00:00Qu'est-ce qui vous inquiète le plus aujourd'hui pour les démocraties européennes ?
00:04Je crois que la démocratie libérale est aujourd'hui en danger.
00:08Elle a des ennemis extérieurs que sont les autocraties dictatoriales
00:11et elle a des ennemis domestiques internes que sont les populismes,
00:14les populismes de droite et de gauche.
00:18Pedro Sánchez est un populiste selon vous ?
00:21Absolument.
00:24Pedro Sánchez est un populiste de type kirchneriste en Argentine,
00:28c'est-à-dire un populiste radical qui antagonise,
00:34qui s'est allié avec le pire de la politique espagnole,
00:36avec les séparatistes catalans, avec les anciens terroristes aux Pays Basques,
00:40avec l'extrême gauche communiste qui a organisé des schémas de corruption absolument intolérables
00:45et qui veut conditionner la libre expression de la société et le jeu institutionnel.
00:53C'est cela être un populisme dangereux pour la démocratie.
00:55Pedro Sánchez est un danger pour la démocratie.
00:59Vous dites dans votre livre que le pogrom du 7 octobre n'est pas seulement un fait géopolitique,
01:04mais une épreuve morale pour l'Europe et que l'Europe n'a pas su surmonter cette épreuve morale.
01:09Pourquoi ?
01:12Parce qu'en Europe, on prévalu de vieilles attitudes antisémites et de vieux préjugés contre Israël.
01:20Israël a subi une attaque terroriste.
01:25Il a le droit de répondre à cette attaque terroriste.
01:28Autre chose est que ses frontières soient violées.
01:30Il a le droit de les défendre, car sa souveraineté a été violée.
01:33Mais surtout, ce que je veux dire clairement, c'est qu'Israël est l'un des nôtres.
01:37Israël fait partie de notre vie, de notre histoire, de notre culture au Moyen-Orient.
01:46C'est notre démocratie au Moyen-Orient.
01:49Et donc, toute action contre Israël, toute tentative d'éliminer Israël,
01:54que ce soit de la part du Hamas, de l'Iran, des alliés, des Iraniens ou d'autres,
01:59est quelque chose qui va contre le cœur de l'Europe, contre les intérêts de l'Europe.
02:02Et deuxièmement, l'Europe a une responsabilité politique, morale, historique envers Israël.
02:11Nous devons l'assumer.
02:12Mais les réactions qui se sont produites dans de nombreuses parties de l'Europe
02:15face à la situation à Gaza me paraissent absolument inacceptables.
02:20Il y a 60 ans, dans les années 60, lors de la guerre des Six Jours,
02:26lors de la guerre du Kippour, la gauche européenne était pro-israélienne.
02:30Parce qu'Israël était un pays socialiste, avec une économie socialiste.
02:34Et alors, la gauche avait beaucoup de sympathie pour ses expériences socialistes.
02:43Lorsqu'Israël cesse d'être une économie socialiste,
02:46surgissent de nouveau à gauche les emportements anti-israéliens et les emportements antisémites.
02:52Aujourd'hui, l'extrême gauche est particulièrement antisémite, ce qui est totalement inacceptable.
02:57Et M. Mélenchon a tenu des déclarations explicitement antisémites.
03:05Et je crois que la position de l'extrême gauche, justifiant des actions terroristes,
03:11justifiant l'usage du terrorisme, justifiant le sectarisme, justifiant le fondamentalisme,
03:19justifiant l'attaque contre nos valeurs et contre Israël,
03:21me paraît absolument, non seulement erronée, mais du point de vue politique et moral, inacceptable.
03:26Toute personne qui adopte des comportements antisémites est un risque pour la démocratie.
03:39Selon votre point de vue, Pedro Sanchez, lié à l'extrême gauche, est un populiste.
03:43S'il se représente aux prochaines élections législatives,
03:46est-ce qu'il existe une majorité alternative du Parti populaire et de Vox ?
03:50Les droites doivent-elles pactiser entre elles ?
03:55Je crois que le plus important est que le pays a besoin de retrouver certains consensus de base
04:01que la gauche a rompu.
04:02Les consensus de la transition de 1978.
04:10Le pays a besoin d'une grande majorité nationale, d'une grande majorité sociale, à droite et à gauche,
04:16dont l'expression doit être le Parti populaire, mais qui est plus pluriel que le Parti populaire,
04:22dans laquelle on puisse affronter notre avenir, parce que nous devons faire beaucoup de choses.
04:26Si cela se fait par un accord raisonnable de principe, pourquoi n'organisons-nous pas une majorité nationale ?
04:32C'est ce qui est souhaitable.
04:37Est-ce que cela pourra se produire ? Nous verrons.
04:45Je soutiens les positions du Parti populaire, qui disent qu'il n'y a pas de cordon sanitaire,
04:50sauf pour les anciens terroristes basques.
04:51Car on ne peut pas être partenaire du gouvernement de l'Espagne
04:55et prétendre participer raisonnablement à la politique espagnole
04:58lorsqu'on est associé à des personnes qui ont exercé le terrorisme
05:02et qui continuent d'être complices d'actions absolument anticonstitutionnelles.
05:12Pour résumer, s'il y a un accord raisonnable entre le Parti populaire et Vox,
05:18ils gouverneront ensemble ?
05:19Ce qui est le plus souhaitable, c'est une majorité nationale
05:28qui permet au Parti populaire de gouverner seul.
05:32A partir de ce moment-là, n'oublions pas que la politique est l'art du possible et du souhaitable.
05:38Mais il n'y a pas de cordon sanitaire entre Vox et le Parti populaire.
05:42Il ne doit pas y avoir de cordon sanitaire, sauf pour les terroristes.
05:46Selon vous, il ne doit pas y avoir de cordon sanitaire entre le Parti de Marine Le Pen et la droite ?
05:53C'est ce que soutient le Président Sarkozy dans son livre.
05:56Vous êtes d'accord avec lui ?
05:57Nicolas Sarkozy présente très bien les choses.
06:05La différence, cependant, réside dans le fait...
06:08Et je voudrais dire que je lui souhaite le meilleur, car c'est mon ami, un ami de l'Espagne.
06:13La différence, c'est qu'en Espagne, le grand parti, c'est la droite, et le plus petit, c'est Vox.
06:22En France, c'est exactement l'inverse.
06:25Et s'il y a un risque que l'extrême-gauche arrive au pouvoir avec Mélenchon,
06:31est-ce que les droites doivent s'unir en France ?
06:35Je ne vais pas dire aux Français comment ils doivent faire.
06:40Il y a quelques années, j'ai dit à la droite française, unissez-vous.
06:46Je ne sais pas si c'est possible ou non.
06:53Apparemment, ce n'est pas possible.
06:55Mais peut-être serait-il possible de parvenir à des accords précis, à des accords ponctuels.
07:00Nous verrons ce qu'il se passera.
07:01Avec 16% d'opinion positive pour Emmanuel Macron,
07:09quel est selon vous le futur du macronisme ?
07:12Avec tout le respect pour le président de la République française,
07:17quelle était la proposition la plus importante de Macron sur le plan intérieur en France ?
07:22La réforme des retraites.
07:26C'est bien cela.
07:28Qu'est-il arrivé ?
07:30A-t-elle été retirée, cette réforme ?
07:32Eh bien voilà, vous avez votre réponse.
07:34Combien de premiers ministres la France a-t-elle eu ces derniers temps ?
07:37Eh bien voilà.
07:40Nicolas Sarkozy est votre ami.
07:43Comment analysez-vous le fait que les juges l'ont envoyé en prison ?
07:46Je ne peux pas analyser la justice française,
07:49mais je peux souhaiter à Nicolas Sarkozy tout le meilleur pour l'avenir.
07:52Et je le fais avec grand plaisir.
07:54Je lui ai envoyé de nombreux messages et nous sommes en contact.
07:57Dans deux mois, il y aura les élections municipales en France.
08:02Rachida Dati est la candidate des Républicains à Paris.
08:04Aimeriez-vous vivre dans une ville où Rachida Dati serait maire ?
08:09Moi, j'aimerais vivre à Madrid.
08:11Voulez-vous que Rachida Dati vienne à Madrid ?
08:14J'aime Madrid, mais Paris semble être une ville merveilleuse
08:18et je souhaite le meilleur à la maire de Paris.
08:20Serait-elle une bonne mère ?
08:24Certainement que oui.
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