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Interview diffusée le 13 janvier 2024 dans l’émission Confidentiel sur RTL. Laeticia Hallyday se confie à Ophélie Meunier et évoque sa vie avec Johnny Hallyday, leurs souvenirs communs et l’héritage laissé par le chanteur. Un entretien intime qui revient sur la mémoire du rockeur et sur l’impact durable de sa disparition.
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00:00:00On est quelques jours avant l'ouverture officielle de l'exposition, les derniers objets sont installés,
00:00:06les derniers détails sont réglés, vous entendrez sûrement derrière nous le ballet des techniciens,
00:00:11la musique de Johnny résonne déjà dans l'immense hall.
00:00:15Pour découvrir la plus grande expo jamais réalisée sur le rockeur, nous avons une guide privilégiée.
00:00:21Bonjour Laetitia Hallyday.
00:00:22Bonjour Ophélie.
00:00:23Merci beaucoup de nous accorder à ce moment, nous faire découvrir cet endroit dans lequel vous avez mis beaucoup de
00:00:28cœur
00:00:28et beaucoup d'énergie, c'est votre plus grand projet depuis que Johnny nous a quittés, Laetitia.
00:00:35Oui, c'est une réflexion très longue aussi, c'est un rêve qui se réalise.
00:00:42On vient de passer dix mois en Belgique.
00:00:47Ça s'est passé comme vous vouliez.
00:00:49Ça s'est passé mais au-delà de nos espérances.
00:00:51On a eu un accueil du public, de quatre générations différentes et des retours bouleversants.
00:01:00Je sais qu'il y a eu plus de 100 000 visiteurs en Belgique, ce qui est à l'échelle
00:01:04du pays énorme.
00:01:05Ça fait partie des expositions qui ont le mieux marché là sur cette période.
00:01:09Qu'est-ce que vous espérez ?
00:01:10Ça y est, elle arrive en France.
00:01:12Qu'est-ce que vous espérez ? Qu'est-ce que vous attendez du public français Laetitia ?
00:01:15Déjà Paris, Paris c'est la ville où Johnny est né, c'est la ville où il a rencontré, tout
00:01:25est lié au cœur de son histoire ici.
00:01:29Et Paris c'est émouvant, on a appréhendé quand même l'arrivée à Paris.
00:01:33C'est vrai ?
00:01:33Oui, beaucoup.
00:01:34Il y a du trac comme chaque, c'est comme si on préparait une tournée de Johnny.
00:01:38L'arrivée à Paris c'est toujours un moment particulier, rempli d'angoisse, de doute, de peur.
00:01:44Ça l'aurait été pour lui aussi ?
00:01:45Bah oui, comme chaque...
00:01:46Il aurait été traqueux de...
00:01:47Toujours, toujours.
00:01:48Mais c'est aussi cette capacité qu'il avait à se réinventer, à innover, à toujours se remettre en question,
00:01:56proposer autre chose.
00:01:58Pour ceux qui...
00:01:59Toujours plus grands, toujours plus incroyables dans l'artistique.
00:02:07Mais cette exposition elle est chère à mon cœur, parce que c'est un rêve, j'ai nourri ce rêve
00:02:12pendant des années.
00:02:13Et puis on a commencé à travailler sur ce projet il y a trois ans, pendant le Covid.
00:02:19Et j'ai rassemblé toutes les équipes, on s'est posé des questions essentielles sur ce qu'aurait voulu Johnny,
00:02:28ce qui l'attendait de nous, ce qui l'attendait de moi, ce qu'il aurait voulu.
00:02:34C'était important de garder l'âme de son travail aussi, de sa vision artistique.
00:02:39Parce que lui, dans son travail, il n'y avait rien qui était laissé au hasard.
00:02:44Chaque détail était important pour Johnny.
00:02:46Il y avait comme une évidence dans ce qu'il voulait transmettre.
00:02:52Donc le travail sur cette exposition, il a été fantastique, parce qu'il est né d'un rêve.
00:02:56Et aujourd'hui, ce rêve devient réalité.
00:02:59Pour ceux qui ont vu l'expo en Belgique et qui vont venir à Paris, il y a, je crois,
00:03:05des choses en plus.
00:03:05Oui, il y a des choses nouvelles.
00:03:06Racontez-nous.
00:03:07On a un tout petit peu plus de place qu'en Belgique.
00:03:12On a rajouté un corner dédié à la Lorada.
00:03:16Ah, génial.
00:03:16À son ancienne maison à Saint-Tropez.
00:03:18Mythique.
00:03:19À Ramatuel.
00:03:20On a quitté cette maison en fin 1997.
00:03:25Et depuis, quand on a fait le déménagement, on a déménagé tout.
00:03:30On a gardé chaque meuble.
00:03:32Et chaque meuble avait été bien gardé dans un storage en banlieue parisienne.
00:03:37Et j'ai réouvert ce storage presque 30 ans après.
00:03:41Qu'est-ce que ça vous a fait ce jour-là ?
00:03:43J'étais beaucoup émue, beaucoup d'émotions.
00:03:45C'est une partie de ma vie, un chapitre de sa vie.
00:03:49De la mienne aussi, puisque quand j'ai débarqué à Paris en 1995, il m'a emmenée une semaine après
00:03:57mon arrivée à Paris, à Saint-Tropez, dans sa belle maison qui était la Lorada.
00:04:02C'est une maison qui lui tenait vraiment à cœur.
00:04:06Et puis, il y a des chapitres qui se tournent et la vie qui avance.
00:04:09On est parti, on s'est séparé de cette maison.
00:04:12Et puis, c'est le tout début de votre histoire avec Johnny.
00:04:14Donc, on sait tous que les débuts d'une histoire d'amour, c'est fort.
00:04:18Oui, c'est des souvenirs.
00:04:19Donc, ouvrir ce storage, c'était émotionnellement très fort.
00:04:23C'est des ascenseurs émotionnels, mais qui font du bien.
00:04:25C'est une nostalgie qui répare.
00:04:29Mais j'ai été émue.
00:04:33Donc, la Lorada en plus.
00:04:35J'ai été très émue d'ouvrir ce storage.
00:04:36Donc, il y a un corner dédié à la Lorada.
00:04:40Alors, évidemment, on ne peut pas mettre tous les objets de la maison.
00:04:44Mais il y en a quelques-uns.
00:04:45Et on redécouvre ce lieu.
00:04:48On redécouvre les objets.
00:04:49C'est une maison qui reste iconique, qui reste gravée dans l'histoire de Johnny.
00:04:53Absolument.
00:04:54Et comme c'est un voyage dans sa vie,
00:04:57il me paraissait essentiel de parler de cette maison.
00:04:59Et de présenter les objets qui tenaient le plus à cœur de Johnny.
00:05:08D'autres choses nouvelles ici ?
00:05:10On a encore plein de petits objets intimes de sa vie dans des flying cases.
00:05:18Et on les présente.
00:05:19On a des...
00:05:21Pas mal.
00:05:22Johnny avait gardé tous ses passeports, cartes d'identité, permis de conduire.
00:05:26Alors, ça, c'est absolument génial.
00:05:28J'avoue, j'ai fait un petit tour avant qu'on commence à discuter.
00:05:31Et de voir sur des papiers d'identité tout à fait classiques que l'on connaît tous.
00:05:36La photo, le nom Smet, D-Junia Lydé.
00:05:40Sa carte permanente UGC, sa carte permanente Gaumont.
00:05:46Parce qu'on va en parler, évidemment.
00:05:47Johnny était un grand, grand fan de cinéma.
00:05:49Oui, et puis les photos d'identité.
00:05:50Les photos d'identité qu'on ne pourrait plus faire aujourd'hui, c'est presque des photos de...
00:05:55Elles ne passeraient plus du tout à l'administration aujourd'hui, c'est ça.
00:05:59C'est des photos de studio aujourd'hui, ça ne passerait plus.
00:06:01Donc ça, c'est une petite chose nouvelle, mais qui sont...
00:06:04Oui, c'est une part d'intime, c'est une part de lui.
00:06:06Qui génèrent une vraie émotion quand on les découvre.
00:06:07Il y a toutes les cartes qu'il avait dans sa poche, dans son portefeuille.
00:06:10Et toutes les cartes sont permis de conduire américain.
00:06:15Sa carte verte américaine, sa global entry américaine, le passeport pour rentrer aux Etats-Unis sans passer par les files
00:06:24d'attente.
00:06:24Et il y a tous ces petits objets que j'ai retrouvés et que j'ai rassemblés pour l'expo.
00:06:33Et qui sont là.
00:06:33C'est des objets très intimes, très personnels.
00:06:36Avec Johnny, on a visité l'expo de David Bowie en 2015.
00:06:42Une année après son départ, il y a une magnifique expo qui a été créée sur sa vie.
00:06:47Et je me suis beaucoup inspirée de cette exposition de David Bowie.
00:06:52Johnny avait adoré cette expo.
00:06:54C'était un voyage dans la vie de Bowie.
00:06:56Et David Bowie est un artiste qui était aussi très conservateur, comme l'était Johnny.
00:07:03Et il y a beaucoup de parts d'intime dans cette exposition, comme l'exposition de Johnny.
00:07:10C'est des voyages dans une vie, des vies pas ordinaires.
00:07:14Et il y a une part de l'artiste, mais il y a aussi une part de l'homme.
00:07:18Et c'est ça qui est touchant.
00:07:19Il y a une part de nous-mêmes aussi.
00:07:22Parce qu'on a tous ces petits objets qu'on présente, à part ceux qui ne sont pas ordinaires.
00:07:30On les a dans notre portefeuille aussi, donc on se projette.
00:07:33C'est une part de notre vie et c'est un voyage dans l'intime, dans l'artistique.
00:07:38Et on apprend encore plus de Johnny.
00:07:41Moi, c'est ce qui me bouleverse dans le voyage qu'est cette exposition, c'est qu'on apprend encore
00:07:47plus de lui.
00:07:48Justement, vous avez dit, mon rêve, c'est de montrer au public qui Johnny était vraiment.
00:07:54Sa simplicité, sa sentimentalité, sa fragilité et sa proximité.
00:08:00Un mot, une réponse.
00:08:02En quoi, Laetitia, Johnny était-il simple ?
00:08:06D'abord par sa grande humilité, sa grande pudeur aussi.
00:08:10Et puis, Johnny était un être si généreux qui, dans sa simplicité, il s'intéressait aux autres.
00:08:18Et ça, il avait un égo, évidemment, parce que c'était un artiste.
00:08:25Mais il mettait souvent son égo de côté pour s'intéresser aux autres.
00:08:30Et il rencontrait quelqu'un et cette personne devenait unique à ses yeux.
00:08:36Et il vous rendait unique parce qu'il s'intéressait avec beaucoup de générosité, de bienveillance.
00:08:41Il avait une tendresse pour les autres et une sensibilité qui était à vous faire fondre.
00:08:48Et avec qui était-il le plus sentimental, Laetitia ?
00:08:53Il a appris à le devenir parce qu'on ne lui a pas appris quand il a été...
00:08:59Quand il est né.
00:09:00Il s'est fait...
00:09:01Il est né, il a vécu le traumatisme de l'abandon.
00:09:05Il s'est...
00:09:07Il avait peur de l'amour.
00:09:09Il avait peur de...
00:09:10On ne lui a pas appris à dire je t'aime.
00:09:12On ne lui a pas appris.
00:09:14Il était si cabossé.
00:09:16Et il est devenu alors.
00:09:17Il est devenu sentimental, oui.
00:09:19Il est devenu...
00:09:20Je crois qu'il a appris à aller à l'essentiel et à formuler des choses qu'il ne disait
00:09:27pas avant parce qu'il en avait peur.
00:09:28Il fuyait de peur.
00:09:29À qui il disait je t'aime ?
00:09:31À vous ?
00:09:32À moi, à nos enfants.
00:09:34Oui.
00:09:34Et puis, il a appris à se dire je t'aime à lui aussi.
00:09:38Ça, c'était le plus dur.
00:09:40C'était le plus dur d'apprendre à s'aimer, d'apprendre à plus se détruire, d'apprendre à se
00:09:46faire du bien.
00:09:48Et ça, c'était un long chemin.
00:09:52Johnny a un peu trois nationalités.
00:09:55Il est à la fois belge, à la fois français, à la fois aussi de cœur américain.
00:10:00Ma question, en quoi est-il français ?
00:10:03Johnny Hallyday, il est tout ça.
00:10:06Français pour sa gastronomie.
00:10:08Johnny était très, très...
00:10:10C'était un épicurien passionné de la gastronomie française.
00:10:13Très gourmand.
00:10:14Passionné de la gastronomie française.
00:10:15Ça, c'est vraiment...
00:10:16C'est une part de lui qu'on ne connaît pas tellement.
00:10:19Mais...
00:10:20Très gourmand.
00:10:21Français dans le côté râleur, peut-être ?
00:10:23Français dans...
00:10:24Oui.
00:10:26Oui.
00:10:29Français...
00:10:30Il aimait les régions françaises.
00:10:32C'est vrai ?
00:10:33Johnny, il adorait partir en tournée.
00:10:35À la limite, il aimait beaucoup...
00:10:37Il aimait être sur les routes, plus qu'être à Paris.
00:10:41C'était un Parisien, mais qui adorait la province.
00:10:47Pendant les tournées, je me souviens qu'on s'est baladé.
00:10:50Je l'ai suivi sur toutes les tournées pendant plus de 20 ans.
00:10:53Et il était passionné des régions françaises.
00:10:58Laquelle était sa préférée, vous le savez ?
00:11:00Il adorait le sud.
00:11:01Je crois que si on aurait rêvé de vivre en France, ça aurait été...
00:11:08Dans le sud de la France.
00:11:09Dans le sud de la France, oui.
00:11:10Dans le sud de la France.
00:11:23Oui, c'est le lieu de son adolescence, de son enfance.
00:11:28Le lieu de ses premiers rêves aussi.
00:11:30Oui.
00:11:30À quoi il rêvait ?
00:11:31De ses premiers idoles.
00:11:32Oui.
00:11:33On voit des photos de James Dean, d'Elvis.
00:11:38On sent qu'il y a déjà plein d'inspiration dans cette chambre d'adois.
00:11:42À quoi il rêvait, Johnny, dans cette chambre d'adois ?
00:11:44C'est un peu l'ancrage de sa vie, de là où tout a commencé.
00:11:48Il rêvait d'être Elvis, il rêvait d'être James Dean et il est devenu Johnny Hallyday.
00:11:54Et on sent bien l'âme de ce lieu, l'âme de son enfance.
00:11:59Où il a eu des rêves, il s'est accroché à ses rêves et il est allé au bout de
00:12:03ses rêves.
00:12:04Et on n'a vu que des photos de ce lieu.
00:12:10Là, on a l'impression qu'on revit son adolescence.
00:12:16Son adolescence avec lui aussi.
00:12:17Oui, complètement.
00:12:19Il y a une plaque commémorative qui va être posée rue des Dames.
00:12:24Oui, vendredi.
00:12:25Vendredi, comment vous appréhendez ce moment ?
00:12:29Je suis à l'initiative de cette demande.
00:12:33Elle est sur tous les guides du routard, elle est sur tous les guides.
00:12:37Et il n'y a jamais eu de plaque qui ancre le lieu.
00:12:43Donc les gens viennent en pèlerinage depuis toujours.
00:12:46Parce que c'est le quartier de la Trinité, l'enfance de Johnny, là où tout a commencé.
00:12:53Là où il s'est construit, là où il y avait la bande des blousons noirs.
00:12:58C'est la mémoire de son enfance.
00:13:01Il n'y avait pas de plaque qui pourrait être là pour l'éternité.
00:13:08Et donc c'est un joli cadeau que nous fait la mairie de Paris.
00:13:12C'est un joli cadeau pour les fans.
00:13:13C'est un joli cadeau pour la famille.
00:13:16J'avais un joli moment.
00:13:18Je suis très, très fière de ça, de ce moment.
00:13:21Très émue aussi.
00:13:23Donc j'ai hâte.
00:13:25Dans cette chambre d'ado, il rêvait déjà d'Amérique.
00:13:29On le voit sur les photos du mur.
00:13:31Il rêvait déjà aussi d'Hollywood et du cinéma.
00:13:35Johnny.
00:13:36Il voulait être acteur, Johnny.
00:13:38Il ne voulait pas être chanteur.
00:13:39Il voulait être acteur.
00:13:41C'est quand même génial à dire.
00:13:43On l'a déjà dit.
00:13:44Mais quand on connaît, quand on pense le Johnny auquel on s'est tous attachés, on pense à la musique
00:13:49avant tout.
00:13:50Laetitia.
00:13:51Mais Johnny voulait rêver d'être un acteur de cinéma.
00:13:55Il était fasciné par le cinéma.
00:13:57Il s'est nourri de tous les films qu'il a vus pendant toute sa vie.
00:14:02C'était son plus grand rêve au départ, dans cette chambre d'ado.
00:14:05Un peu comme Elvis.
00:14:06Elvis avait ce rêve aussi.
00:14:08Et Johnny était fasciné.
00:14:10Il avait des idoles qui étaient des acteurs.
00:14:12Il avait des rêves, des envies.
00:14:15Il a gardé ce rêve toute sa vie.
00:14:17Et il l'a réalisé.
00:14:18Et il l'a réalisé.
00:14:20Il a fait plein de films, on va le voir.
00:14:22En dehors d'être très cinéphile, il a une carrière aussi au cinéma.
00:14:25Dont il était si fier.
00:14:27Puis il était tellement photogénique.
00:14:30Et transcendait quelque chose de vécu aussi.
00:14:34Parce qu'il a vécu cette espèce d'être cabossé.
00:14:38Qui à travers son vécu nous raconte une histoire.
00:14:43Son histoire, mais celle du personnage aussi.
00:14:46Patrice Lecomte dit qu'il était bluffé quand il tournait avec Johnny.
00:14:49A chaque plan.
00:14:50C'est quand même incroyable.
00:14:51C'est un des plus grands réalisateurs français.
00:14:53Belle rencontre avec Patrice Lecomte.
00:14:53Belle rencontre, oui.
00:14:55Et il était bluffé finalement à chaque expression, à chaque image que lui donnait Johnny.
00:15:01Alors évidemment, toute la partie cinéma, elle est très présente dans cette expo.
00:15:04On va vers la salle ciné.
00:15:05On ne pouvait pas nous parler du cinéma.
00:15:07Laetitia.
00:15:08C'était important d'en parler.
00:15:11Vous faire réagir à cette phrase que j'ai trouvée de Johnny.
00:15:15Il dit, j'ai commencé à aller au cinéma très jeune.
00:15:18J'ai été élevée par des gens de musical, des danseurs qui adoraient ça.
00:15:21Et puis à cause des tournées, on ne restait jamais longtemps dans la même vie.
00:15:24J'ai donc eu une enfance assez solitaire.
00:15:26Je n'avais pas de copains.
00:15:27Ma seule façon de m'évader, c'était le cinéma.
00:15:30Aujourd'hui encore, quand j'ai un problème, je rentre dans une salle de cinéma pour tout oublier.
00:15:36C'est vrai.
00:15:37À quoi ça vous fait penser cette phrase ?
00:15:40C'est ce qu'il a vécu à vos côtés ?
00:15:42Moi, il me racontait que quand il était adolescent, il allait voir des films d'Elvis.
00:15:47Et puis, il n'avait pas l'argent pour se payer une deuxième séance.
00:15:51Donc, il restait, il se cachait dans la salle de cinéma pour assister à la deuxième séance.
00:15:58Pour ne pas devoir repayer la place.
00:16:01Et ça marchait.
00:16:01Et ça marchait.
00:16:03Et il pouvait voir des films en boucle toute la journée.
00:16:06Toute la journée, il était fasciné.
00:16:08Il s'est nourri de cette passion pendant longtemps, longtemps.
00:16:11Qu'est-ce que lui a apporté ?
00:16:12Ça a fait partie de sa vie.
00:16:13Qu'est-ce que lui a apporté le cinéma, d'ailleurs, dans toute sa vie, dans sa carrière de chanteur
00:16:17aussi ?
00:16:18Ça a nourri son imaginaire plus que tout le reste.
00:16:22Oui, en dehors de ce qu'il a vécu dans sa vie aussi.
00:16:24Mais le cinéma, le jeu d'acteur, il était fan de Brando aussi.
00:16:33Passionné par la façon de jouer de Marlon Brando, l'acteur studio.
00:16:39Les films d'Elia Cazan, sur les quais d'Elia Cazan, c'est un de ses films favoris.
00:16:44On peut peut-être aller devant.
00:16:45Oui, bien sûr.
00:16:46Il y a une vitrine incroyable.
00:16:48C'est vraiment ça.
00:16:51C'est sa collection de DVD.
00:16:53Sa collection de DVD.
00:16:541700 DVD.
00:16:56C'est exactement comme elle était à main de la...
00:16:58On la voit en photo.
00:16:59Oui.
00:16:59Et on a...
00:17:01C'est tout.
00:17:01C'est les mêmes.
00:17:02Il n'y a pas un DVD qui a été rajouté.
00:17:04C'est exactement à l'identique.
00:17:06Donc là, il y a tous les films que Johnny regardait.
00:17:09Oui.
00:17:10Ah oui, non, c'est des univers très différents.
00:17:12C'est hyper éclectique.
00:17:13Passionné de films d'horreur.
00:17:14On pourra d'ailleurs sur le site d'RTL peut-être vous mettre la liste non exhaustive de certains films.
00:17:20Vous allez voir à quel point c'était éclectique.
00:17:23Mais je sais que Johnny avait quand même un genre de film préféré.
00:17:27C'était les films d'horreur.
00:17:28Les films d'horreur.
00:17:29Il a transmis cette passion aux autres.
00:17:30Je vois votre regard.
00:17:31Non, mais film, parce que moi, j'ai toujours eu du mal.
00:17:33Il m'a toujours détestée.
00:17:35Parce que moi, je suis flippée quand je regarde un film d'horreur.
00:17:39Ce n'est pas possible.
00:17:40Je vis le truc.
00:17:41Et Jay raconte que quand elle rentrait de l'école, elles entendaient les cris des films d'horreur qui venaient
00:17:46de la salle de projection.
00:17:48Au début, elles étaient un peu flippées.
00:17:50Et puis, elles ont fini par s'habituer.
00:17:51Mais donc, ils mettaient des films d'horreur non-stop.
00:17:55Il avait besoin.
00:17:56Pourquoi ?
00:17:56Il aimait se faire peur.
00:17:58Il adorait.
00:17:58Il était fasciné par ça.
00:18:00Fasciné, passionné de films d'horreur.
00:18:02Vous avez fini par vous habituer.
00:18:04Oui, j'ai fini par m'habituer.
00:18:05Mais par contre, j'avais du mal à regarder moi.
00:18:07C'est vrai.
00:18:08Ah non, mais je fermais les yeux.
00:18:09J'avais le cœur qui battait très fort.
00:18:11J'étais flippant.
00:18:13Je ne pouvais pas.
00:18:14Je ne peux toujours pas.
00:18:15Et il a tellement transmis ça à Jade et Joy qu'elles sont en demande aujourd'hui.
00:18:21Et je suis incapable de regarder un film d'horreur avec elles.
00:18:23Donc, ce n'est pas des moments, mère-fie, que vous vivez toutes les trois.
00:18:25Quand leur papa est parti, pendant le confinement, quelques années après, pendant le confinement,
00:18:31elles ont voulu revoir un film d'horreur qu'elles avaient vu avec leur papa.
00:18:35Lequel ?
00:18:36Il s'appelle Last Train to Busan.
00:18:38Ok.
00:18:38Last Train to Busan.
00:18:40Oui, c'est horrible.
00:18:40C'est terrible.
00:18:41C'est terrible.
00:18:43Mais Johnny avait adoré ce film.
00:18:45C'est l'histoire d'un papa et de sa petite-fille.
00:18:55Et elles m'ont demandé de le revoir avec elle pendant le confinement.
00:19:00J'avoue que je l'ai fait, mais on était en larmes toutes les trois.
00:19:03On était en larmes.
00:19:04Ce film, c'est terriblement peur, mais c'est parce que c'est un lien avec lui.
00:19:09Et c'est le dernier film qu'elles ont vu avec lui.
00:19:12Joy était petite quand elle a vu ce film, qui est hyper.
00:19:15Mais la maman était d'accord pour que...
00:19:18Ah, mais je n'avais pas mon mot à dire.
00:19:19Non, je n'avais pas mon mot à dire.
00:19:20Puis Johnny, on ne pouvait pas lui dicter quoi que ce soit.
00:19:24Il élevait ses enfants comme il avait envie.
00:19:26Il avait envie de leur transmettre cette...
00:19:27Puis il leur racontait l'envers.
00:19:29C'est-à-dire qu'il leur apprenait à ne plus avoir peur.
00:19:32Oui, il disait...
00:19:33Il disait, mais voilà, c'est du cinéma.
00:19:35C'était des montages.
00:19:36C'est faux, c'est des montages.
00:19:36Ça, c'est faux.
00:19:37Et puis il faisait des scènes.
00:19:38Il imitait des scènes à la maison.
00:19:40Il disait, voilà, on fait comme ça, c'est du faux sang.
00:19:42Il y a des bruits qui font flip.
00:19:44Il expliquait aux enfants.
00:19:45D'accord.
00:19:46Donc du coup, elles arrivent à...
00:19:47Elles arrivent aussi à prendre beaucoup de recul avec ça.
00:19:50Mais bon, en même temps...
00:19:51Mais il aimait se faire peur.
00:19:53C'est quelque chose qui lui faisait du bien.
00:19:54Il adorait.
00:19:55Mais on arrive à comprendre.
00:19:56Et nous faire peur.
00:19:56Il adorait nous faire peur.
00:19:58Puis moi, il savait que c'était vraiment pas mon truc.
00:20:01J'étais vraiment...
00:20:03De la frousse.
00:20:05Et alors, parlons de Johnny, l'acteur.
00:20:09On a parlé du cinéphile, mais l'acteur.
00:20:13Celui qui a été très jeune convoité par le cinéma.
00:20:17Ça lui plaisait d'être convoité par le cinéma, Laetitia Johnny.
00:20:20Il en était fier de ça.
00:20:22Il en était très fier.
00:20:23Puis il avait cette photogénie incroyable.
00:20:26Photogénie qui transcendait l'écran.
00:20:30Il était sublime.
00:20:32Et il prenait tellement bien la lumière.
00:20:35Même dans le film D'Ou viens-tu, Johnny.
00:20:38Il a un côté très James Dean dans ce film.
00:20:42Quel est votre film préféré de lui ?
00:20:45L'homme du train.
00:20:47L'homme du train, je trouve que...
00:20:50D'abord, c'est une belle rencontre avec Patrice Lecomte et Jean Rochefort.
00:20:54Il a rêvé de tourner avec Patrice Lecomte.
00:20:57Il a été au bout de son rêve.
00:20:59On a rencontré Patrice Lecomte lors d'une cérémonie des Césars.
00:21:03Johnny remettait un César d'honneur à Godard.
00:21:08Et Patrice Lecomte était en coulisses.
00:21:10Et Johnny est allé le voir et il lui a joliment dit cette phrase qui est restée dans notre mémoire,
00:21:18celle de Lecomte et la mienne.
00:21:20Il lui a dit qu'il était très heureux de le rencontrer.
00:21:24Et il lui a dit un jour, j'aimerais bien être filmé par vous.
00:21:27Et cette phrase, elle est jolie parce qu'être filmé par quelqu'un, c'est joliment dit.
00:21:32Il y a une poésie qui fait écho de la sensibilité de Johnny et de cette générosité aussi.
00:21:39Être filmé par quelqu'un, son rêve, il voulait réaliser son rêve.
00:21:43Et il était fasciné par le travail de la carrière cinématographique de Patrice Lecomte.
00:21:50Sa façon de filmer les acteurs, d'ouvrir le champ des possibles aussi avec les acteurs sur leur capacité de
00:21:59jouer quelque chose,
00:22:00de transmettre quelque chose, d'être un personnage qu'on n'est pas dans la vie, mais qu'il y
00:22:06a des émotions à faire passer.
00:22:08Et il avait envie et il est allé au bout de son rêve.
00:22:11Et Patrice Lecomte a été touché de cette rencontre.
00:22:13Puis après, on a eu une soirée au Fouquet's.
00:22:15On s'est retrouvés au Fouquet's pour le dîner des Césars.
00:22:18Et pendant le dîner des Césars, il y a un coup de foudre qui s'est passé entre eux.
00:22:24Et il lui a tapé sur l'épaule et il lui a dit, tu penses déjà à un film pour
00:22:28nous ?
00:22:29Et puis quelques mois après, Patrice Lecomte lui a envoyé le scénario de L'Homme du train.
00:22:38C'était L'Homme du train et ça a été un succès absolument magnifique.
00:22:40Et il avait tellement peur de ne pas être à la hauteur.
00:22:43C'est vrai.
00:22:43Il était comme un enfant avec des peurs.
00:22:45Comment il bossait ses rôles d'ailleurs, Jolie ?
00:22:47Il était très traqueur, que ce soit pour le cinéma ou la musique.
00:22:50Il était tellement traqueur.
00:22:52Il apprenait par que j'étais répété avec vous aussi.
00:22:54Moi, j'étais sa répétitrice, sauf que je ne suis pas du tout actrice.
00:22:59Mais je le faisais répéter.
00:23:02Il bossait beaucoup pour le cinéma.
00:23:04Il était hyper scolaire dans son travail.
00:23:06Il avait tellement envie qu'on le reconnaisse en tant qu'acteur.
00:23:12Ça, ça a été un traumatisme pour lui.
00:23:17Parce qu'il était un chanteur immense.
00:23:20Mais c'est ça justement.
00:23:21Mais pour lui, qu'on le reconnaisse en tant qu'acteur.
00:23:23Il y a deux vies, il y a deux rêves.
00:23:24Chez Johnny, il y a le rêve qui n'était pas tout à fait prévu,
00:23:27mais réalisé de cette carrière incroyable de chanteur.
00:23:30Il était hyper touchant.
00:23:31Mais il y a vraiment la partie cinéma qui est très forte,
00:23:34qui est très ancrée en lui.
00:23:35Il est allé au bout de ce rêve.
00:23:36Vous avez dit, mais suffisamment.
00:23:39Ce n'est pas un peu un rêve brisé.
00:23:41Est-ce qu'il a été finalement aussi loin qu'il espérait au cinéma ?
00:23:45Je reparle de l'homme du train.
00:23:47Il y a des histoires très touchantes autour de ce film.
00:23:50On est parti à la Mostra de Venise.
00:23:54Donc le film était présenté là-bas.
00:23:58Et pendant la présentation du film, la projection du film,
00:24:02Johnny était assis à côté de Patrice Lecomte.
00:24:04J'étais à sa gauche.
00:24:06Et à un moment, il s'est penché sur l'épaule de Patrice Lecomte.
00:24:09Et il lui a dit que c'était un des plus beaux jours de sa vie.
00:24:12Et ça, c'est touchant parce qu'il a...
00:24:14À la Mostra de Venise avec Patrice Lecomte.
00:24:17Quand on sait tout ce qu'il a vécu dans la musique, il dit, mais c'est fou.
00:24:21Et Patrice était très touché par cette phrase.
00:24:24Et à la fin de la projection, il est allé voir Johnny.
00:24:27Et il lui a dit, ce que tu m'as dit pendant la projection m'a émue aux larmes.
00:24:31« Toi qui as vécu, qui as fait les plus grands stades de toute la France,
00:24:36qui as fait des tournées où tu rassembles tellement de monde,
00:24:40ce que tu vis, l'amour que tu reçois de ton public,
00:24:43tout ce que tu as vécu dans ta vie,
00:24:45que tu me dises ça sur le note film,
00:24:49que tu puisses me dire qu'on est à la Mostra de Venise
00:24:51et que c'est le plus beau jour de ta vie. »
00:24:55Et il lui a dit merci.
00:24:57Et là, on comprend à quel point c'était une passion.
00:25:03Mais ce n'a pas été un rêve un peu brisé,
00:25:05il a été suffisamment loin, vous pensez ?
00:25:08Oui, il a quand même fait beaucoup de films.
00:25:12Parce qu'il avait une carrière à côté de chanteur, de producteur.
00:25:17Mais je veux dire au point où est-ce que...
00:25:19Aujourd'hui, quand on parle de Johnny,
00:25:21avant tout, on parle de la musique, avant le cinéma,
00:25:24est-ce qu'il aurait aimé qu'on parle autant de cinéma que de musique
00:25:28quand on pense à lui aujourd'hui ou pas ?
00:25:30Je pense qu'il était fier de sa carrière d'acteur.
00:25:33Il n'y a aucune frustration.
00:25:36La frustration, c'est parce qu'il est parti trop tôt
00:25:39et qu'il avait encore...
00:25:42Il y a des rendez-vous manqués.
00:25:44Il a des films...
00:25:45Mais il était très fier de tout ce qu'il a fait au cinéma.
00:25:48Et il y a un film qu'il n'a pas accepté
00:25:53parce que le rôle était trop compliqué et trop douloureux pour lui.
00:25:58Mais justement, quelle histoire !
00:25:58Racontez-nous !
00:25:59Oui, quelle belle histoire.
00:26:00En même temps, c'était un rêve.
00:26:02Et le rêve ne s'est pas réalisé
00:26:03parce que Johnny n'a pas voulu jouer ce personnage.
00:26:07C'est un scénario de Quentin Tarantino.
00:26:10Et quel film, on peut dire !
00:26:11Et quel film !
00:26:11Surtout, Johnny était fou, amoureux du talent de Quentin Tarantino.
00:26:18De Tarantino.
00:26:19Et amoureux du personnage, amoureux de sa carrière,
00:26:23admiratif du personnage aussi, de son travail et de l'être qu'il était.
00:26:29Parce qu'il se connaissait un tout petit peu dans la vie.
00:26:34Et Tarantino lui propose un rôle ?
00:26:35Tarantino lui propose un rôle dans son film Inglorious Bastards.
00:26:39Sauf que le rôle, c'était le rôle de celui qui dénonce les Juifs.
00:26:45Oui, le rôle du nazi.
00:26:46Il n'a pas du tout, du tout assumé un...
00:26:49Non, il ne jouait pas un nazi.
00:26:51Il jouait un Français qui dénonce...
00:26:52Un Français qui dénonce les Juifs.
00:26:54D'accord, oui.
00:26:54Et il n'a pas assumé.
00:26:56Il a dit non, autant il est capable de jouer tous les voyous,
00:27:00les gangsters, de jouer des personnages très sombres et très chaotiques.
00:27:06Mais si je dois être celui qui dénonce les Juifs ?
00:27:08Non, ça, il n'a pas...
00:27:08Même pour Tarantino, même pour Inglorious Bastards,
00:27:11et même pour du cinéma.
00:27:12Non, je ne l'assumais pas.
00:27:14C'est incroyable.
00:27:14Donc il a refusé un rôle d'Unglorious Bastards de Tarantino.
00:27:18Il a refusé.
00:27:18Et il a pris son téléphone, il lui a expliqué pourquoi.
00:27:21Comment il a réagi, Tarantino ?
00:27:23Il a compris.
00:27:23Il a compris.
00:27:24En même temps, il trouvait ça honnête de la part de Johnny.
00:27:27Autant Johnny était capable de tout jouer,
00:27:30sauf quelqu'un qui dénonce des Juifs.
00:27:32Ce n'est pas possible pour lui.
00:27:34Incroyable.
00:27:34Bon, et ça ne s'est pas représenté après avec Tarantino ?
00:27:38Non, malheureusement.
00:27:38Mais il était hyper flatté.
00:27:40Hyper touché, hyper flatté.
00:27:42Hyper ému.
00:27:43Et pas de regrets.
00:27:44De recevoir ce...
00:27:45Et le scénario est présenté dans l'expo avec la note de son agent
00:27:50qui lui dit que Tarantino le veut dans son film.
00:27:56Dingue.
00:27:56Mais après, voilà, c'est une jolie histoire.
00:27:59J'avais besoin de la raconter parce que Johnny ne l'a jamais raconté.
00:28:04Et surtout, elle en dit long sur qui était Johnny à l'intérieur.
00:28:09Oui, exactement.
00:28:09Le Johnny intime, celui dont on parle depuis le début.
00:28:12Et puis, vous avez une expérience en commun au cinéma aussi.
00:28:17J'ai eu la chance avec votre mari.
00:28:20Vous avez joué dans le film de Guillaume Canet, Rock and Roll.
00:28:23Alors, on jouait nos propres rôles, mais avec beaucoup d'humour.
00:28:26Mais c'était fantastique d'être dirigée par Guillaume.
00:28:29Moi, c'était une expérience fabuleuse.
00:28:32J'ai adoré être filmée par Guillaume.
00:28:34Vous avez une petite anecdote de tournage.
00:28:36Comment ça s'est passé avec Johnny ?
00:28:38Comment ça s'est fait ?
00:28:39C'était génial.
00:28:41C'était vraiment une parenthèse de vie incroyable.
00:28:45tellement unique de pouvoir...
00:28:47D'abord, Guillaume est un ami.
00:28:49Et quand il nous a proposé à tous les deux ce rôle,
00:28:52où on joue nos propres personnages dans la vie,
00:28:57mais écrit avec beaucoup d'humour.
00:29:00Et c'est des anecdotes en plus qui sont vraiment réelles.
00:29:03Puisque Johnny, il a un problème avec les noms.
00:29:05Il ne se rappelait jamais des prénoms.
00:29:08Et Guillaume, il l'a souvent appelé par un autre prénom.
00:29:11Donc Guillaume le...
00:29:12C'est joliment dit dans le film.
00:29:15Mais c'est inspiré de deux choses.
00:29:17Il y a ce petit clin d'œil à vous aussi, Laetitia.
00:29:18Je me permets d'y revenir sur la cigarette.
00:29:20Vous savez que j'allais vous dire ça.
00:29:21La cigarette et la bouteille de vin que je cache.
00:29:23Et la bouteille de vin, c'est ça.
00:29:23Ça, c'était ma vie.
00:29:27Il avait des petits plaisirs cachés
00:29:29qui faisaient où il pensait que vous n'étiez pas au courant.
00:29:33Mais en fait, vous saviez évidemment.
00:29:35Je savais bien sûr qu'il fumait en cachette.
00:29:37Et qu'il buvait en cachette.
00:29:39Mais c'était drôle.
00:29:40C'est des petits trucs entre nous et Guillaume.
00:29:41Il l'a capté.
00:29:42Il l'a mis dans son film.
00:29:43Il l'a mis dans le film.
00:29:45C'est hyper touchant.
00:29:46Est-ce qu'on a parlé de Tarantino pour la réalisation ?
00:29:50Est-ce qu'il y a un acteur ou une actrice
00:29:51avec lequel ou laquelle il aurait rêvé de jouer Johnny A ?
00:29:55Ou il n'a pas eu le temps ?
00:29:57Il y en a beaucoup.
00:29:59Il y en a beaucoup.
00:30:00Il a adoré Noemi Watts.
00:30:03Il a adoré Noemi Watts.
00:30:04C'est américaine.
00:30:06Il aurait pu.
00:30:07Il a adoré le style de cette femme très naturelle.
00:30:13Il trouvait que c'était une merveilleuse actrice.
00:30:16Et en France, il aurait certainement aimé jouer avec Juliette Binoche,
00:30:20qu'il aimait beaucoup.
00:30:23Et puis, il avait encore plein de rêves.
00:30:27Plein de rêves.
00:30:28Il avait ses grands copains aussi de l'époque,
00:30:30Michel Sardou et Edie Mitchell,
00:30:32qui ont eu aussi une grande carrière au cinéma.
00:30:36Qui a joué avec Johnny dans Salo en thème.
00:30:38Ils ont joué avec Lelouch, évidemment, tous les deux.
00:30:41Est-ce qu'on se demande si,
00:30:42quand ils étaient tous les trois entre copains
00:30:44et qu'ils prenaient un verre et discutaient,
00:30:47on se demande s'ils parlaient plus de cinéma ou de musique, finalement.
00:30:49Tellement que c'était trois passionnés de cinéma.
00:30:51De cinéma.
00:30:52Ils parlaient beaucoup de cinéma.
00:30:53C'est vrai ?
00:30:53C'était deux grands passionnés de cinéma.
00:30:55Des styles de cinéma différents.
00:30:58Edie Mitchell, je ne pense pas qu'il regardait des films d'horreur,
00:31:00mais ils avaient cette passion commune pour les westerns.
00:31:06Donc oui, c'était des longues conversations sur le cinéma,
00:31:10des nuits entières.
00:31:10Johnny pouvait passer des nuits entières dans sa salle de cinéma.
00:31:13Dans toutes les maisons, il y avait une salle de cinéma.
00:31:17Et il passait des nuits entières, des journées entières,
00:31:21à s'inspirer, à se nourrir de tous ses films.
00:31:23Mais c'était un vrai, vrai, vrai passionné.
00:31:28Passionné, tellement habité par ça.
00:31:30C'était avec Sardou, avec Eddy, ces moments-là, c'était une autre époque.
00:31:35Qu'est-ce que Johnny aurait pensé de l'époque d'aujourd'hui ?
00:31:38Il est parti, je le rappelle, en décembre 2017.
00:31:41Il y a six ans.
00:31:41MeToo démarre en octobre 2017.
00:31:44On est vraiment dans une autre ère, l'ère des réseaux sociaux,
00:31:48l'ère beaucoup plus d'une parole libérée, de dénonciations parfois.
00:31:52Qu'est-ce qu'il aurait pensé de cette époque, Johnny, Laetitia ?
00:31:55Johnny, il a connu tout ça.
00:31:58Il n'y avait pas les réseaux sociaux, mais ce n'était pas pareil.
00:32:01Mais il a connu.
00:32:02Sa vie a toujours déchaîné les passions.
00:32:06Vous avez même vécu une grosse preuve, absolument, des accusations.
00:32:11Il a vécu tout ça.
00:32:12Il a surmonté, il a franchi des étapes dans sa vie.
00:32:16Il disait que ça faisait partie de sa vie.
00:32:18Qu'est-ce qu'il pensait de tout ça ?
00:32:19Comment il le vivait ?
00:32:20Avec beaucoup de résilience, il l'a vécu.
00:32:24Il a connu tout ça.
00:32:26C'était une autre époque, mais il l'a connu.
00:32:27Et il soutiendrait aujourd'hui la libération de la parole de la femme ?
00:32:31Oui, vraiment.
00:32:34Il comprendrait que les situations, que les langues se déliaient,
00:32:40que les situations pour certains changent.
00:32:42Parce que malheureusement, il y a aussi...
00:32:44Plus que ça, il le comprendrait parce qu'il l'a vécu.
00:32:46Des masques qui tombent.
00:32:47Il l'a vécu violemment.
00:32:49C'était un peu...
00:32:51Les gens ont certainement oublié, mais Johnny a vécu cette période.
00:32:54Moi, je l'ai vécu avec lui.
00:32:55C'était extrêmement violent.
00:32:57Si on n'est pas résilient, si on n'apprend pas à vivre avec,
00:33:01moi, il m'a donné des grandes leçons sur la résilience.
00:33:04Comment accepter certaines choses qui vous tombent dessus.
00:33:08Et des moments où...
00:33:10Les affabulations, les mensonges.
00:33:13Jolie, il a vécu toute sa vie.
00:33:15Ça fait partie de sa vie.
00:33:18Et il s'est battu.
00:33:20Il a mené des combats aussi là-dessus.
00:33:23Et c'était quelqu'un de tellement intègre, de tellement loyal,
00:33:27de tellement juste, avec une lucidité incroyable et une clairvoyance aussi.
00:33:33Mais lui, sa vie, elle n'est pas ordinaire.
00:33:36Elle est unique.
00:33:37Et ce qu'il a vécu...
00:33:39Moi, je sais qu'il m'a donné des grandes leçons.
00:33:42Une des grandes leçons de résilience.
00:33:44Vous avez dit d'ailleurs que ces moments d'épreuve ont renforcé votre couple.
00:33:48Oui, vraiment.
00:33:49Ça peut faire basculer une vie.
00:33:52Quand on a vécu à l'inacceptable, qu'on a dû se...
00:33:54Oui, on trouvait que tout ça était des grandes manipulations.
00:33:59Mais ça fait partie de sa vie.
00:34:01Ça fait partie de cette folle vie qu'il a eue.
00:34:05De ce tourbillon de la vie qu'est la vie.
00:34:07Et je pense qu'aujourd'hui, c'est encore une autre époque.
00:34:12Les réseaux sociaux.
00:34:13Nous, on en est victime avec nos enfants aussi.
00:34:16Nos filles sont vraiment sujettes à des choses compliquées,
00:34:20à vivre au quotidien, des menaces de mort, du harcèlement.
00:34:24C'est très, très violent.
00:34:26Mais en même temps, c'est cette génération.
00:34:28Elles ne sont pas les seules.
00:34:30Et il faut arriver à en parler, arriver à apaiser la parole.
00:34:35J'en parle beaucoup avec elles.
00:34:37Je les protège comme je peux.
00:34:40Je pense que la confiance qu'on se porte et le fait d'en parler,
00:34:45c'est déjà une importance et salutaire de ne pas garder les choses pour soi.
00:34:50Ça me fait penser à...
00:34:51Vous êtes maman.
00:34:55On est maman, on comprend aussi la fragilité de nos enfants,
00:34:59leurs états d'âme.
00:35:00Bien sûr.
00:35:00Et je suis très, très sensible aux états d'âme de mes enfants.
00:35:05Je, tous les jours, sur le chemin de l'école, on parle de l'humeur du jour.
00:35:10J'arrive à capter comment elles sont à l'intérieur.
00:35:13Vous êtes inquiète ?
00:35:14Oui, bien sûr.
00:35:16Et en même temps, vous leur conseillez de vivre leur...
00:35:31C'est pas ce qu'on parle...
00:35:33L'éducation, c'est aussi comment ils nous voient vivre.
00:35:36C'est les valeurs qu'on leur transmet.
00:35:38C'est important aujourd'hui, les valeurs.
00:35:40C'est surtout l'exemple qu'on donne avant tout.
00:35:43Oui, l'exemple d'aller au bout de nos rêves, de se raccrocher à nos rêves,
00:35:50de ne pas laisser les autres vous dire qui vous êtes ou ce que vous devez faire,
00:35:55ou vous dicter votre vie.
00:35:57Juste exprimer ce que vous êtes et d'en être fière et de ne pas trahir vos pensées
00:36:07ou trahir vos états d'âme.
00:36:12Votre âme, oui.
00:36:12On a le droit aussi de ne pas aller bien.
00:36:14On a le droit d'être fragile, on a le droit d'avoir peur,
00:36:19on a le droit d'avoir des angoisses, on a le droit d'échouer à l'école.
00:36:24Je pense qu'on apprend beaucoup aussi de nos erreurs.
00:36:28C'est tout à fait.
00:36:29Jenny disait à sa fille d'ailleurs, c'est pas grave,
00:36:31c'est pas parce que tu es une mauvaise mère que tu vas rater ta vie.
00:36:34Oui, parce que lui, il grandissait de ses erreurs.
00:36:37On grandit de nos erreurs.
00:36:39J'aimerais passer devant cette partie de l'exposition
00:36:43où il y a toutes les pochettes de disques de Johnny Hallyday
00:36:46et en profiter pour vous demander où en est le projet d'école de musique.
00:36:51Ça avance.
00:36:51Merci de me poser la question.
00:36:53Ça, c'est super.
00:36:54C'est une bonne nouvelle.
00:36:55Oui, vous savez à quel point ça me tient à cœur.
00:36:59Mais c'est pour ça.
00:36:59Et j'avance un peu après l'autre.
00:37:02Qu'est-ce que vous avez envie de créer ?
00:37:06Où est-ce que ça en est ?
00:37:07Racontez-moi ce que vous pouvez me dire.
00:37:09Là, on en est presque à la construction de l'école.
00:37:12On avance.
00:37:13Oui, c'est encore un projet.
00:37:15Tant que ce n'est pas fini, je ne veux pas trop en parler.
00:37:17Oui, ce que vous pouvez dire.
00:37:18Parce que je suis très croyante.
00:37:21Mais c'est un magnifique projet.
00:37:23C'est encore le prolongement de la vie de Johnny,
00:37:26de ce que j'ai envie de transmettre,
00:37:28de ce que j'ai envie de partager,
00:37:30de ce que j'ai appris de lui,
00:37:32de ce besoin de donner à travers sa musique,
00:37:38à travers son expérience.
00:37:40Donc on y prendra des cours de chant, de musique.
00:37:43Exact, de chant, musique.
00:37:45Tout style de musique confondu.
00:37:47Ce ne sera pas que de la musique.
00:37:48Non, non, non, ce ne sera pas que du rock'n'roll.
00:37:49Pas que du rock'n'roll.
00:37:50Non, non, tout style de musique.
00:37:52Il aurait adoré faire sa génialité.
00:37:53Mettre à la jeune génération de réaliser leurs rêves aussi.
00:37:59Aux exclus de la structure,
00:38:01aux gens qui ont besoin aussi d'être portés,
00:38:06d'être rassurés, d'être...
00:38:07J'imagine que ce n'est pas tout de suite, tout de suite,
00:38:09mais il y a une envie, une idée d'ouverture de cette école.
00:38:13Ce serait dans un an, deux ans ?
00:38:14Peut-être deux ans, oui.
00:38:15Peut-être encore deux ans.
00:38:16On a encore besoin de temps, mais c'est un joli projet.
00:38:21C'est un projet qui me donne...
00:38:24Je passe beaucoup de temps à travailler sur ce projet.
00:38:28Pas à Paris, ça sera ailleurs.
00:38:30D'accord.
00:38:31Ça sera en province, mais en avant.
00:38:33J'ai une super équipe avec moi.
00:38:35J'ai des gens extrêmement dévoués, extrêmement passionnés.
00:38:38Donc, on ouvre le champ des possibles.
00:38:41Et ça, c'est super.
00:38:42Quand les étoiles, elles s'alignent et que chaque personne est dévouée sur le terrain tous les jours,
00:38:51c'est vrai que moi, ça me renforce aussi dans l'envie d'aller au bout de ce projet.
00:38:58Ce sera une prochaine occasion pour l'ouverture de l'école de la musique de CEPAL.
00:39:03J'aimerais vous emmener dans une salle bien particulière de l'exposition.
00:39:07C'est un lieu, évidemment, avec plein d'images, plein de costumes, plein de rêves, plein de paillettes.
00:39:12Et puis, il y a un lieu un peu étonnant, un peu à part, qui s'appelle le couloir de
00:39:16la solitude.
00:39:18La solitude, si essentielle à Johnny.
00:39:21On traverse des profils de Johnny, année après année, à toutes les époques.
00:39:28C'est un long couloir assez sombre.
00:39:32On a quelques photos et quelques bijoux.
00:39:34Quand on l'avance, on traverse le temps.
00:39:38Et ce lieu, il est très solennel.
00:39:42Il est très, très, très...
00:39:44Moi, c'est un de mes lieux préférés de l'exposition.
00:39:46Ah bon ? Ah oui, parce que c'est un lieu vraiment à part dans l'exposition.
00:39:49Oui, non, la lumière est travaillée vraiment dans le moindre détail.
00:39:55Mais la solitude, elle était vraiment importante dans la vie de Johnny.
00:40:00Johnny était si entouré et pourtant si seul.
00:40:03Si seul.
00:40:03Il avait besoin de cette solitude, besoin de cette solitude pour...
00:40:06Donc c'était une solitude désirée, pas subie ?
00:40:11C'était quelque chose qui le nourrissait aussi ?
00:40:13Alors, moi, je parle que de la solitude, cette solitude que je connaissais de lui.
00:40:19Je pense que dans les années 70 ou les années 60, il y avait une solitude beaucoup plus torturée,
00:40:24beaucoup plus cabossée de cette génération, très, très rock'n'roll,
00:40:31sous l'emprise de la drogue ou de l'alcool, où c'était des années particulières,
00:40:41mais des années iconiques aussi.
00:40:43Des années cabossées, iconiques mais cabossées.
00:40:44Sans séparer cette période-là, il ne serait pas devenu Johnny Hallyday aussi.
00:40:47Il a eu besoin aussi de...
00:40:48Ça fait partie de sa vie, c'est partie du personnage, de comment il s'est construit,
00:40:52comment cette solitude et ces moments de déchéance
00:40:58et de cet être si cabossé.
00:41:01On fait de lui l'artiste qu'il est devenu, cette icône et ce personnage à part,
00:41:07de cette vie pas ordinaire.
00:41:08Mais il était quand même heureux, Laetitia.
00:41:10Ce n'est pas une solitude de malheur, de dépression ?
00:41:14C'était quelqu'un d'heureux Johnny ?
00:41:15Non, non, non.
00:41:16En tout cas, c'est un homme heureux qui est parti, parti trop vite,
00:41:19mais c'est un homme heureux qui est parti, qui avait fait la paix avec ses démons,
00:41:23qui avait fait la paix avec la vie, qui avait pardonné, qui avait appris le pardon.
00:41:27Et je crois que ça aussi, c'est une étape essentielle, le pardon dans sa vie.
00:41:31Pardonner à ses parents, pardonner l'abandon, se réparer, se reconstruire
00:41:37à travers l'adoption de Jade et Joy, ça l'a emmené au pardon.
00:41:41Et il est devenu quelqu'un d'autre.
00:41:43Johnny est quelqu'un qui a changé avec le temps.
00:41:46C'est plus... Il est parti, ce n'était pas le même homme que quand je l'ai connu.
00:41:50Ce n'est pas le même homme qu'un homme traverse le temps
00:41:53avec les épreuves de la vie, à travers ce qu'il apprend aussi de la vie.
00:41:57La vie vous change.
00:41:58Et cette croix, tout au bout, qu'il portait toujours, il priait.
00:42:03Est-ce qu'il avait un...
00:42:04Une partie très intime de l'exposition.
00:42:06Oui.
00:42:06C'est la croix qu'il a portée pendant 20 ans, qu'il avait dessinée lui-même.
00:42:11Elle est magnifique, d'ailleurs.
00:42:12Elle est magnifique, cette croix.
00:42:13Elle est magnifique.
00:42:14Et il était croyant, Johnny ?
00:42:16Il priait ?
00:42:17Pas du tout.
00:42:17Il s'en remettait à Dieu, parfois ?
00:42:18Ah non, pas du tout.
00:42:19Il n'était pas du tout croyant.
00:42:20Il respectait mes croyances.
00:42:22Je suis très croyante, très catholique, de religion très catholique.
00:42:25Et puis, je suis très pratiquante.
00:42:28Donc, il respectait ça, mais il ne vous a pas rejoint dans cette croyance.
00:42:31Il acceptait qu'on baptise les enfants.
00:42:32Mais après, il me donnait la liberté aussi de faire ce que...
00:42:37Mais lui, par contre, il ne fallait pas lui imposer quoi que ce soit.
00:42:41Il n'était pas croyant.
00:42:43Il croyait en quelque chose, mais il ne croyait pas...
00:42:45En Dieu.
00:42:47Et voilà, ce n'était pas une croyance religieuse.
00:42:48Non, il n'avait pas de croyance religieuse.
00:42:50Mais par contre, je pense qu'il avait...
00:42:54Il croyait vraiment en quelque chose.
00:42:56Donc, qui dépasse l'entendement, certainement.
00:42:59Mais il croyait en quelque chose.
00:43:00Et cette solitude...
00:43:01De plus forte que lui.
00:43:02Ça, c'est sûr.
00:43:03Et cette solitude qui devait absolument faire partie de cette exposition,
00:43:07vous, en tant qu'épouse, comment vous la respectiez ?
00:43:10Est-ce qu'il y a des moments où vous sentiez qu'il fallait que vous...
00:43:13Où il fallait se mettre un peu en retrait ?
00:43:14Parce que là, c'était un moment où Johnny avait besoin d'être seule.
00:43:18Vous le sentiez, ça, parfois ?
00:43:19Vous respectiez ça ?
00:43:20Alors, oui.
00:43:21Moi, j'ai moins connu la solitude dont on parle beaucoup dans l'expo.
00:43:26C'est la solitude des années 70, 80.
00:43:29Moi, je suis arrivée après.
00:43:30Avec des photos qui racontent ça.
00:43:32Voilà.
00:43:32Ça, c'est vraiment l'époque de la grande solitude.
00:43:36C'est l'époque très, très rock'n'roll.
00:43:38Des guitares cassées.
00:43:39Très chaotiques, quand même.
00:43:40Mais c'est en même temps.
00:43:42Il a créé son image aussi.
00:43:44C'est une époque.
00:43:46Oui.
00:43:47C'est une époque dingue.
00:43:48Qui s'est estompée avec le temps.
00:43:50Et il est parti heureux.
00:43:52C'est un homme heureux qui est parti, oui.
00:43:53C'est un homme en paix avec la vie, en paix avec lui-même.
00:43:57Mais il m'a fallu beaucoup de temps pour qu'on arrive à cette...
00:44:01À faire la paix, qu'il fasse la paix avec lui-même et avec la vie.
00:44:06Mais c'est un homme heureux qui est parti.
00:44:09C'est un papa heureux qui est parti.
00:44:11Dernière étape, ensemble, Laetitia, et pas des moindres.
00:44:16Un lieu très fort en émotion qui est...
00:44:19Elle est forte.
00:44:20Oui, cette photo est incroyable.
00:44:21Avec ses bagues et ce regard.
00:44:25Et toutes les fêlures qu'il porte sur son visage.
00:44:29Cette solitude qu'il a.
00:44:30C'est un portrait absolument magnifique.
00:44:31Une telle force de vie.
00:44:34On marche jusqu'au...
00:44:36On va traverser un plan.
00:44:38Où il y a toutes les adresses.
00:44:41Ah oui, de nos vies.
00:44:44On passe, mais ça...
00:44:45Les auditeurs qui nous écoutent auront tout lieu de découvrir.
00:44:49Les motos, la Cobra.
00:44:51La route 66, l'Amérique.
00:44:54Toute l'Amérique.
00:44:56Tout Johnny l'Américain.
00:44:58Et puis la Lorada dont on a parlé.
00:45:00Et on passe devant un plan avec toutes les adresses.
00:45:05Toutes les adresses où vous avez vécu.
00:45:07Où il a vécu.
00:45:08Oui, il a vécu avant de vous rencontrer.
00:45:10Et même...
00:45:10Et ensuite avec vous, que vous n'avez pas tout connu.
00:45:13Il y en a une d'ailleurs que vous n'avez pas connue.
00:45:15Que vous auriez adoré connaître.
00:45:16Elle est dit ça.
00:45:17Il y a une adresse que vous n'avez pas connue.
00:45:19Que vous auriez adoré connaître.
00:45:20Une adresse que je...
00:45:22S'il y en a une que vous auriez aimé découvrir.
00:45:25Non, j'ai déjà...
00:45:27En même temps, vous en connaissez beaucoup.
00:45:29Oui, j'en connais pas mal.
00:45:30Mais on a tellement de la chance d'avoir pu connaître.
00:45:34Tous ces lieux de vie.
00:45:36D'avoir pu les vivre.
00:45:37D'avoir pu réaliser nos rêves.
00:45:39La ville à Jade, c'est un rêve fou.
00:45:42Saint-Barthes.
00:45:42Saint-Barthes.
00:45:43On a cette vision de lui.
00:45:46Sur cette petite balustrade là.
00:45:49A profiter de sa famille.
00:45:51Et de moments de détente.
00:45:54On passe ce plan.
00:45:57Pour entrer dans un lieu particulier.
00:46:01J'aimerais que ce soit vous qui nous le racontiez, Laetitia.
00:46:03Si on arrive à la fin du voyage de sa vie, à travers cet expo, c'est le bureau.
00:46:16Le bureau où il est parti.
00:46:19De la maison de Marne-la-Coquette.
00:46:20Le bureau de Marne-la-Coquette.
00:46:22C'est là où il est parti.
00:46:23C'est là où...
00:46:26C'est une...
00:46:28C'est les objets.
00:46:29C'est les vrais objets.
00:46:31C'est pas de la reconstitution.
00:46:32Donc là, voilà, on précise que ce qui était dans la maison, vous l'avez évidemment récupéré, gardé.
00:46:39Et vous avez accepté de l'offrir à son public derrière cette vitrine.
00:46:47Reconstruire à l'identique avec les vrais objets.
00:46:50On peut raconter un petit peu.
00:46:52Il y a beaucoup d'objets dans ce bureau.
00:46:56Mais en vrac, évidemment, on voit des guitares, on voit des ceintures, on voit des foulards, des photos.
00:47:02Il y a une platine.
00:47:05Voilà, tout ça raconte...
00:47:07Elle raconte Julie.
00:47:08C'est comme...
00:47:11À l'intérieur, il y a encore les odeurs.
00:47:13Il y a encore...
00:47:15C'est bouleversant d'émotions.
00:47:17C'est la partie certainement la plus intime de l'exposition.
00:47:21Il y a rien qui a changé.
00:47:26C'est comme si on avait pris le lieu et on l'avait posé ailleurs.
00:47:32En toute sincérité, Laetitia, c'est toujours aussi difficile d'être devant ce bureau ?
00:47:39Ou ça va mieux ?
00:47:39Comment vous vous sentez ?
00:47:41Oui, c'est toujours aussi difficile.
00:47:42Ça fait 6 ans.
00:47:43C'est toujours aussi difficile.
00:47:43Qu'est-ce que vous ressentez là, sincèrement ?
00:47:46En plus, c'est l'endroit où il est parti.
00:47:47Donc, on était...
00:47:48La chambre était...
00:47:50On avait installé un lit avec les enfants dormaient par terre.
00:47:54On dormait sur des matelas.
00:47:56Et puis...
00:47:58Mais je préfère me rappeler des moments les plus heureux qu'on a vécu dans ce bureau.
00:48:02C'est un bureau qui rassemblait beaucoup.
00:48:04Johnny passait beaucoup de temps.
00:48:06Qu'est-ce qui se passait dans ce bureau ?
00:48:07Alors, il y a eu beaucoup de moments en famille.
00:48:09Beaucoup de moments de création aussi.
00:48:12Il y a beaucoup d'artistes ou de compositeurs, des auteurs qui sont venus travailler dans ce bureau avec lui.
00:48:18Il a passé des nuits entières dans ce bureau à regarder des films.
00:48:22Vous parliez de moments en famille.
00:48:23C'était quoi, justement, le Johnny pantoufles, peignoir ?
00:48:30C'était quoi, le quotidien ?
00:48:31Il adorait prendre cette guitare qui est au fond.
00:48:33Oui.
00:48:33Et il prenait sa guitare et il jouait des morceaux de guitare aux enfants.
00:48:37Il aimait bien porter des choses assez confortables, en jogging, voilà.
00:48:41Pas du tout, il enlevait son habit de rocker et à la maison, il était en jogging avec des pantoufles.
00:48:47Ça peut paraître fou, il détesterait que je dise ça.
00:48:50Mais en même temps, ça nous rassure un peu.
00:48:53Voilà, mais c'était un papa comme tout le monde.
00:48:58Et il se mettait à jouer, à chanter.
00:49:01Les filles racontent qu'ils chantaient tout le temps.
00:49:02Oui, ils chantaient tout le temps.
00:49:03À la maison.
00:49:04Et les filles ont...
00:49:06La plus belle chose qu'il a laissée aux enfants, c'est les souvenirs.
00:49:08Les souvenirs avec elles et les souvenirs de ce qu'il a partagé avec elles.
00:49:14Et c'est vrai que la musique était quelque chose qu'ils partageaient beaucoup avec les enfants.
00:49:17Puis le cinéma, la gastronomie aussi.
00:49:21On a partagé beaucoup de...
00:49:24On a transmis à nos filles comment bien se nourrir, comment bien manger, apprécier les bons produits.
00:49:30Mais il y a quand même une machine à pop-corn.
00:49:32Oui, alors ça c'est l'Amérique.
00:49:33Voilà.
00:49:34Ah mais après...
00:49:35Il regardait ses films comme en américain, avec des pop-corn, un coca.
00:49:39Il ne peut pas regarder un film sans pop-corn.
00:49:41Sucré ou salé ?
00:49:42Salé.
00:49:43Il n'aimait pas le pop-corn sucré.
00:49:45Pop-corn salé comme ça.
00:49:45C'était pas comme pop-corn salé.
00:49:47Il y avait une marque de pop-corn particulier qui les met.
00:49:51Non, alors après le maïs, après c'est nous qui le sais.
00:49:54Vous les faisiez tout seul à la maison.
00:49:58Joy dit qu'elle est toujours très émue quand elle quitte le bureau de Marne-la-Coquette
00:50:02parce qu'elle a peur à chaque fois que ce soit la dernière fois.
00:50:06Qu'est-ce que ça vous fait ressentir ça, Laetitia ?
00:50:08C'est douloureux de l'entendre.
00:50:11Et en même temps, c'est bien qu'elle arrive à le formuler et qu'on arrive tous les trois
00:50:15à partager aussi ces étapes de la vie.
00:50:18On n'a pas le choix que d'apprendre à vivre sans lui, que d'apprendre à vivre avec ce
00:50:24deuil et avec beaucoup de résilience.
00:50:27Mais oui, c'est quitter cette maison, parce qu'on sait qu'on va devoir la quitter, parce qu'on
00:50:32ne peut pas la garder.
00:50:34Parce qu'il y a des choses à régler, beaucoup de choses à régler que Johnny m'a laissées.
00:50:39J'essaie d'être à la hauteur de régler tous ces problèmes avec l'administration fiscale française.
00:50:47Mais c'est des étapes de la vie.
00:50:49Je pense qu'il faut savoir aussi tourner des chapitres.
00:50:51C'est un chapitre douloureux à tourner.
00:50:55Mais peut-être que ça va nous permettre aussi de nous reconstruire et d'avancer.
00:50:59Elle vous demande d'en parler, de ces moments-là, avec elle ?
00:51:02Oui, on parle de tout.
00:51:04On sent qu'il n'y a vraiment pas de secret entre vous.
00:51:06Non, il n'y en a jamais eu.
00:51:08Il n'y en a jamais eu.
00:51:09De leur adoption à aujourd'hui, il n'y a jamais eu de secret.
00:51:12On a toujours tout partagé avec elle.
00:51:13Ça, c'était un choix aussi de Johnny, de tout partager avec elle.
00:51:16Après, vous allez me dire si c'est vrai ou pas, mais c'est mon interprétation.
00:51:19J'ai l'impression quand même qu'il y avait un good cop, bad cop dans les parents.
00:51:23Johnny, c'était pas cool et vous, pas du tout.
00:51:26Moi, je suis pas du tout la cool.
00:51:27Ah non, moi, j'étais hyper raide.
00:51:29Ah, c'est ça.
00:51:30Je suis toujours...
00:51:31Je l'ai un peu sentie.
00:51:32Je suis toujours obligée, puisqu'il fallait bien...
00:51:35Si il y en a un qui est le mauvais rôle, elles allaient voir papa.
00:51:37Mais c'est pas grave, j'ai assumé mon mauvais rôle.
00:51:39Je l'assume encore aujourd'hui.
00:51:41Mais ça crée du respect aussi.
00:51:44J'aime beaucoup que mes filles en parlent.
00:51:46Et elles disent que Jade, c'est Johnny et Joyce, c'est plutôt...
00:51:49Non, Jade, c'est plutôt vous et Joyce et Johnny, c'est ça ?
00:51:52Dans le tempérament ?
00:51:54Oui.
00:51:55Ah oui, dans la ressemblance.
00:51:56Oui, dans la ressemblance, dans la personnalité.
00:51:58Joy, c'est un tempérament de feu, comme son père.
00:52:01Elle a du caractère, du charisme.
00:52:04Elle a un caractère aussi fort que son père.
00:52:07Mais d'ailleurs, des fois, je dis, mais sors de ce corps.
00:52:10Elle a tellement pris de son papa.
00:52:13Et Jade, elle est un peu plus comme moi.
00:52:15Elle me ressemble beaucoup.
00:52:17Plus apaisée.
00:52:19C'est une vieille âme.
00:52:22Mais elle est sensible comme sa soeur.
00:52:25Joy est très sensible, très pudique, mais avec un fort caractère.
00:52:30J'ai été très touchée par l'interview qu'elles ont donnée, je dois dire, et par leur maturité.
00:52:36Et aussi, évidemment, je vous pose la question, Laetitia, parce que c'était très fort, les mots qu'elles ont
00:52:42utilisés sur David et Laura.
00:52:43Vraiment, c'est des mots...
00:52:45Elles parlent de trahison, elles parlent d'abandon.
00:52:47Et on le sait, à quel point le mot abandon dans votre famille est quelque chose de fort.
00:52:51Elles disent, on a un papa en commun, mais en fait, on n'a rien en commun.
00:52:57Je les ai notées, c'est des phrases hyper fortes, hyper puissantes.
00:53:02Vous le saviez qu'elles allaient dire ça ?
00:53:04Juste expliquez-moi.
00:53:05Vous en aviez parlé avant ensemble.
00:53:07Comment ça s'est déroulé, finalement, cette façon de se libérer de ces choses qu'elles avaient à l'intérieur
00:53:14d'elles ?
00:53:14Parce que, clairement, c'est la première fois qu'on les entend parler comme ça.
00:53:16Elles l'ont décidé toutes seules, vous en avez parlé ensemble.
00:53:19Comment ça s'est fait ?
00:53:20Elles ne connaissaient pas les questions.
00:53:22Elles avaient besoin de...
00:53:23Jade, elle va avoir 20 ans bientôt.
00:53:25Joy va bientôt avoir 16 ans.
00:53:28C'était un besoin pour elles.
00:53:31Les gens, évidemment, elles n'ont pas une vie qui est ordinaire.
00:53:36Oui, oui, oui.
00:53:37Elles en sont conscientes.
00:53:39Elles en sont conscientes, mais à la fois, elles avaient besoin d'esprit.
00:53:42Les gens les jugent beaucoup, mais ne les connaissent pas.
00:53:45Et personne ne peut vivre ce qu'elles ont vécu.
00:53:47Personne ne peut parler à leur place.
00:53:49Personne ne peut dire, ne peut juger, sans connaître ce qu'elles ont vraiment vécu avec leur papa ou depuis
00:53:56que leur papa est parti.
00:53:58Et ça a été une étape salutaire pour elles, d'exprimer, d'enfin, que les gens les voient telles qu
00:54:04'elles sont.
00:54:04Oui, elles vont bien là, maintenant que c'est dit.
00:54:05Elles vont bien, oui.
00:54:06Oui, il n'y a pas de contre-coups.
00:54:07Non, au contraire, elles sont très apaisées.
00:54:10Apaisées.
00:54:11Et qu'on les...
00:54:12Voilà, elles me disent, maman, mais on a besoin d'un moment de dire les choses qu'on a au
00:54:16fond du cœur.
00:54:18Elles disent quand même, on pense qu'on ne leur pardonnera jamais.
00:54:21Alors, moi, je leur apprends beaucoup à pardonner.
00:54:23On parlait du pardon tout à l'heure.
00:54:25Oui, je leur apprends beaucoup ce que je pense que...
00:54:26C'est...
00:54:27On ne peut pas vivre sa vie avec de la rancœur ou de...
00:54:32Il faut, à un moment donné, s'ouvrir au pardon.
00:54:34Et accepter aussi de recevoir parfois le pardon.
00:54:39Ça se fera peut-être.
00:54:40Mais j'espère, j'espère.
00:54:42Mais c'était important pour elles de formuler des choses et de...
00:54:45Elles ne le regrettent pas du tout, en tout cas.
00:54:46C'est leur vérité.
00:54:47C'est ce qu'elles ont vécu.
00:54:49Donc, personne ne peut leur dicter qui elles sont ou...
00:54:53C'est important pour elles d'exprimer ça.
00:54:55Et c'était le bon moment.
00:54:58Elles en sont fières.
00:55:00Et moi, ce qui m'a beaucoup touchée, c'est l'amour pour leur papa et...
00:55:06Et ce chemin du deuil, pour elles, non ?
00:55:10Vous parlez du deuil.
00:55:12Elle, justement...
00:55:14Je l'ai notée parce que c'était fort.
00:55:19Je l'ai notée là, c'est ça.
00:55:21Oui, c'est ça.
00:55:22Joy dit, à la fin d'une interview qu'elle a donnée,
00:55:26pour le coup, c'était pour Match, c'était pas sur TF1,
00:55:29mais peu importe, en tout cas, dans ce moment où elles se sont exprimées.
00:55:34Elle dit, je pense que maman n'est toujours pas sortie de son deuil.
00:55:38Six ans après.
00:55:39Elle a raison ?
00:55:41Elle a raison.
00:55:43J'apprends.
00:55:44Je essaie d'avancer.
00:55:47Mais c'est un long chemin.
00:55:48C'est un long chemin, le deuil.
00:55:50Oui, ça va.
00:55:51C'est un très, très long chemin.
00:55:53Accepter aussi que Johnny ne reviendra pas.
00:55:55Accepter de vivre sans lui.
00:55:57Est-ce que d'y garder le matière, ça ne vous rassure pas d'y rester un petit peu ?
00:56:00Pour le garder un peu encore après ?
00:56:01Oui, c'est ce refuge-là.
00:56:02C'est ça ?
00:56:02C'est un refuge pour moi, Johnny.
00:56:04C'est mon refuge, c'est mon histoire, c'est mon refuge.
00:56:08Et pour moi, c'est comme s'il était toujours là.
00:56:12Avec un jour, quand même, peut-être la volonté de tourner cette page.
00:56:14Mais il faut que j'arrive à me sortir de ce refuge, quand même, pour arriver.
00:56:17Ben oui.
00:56:17Parce qu'il faut que Johnny devienne ma source d'inspiration, plus qu'un refuge.
00:56:22Parce que si je reste ancrée dans ce refuge,
00:56:24je n'arriverai jamais à être heureuse.
00:56:26parce que je vis avec ce sentiment de culpabilité,
00:56:29d'être heureuse sans lui, ou d'être amoureuse sans lui.
00:56:33C'est la vie qui me l'a pris.
00:56:36Je n'ai pas divorcé, je porte toujours mon alliance.
00:56:38C'est la vie qui vous prend l'être aimé.
00:56:42Et vous devez apprendre à vivre avec, parce que vous n'avez pas le choix.
00:56:45C'est encore une histoire de pardon.
00:56:47Pardonner à la vie de vous avoir pris votre amoureux.
00:56:49Et puis, on était tellement liés, ce n'était pas qu'un mari pour moi.
00:56:52Je n'étais pas que sa femme.
00:56:53Donc on était deux âmes liées, une espèce de cœur relié à quelqu'un.
00:56:59Et quand il s'en va, le monde s'arrête de tourner.
00:57:02Tout s'écroule.
00:57:04On perd tous ses repères.
00:57:05Parce que mes seuls repères dans la vie, c'était mon mari.
00:57:09Je vivais, je respirais pour lui.
00:57:10J'étais très, très soumise à lui.
00:57:13Et j'aimais ça.
00:57:14Et j'aimais ça.
00:57:15Vivre pour lui, pour moi, c'était ma façon d'exister.
00:57:18On le disait, c'était une autre époque.
00:57:19J'étais dans l'ombre.
00:57:20Ne plus être dans l'ombre de mon mari, ça me fait souffrir encore aujourd'hui.
00:57:24Donc pour être vivante, j'ai toujours besoin de...
00:57:27Ne plus être dans l'ombre de mon mari, ça me fait souffrir.
00:57:29Surtout en 2023.
00:57:31Vous seriez capable d'être la même femme avec un autre homme.
00:57:37soumise et d'être la moitié.
00:57:40Je pense qu'on ne peut pas...
00:57:41Je ne pourrais jamais comparer ma vie que j'ai eue.
00:57:43Puis j'ai eu la chance de le vivre.
00:57:44J'étais toute jeune.
00:57:45J'avais 19 ans quand j'ai connu mon mari.
00:57:47Il est parti, je m'avais 42.
00:57:49C'est toute une vie.
00:57:50J'ai grandi avec lui.
00:57:51Oui, vous étiez encore très jeune.
00:57:52J'ai appris de lui.
00:57:53On s'est tellement sauvées.
00:57:55On a encore toute une vie devant soi quand on a 42 ans.
00:57:57Je sais, mais ce n'est pas une vie ordinaire.
00:58:00C'est mille vies dans une vie avec un être qui n'est pas ordinaire.
00:58:05Qui est juste extraordinaire.
00:58:08Mais aussi, c'est un personnage quand même à part, Johnny.
00:58:14Avec sa part d'ombre, sa part de cet être cabossé, compliqué.
00:58:21Et puis, continuez à nourrir, j'ai l'impression, vos filles,
00:58:23parce qu'elles ont toutes les deux,
00:58:24j'ai l'impression, la volonté de travailler dans l'artistique.
00:58:27Ça vous va, ça ?
00:58:28Ça ne vous inquiète pas trop ?
00:58:29Après la vie que vous avez vécue ?
00:58:31Que la transmission était essentielle.
00:58:35Joy, c'est une chanteuse incroyable.
00:58:40Elle joue la comédie divinement bien.
00:58:43Elle est dans une troupe de théâtre à Los Angeles.
00:58:45Elle joue de la guitare merveilleusement bien.
00:58:47Vous êtes bonne pour repartir sur une vie artistique avec vos filles.
00:58:50En tout cas, je suis heureuse qu'un jour, elles atteignent leurs rêves.
00:58:55C'est ce qu'on a envie de transmettre à nos enfants aussi.
00:58:58L'estime d'eux-mêmes, l'estime de soi.
00:59:01Bien sûr.
00:59:01Dans cette vie, dans ce monde chaotique dans lequel on vit,
00:59:05si on transmet aujourd'hui à nos enfants d'apprendre à s'aimer,
00:59:10d'apprendre à se respecter, d'apprendre à être tolérant avec les autres
00:59:14et d'être tolérant avec eux-mêmes, c'est déjà un chemin de gagner.
00:59:19Elles ont pris déjà des sacrées leçons avec le papa qu'elles ont.
00:59:22Pour boucler la boucle sur le cinéma,
00:59:24autre projet, peut-être un biopic sur Johnny Hallyday.
00:59:29S'il y avait un film, quel serait votre acteur préféré
00:59:32pour jouer le rôle de Johnny, Laetitia ?
00:59:35Dans la jeune génération d'acteurs.
00:59:37Il y a un jeune homme qui s'appelle Mathias Schoenhardt.
00:59:38Ah, très bien.
00:59:39Qui ferait un bon Johnny Hallyday.
00:59:43D'une époque.
00:59:45Oui, d'ailleurs, il en faudrait probablement plus.
00:59:48Il faudrait plusieurs Johnny.
00:59:49Mais oui, ça, c'est un rêve aussi.
00:59:52Parce que c'est une vie à part.
00:59:55C'est 74 ans d'une vie, et quelle vie !
00:59:57Et quelle vie hors norme !
01:00:00Hors norme, fantastique.
01:00:02Il n'y a pas d'autre vie comme la sienne.
01:00:04Il n'y a pas d'autre Johnny.
01:00:06Un message au public qui va rentrer dans cette expo,
01:00:09dans ce manche de guitare pour s'immerger dans un monde à part.
01:00:14Un petit conseil, le conseil de Laetitia,
01:00:17pour vivre au mieux cette exposition hors norme.
01:00:20Prendre son temps.
01:00:22Prendre son temps.
01:00:22Ça, c'est un bon conseil.
01:00:23Prendre son temps et profiter du moment présent.
01:00:27Profiter de chaque pièce.
01:00:31sans faire un voyage dans sa vie
01:00:35et apprendre encore, apprendre de lui.
01:00:37Je crois que c'est dans ce voyage qu'elle expose.
01:00:41On pense qu'on le connaît, mais sachez que vous avez encore plein de choses à découvrir.
01:00:43Vous allez encore apprendre de lui.
01:00:44De l'être qu'il était, encore plus en profondeur de son âme
01:00:49et de l'être qu'il était.
01:00:52Mais prendre son temps.
01:00:53Écouter le guide.
01:00:56Vous laissez guider, vous laissez porter.
01:00:59Voyager.
01:01:00Voyager avec lui.
01:01:02Parce qu'on a l'impression qu'il est là.
01:01:05C'est continuer à le faire vivre, continuer à l'aimer,
01:01:08continuer à apprendre de cet être extraordinaire.
01:01:10Merci beaucoup, Laetitia.
01:01:12Merci infiniment.
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