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  • il y a 10 heures
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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Transcription
00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Invité politique d'Europe 1 Soir, le député PS du Calvados.
00:08Bonsoir Arthur Delaporte.
00:10Bonsoir.
00:10Merci d'être avec nous pour quelques minutes en direct de l'Assemblée Nationale
00:13où arrive ce texte sur les effets psychologiques des réseaux sociaux
00:18volonté du Président de la République, volonté aussi de votre part.
00:22Vous avez présidé la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.
00:27Cette interdiction aux moins de 15 ans des réseaux sociaux, ça arrive dans l'hémicycle ?
00:31J'imagine que ça va dans le bon sens pour vous.
00:34Alors, au risque de vous décevoir, ça va dans le bon sens, oui,
00:38parce que le texte est en train d'être foncièrement modifié.
00:41On n'est pas sur une interdiction stricte, mais on est sur une interdiction des réseaux sociaux
00:44en tant qu'ils sont dangereux pour les mineurs.
00:46Parce que moi, je ne veux pas non plus mettre sous cloche les moins de 15 ans
00:49en disant qu'ils n'ont pas accès au numérique de manière générale.
00:52Mais ils doivent avoir accès au numérique de façon protégée, spécurisée.
00:56Et donc, l'idée là, c'est de limiter les réseaux sociaux aux mineurs, en effet, au moins de 15 ans,
01:01mais en laissant la possibilité d'aller, par exemple, sur des réseaux sociaux
01:05avec des fonctionnalités qu'on appelle sociales non ouvertes.
01:07Donc, du coup, on laisse aussi les messageries WhatsApp.
01:10On peut continuer à aller sur YouTube sur la partie visionnage de vidéos,
01:14mais pas forcément sur la partie réseau social de YouTube.
01:17Vous voyez, donc ce n'est pas non plus une interdiction.
01:19Et Instagram, parce que...
01:20Instagram, aujourd'hui, on peut se dire que les fonctionnalités d'Instagram
01:23seront globalement interdites dans ce qu'elles sont actuellement.
01:27Donc, ça peut aussi inciter les réseaux sociaux à faire évoluer leur modèle
01:30pour les rendre plus protecteurs des moins de 15 ans.
01:33Donc, ça, c'est une bonne chose.
01:33À faire un Instagram pour enfants, par exemple, comme il y a un YouTube pour enfants.
01:38Exactement.
01:39Et donc, du coup, voilà, des fonctionnalités où la fonctionnalité réseau social serait très secondaire,
01:44c'est-à-dire la capacité d'être en contact avec le reste du monde.
01:47Et donc, quand on est mineur, on n'a pas forcément à être contacté par tout le monde et n'importe qui.
01:51Et donc, c'est l'idée vraiment qu'on va mieux protéger les mineurs.
01:54Moi, j'y souscris.
01:55J'y souscrivais moins dans la version initiale, il faut le dire,
01:58parce que je trouvais que cette interdiction stricte,
02:00elle passait à côté aussi des enjeux d'éducation, de protection aussi,
02:04parce que sinon, si on interdit tout, le risque,
02:05c'est évidemment que les mineurs aillent sur d'autres réseaux sociaux,
02:08moins contrôlés, moins surveillés et finalement plus dangereux.
02:11Alors que si on offre des espaces protégés, c'est mieux.
02:13Et vous diriez que dans l'hémicycle aujourd'hui, il y a différents points de vue,
02:16notamment dans le bloc central et dans le bloc macroniste,
02:19où là, on veut, vous pensez, tout interdire ?
02:21Vraiment, c'est aussi homogène que ça, la pensée des députés ?
02:23Je dirais que ce n'est pas le cas chez tous les députés,
02:25mais c'était le texte initial.
02:28Il y avait d'autres mesures qui étaient pour moi purement inapplicables et démagogiques.
02:31Un couvre-feu numérique, entendez, pour les 16-18 ans.
02:34Donc vous pouvez conduire, vous avez la majorité sexuelle.
02:36Par contre, à 21h, c'était pipi et au lit.
02:38Vous voyez, il y avait quelque chose qui était comme ça profondément périsoire et liberticide, en fait.
02:43Et d'ailleurs, le Conseil d'État a dit que c'était totalement disproportionné.
02:45Et donc je me réjouis que cette mesure, par exemple, de couvre-feu, ait été retirée en commission.
02:50Quand on décide de ce genre de mesure, ça veut dire quoi ?
02:52On panique devant l'ogre numérique qui est là et qui peut effectivement
02:57venir dans le cerveau de vos enfants et commettre l'irréparable ?
03:01On a peur du harcèlement ? On a peur des enfants qui se donnent la mort ?
03:05On a peur encore de cette jeune fille qui s'est tuée en se jetant sous le RER ?
03:10Disons qu'il y a des craintes qui sont légitimes parce qu'il y a des dangers qui sont présents sur les réseaux sociaux.
03:14Il y a un business du sordide qui est alimenté par des multinationales de numérique
03:17qui n'ont aucun scrupule.
03:19Pour autant, en fait, il ne faut pas non plus paniquer.
03:22Il ne faut pas non plus céder aux fausses solutions.
03:24Ce n'est pas parce qu'on aura mis un couvre-feu aux 16-18 ans que les réseaux sociaux seront subitement devenus non dangereux.
03:30Et donc, en fait, la priorité de l'action politique, ça doit d'abord être la régulation,
03:34la sanction des plateformes, voire leur interdiction si on estime qu'elles sont non seulement dangereuses
03:38pour les mineurs, mais pour la société tout entière.
03:40Merci beaucoup, Arthur Delaporte, d'avoir été quelques instants sur Europe 1.
03:43Merci beaucoup.
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