- il y a 13 heures
Avec ses invités, Julien Pasquet débattent des thèmes forts de la journée.
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00:00Merci beaucoup Isabelle pour l'essentiel de l'actualité, Isabelle Piboulot, Rachel Kahn toujours présente avec nous, tout comme Louis Dragnel de Robin, évidemment, merci d'être avec nous, Gauthier Lebray nous a rejoint, c'est une habitude dans ce punchline, merci d'être là Gauthier qu'on retrouvera à 21h bien sûr dans 100% politique, François de Rugy toujours autour de la table, ancien ministre, ancien président de l'Assemblée Nationale, Joseph Massé-Scaron également, voilà pour le plateau, après le recours, un petit mot de politique pour commencer cette deuxième heure ensemble,
00:28et cette heure sur Europe 1 en direct. Après le recours vendredi à l'article 49.3 par Sébastien Lecornu, deux motions de censure étaient donc examinées aujourd'hui, sont examinées d'ailleurs en ce moment depuis 17h par l'Assemblée Nationale, l'une a été déposée par le RN, l'autre par la gauche hors PS, leur rejet, il y a des petites jingles, leur rejet attendu vaudra adoption définitive du budget que le gouvernement a largement négocié avec les socialistes pour obtenir un compromis, éviter qu'ils ne le censurent.
00:57Tiens Gauthier pour vous lancer dans cette deuxième heure ensemble, un budget adopté en toute logique aujourd'hui, le bout du tunnel après des mois de discussion et de revirement.
01:09Oui c'est une victoire politique pour Sébastien Lecornu et un échec budgétaire, c'est-à-dire que le budget est catastrophique et calamiteux, les impôts vont augmenter, les dépenses vont augmenter,
01:20donc on est un fichu de fermer ce robinet des dépenses et d'endiguer ces milliards de dettes qui se sont accumulées sous l'air Bruno Le Maire-Emmanuel Macron.
01:31Mais c'est une victoire politique pour Sébastien Lecornu parce que là il vient sans doute d'acheter son ticket pour être Premier ministre jusqu'à 2027, après les échecs de Michel Barnier.
01:40Et parallèlement, Emmanuel Macron a le ticket également pour rester en place jusqu'en 2027.
01:44Vous savez, il aurait pu se retrouver dans une impasse, une nouvelle impasse qui ne sera pas le cas grâce à ce passage en force.
01:54Il aurait pu enchaîner 15 premiers ministres nommés Tartampion s'il avait fallu pour rester à l'Élysée, il serait resté jusqu'à la dernière seconde, il l'a toujours dit.
02:03Donc non, je pense que Sébastien Lecornu a été le plus habile politiquement, mais bon, à quel prix ?
02:07Vous l'avez dit Julien, c'est-à-dire qu'il a vendu son budget aux socialistes qui ont écrit quasiment la copie en tenant la main,
02:14et le stylo du Premier ministre.
02:16On est ensemble en direct depuis une heure déjà sur le plateau, est-ce qu'on sait si les motions ont déjà été rejetées,
02:22ou si elles ont déjà été votées ou pas encore ?
02:24En tout cas, pour donner quand même un petit élément de réponse, c'est assez improbable que le gouvernement soit renversé en fin d'après-midi.
02:35Il n'y a aucune chance, oui, comme vient de le dire Gautier.
02:37Mais ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'en fait, c'était un budget quoi qu'il en coûte, et donc c'est un budget avec n'importe quoi dedans.
02:44Et on voit quelque chose d'assez étonnant, c'est que cette année, personne ne revendique le budget, même pas les socialistes d'ailleurs,
02:51alors qu'effectivement, comme l'a dit Gautier, c'est un budget très largement favorable à ce que demandait le PS.
02:56Et c'est une première dans l'histoire de la Ve République, que personne ne revendique le budget. C'est une première.
03:01Ah le PS un petit peu quand même ?
03:03Non, mais ils ne le disent pas.
03:04Oui, ils ne le disent pas, mais bon.
03:05Ils le disent mes avocés, mais c'est une première quand même que l'opposition, enfin, ni le gouvernement, ni l'exécutif, ni l'opposition ne revendique.
03:12Ça c'est quand même quelque chose de baroque.
03:15C'est une première, il n'y a pas de majorité du tout à l'Assemblée nationale.
03:17François de Rugy, moi ça m'intéresse, François de Rugy, de vous entendre, parce que vous avez quand même siégé sur ce perchoir pendant un moment.
03:24Les arcanes de l'Assemblée, vous les connaissez mieux que personne.
03:28On sort de trois, quatre mois de discussion, de palable, de tergiversation, quatre mois.
03:33J'ai envie de dire tout ça pour ça.
03:36Qui gagne, qui perd selon vous d'ailleurs dans ce budget 2026 ?
03:39D'abord, sur le fond, c'est quand même important le budget pour un pays comme la France, surtout où il y a un tel niveau de dépenses publiques, un tel niveau d'impôts.
03:46Et par ailleurs, c'est important, je l'avais dit d'ailleurs sur ce plateau à l'automne dernier, que le Parlement quand même vote le budget,
03:52parce que c'est une de ses premières prérogatives. Depuis qu'on a donné des pouvoirs au Parlement, encore sous la monarchie, on a dit, le Parlement va voter le budget.
03:59Et là, on avait l'impression, depuis quatre mois, qu'en fait, les députés, ils s'ingéniaient à ne pas voter le budget.
04:06Et c'est pas si vous vous souvenez quand même de cet épisode surréaliste, où quand un budget amendé par les députés est soumis au vote,
04:12à la fin de la discussion, il n'y a qu'un seul député qui vote pour.
04:14Et tous les autres votent contre, parce qu'en fait, ils disent, ah oui, on a amendé, mais en fait, il n'y a pas tous nos amendements qui ont été pris,
04:20où il y a des choses qu'on... Donc voilà, ça montre, malheureusement, qu'on est devenus dans un régime d'irresponsabilité assez généralisé.
04:27Et c'est bien triste pour la démocratie française, pour le Parlement, pour le budget aussi, parce que c'est le quoi qu'il en coûte, en effet.
04:33Et sauf que le quoi qu'il en coûte, quand c'était pour faire face au Covid, ou quand c'est pour faire face à la crise énergétique,
04:39on pouvait se dire encore, bon voilà, c'est un moment où on fait un effort de dépense pour sauver, en quelque sorte, le pays et l'économie française.
04:45Et tout le monde ne s'est pas embêté, il y a 1 300 milliards. Là, on a un petit mix de rigueur budgétaire et de concessions sociales.
04:53Je crois que c'est Mme Pannier-Runacher, ce matin, qui disait que ce budget ne prépare pas l'avenir.
04:57Il y a cette promesse de 5% du PIB. Franchement, elle est tenable.
05:015% du PIB pour le déficit. Mais en fait, le déficit par rapport au budget, lui, c'est beaucoup plus important.
05:06Il ne faut jamais l'oublier. D'ailleurs, les dépenses publiques, si on voulait vraiment réduire le déficit à zéro,
05:12entre la Sécu et le budget de l'État, il faudrait faire des économies de, en gros, 170 milliards d'euros.
05:18Déjà, quand Bayrou avait parlé de 44 milliards, tout le monde lui est tombé dessus en disant « c'est impossible ».
05:23Donc, c'est un peu triste. Bon, il faut espérer qu'en effet, en 2027, là, enfin, il y a un vrai choix qui se pose aux Français
05:29et que les uns et les autres ne repartent pas dans des promesses démagogiques à tout va,
05:33parce qu'à la fin, on sait qui est ce qu'ils payent, ce sont les Français, avec des impôts supplémentaires.
05:37Parce que là, quand même, le résultat concret de toutes ces négociations budgétaires, c'est les impôts supplémentaires.
05:42On n'aurait pu penser que, par démagogie, les uns et les autres disent « ben non, on va baisser les impôts ».
05:46Mais même pas ! C'est-à-dire que les uns et les autres se sont battus pour qu'il y ait des impôts supplémentaires.
05:50Or, il y en a déjà, c'est le record, déjà au monde, pour la France.
05:53Et à la fin, contrairement à ce qu'on dit Zuckman et les autres, on a eu droit au Zuckman Circus pendant quelques semaines,
05:58eh bien, en réalité, tous les Français payent, tous les Français, c'est jamais par contagion,
06:02il y a un effet de contagion dès qu'on commence à augmenter les impôts, c'est jamais une petite catégorie, c'est tout le monde.
06:07Et on en a aujourd'hui le résultat.
06:09Après, il y a toujours quand même, et je comprends les députés qui étaient devant un choix cornelien,
06:13est-ce qu'il valait mieux ça ? Ou une France sans budget ? Et une nouvelle instabilité ?
06:18Bon, ça, je comprends qu'on se pose la question quand on est député, et qu'in fine, certains ont dit
06:22« il vaut quand même mieux voter ce budget pour passer à autre chose ».
06:24On parlait tout à l'heure de faire des lois, par exemple, pendant l'année qui reste, sur la sécurité.
06:29Bon, ben voilà, là, on n'a rien fait. Parce qu'il faut dire que le Parlement n'a rien fait.
06:32Il faut faire l'euthanasie, c'est prioritaire, que dans les questions du budget.
06:35Gauthier, dernier mot.
06:36C'est un grand sujet, donc on parle depuis 10 ans.
06:39Je ne suis pas sûr que ce soit la priorité des Français.
06:42Il y a beaucoup de Français qui attendent cette loi.
06:45Ce sont un palliatif, oui.
06:46Vous connaissez la liste des priorités des Français ?
06:48Je ne suis pas sûr que l'aide à mourir soit dans la liste des 5 priorités des Français.
06:53Gauthier.
06:53Je suis d'accord avec vous, il y a bien d'autres textes à débattre pour changer le quotidien des Français
06:57avant de parler de l'euthanasie.
07:00Et on conclut.
07:01On aboutit quand même à un budget qui, enfin c'est vraiment le grand n'importe quoi.
07:05C'est d'ailleurs pourquoi François Béroud avait tordu le bras d'Emmanuel Macron
07:09avec un vote de confiance pour organiser sa propre chute.
07:11Parce qu'il n'avait pas envie, il avait bien compris que le seul chemin
07:13c'était de se vendre aux socialistes et il n'avait pas envie d'assumer ça.
07:16À tort et à raison, Sébastien Lecornu a fait l'inverse pour durer politiquement.
07:20Et il durera sans doute jusqu'en 2027.
07:23Et ce que je voulais dire tout à l'heure, ce qu'on parlait des premières fois,
07:26c'est aussi la première fois que c'est l'opposition qui a demandé l'usage du 49-3.
07:29C'est François Hollande qui a demandé l'utilisation du 49-3.
07:32Et ça partait d'une promesse du nouveau Premier ministre de ne jamais l'utiliser.
07:35Absolument.
07:36Elle est belle l'histoire.
07:37Et trois mois plus tard, il se renie alors qu'il entre à Matignon en disant
07:41je n'utiliserai jamais le 49-3.
07:42Il en a utilisé une flopée depuis quelques jours pour clôturer ce budget.
07:47Au moins trois.
07:47Donc voilà.
07:48Elle n'est pas belle la France.
07:49Le 49-3 est fait pour ça.
07:50Ceci est fait pour adopter un budget quand il n'y a pas de majorité.
07:53Oui.
07:53Sauf qu'on est parti d'un postulat où un Premier ministre nous annonçait
07:56que jamais il ne brandirait ce 49-3.
07:58J'avais dit ici même que ça ne tiendrait pas.
08:00C'est le mot du CNL en tout cas pour le budget.
08:02Courte pause sur CNews Europe 1.
08:04On va se retrouver avec les déclarations.
08:06Tiens, des deux stars du JT, des JT de France Télé.
08:10Laurent Delahousse, les SLM et qui passaient face aux députés aujourd'hui
08:14dans cette fameuse commission d'enquête sur l'audiovisuel.
08:16Que faut-il en retenir ?
08:18On vous dit tout dans une seconde.
08:19A tout de suite.
08:19Merci.
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