain.
05:50On va devoir travailler.
05:52Moi, je souhaite travailler à la méthode
05:53et évidemment, je souhaite qu'on imite
05:56les prélèvements sur les entreprises.
05:57Je suis ministre de l'Économie et des Finances,
05:58mais je souhaite aussi qu'on continue à réduire le déficit
06:00et tout ça, il va falloir équilibrer.
06:02Réduire le déficit, une question très précise.
06:04Vous avez redit les 5%,
06:06mais moi, je lis dans les mots d'Amélie de Montchalin,
06:08la ministre du Budget, ce matin,
06:10chez mes confrères du Parisien, cette phrase.
06:12Ce budget 2026 va réduire de 0,6 point
06:16de PIB notre déficit.
06:18Et là, elle rajoute virgule, hors charge de la dette.
06:21Alors moi, ça m'étonne toujours
06:22quand on met une petite astérix.
06:24Donc, qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
06:25Est-ce que vraiment, on va repasser
06:26sous la barre des 5%
06:27ou est-ce qu'il y a une entourloupe ?
06:29Non, il n'y a pas d'entourloupe.
06:30On était à 5,4 l'année dernière
06:31et on sera à 5 cette année.
06:33Donc, c'est 0,4%.
06:34Et ce qu'elle dit,
06:36c'est que ce 0,4%
06:37de vraie réduction de déficit,
06:39elle va se faire
06:39malgré une hausse de la charge de la dette.
06:42Donc, la vraie réduction
06:43qu'on va devoir vivre, vous et moi,
06:45c'est plutôt 0,6.
06:46C'est un calcul, j'allais dire, comptable.
06:48Mais on repasse sous les 5%.
06:50C'est sûr.
06:51C'est sûr.
06:52En tout cas, ce que je peux vous dire,
06:53c'est que l'année dernière,
06:53on s'était donné 5,4%.
06:55On l'a tenu.
06:57Et cette année,
06:57on se donne 5%
06:58et on va tout faire pour le tenir.
07:00Ça veut dire quoi ?
07:01Ça veut dire qu'en pratique,
07:01on va faire ce qu'on appelle
07:02un comité de suivi et d'alerte.
07:04Donc, tous les mois,
07:06on va rassembler les parlementaires,
07:07leur rendre les comptes sur le budget.
07:09On va suivre les budgets
07:10de tous les ministères,
07:11de tous nos collègues,
07:12euro après euro,
07:13de manière à ce que,
07:14ce qu'on a promis,
07:15on le livre.
07:16Mais ce qu'on peut reconnaître,
07:16c'est qu'on l'a livré l'année dernière.
07:18Roland Escur,
07:18le Conseil constitutionnel
07:20a été saisi,
07:22notamment parce que,
07:23malgré tout,
07:23ce budget,
07:24c'est un peu un patchwork
07:25d'amendements
07:26qui, parfois, sont disparates.
07:28Est-ce que vous vous dites
07:30qu'il y a quelques amendements
07:31qui pourraient tiquer
07:32et qui pourraient être rejetés
07:34par le Conseil constitutionnel ?
07:34Non, on verra ce que
07:35le Conseil constitutionnel décide,
07:37mais moi, je suis assez confiant
07:38sur le fait que ce budget,
07:39il tient debout
07:40et il va faire en sorte
07:41que la France,
07:42elle aussi,
07:42se tienne debout.
07:43Pour vous,
07:43ça tient debout.
07:44Une question aussi,
07:45d'ailleurs,
07:46on en parlait à l'instant
07:46sur BFMTV et sur RMC,
07:48la question du prix
07:48des transports en commun.
07:50Une loi cadre
07:51serait présentée
07:52la semaine prochaine
07:53en Conseil des ministres.
07:54C'est ce qui ressort
07:55de certaines informations
07:56du ministère des Transports
07:58qui dirait
07:59que les tarifs
07:59des transports en commun
08:00qui sont aujourd'hui
08:02une convention
08:03décidée
08:04par les régions
08:05et les communes
08:05sont trop bas
08:07qu'en gros,
08:08en fait,
08:08quand on achète
08:08un ticket de métro,
08:09ce n'est plus des tickets
08:10ou un Navigo
08:11ou ailleurs,
08:12partout en France
08:13pour les bus
08:14et les transports en commun,
08:14en fait,
08:15on paye,
08:15l'usager paye trop peu.
08:18Est-ce que vous allez,
08:19en effet,
08:20demander aux Français
08:20de payer davantage ?
08:21Non.
08:22Ce qui est vrai,
08:23vous l'avez dit,
08:23c'est que les transports
08:24publics en France
08:25sont subventionnés
08:26et c'est très bien
08:27parce que ça veut dire
08:28que les transports publics,
08:29qui sont plus développés
08:30en France
08:31qu'ailleurs dans le monde
08:31et que ça permet
08:32à la fois de décongestionner,
08:34moins de circulation,
08:35de dépolluer,
08:36moins de pollution
08:36et ça,
08:37c'est tant mieux.
08:38Et ce modèle français,
08:39on va le poursuivre.
08:40Ce qui est vrai aussi,
08:41c'est que dans les années
08:42qui viennent,
08:42il va falloir financer
08:43de nouveaux investissements
08:44et qu'il faudra réfléchir
08:45à la manière
08:45dont on les finance.
08:46Mais non,
08:47il n'y a aucun plan
08:48ni caché ni ouvert
08:49de doubler,
08:50j'ai entendu sur votre antenne,
08:52de doubler
08:53le prix des transports
08:54pour les usagers.
08:56C'est non.
08:56C'est non.
08:57Doubler ces non,
08:58augmenter ?
08:58Non.
08:59On va voir comment
09:00on finance les investissements
09:01des transports à venir,
09:03mais il n'y a aucun plan caché
09:04d'augmenter le prix
09:05des transports aujourd'hui.
09:06Au moins,
09:06c'est très clair
09:07dans votre bouche,
09:09Roland Lescure,
09:10ministre de l'économie.
09:11Ce qui est vrai quand même,
09:12c'est qu'à chaque fois
09:12qu'il y a eu une petite tentation
09:14ou peut-être tentative,
09:16peut-être simplement
09:17de récupérer quand même
09:18un peu de sous
09:18au fur et à mesure
09:20de cette discussion budgétaire,
09:21là encore ce matin
09:22peut-être sur la question
09:22du prix des transports en commun,
09:24finalement,
09:24vous y avez renoncé.
09:26Je regardais.
09:26Tout ce qui faisait débat,
09:27vous y avez renoncé.
09:28Le doublement des franchises
09:29qui devait permettre
09:30d'économiser 2,3 milliards d'euros,
09:31vous y avez renoncé.
09:32Le gel des prestations sociales
09:34qui devait permettre
09:34d'économiser 3,6 milliards,
09:36renoncé.
09:37L'année blanche
09:37qui avait été évoquée
09:40par François Bayrou,
09:41qui permettait au fait
09:42aux barèmes et aux aides
09:43de rester fixes
09:44et donc pas indexés
09:45sur l'inflation,
09:46là aussi,
09:46vous y avez renoncé.
09:48Moi, je veux bien,
09:49mais ça veut dire quand même
09:50qu'à un moment,
09:50elles seront où, là,
09:51les économies ?
09:52Ça veut dire que
09:53quand vous êtes face
09:54à l'Assemblée
09:55à laquelle on fait face,
09:57vous devez dégager
09:58une majorité
09:59pour faire adopter
10:00des mesures
10:00et vous l'avez dit,
10:02il n'y avait pas de majorité
10:03pour adopter
10:03ces mesures d'économie
10:04qui étaient dans le budget.
10:05Donc, on avait proposé.
10:07Donc, tant qu'effectivement,
10:09on n'est pas capable
10:09d'avoir des groupes parlementaires
10:11qui disent
10:12que l'année blanche,
10:12finalement,
10:13ce n'est peut-être
10:13pas une mauvaise idée.
10:14L'inflation est quasiment
10:16réduite à zéro aujourd'hui.
10:17On ne va pas indexer
10:18telle ou telle prestation.
10:19On n'y arrivera pas.
10:20Il faut une majorité
10:21à l'Assemblée
10:21pour faire adopter
10:22les mesures.
10:22C'est la démocratie.
10:24Il n'y avait pas de majorité
10:24pour celle-là.
10:25On a dû en trouver
10:26d'autres.
10:26Vous êtes dans le collimateur
10:28du RN
10:29qui vous reproche
10:30quasiment
10:31d'avoir joué
10:32contre la France.
10:34Jean-Philippe Tanguy
10:35dit à propos
10:36de la vente
10:37de LMB Aerospace
10:39à des Américains.
10:40M. Lescure
10:41et la Macronie
10:42ont des liens
10:43de soumission
10:43aux intérêts financiers
10:45américains.
10:46Pour vous vous rendez compte.
10:47Jusqu'à samedi,
10:49il y a eu des débats
10:50de fond
10:50sur un certain nombre
10:51d'entreprises
10:52qui ont été vendues
10:52avec des conditions
10:53d'ailleurs extrêmement strictes
10:54qu'on a mis en place.
10:56Une entreprise
10:56qui fait des ventilateurs
10:57pour des moteurs de rafale.
10:59Le débat était sur le fond.
11:00Et puis,
11:01maintenant que le débat
11:01sur le fond
11:02a été perdu
11:03par mes contenteurs,
11:04vous avez raison,
11:05maintenant,
11:05il se décale.
11:06Enfin,
11:06il vous reproche à vous
11:07personnellement
11:08et on le sent bien.
11:09il y a aussi l'idée
11:09que vous avez la double nationalité
11:10comme vous l'avez dit
11:11que vous êtes canadien.
11:12Est-ce que c'est ça
11:13qu'il y a derrière ces reproches ?
11:14Est-ce que vous vous entendez ça ?
11:15Je ne sais pas ce qu'on me reproche.
11:16Moi, ce que je sais,
11:17c'est ceux qui me reprochent ça
11:18sont des gens
11:20qui étaient financés
11:20par la Russie
11:21de Vladimir Poutine
11:22jusqu'à ce que nous,
11:23on interdise le financement
11:24par des partis étrangers.
11:25M. Bardella,
11:26vous savez ce qu'il disait
11:27il y a un an
11:27quand M. Trump
11:29a été investi
11:30un vent de liberté
11:31souffle sur l'Amérique
11:32et nous ferons souffler
11:34le même vent en France
11:35qui se précipitait
11:37à l'investiture
11:37de Donald Trump
11:39il y a un an
11:40presque jour pour jour.
11:41Louis Alliot
11:41sans doute pour le bien
11:43de Perpignan
11:43ou leur ami Sarah Knafow
11:45qui est sur le même terrain.
11:47Aujourd'hui,
11:48on a des gens
11:49qui ont des intérêts
11:51aux Etats-Unis
11:52qui ont visiblement
11:54des connivences
11:55avec une certaine partie
11:56du pouvoir américain
11:57et qui viennent me reprocher
11:59des liens
12:00avec les Etats-Unis
12:01que je n'ai pas.
12:01Vous l'avez dit,
12:01j'étais canadien.
12:02Qu'est-ce qu'on me reproche ?
12:03D'avoir passé 8 ans de ma vie,
12:05j'ai bientôt 60 ans
12:06au Canada
12:07d'avoir la double nationalité
12:09une polémique habituelle
12:11de la part de l'extrême droite
12:12qui n'aime pas
12:13les binationaux
12:14alors canadiens
12:15déjà pas beaucoup
12:15quand ils sont franco-algériens
12:17franco-maricains
12:17franco-tunisiens
12:18on est effectivement
12:19dans une polémique dégueulasse
12:21qui cherche à décrédibiliser
12:23un ministre
12:24qui je le rappelle
12:25a tout abandonné
12:27je le disais tout à l'heure
12:27pour rejoindre Emmanuel Macron
12:28en 2017
12:29qui a mis un océan
12:30entre lui et sa famille
12:31pour s'engager
12:32qui est très heureux
12:33de l'avoir fait
12:33et qui n'a de procès
12:35en souveraineté
12:36ou en intégrité
12:37à recevoir de personne
12:38surtout
12:39et je finis là-dessus
12:40d'un parti
12:41qui la dernière fois
12:42que j'ai vérifié
12:42était poursuivi en justice
12:44pour détournement
12:45de fonds publics
12:46franchement
12:46pas de leçon
12:47c'est dégueulasse
12:48je vous sens
12:49oui
12:51à la fois
12:51en colère
12:53et atteint
12:54oui parce que
12:55si vous voulez
12:56je pense que
12:57j'ai fait tout ça
12:58pour des raisons
12:59assez personnelles
13:00liées aussi
13:01à mon histoire personnelle
13:02et que s'engager
13:03pour l'intérêt général
13:04ça mérite
13:05tous les débats de fonds
13:07et moi je suis prêt
13:07à avoir tous les débats de fonds
13:09sur la fameuse procédure
13:10investissement étranger en France
13:11mais pas de débat personnel
13:13sur mon intégrité
13:14ça je ne le laisserai pas
13:15le faire
13:16je ne laisserai pas
13:16m'abîmer
13:17et je ne laisserai pas
13:18au-delà d'abîmer
13:19ma personne
13:20abîmer ma fonction
13:21parce qu'évidemment
13:22c'est ce qu'il cherche
13:22derrière moi
13:23je vous repose la question
13:24malgré tout sur le fond
13:25Roland Lescure
13:26avez-vous des garanties
13:27suffisantes
13:28pour que
13:29un jour
13:30peut-être
13:31nous ne nous retrouvions
13:32pas dans une situation
13:33où un élément
13:34constitutif du rafale
13:36nous manque
13:37mais bien sûr
13:37et sinon vous pensez bien
13:39qu'on aurait trouvé
13:40un acheteur français
13:41d'ailleurs
13:41j'imagine que Dassault
13:42l'aurait acheté
13:43cette petite boîte de Corrèze
13:44qui produit des vendulateurs
13:46de moteurs
13:47pour les rafales
13:48évidemment
13:49on a mis
13:50dans l'accord
13:51sans aucune limitation
13:52de durée
13:53la fourniture
13:54des pièces de rechange
13:55pour les rafales
13:55et d'autres avions militaires
13:56vous voyez bien
13:57dans la période
13:58dans laquelle on est
13:59quand on voit
14:00par exemple
14:00le Danemark
14:01ou la Norvège
14:02ont acheté
14:04du matériel américain
14:05et qu'aujourd'hui
14:06ils se disent
14:06si un jour
14:08on doit se défendre
14:09contre les américains
14:10ces fameuses règles
14:11aussi
14:12qui avaient été imposées
14:13à ce moment-là
14:13par les fournisseurs
14:14c'est-à-dire américains
14:15pourraient se retourner contre eux
14:16on parle d'un fournisseur
14:17qui va rester installé
14:18en France
14:18ça aussi
14:19on la met dans les conditions
14:20on a une action de préférence
14:22une fameuse golden share
14:23qui permet de limiter
14:24toute transaction
14:26de cette entreprise
14:26elle va rester en France
14:28elle va produire en France
14:2920%
14:30le reste est exporté
14:32d'eau France
14:32d'eau Corrèze
14:33dans le monde entier
14:34on a une entreprise
14:35qui rayonne
14:36qui brille
14:36qui cherche à se financer
14:38qui ne trouve pas
14:39de financeurs français
14:40et le vrai problème
14:41il est là
14:41comment on fait en sorte
14:42qu'on ait des capitaux
14:43français et européens
14:45pour financer nos pépites
14:46elles ne l'ont pas trouvé
14:48Roland Lescure
14:49la suite
14:49maintenant que le budget
14:50est adopté
14:51plusieurs questions
14:52une d'abord
14:52sur la loi pluriannuelle
14:53de l'énergie
14:55quelles conséquences
14:56et quand ?
14:58alors il faut développer
14:59notre puissance énergétique
15:00nos prédécesseurs
15:01l'ont fait il y a 50 ans
15:02si on a aujourd'hui
15:03les réacteurs nucléaires
15:04je vous arrête un instant
15:05Roland Lescure
15:06parce que sur BFM TV
15:07ceux qui nous regardent
15:08voient à l'image
15:09l'arrivée
15:10de Marine Le Pen
15:12Marine Le Pen
15:13qui arrive donc
15:14au tribunal
15:15à Paris
15:16vous l'évoquiez d'ailleurs
15:18à l'instant
15:19Roland Lescure
15:20le sort judiciaire
15:22donc de Marine Le Pen
15:24c'est la journée cruciale
15:26puisqu'elle assistera
15:27ce matin à la plaidoirie
15:28de la partie civile
15:29c'est-à-dire du Parlement
15:30européen
15:30avant d'entendre
15:31les réquisitions
15:33du parquet général
15:35donc vous l'avez vu
15:35Marine Le Pen
15:36qui vient donc d'arriver
15:37au tribunal
15:39j'entendais d'ailleurs
15:40à l'instant
15:40mais je vais vous réinterroger
15:41évidemment sur le budget
15:42mais j'entendais à l'instant
15:43que vous considérez
15:44que ce procès-là
15:46cette question quand même
15:48d'un détournement
15:48de fonds publics
15:49dans l'affaire
15:49des assistants parlementaires
15:50européens
15:51c'est tout sauf anodin
15:52c'est plus sérieux
15:53que des insinuations
15:54à 2 euros
15:55dont je fais l'objet
15:56de la part de M. Tanguier
15:57Bardella
15:57oui c'est du sérieux
15:58après la justice fera son travail
15:59et on verra ce qu'elle décidera
16:01Roland Lescure
16:02vous me parliez à l'instant
16:03de la loi pluriannuelle
16:04de l'énergie
16:05quelles conséquences
16:06et surtout
16:06qu'est-ce que vous allez mettre
16:08comme jauge
16:09dedans
16:10de la part
16:11du nucléaire
16:12du reste
16:13et quelles conséquences
16:13sur le prix de l'électricité
16:15alors l'objectif
16:16il est que
16:16non pas seulement
16:17dans les 10 mois qui viennent
16:18mais dans les 30 ans qui viennent
16:19on est d'électricité décarbonée
16:21en volume et pas cher
16:21en France
16:22si on en a aujourd'hui
16:23si on a de l'électricité
16:25moins chère
16:25qu'en Allemagne
16:26en Italie ou ailleurs
16:27c'est grâce à nos prédécesseurs
16:29d'il y a 50 ans
16:29moi je souhaite
16:30que dans 30 ans
16:31dans 40 ans
16:31nos enfants puissent dire
16:32merci papa
16:33merci maman
16:34j'ai de l'électricité
16:35pas chère
16:35grâce à vous
16:36et donc c'est des investissements
16:37majeurs dans le nucléaire
16:386 nouveaux réacteurs nucléaires
16:40c'est des investissements
16:41majeurs dans ce qu'on appelle
16:42l'éolien offshore
16:43l'éolien marin
16:43avec derrière
16:44des filières industrielles
16:46qui produisent
16:46donc il faut équilibrer tout ça
16:48du nucléaire
16:48de l'éolien marin
16:50du terrestre également
16:51solaire et éolien
16:52sans doute moins
16:53qu'initialement prévu
16:54moins qu'initialement prévu
16:55oui parce qu'on électrifie moins
16:57on est quand même
16:59un peu moins
16:59dans cette logique là
17:00on est bien d'accord
17:01mais parce que
17:02finalement on a beaucoup investi
17:03là dessus
17:04et que ça marche moins bien
17:05moins d'électricité
17:06qu'on avait prévu
17:07c'est vrai
17:08on a des voitures électriques
17:09vendues en France
17:10quand même un peu moins que prévu
17:11on électrifie nos logements
17:14qui permet de moins polluer
17:15mais moins que prévu
17:16et donc on va annoncer aussi
17:18avec le premier ministre
17:19un grand plan d'électrification
17:20pour qu'à la fois
17:21on puisse investir dans l'offre
17:23comme on dit
17:23mais aussi investir dans la demande
17:24vous allez le faire quand ça ?
17:26c'est vraiment une question de jours
17:27pour la programmation plurale
17:28de l'énergie
17:29et de semaines
17:30pour le plan d'électrification
17:31on veut consulter tout le monde
17:32donc on va encore faire des choses
17:33quand même dans les mois qui viennent
17:35mais bien sûr
17:35le monde n'attend pas
17:36on l'a vu
17:37le monde il est aujourd'hui
17:38à la fois extrêmement risqué
17:40bouleversé
17:40il va à 100 à l'heure
17:41moi je souhaite que la France
17:42elle aussi
17:43donc les mois qui viennent
17:44ne vont pas être inutiles
17:45sur le plan politique
17:46non
17:46j'espère que non
17:47en tout cas
17:47on va tout faire
17:48pour travailler
17:49mais surtout produire des résultats
17:50merci Roland Lespierre
17:51d'avoir répondu à mes questions
17:52ce matin sur RMC et BFM TV
17:54vous êtes le ministre de l'économie
17:57je reprécise d'ailleurs
17:58que vous avez bien dit
17:59que cette perspective
18:00de demander aux français
18:01de payer double leur ticket de métro
18:03ou de bus
18:04c'est non
18:05il est 8h47 sur RMC BFM TV
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