00:00Jusqu'à 9h, ici matin, le mal-logement Sébastien, toujours une réalité en Alsace.
00:05La Fondation pour le logement dénonce dans un nouveau rapport une nouvelle année noire.
00:09Plus de 4 millions de personnes vivent partout en France dans de mauvaises conditions,
00:13à la rue, dans un squat, accueillis chez un tiers ou dans un appartement mal fait.
00:19Bonjour Grégoire Ballast, vous êtes le référent logement à l'Union départementale
00:23Confédération syndicale des familles dans le barin.
00:26Le mal-logement peut prendre de nombreuses formes, de nombreux visages.
00:31A quoi est-ce que vous assistez, vous, concrètement, lors de vos visites ?
00:34Donc du côté de la CSF, ça fait plusieurs décennies qu'on est engagé contre l'habitat indigne.
00:39Et lors de nos visites, lorsqu'on accompagne les locataires, on constate de la non-décence.
00:44Donc la non-décence, ça relève du décret d'essence de 2002.
00:48C'est pas de chauffage, pas d'eau chaude, de la moisissure, de l'humidité.
00:52Mais aussi, ça peut être des infestations de nuisibles, des punaises de lits, des cafards.
00:57Donc tout ça, c'est de la non-décence.
00:59Mais il peut y avoir aussi de l'insalubrité.
01:02Là, ça relève plutôt du code de la santé publique.
01:05Et c'est lorsque le logement ou l'immeuble représente un danger pour les occupants ou pour la santé des occupants.
01:13Ça, ça existe aujourd'hui en Alsace ?
01:15Oui, oui. Alors, on peut considérer qu'il y a 9200 logements privés qui sont potentiellement indignes, selon des données de l'État.
01:23Après, nous, on travaille avec nos partenaires du pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne depuis plusieurs décennies.
01:30Et la CSF, on suit une centaine de signalements par an d'habitants indignes.
01:38Mais on pourrait en relever bien d'autres.
01:41Alors, le mal-logement, c'est surtout un souci des grandes villes ou ça existe aussi dans nos villages, dans nos plus petites communes ?
01:47Alors, ça existe partout.
01:49C'est sûr que dans les grandes villes, il y a une densité de l'habitat.
01:53Mais après, on voit aussi dans certains centres-villes plus historiques, notamment en Alsace,
01:59on a des bâtisses assez vieilles et mal isolées, avec une mauvaise isolation thermique,
02:06de la moisissure, des infiltrations d'eau.
02:09Donc, c'est sûr qu'il y en a beaucoup à Strasbourg, mais ça concerne tout le bar.
02:13Mais la faute à qui, finalement ?
02:16C'est forcément la faute de propriétaires véreux, de marchands de sommeil, de bailleurs sociaux malhonnêtes ?
02:21Ou c'est parfois juste la faute à pas de chance, quelque part ?
02:25Alors, tout à l'heure, on entendait le témoignage de locataires de l'Elzo, du parc social.
02:29Donc, effectivement, il y a des carences de bailleurs sociaux, mais ça, ça relève plutôt d'un manque de moyens,
02:34d'un manque de moyens financiers, humains.
02:36Il faut plus de référents de proximité, plus de concierges.
02:40Donc, nous, on agit en tant que syndicat de locataires pour résoudre ces soucis.
02:44Par contre, ce qu'on constate, c'est que dans le parc privé, il y a une exploitation systémique des demandeurs de logements vulnérables.
02:52On considère à la CSF que tous les marchands de sommeil sont des propriétaires du parc privé,
02:56parce qu'il y a une exploitation des plus vulnérables qui cherchent un logement.
03:00Ça, ça peut durer des années, parfois ?
03:02Alors, les démarches...
03:03À quoi vous avez assisté, là, encore une fois, avec la CSF ?
03:06Les démarches, malheureusement, elles sont assez longues, parce que nous, lorsqu'on a un signalement,
03:11il y a une plateforme qui s'appelle Signal Logement, sur laquelle les locataires peuvent faire un signalement.
03:16Nous, les différents partenaires, que sont la RS, la CAF, le service d'hygiène de la ville de Strasbourg,
03:20par exemple, et les services de l'État.
03:22On vient constater les désordres, et puis l'objectif, c'est d'ordonner aux propriétaires de réaliser les travaux.
03:30Et ça, face à certains propriétaires indélicats, il faut plusieurs mois pour que le propriétaire agisse.
03:37La loi est assez punitive, selon vous, aujourd'hui ?
03:40Alors, on constate souvent qu'en France, malheureusement, c'est plutôt les propriétaires qui sont en position de force.
03:45C'est pour ça qu'il faut plus de mesures coercitives.
03:50Il y a des mesures coercitives qui existent, que ce soit des arrêtés d'insalubrité.
03:56Alors, ces arrêtés d'insalubrité peuvent être mis en œuvre par la préfecture ou par les municipalités.
04:01Il faut contraindre les propriétaires à réaliser les travaux, souvent.
04:04Surtout qu'il y a ce nouveau plan départemental, vous en évoquiez une partie qui a été peaufinée,
04:10on le dira comme ça, il y a un peu plus de trois mois maintenant.
04:12Collectivité, services de l'État, associations, tous ensemble pour lutter contre ce logement indigne.
04:17Ça porte déjà ses fruits, ça.
04:18Vous évoquiez la plateforme où tout le monde, maintenant, peut déclarer des sinistres.
04:23Les policiers aussi ont des démarches plus strictes à remplir.
04:27Est-ce que vous avez déjà vu une amélioration depuis l'entrée en vigueur de ce nouveau plan ?
04:34Alors, la plateforme, je répète, Signal Logement, elle est accessible depuis le 1er janvier 2024, dans le Barin.
04:40Et effectivement, avec cette plateforme, on a une hausse du nombre de signalements.
04:44On est capable d'identifier plus de logements indignes, non décents, insalubles.
04:49Et ensuite, vous, ça vous permet de les accompagner, ces locataires-là ?
04:52Nous, on va objectiver les désordres par une visite ou en appelant les locataires.
04:56Donc, ça nous permet, effectivement, d'aller constater directement dans les logements ces problèmes.
05:01On mettra les contacts, en tout cas, pour vous joindre.
05:03Grégoire Ballast, référent logement à l'Union départementale de la Confédération syndicale des familles dans le Barin.
05:10Merci d'avoir été l'invité ici à Alsace.
05:11Bonne journée.
05:12Merci à vous deux.
05:13Interview à retrouver, bien sûr, ici.fr Alsace.
Commentaires