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  • 3 weeks ago

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00:00Et cette relation entre la France et l'Algérie, on va en parler justement avec Emmanuel Alcaraz,
00:04notre invité, professeur agrégé d'histoire, chercheur attaché au laboratoire Mésopholis de Sciences Po Aix-en-Provence,
00:10auteur notamment de l'Afrique du Nord en mouvement entre mobilisation populaire et restauration autoritaire.
00:17Emmanuel Alcaraz, bonsoir, merci beaucoup d'être avec nous sur France 24.
00:22Tout d'abord, est-ce que ce type de mobilisation qu'on a vu ce soir au Bataclan à Paris peut aider à faire bouger les choses ?
00:30Oui, ça peut aider à faire bouger les choses, surtout quand il y a une mobilisation internationale.
00:35Seulement, on ne voit pas les choses arriver de la même manière à Alger qu'à Paris.
00:39Pour nous, c'est une question du point de vue français, ça met en jeu la liberté de la presse, les droits de l'homme et tout ça.
00:45Mais du côté algérien, c'est une affaire en fait de sécurité intérieure.
00:49Et en fait, Christophe Gleize, certes en faisant son travail, en cherchant l'information,
00:53est perçu comme un acteur politique s'ingérant dans le jeu politique algérien,
01:00comme il est allé interviewer, certes un responsable d'une équipe de football,
01:06mais qui est aussi un militant du MAC, le Mouvement pour l'autodétermination de l'Académie,
01:11qui est considéré comme une organisation touristique en Algérie.
01:14Et donc, du point de vue algérien, du point de vue du droit algérien,
01:18il n'est pas plus vu comme un journaliste, mais comme un acteur politique
01:22qui a porté atteinte à la souveraineté algérienne,
01:25comme il est entré en Algérie avec un visa touristique,
01:28et non avec un visa journalistique, comme il l'a reconnu à l'occasion de son procès.
01:33Finalement, Christophe Gleize, c'est un peu une victime de cette crise diplomatique
01:37entre la France et l'Algérie.
01:40Une crise diplomatique qui s'est aggravée il y a deux ans,
01:42avec la reconnaissance par la France d'un plan d'autonomie pour le Sahara occidental.
01:48Est-ce qu'il est victime de ça avant tout, Christophe Gleize ?
01:54Oui, il est victime avant cette reconnaissance,
01:57et ça n'aurait pas eu de telles conséquences.
02:01Le point de déclenchement de cette crise compto-algérienne,
02:05c'est la reconnaissance par Emmanuel Macron
02:08de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
02:10Puis après, tout s'est un peu entreméné, politique intérieure,
02:15diplomatie, enjeux politiques intérieurs avec des instrumentalisations politiques,
02:21usage politique du passé.
02:24Et donc, oui, quelque part, il y a un petit peu le bouc émissaire
02:27de cette situation éminemment complexe,
02:29qui ne peut être vue que sur le temps long.
02:32Finalement, c'est la crise, c'est la plus grave crise franco-algérienne.
02:35Depuis 1962, il y en avait eu une grave dans les années 70,
02:40suite à la nationalisation des hydrocarbures par le régime algérien.
02:45Mais là, on n'avait pas vu cela depuis très longtemps.
02:47Ségolène Royal, la présidente de l'association France-Algérie,
02:50elle est sur place en Algérie cette semaine.
02:53Elle doit d'ailleurs rencontrer Christophe Gleize demain, vendredi.
02:56Vendredi, mardi, elle a rencontré le président Tebboune.
03:00Elle dit qu'il se montre prêt au dialogue.
03:03Et dès que le respect et la considération seront au rendez-vous,
03:08comment interpréter ces mots du président algérien
03:11qui demande de la considération et du respect ?
03:15Le président algérien, récemment, il a très mal vécu
03:19l'émission complément d'enquête,
03:21qui a été perçu de son point de vue comme attentatoire
03:25à l'honneur algérien, enfin aux intérêts algériens.
03:29Et chaque petite micro-crise ou micro-événement,
03:33ça prend une tournure assez dure.
03:36Et sinon, à part ça, le président Tebboune avait gracié
03:39William Saint-Salle pour...
03:41Il avait fait un geste humanitaire.
03:43Et c'est vrai que si les choses étaient un petit peu apaisées,
03:46s'il n'y avait pas des instrumentalisations politiques,
03:48s'il n'y avait pas aussi un jeu médiatique...
03:51un peu délétère, ça permettrait d'avancer aussi sur ce dossier.
03:57La maire de Christophe Glez, on l'a entendu juste avant,
04:00elle a formulé une demande de grâce au président Tebboune.
04:04Il n'y a toujours pas répondu.
04:06Est-ce qu'on peut s'attendre à une réponse positive
04:09dans les jours, les mois qui viennent ?
04:12Ou bien l'Algérie va garder Christophe Glez
04:15comme moyen de pression vis-à-vis de la France ?
04:19Je pense que ça...
04:21Je ne suis pas apprécié qu'une hypothèse,
04:23mais je pense que ça va se débloquer dans les prochaines semaines.
04:27Je pense que s'il n'y a plus ces tensions...
04:30Enfin, il y a des tensions à peu près tous les mois.
04:31Il y a eu l'affaire Amir Boukhor,
04:35il y a eu l'affaire des jeux politiques un peu joués aussi
04:38par l'extrême droite,
04:40et aussi par la droite, par Bruno Rotaillot.
04:42Beaucoup de personnes instrumentalisent la relation franco-algérienne
04:47à des fins de politique intérieure.
04:50Mais évidemment, si les choses sont plus calmes,
04:54une diplomatie normale pourrait reprendre.
04:57Et évidemment, ça déboucherait sur une issue heureuse
05:01pour M. Glez, ce que nous souhaitons tous.
05:04Merci beaucoup Emmanuel Alcaraz.
05:05Merci d'avoir été notre invité ce soir sur France 24.
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