00:00Vous regardez RTL.
00:03Bonjour Julien Clerc.
00:04Bonjour.
00:05Et merci de nous rejoindre dans cette édition très spéciale de RTL Midi avec Christelle Robière, avec Anthony Martin.
00:10D'abord, quels mots vous viennent pour cette triste nouvelle ?
00:14La tristesse, c'est le premier mot, d'abord.
00:18Et puis ensuite, je regardais ce matin des photos.
00:22Moi, je n'étais pas, je n'ai jamais été intime avec Johnny,
00:24mais finalement, bien qu'il ait commencé beaucoup plus tôt que moi, parce qu'il n'a commencé pas très jeune,
00:31finalement, je me suis rendu compte ce matin que notre différence d'âge n'était pas si grande que ça.
00:35Je crois qu'il avait 74 ans et moi, je viens de fêter mes 70 ans.
00:39Donc, je me suis rendu compte, comme ça, en pensant et en revoyant toutes ces photos,
00:47qu'il avait été sinon un ami intime, ce qui n'était pas le cas, mais un jalon dans ma vie.
00:52Un jalon, on va dire, un espèce de grand frère.
00:57C'est drôle parce que la vie a été jalonnée, en fait, par les rares moments où nous nous sommes rencontrés.
01:02C'était toujours dans l'exercice de notre métier.
01:05C'était dans des duos.
01:07Je dois être un de ceux qui a fait le plus de duos avec lui.
01:11Et ça restera, pour moi, à jamais, on va dire, les sensations les plus émotionnelles et fortes.
01:22J'ai chanté avec beaucoup de gens, beaucoup d'autres artistes dans ma vie.
01:27Johnny est sans aucun doute celui qui va me laisser, je pense, le plus de traces dans le cœur,
01:33dans l'exercice de notre métier, ce que nous savons faire, c'est-à-dire chanter.
01:37Julien, je vous propose de vous écouter justement en duo avec Johnny.
01:41C'était pour la télévision en 2004.
01:43Vous chantiez avec lui « Je veux te graver dans ma vie ».
01:45Ah oui.
01:46Tu n'as rien dit, j'étais seulement, c'est rêver.
01:52Tu ne pars pas, tu restes ici, je veux seulement, t'es maîtresse.
01:59Où, tu es venu pour être à moi ?
02:03Où, et j'espère que tu y vas ?
02:06Nous serons ensemble, chaque jour.
02:10Julien Clerc existait à côté d'une telle voix, c'est un challenge.
02:17Il avait une voix d'une générosité, d'une puissance incroyable.
02:19Oui, mais là, vous n'êtes pas très gentil avec lui.
02:22Mais non !
02:22Parce que vous passez le seul duo où il était, il avait été vraiment seigneur, un seigneur.
02:31Parce que ce que vous passez là, c'était, je crois, pour une émission pour moi, pour une émission de télévision.
02:39Et je lui avais véritablement supplié de faire ce duo.
02:44Et ce jour-là, il avait des problèmes de voix.
02:46Et franchement, c'était pour la télévision, il n'était vraiment pas obligé de le faire.
02:52Moi, franchement, je ne sais pas si je l'aurais fait.
02:54Puisque, il avait, je crois qu'il avait annulé trois chansons plus tard, ce concert dans le nord de la France.
03:01Et il a fait ça vraiment pour moi.
03:04Et j'ai trouvé ça véritablement comme un seigneur.
03:08Parce qu'il s'était mis en danger.
03:10Il avait mis exprès la chanson en numéro 3, je crois.
03:13C'est-à-dire qu'il était à peine rentré sur scène, il voulait être sûr de pouvoir faire le duo.
03:18Parce que la télé était là, etc.
03:20C'est pour une émission de télévision.
03:22Et j'avais trouvé ça, j'en avais été reconnaissant toute ma vie.
03:26C'est une émission importante pour moi.
03:28Et il avait vraiment fait le duo alors qu'il était, pour la seule fois où on a fait un duo ensemble.
03:34Il était, on va dire, c'était difficile pour lui.
03:39Voilà.
03:39Julien Clerc, sur un plan artistique, vous retenez quoi de Johnny Hallyday ?
03:42Savoie ou la bête de scène ?
03:44Non, je pense, au niveau du spectacle vivant, quelqu'un qui a toujours été en avance dans ce pays.
03:50Il a été le premier à faire des espèces de méga-concerts.
03:55Il a été le premier, vous voyez, à une époque où on passait tous encore dans des théâtres ou des salles moyennes.
04:02Il a été le premier à faire la salle qui représentait à l'époque ce qu'était l'avenir de ce genre de concerts.
04:09C'est-à-dire le palais des sports.
04:10Moi, quand je suis passé au palais des sports la première fois, j'avais l'impression de chanter dans le jardin privé de Johnny Hallyday.
04:16Il avait fait le palais des sports plusieurs fois, moi, quand je l'ai fait la première fois.
04:21Et il n'y a que lui qui est passé là.
04:23Donc, il a été, on va dire, l'initiateur dans ce pays de ces grands concerts, disons à l'anglo-saxonne.
04:30Il a été, de par sa génération et de par son goût profond, l'initiateur du rock'n'roll ici en France.
04:38Je ne pense pas le trahir en disant ça.
04:40Il avait d'ailleurs une très grande culture du rock'n'roll et de la musique du rock'n'roll.
04:47Il connaissait toutes les chansons, évidemment, par cœur.
04:50Et c'était, ici, il était, évidemment, le premier dans ce pays à faire ça.
04:57Une absolue bête de scène qui s'est, à chaque fois, on va dire, réinventée, après des passages plus ou moins difficiles.
05:04À chaque fois, il renaissait à travers un spectacle comme ça, où il en mettait plein la vue à tout le monde.
05:11Il était le premier à faire tout ça.
05:13Oui, sur ce genre de spectacle, il était le premier d'entre nous, bien sûr.
05:17Julien Clerc, une dernière question.
05:19Vous êtes actuellement en tournée, vous chantez ce soir à Lyon.
05:21Vous allez rendre hommage à Johnny sur scène ?
05:23Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
05:25Je vais chanter Tennessee, je crois, parce que c'est une chanson qui n'a pas besoin de beaucoup de répétitions.
05:35Et de part, je regardais le texte ce matin, qui est une chanson un petit peu emblématique,
05:41magnifiquement écrite par Berger, par Michel Berger,
05:43qui le définit extrêmement bien aussi, je dirais, dans les mots.
05:49Elle lui allait comme un gant, elle avait été écrite pour lui.
05:52Et je vais faire ça en pensant à lui ce soir.
05:55Merci à vous, Julien Clerc, d'avoir réagi évidemment sur RTL à la disparition de Johnny Hallyday.
06:12Je vous remercie.
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