00:00Bonjour Guillaume. Bonjour Pauline. Alors il se passe des choses du côté de Fnac, d'Arti, on en parle souvent avec vous.
00:04Et on a appris que l'homme d'affaires tchèque, Daniel Kretinsky, lance une OPA pour prendre la majorité du capital du groupe français.
00:11Quel est le but exactement ? Le but, on va le dire clairement, c'est d'éviter qu'un jour Fnac, d'Arti devienne chinois, tout simplement.
00:15C'est aussi simple que ça. Parce qu'en gros, aujourd'hui, Daniel Kretinsky, alors qu'on connaît bien, parce qu'il est déjà actionnaire de plusieurs grosses entreprises françaises,
00:22Daniel Kretinsky, vous allez voir, c'est le premier actionnaire aujourd'hui de Fnac, d'Arti, il a un peu plus de 28% du capital.
00:29C'est beaucoup, mais ce n'est pas la majorité. Et le problème, c'est un petit peu l'objet aujourd'hui de cette annonce, c'est que le deuxième actionnaire,
00:37vous voyez, c'est un groupe allemand qui s'appelle S'économie, qui a quasiment 22%, mais le problème, c'est que c'est un groupe qui est en train de se faire racheter
00:44par un groupe chinois qu'on connaît bien, qui s'appelle JD.com, qui est une plateforme de e-commerce, qui pourrait donc, si l'opération est bouclée en quelques mois,
00:52récupérer lui-même 22% de Fnac d'Arti.
00:54Et c'est évidemment ce qu'inquiète le gouvernement.
00:56Alors c'est ce qu'inquiète le gouvernement, c'est ce qu'inquiètent les dirigeants de la Fnac.
00:58C'est-à-dire que si dans quelques mois, les Chinois ont 22% du capital de la Fnac d'Arti, qu'est-ce qu'il dit ?
01:04Qu'il ne voudrait pas monter petit à petit au capital et dépasser les 50%.
01:08Et si vous dépassez 50%, ça veut dire que Fnac d'Arti passe sous pavillon chinois.
01:13Alors, le gouvernement, fin novembre, avait pris des précautions, avait dit aux Chinois, ok, pour que vous restiez au capital,
01:19mais vous ne montez pas plus et vous ne vous ingérez pas dans la gestion de l'entreprise.
01:22Les Chinois ont dit ok, mais sur le plan juridique, ça ne vaut absolument rien.
01:25Donc, comme on dit, un homme averti en vaut deux, et c'est pour ça que Daniel Kretinsky, à qui le gouvernement français fait confiance,
01:31va se débrouiller, lui, pour essayer de récupérer au moins 50% du capital pour être le propriétaire.
01:36Alors, qu'est-ce qu'il va faire ? Il peut demander au groupe allemand qui n'est pas encore racheté par les Chinois.
01:39Peut-être qu'après tout, les Allemands, avant de se faire racheter par les Chinois, vont donner le 20%.
01:43Et puis, Daniel Kretinsky, il va essayer de récupérer auprès des actions, auprès de ceux qui en ont.
01:47Vous avez des gros actionnaires qui ont 3, 5, 10%.
01:50Puis, il y a les particuliers qui ont des actions.
01:52Donc, le but du jeu, c'est pour lui, vite, d'amasser au moins 50% du capital.
01:57Il n'en est pas le haut, il est à 28%, pour éviter que les Chinois ne le fassent avant lui, finalement.
02:01Mais, on comprend même que pour le gouvernement, c'est un sujet sensible.
02:03C'est sensible pour le gouvernement, bien sûr, pour Fnac Darty, parce que c'est du patrimoine de Fnac Darty.
02:07Voilà, c'est un groupe auquel on est très attaché, c'est beaucoup de magasins, c'est 30 000 emplois en France.
02:13Allez savoir ce qui se passerait si demain, Fnac Darty devenait chinois.
02:16Le but de Fnac Darty, aujourd'hui, c'est de monter en gamme sur tous les produits culturels.
02:20Ce n'est pas du tout le registre de JDcom qui est un concurrent d'Alibaba et de Temu.
02:24Donc, on comprend que pour le gouvernement, pour Fnac Darty, pour les millions de Français qui sont attachés à la Fnac,
02:29on a vraiment envie que ça reste français pour la qualité des enseignes, pour la qualité des produits qu'on y trouve.
02:34Et puis aussi, il pourrait y avoir éventuellement un sujet sur la sécurité des données des clients, évidemment.
02:38Merci.
02:39Merci.
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