00:00C'est donc le lancement officiel de la campagne pour les élections municipales.
00:03Six semaines nous séparent du premier tour et le scrutin promet son lot de surprises
00:07dans les quelques 880 communes alsaciennes.
00:10Bonjour Sébastien Michon.
00:11Bonjour.
00:12Spécialiste en sociologie politique, chercheur au CNRS Strasbourg.
00:15Un mot, si c'est possible, pour décrire ces élections qui s'annoncent ?
00:21Un mot ou deux mots ?
00:22Allez, deux mots.
00:23Passionnante et incertaine.
00:25Passionnante et incertaine, pourquoi ?
00:26Passionnante, justement, parce qu'incertaine,
00:29on a beaucoup de listes en présence dans les grandes villes,
00:32des maires sortants qui ne se représentent pas toujours,
00:36beaucoup d'incertitudes en lien avec l'éclatement des forces politiques,
00:41donc beaucoup d'incertitudes, on ne sait pas trop positionner certaines forces politiques,
00:45et pour le coup, on a du mal à prévoir ce qui peut se passer.
00:50Le thrabble, c'est Strasbourg ?
00:52Strasbourg, mais aussi Schildigheim, ça peut être aussi Mulhouse.
00:56À Strasbourg, si on s'y arrête un instant, justement, en gros, si la gauche partait ensemble,
01:02ce serait gagné d'office ou presque entre Jeanne Barseguian, l'écologiste sortante,
01:08et l'ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trottmann, qui cette fois se représente,
01:13et ça va jouer des coudes.
01:15Alors, la gauche, vous savez, il y a plusieurs gauches comme il y a plusieurs droites.
01:18Il y a aussi une liste, c'est ce que vous dites, le gauche-droite, ça, ça n'existe plus aujourd'hui ?
01:24Non, ce n'est pas ça, c'est qu'il y a quand même un gros éclatement,
01:27et donc on a une liste de la France insoumise qui souhaite figurer au deuxième tour,
01:31on a aussi la maire sortante, avec sa liste écologiste, Jeanne Barseguian,
01:37et puis on a Catherine Trottmann, qui, sur les premiers sondages,
01:40qui est soutenue par le Parti Socialiste, et qui, sur les premiers sondages, est arrivée en tête.
01:44Et donc, il y a déjà un gros éclatement, puis ensuite, on a d'autres forces avec Pierre Jakubowicz,
01:50le centre-droit, et puis Jean-Philippe Wetter, l'élu des Républicains,
01:56puis on a également la liste de Joron du Rassemblement National.
02:02Ça fait beaucoup de listes, et surtout beaucoup de listes fortes,
02:05parce que là, c'est assez inédit, mais on pourrait avoir trois, voire quatre candidats au deuxième tour,
02:10qui feraient plus de 10% des voix au premier tour.
02:12Ça, c'est une quasi inédit.
02:13Il y a une incertitude totale, en fait, sur le potentiel de la France Insoumise,
02:17le potentiel du Rassemblement National.
02:19Ce sont des forces qui, lors des dernières élections en 2024, européennes, législatives,
02:24ont fait de bons scores.
02:26Et donc, ces forces-là ont tendance à nationaliser le scrutin
02:29pour justement bien figurer au niveau des municipales,
02:33mais, traditionnellement, ce ne sont pas des élections classiques pour ces formations.
02:39Ce ne sont pas des élections où ces formations font de très bons scores.
02:42Et là, on ne sait pas.
02:44On ne sait pas s'il y a une bonne dynamique.
02:46Donc, ne sachant pas ça, on se demande, finalement, si elles seront au deuxième tour.
02:51Et pour les autres listes aussi, on ne sait pas trop, finalement,
02:54quelle sera leur position.
02:56Incertitude totale, scrutin relativement ouvert aussi, un peu partout ailleurs, dans le Barin,
03:02même à Aubernay, même à Schiltikeim ou à Gueneau,
03:05où on aurait pu croire que ce serait, à première vue, fait d'avance ou presque,
03:09et finalement, pas du tout.
03:10Oui, à Aubernay, par exemple, le maire sortant, Bernard Fischer, ne se représente pas.
03:16Et on retrouve des personnes issues de la majorité sur deux listes.
03:20Et puis, il y a une troisième liste qui se présente.
03:23Et finalement, là, il y a une certaine incertitude.
03:26On ne sait pas vraiment quelle sera la dynamique de campagne
03:29et puis quelle sera la position des électrices et des électeurs par rapport à ces trois listes.
03:35Énormément de listes aussi dans le Haut-Rhin, notamment à Mulhouse,
03:40où là aussi, pour Michel Lutz, c'est un boulevard,
03:43où tant de listes, ça paraît finalement renforcer encore cette incertitude.
03:48Non, c'est là aussi très incertain et complexe,
03:52puisque Michel Lutz a perdu une partie de sa majorité.
03:55La maire en place.
03:55Là, elle joue la carte du renouvellement.
03:57Elle a renouvelé massivement.
03:58Elle annonce la moitié, en fait, de sa liste comme étant des novices en politique,
04:03des personnes jamais investies jusque-là.
04:06Mais en même temps, on a des personnalités de la société civile
04:09qui ont fondé listes et ont réussi à monter des listes,
04:15parce qu'il faut quand même trouver plus de 50 noms.
04:16Ce n'est quand même pas si évident.
04:18Avec la parité.
04:19Avec la parité.
04:20Et donc, on a notamment marqué,
04:22puis on a aussi une liste de la France insoumise,
04:24on a aussi Minerie qui fait sa liste Union,
04:27enfin, un rassemblement de la gauche.
04:30Très incertain.
04:31Très incertain.
04:32Justement, le rassemblement national peut remporter certaines mairies.
04:36Ce n'est jamais arrivé encore en Alsace.
04:38Là, on voit que ça joue gros, notamment à Vissombourin.
04:41Alors, sur le potentiel électoral, en fait, ce qui se passe,
04:43c'est que le rassemblement national a peu de chance,
04:45très peu de chance à Mulhouse, à Colmar, à Strasbourg.
04:48Le rassemblement national est très peu présent,
04:51il sera très peu présent, en fait, sur ces municipales,
04:54puisqu'en dehors des grandes villes,
04:55sont annoncées des candidatures à Célestat,
04:58à l'Ingelsheim,
04:59mais on n'a pas encore véritablement la liste,
05:02donc à voir si une finée, ce sera le cas.
05:05Ce sera fin février, sur le dépôt des listes officielles.
05:07Voilà, 26 février, donc ils ont encore le temps,
05:10et à Vissombourg.
05:11Et là, c'est vraiment un point chaud,
05:13puisqu'on a le suppléant du député Théo Bernard qui se présente,
05:18et à Vissombourg, c'est une ville assez compliquée,
05:21puisque le maire sortant avait été battu en 2020,
05:24donc le maire battu se représente,
05:27on a également la maire sortante qui se représente,
05:30et puis une autre personne qui avait fait une vingtaine de pourcents
05:34en 2020 qui se représente,
05:35puis le suppléant donc de Théo Bernard.
05:37Donc, gros éclatement,
05:39et forcément, s'il y a une triangulaire,
05:42le Rassemblement National peut avoir ses chances.
05:44C'est ça qui est passionnant avec ces élections municipales,
05:46c'est que chaque commune,
05:48ou presque, a son histoire passée,
05:50et celle qui est à écrire.
05:52Il reste six semaines de campagne,
05:53la campagne officiellement lancée.
05:54Merci de l'avoir fait avec nous, Sébastien Michon,
05:56chercheur au CNRS à Strasbourg.
05:58Vous êtes politologue, invité ce matin ici à la classe.
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